Quand la fenêtre joue l’ouverture

Quand la fenêtre joue l’ouverture

Avec un marché qui explose mais fait face aux tendances inflationnistes qui freinent la production, la fenêtre pourrait sembler victime de son succès.



Un marché bousculé par le contexte mondial

« Alors que les carnets de commande ne désemplissent pas, les difficultés d’approvisionnement persistent et les prix flambent. Jusqu’à quand ? »

 

 

La fenêtre en France ne connait pas la crise. « Le rebond en 2021 est exceptionnel », déclare Olivier Simonin, responsable marketing produit de K•Line. Si le marché français des fenêtres (tous secteurs clients et tous matériaux confondus, et hors fenêtres de toit) s’est contracté de 10 % en volume en 2020, il devrait rebondir d’un peu plus de 20 % sur l’ensemble de l’année 2021, à environ 11 millions d’unités, selon l’enquête publiée fin 2021 par MSI Reports. La demande provient de tous les marchés de l’habitat : la rénovation, le neuf, les maisons individuelles comme le logement collectif. « Nous remarquons une hausse de près de 30 % des commandes en rénovation comme en neuf chez Préfal et 20 % chez Bieber », témoigne Flamine Andrade, directrice de la communication du groupe HPG. Certes, « l’activité est boostée par le résidentiel, le marché du tertiaire est plus calme », modère Skander Matti, chef de marché Schüco, mais dans l’ensemble, les projections sont optimistes. Globalement, poursuit Flamine Andrade, « nous sommes assez confiants pour 2022 en raison de l’importance de nos carnets de commande. Mais nous restons prudents. L’augmentation exponentielle du prix des matières premières et les hausses des coûts de l’énergie pourraient avoir un impact si elles ne se stabilisent pas ». La crise sanitaire est passée par là.

« La flambée des prix est telle qu’elle rend les analyses et projections très compliquées », estime pour sa part Yann de Bénazé, président de profine France. MSI Reports s’attend à une correction à la baisse de l’activité pour la filière habitat-rénovation en 2022-2023. Dans ce contexte incertain, s’inquiète Sylvain Gaudard, responsable communication d’Alphapro, « d’un point de vue sanitaire, mais aussi au regard de l’inflation, les effets des hausses et pénuries de matières premières vont finir par avoir un impact ». 

 

 

© K•line

K•Line révise son nuancier qui conserve 18 teintes
en standards mais acte 4 entrées (dont des gris plus clairs) et 4 sorties

 

 

© Sapa-Architecte Luc Mayelle-Duthoit Menuiseries

Villa patio au Sud de Lille – Sapa/Architecte Luc Mayelle/ Duthoit Menuiseries
 

 

Sapa Performance 70 en rénovation

Les menuiseries Performance 70 Sapa ont été mises en oeuvre lors de la rénovation d’une maison des années 1980 au Sud de Lille. Pour répondre aux désirs des propriétaires de faire entrer davantage de lumière, l’agence Mayelle Architecture Intérieure Design a imaginé une villa-patio, en concevant quatre extensions cubiques, permettant d’atteindre environ 250 m² de surface habitable. Elle a travaillé de concert avec le fabricant-installateur Duthoit Menuiseries (Lesquin - 59) pour habiller ces volumes et percer les toitures d’ouvertures Sapa. Baies coulissantes, portes d’entrée, fenêtres fixes, à la française..., la gamme Performance 70, large et éprouvée, est mise en avant mais dans des formats XXL. Ces grandes dimensions, conjuguées à des masses d’aluminium réduites, optimisent les apports lumineux.

 

 

Hausse des prix & désorganisation

Les industriels subissent tous des délais d’approvisionnement allongés et une flambée des prix des matières premières (aluminium, PVC, bois, mousse PU, renfort acier, vitrage…) et des composants électroniques. « Les approvisionnements sont compliqués, nous craignons les retards sur les livraisons de composants électroniques, car chez K•Line une fenêtre sur trois est livrée avec un volet roulant, la situation actuelle est donc bloquante », regrette Olivier Simonin. Alors que ce fabricant propose en règle générale un tarif annuel, K•Line a dû procéder à des réajustements qui se sont soldés par trois hausses tarifaires en 2021. « En 2022, un nouveau tarif, lui-même en hausse, est applicable à partir du 1er février, mais nous nous interrogeons déjà sur sa pérennité », lâche Olivier Simonin.

Au fond, résume Georges Perelroizen, président d’Hyline Building Systems, « la pénurie renchérit les prix et inversement, des stocks sont réalisés, nous sommes entrés dans une spirale inflationniste que les industriels ne peuvent pas absorber et qui pourrait remettre en cause certains projets ». Avec d’un côté, un niveau de commandes très dynamique et de l’autre, des difficultés d’approvisionnement, les productions sont à date désorganisées. MSI Reports pointe également l’augmentation des coûts intermédiaires (énergies, emballages, transport...). « Historique par son ampleur », commente MSI reports, « ce renchérissement des coûts d’achat devrait avoir plusieurs conséquences : la dégradation de la marge opérationnelle des entreprises (avec un risque accru de défaillance), l’augmentation des budgets de production et le décalage avec les prix de vente (notamment sur les marchés contractualisés où le prix de la prestation est établi bien avant l’exécution du projet), et enfin, la hausse des prix facturés au client final ». L’institut d’études prévoit que ces tensions inflationnistes vont peser sur les entrées de commandes futures, avec le risque d’enrayer la dynamique. Un scénario que les industriels pressentent. « La dynamique enregistrée en 2021 devrait laisser la place à une croissance plus raisonnable en 2022 ; les prévisions tablent pour l’ensemble du bâtiment sur des + 3 % à + 4 %, les marchés vont se stabiliser », considère Marion Villard, responsable marketing produits Technal. Pour elle, « personne ne s’attendait à une telle explosion de la demande, les confinements à répétition et le télétravail ont déclenché un besoin d’amélioration de l’habitat dont la fenêtre profite ». Globalement, la rénovation se porte bien, soutenue par des taux d’intérêt bas, susceptibles d’encourager la consommation des ménages, consommation par ailleurs réduite, voire inexistante dans certains secteurs (voyage).

Autre sujet de préoccupation, les tensions sur les recrutements. « Le secteur manque de compétences et de candidats, les entreprises fonctionnent avec de l’intérim mais dans la menuiserie, l’expérience est importante, il va falloir attirer les jeunes dans cette filière », ajoute Marion Villard.

 

 

© Les Nouvelles Menuiseries Grégoire

Angle supra rouge
Les Nouvelles Menuiseries Grégoire

 

 

Retour du bois dans le mix matériau

Selon MSI, « la croissance des volumes d’affaires s’appuie par ailleurs sur une amélioration du mix-matériau, au profit de l’aluminium (dont le poids sur le marché s’établit aujourd’hui à 30 % en volume) et du PVC couleur (qui représente désormais un quart des volumes PVC consommés). À cela s’ajoute le redéveloppement (durable) des ventes de fenêtres bois, grâce notamment à une contrainte d’entretien aujourd’hui bien moins forte ».

Le bois regagne ainsi ses lettres de noblesse. « La RE 2020 dynamise le bois », confirme Stéphane Jouhaud, directeur R&D et marketing des Nouvelles Menuiseries Grégoire. « Nos produits bénéficient de la marque NF Fenêtre bois, aujourd’hui nous concentrons nos efforts sur l’obtention de la marque NF pour les finitions. Le contrôle du vieillissement des finitions est effectué par le FCBA. Nos produits sont certifiés pour deux ans, nous visons une garantie à 5 ans en 2023 et 10 ans à moyen terme. L’objectif étant de pouvoir répondre favorablement aux interrogations liées à l’entretien des menuiseries bois », argumente-t-il. Les Nouvelles Menuiseries Grégoire travaillent actuellement au développement d’une menuiserie mixte bois – aluminium. « Elle devrait nous permettre de diversifier les essences de bois, un avantage compte tenu de la complexité actuelle des achats, et de proposer des vitrages de grandes dimensions », parie Stéphane Jouhaud. 

 

 

© Les Nouvelles Menuiseries Grégoire

Moabi – Les Nouvelles Menuiseries Grégoire

 

 

Chez Bieber, Flamine Andrade constate : « en 2022, de nouvelles tendances émergent : la bicoloration est en hausse de près de 9 % sur toutes les menuiseries en bois (avec par exemple pin aspect naturel en intérieur et RAL noir 9100 en extérieur). Il s’agit de conserver à l’intérieur du bâti l’aspect naturel et chaleureux du bois et d’adopter un aspect résolument contemporain à l’extérieur ». Les consommateurs, qui s’en étaient détournés, se réapproprient donc peu à peu le bois pour sa noblesse, son authenticité, son aspect naturel et ses atouts thermiques. 

 

 

© Sepalumic

La fenêtre 5700 développée par Sepalumic

 

 

Aluminium et PVC recyclés

Les gammistes du groupe Hydro (Technal, Sapa, Wicona) communiquent depuis des mois sur la production d’aluminium recyclé Hydro Circal® 75R. Chez Profils Systèmes, la majorité de l’aluminium utilisé pour l’extrusion des profilés aluminium provient de l’Union Européenne (20 % provient du recyclage de l’aluminium en France), et tous les déchets aluminium du site de production Profils Systèmes sont recyclés. L’aluminium surfe sur sa capacité à être 100 % recyclable. Audrey Scomparin, chargée de marketing Sepalumic, confirme : « Le marché de la fenêtre en aluminium poursuit son développement, un succès porté par les préoccupations écologiques actuelles ; à ce titre, Sepalumic mène une véritable politique RSE fondée sur l’humain et l’impact environnemental. La société multiplie les investissements avec une modernisation de sa chaîne de production, l’intégration prochaine d’une seconde chaîne de laquage et d’une usine d’extrusion avec presse hybride nouvelle génération sur le site de Genlis, proche de Dijon.

 

 

© Bieber

Le coulissant Révolution est sorti en fin d’année 2021 chez Bieber

 

 

Le PVC n’est pas en reste. Signe des temps, Alphapro Groupe annonce la création d’Alphapro Recyclage, filière de recyclage du groupe. « Avec des investissements lourds en vue de se doter d’un outil industriel apte à retraiter en France les matières PVC, y compris les profilés PMMA et renforcés fibre de verre », avance Sylvain Gaudard, responsable communication Alphapro Groupe. profine se soucie de la dépose des fenêtres PVC. « La REP représente l’un des gros enjeux du moment, nous devons nous mobiliser autour de la gestion de fin de vie du produit et faire en sorte que les fenêtres ne soient pas orientées vers l’enfouissement mais vers le recyclage, d’autant qu’avec la hausse des prix, cette matière devient vraiment intéressante, nous allons mettre les bouchées doubles sur ce sujet », promet Yann de Bénazé. Concrètement, cet industriel entend conclure des partenariats, proposer des formations à ses clients, faciliter la collecte des châssis sur les chantiers. Une démarche d’avenir…

 

 

3 questions à Lucilia Kouamé, responsable marketing Wicona

Quelle est l’évolution des permis de construire et des mises en chantier ?

2021 a vu le nombre de permis de construire progresser considérablement, sans toutefois atteindre le niveau de 2017. Cela concerne à la fois le secteur résidentiel (particulier et collectif), mais également le secteur tertiaire, y compris les bâtiments publics (qui ont pu et continuent de bénéficier du plan France Relance) et les locaux industriels. Les secteurs des bureaux et de la santé progressent également, mais à une vitesse moins soutenue. Le secteur de l’hôtellerie continue, quant à lui, de pâtir de la crise sanitaire.
Ces permis de construire sont établis pour des constructions neuves ou pour des rénovations conséquentes. Le nombre de démarrages de chantiers, bien qu’en progression également, n’évolue pas aussi rapidement que l’attribution des autorisations. Il existe plusieurs pistes d’explications, parmi lesquelles les difficultés d’approvisionnement, la pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur du bâtiment, ou encore une inflation relative, renchérissant le coût des projets.
Le marché devrait rester porteur en 2022 et 2023, tiré vers le haut essentiellement par le secteur résidentiel, sous réserve de solutionner les problèmes d’approvisionnement et d’arriver à maîtriser l’inflation, qui semble être la préoccupation majeure des dirigeants d’entreprise aujourd’hui.

 

 

Comment la fenêtre répond-elle aux enjeux de RE2020 ?

Les nouvelles réglementations environnementales amènent les gammistes à proposer des solutions de menuiseries permettant d’améliorer les performances techniques du bâtiment, pour contribuer au confort de l’occupant, été comme hiver. L’autre aspect de ces nouvelles règles concerne l’objectif de réduction de l’empreinte carbone du secteur du bâtiment de 40 % à l’horizon 2031. Cela passera par la réduction de la consommation énergétique des bâtiments grâce à des menuiseries performantes et par le recours à des matériaux recyclés, dont la fabrication nécessite beaucoup moins d’énergie que la production de matériaux primaires. À titre d’exemple, la production d’aluminium recyclé Hydro Circal® 75R permet d’économiser 95 % d’énergie par rapport à la production d’aluminium primaire. De même, la production de rupteurs thermiques en polyamide recyclé ne nécessite que 8 % de l’énergie nécessaire à la production de rupteurs en polyamide primaire. Le ré-usage des matériaux n’est plus un choix, mais devient une nécessité !
Les gammes de fenêtres à frappe Wicline 65 et 75 et notre frappe à translation Wicslide 150 Pull & Slide, sont autant de solutions permettant aux bâtiments d’atteindre les performances thermiques, acoustiques et de transmission lumineuse attendues. Ces gammes sont fournies en aluminium recyclé bas carbone Hydro Circal® 75R dont l'empreinte carbone est l'une des plus faibles au monde (2,3 kg de CO2 par kg d'aluminium, soit 73 % de moins que la moyenne européenne), répondant ainsi aux enjeux de la ville de demain.

 

 

Quelle sera l’actualité de Wicona au cours des prochains mois ?

Wicona poursuit sa démarche environnementale et proposera, dans les mois à venir, de nouvelles générations de façades rideau, de menuiseries et de quincailleries, permettant à la fois de répondre aux besoins de performances techniques architecturales et réglementaires, et intégrant de nouveaux composants issus de matériaux recyclés ou recyclables, tels que le PET ou le TPE. Nous venons par ailleurs de commercialiser une nouvelle gamme de poignées Wictouch.

 

 

Design et usage de la fenêtre

« Comment évolue la fenêtre en France ? En 2022, le produit devrait ressembler à celui de 2021, à quelques légers détails près »

 

 

La menuiserie se caractérise par trois tendances : « des performances stables, toujours plus de personnalisation au niveau esthétique et un discours environnemental plus musclé », résume Sylvain Gaudard. C’est pourquoi,ce groupe adapte son outil de production. « En plus des récentes évolutions de l’offre (lancement de Total Décor, service de plaxage intégral, ajout de 4 nouvelles nuances de gris), le site de plaxage de Gaillac a connu l’entrée en production d’une 5e ligne de plaxage double face qui permet de vrais gains de productivité », précise-t-il.
Côté produit, Profialis procède à la mise à jour du design des gammes à frappe traditionnelles et lance un nouveau programme de seuil pour gagner en efficacité indutrielle. La gamme Référence, en particulier sa déclinaison hybride, devrait faire l’objet de travaux importants, avec notamment le parcours de certification et l’arrivée des dormants monoblocs. Chez Alphacan, de nouveaux composants sont prévus pour la finition Perspective (capotage aluminium à dormant caché des fenêtres in’Alpha) permettant notamment l’intégration fluide des coffres de volets roulants.
Concernant profine, Yann de Bénazé évoque « une continuité d’investissement autour du système coulissant et le bon démarrage du coulissant Premislide, ainsi que l’amélioration des performances de la frappe. Nous continuons à travailler sur les performances thermiques, ainsi que sur l’acoustique ».

 

 

© Estémi

Ouvêo gamme bois disponible en trois essences : le bois exotique rouge, le chêne et le mélèze – Groupe Estémi

 

 

Du bronze épuré

Le propriétaire de cette villa a souhaité un style épuré et moderne. L’ensemble des menuiseries ont été réalisées en teinte bronze du nuancier Integral Kawneer. La fenêtre à ouvrant caché Kassiopée a été choisie pour la finesse de ses profilés et sa modularité d’ouvrant caché : en vue extérieure lorsqu’elle est fermée, elle semble être un châssis fixe. Positionnée en ouvrant à la française avec un vantail, elle peut s’ouvrir en oscillo-battant. Le drainage est caché pour plus d’esthétisme.

 

 

© Kawneer

La fenêtre à ouvrant caché Kassiopée en couleur bronze – Kawneer

 

 

Couleurs & fibre

Autre axe de progrès, la couleur fait l’unanimité. « Les produits en PVC ont longtemps été installés massivement en blanc sur tous les types d’habitations, au risque de dénaturer l’architecture des habitations les plus authentiques (corps de ferme, longères, appartements de style haussmannien, etc.). Or, aujourd’hui, c’est la fenêtre qui s’intègre au bâtiment et non l’inverse. D’où le succès plus régulier des options, telles que des vitrages avec petits bois, des parecloses moulurées ou encore de fausses crémones à levier et de caches paumelles rustiques. Côté couleurs, les tons bois ont le vent en poupe, même si le blanc reste dominant », indique Flamine Andrade pour le groupe HPG. Et le gris 7016 reste dans le peloton de tête. 

« En rénovation aujourd’hui, le PVC contribue à changer le look de la façade, les fenêtres sont remplacées par des modèles en couleur », confirme Romain Somet, directeur commercial d’Oknoplast. Cet industriel qui a lancé depuis deux ans la Prismatic (76 mm) en Europe, devrait disposer de tous les types de dormants requis par le marché français au second semestre 2022. Oknoplast annonce également la sortie d’un demi-linteau en partenariat avec Bubendorff. Enfin, Romain Somet rappelle que les fenêtres jouent un rôle dans l’aération du bâtiment : « nous ne pouvons plus occulter les besoins en renouvellement d’air intérieur depuis la pandémie, or nos fenêtres avec les systèmes oscillo-battants proposés en standard l’autorisent ». Oknoplast souhaite, poursuitil, « prendre le virage environnemental, notamment avec un renfort isolant conçu à base de produits recyclés et participer à la démocratisation de la domotique en motorisant ses oscillo-battants ». 

 

 

Des menuiseries colorées et connectées

« Pour 2022, les tendances évoluent fortement vers plus de couleurs ; en effet, nous abordons 2022 sur les mêmes bases que 2021. La couleur sur les menuiseries PVC Rehau représente aujourd’hui plus de 30 % des ventes en France. Aussi, ce sera le plébiscite des menuiseries connectées permettant d’amener en plus de la lumière, de la protection contre d’éventuels cambriolages », prévoit Maxime Boileau, responsable marketing-communication division Window Solutions France de Rehau.

 

 

© Rehau

Smart Guard, l’alarme intégrée dans le cadre Rehau

 

 

La fibre commence à s’imposer. Deceuninck mise sur le PVC fibré. « Nous achevons le développement d’une nouvelle gamme : Elegant Infinty avec renfort acier et Elegant Infinity Thermofibra, gamme composite fibrée. La nouvelle gamme Elegant au design particulièrement fin devrait être disponible sur le marché français début 2023 (50 couleurs plaxées, 16 couleurs Décoroc). Seuls les ouvrants sont fibrés, ils ne sont plus renforcés avec de l’acier, qui réduit la performance thermique. En insérant de la fibre, nous évitons cette dégradation du facteur thermique », explique Florent Kimpe, directeur produits France Deceuninck. Autres avantages, détaille-t-il, « nos clients ont moins de référence à gérer en production et en stock, les renforts en fibre sont plus légers, plus faciles à transporter et à manipuler. Enfin, la fibre nous permet d’obtenir des designs très épurés puisque nous pouvons réduire les épaisseurs des profils. La joue de feuillure sur la nouvelle gamme Elegant ThemoFibra est de 7 mm d’épaisseur ». Le groupe Delplast suit cette tendance : « pour nous démarquer, nous proposons des menuiseries fibrées – fibre de verre en continu dans les ouvrants – avec des renforts thermiques à la place de renfort acier. Ceux-ci sont plus performants sur le plan thermique et ne subissent pas la flambée des prix, ni les difficultés d’approvisionnements », se félicite Emmanuel Desmares, directeur national des ventes et réseau de Delplast. 

 

 

© Alphacan

Perspective deux vantaux et oscillant-battant
signés Alphacan (Groupe Alphapro)

 

 

La nouvelle menuiserie hybride VEC de Minco : une réponse architecturale soulignée

Ici, l’aluminium disparaît sur les ouvrants. Sans équivalent, cette menuiserie réinvente et illumine. La sérigraphie noire surlignée sur le pourtour du vitrage présente toute la modernité de ce concept unique au design épuré et présentant tout autant de fortes performances thermiques.

 

 

© Minco

 

 

Esthétique contemporaine

Dans le secteur de l’aluminium, la couleur, la finesse des profilés et le style contemporain sont toujours de mise. Schüco par exemple, propose une large gamme de couleurs. Skander Matti, chef de marché aluminium, cite les demandes ponctuelles qui allient l’aspect pierre et métal : « en rénovation notamment, la fenêtre n’est pas remplacée à la couleur identique, les consommateurs en profitent pour changer le look de la façade et la moderniser, il n’est pas rare de voir une fenêtre à deux vantaux remplacée par un coulissant ou par un seul vantail, accompagné d’allèges fixes, de châssis toute hauteur avec oscillo-battant… la fenêtre déstructurée est tendance ». Exit les deux vantaux traditionnels (1 200 x 1 200 ou 1 200 x 1 400 mm). Les grandes dimensions et l’association de formats différents séduisent. « Tendance en ce moment, le style industriel que nous proposons sur nos menuiseries aluminium, notamment grâce à nos petits bois collés et intercalaires fictifs et nos couleurs en finition satinée plaisent », confie Julie Gagno, animatrice Réseau Expert Agréé Proferm.

Les choix esthétiques restent contemporains, avec des formes rectangulaires, des couleurs, en configuration coulissante ou en ouverture à la française. « L’aluminium est principalement choisi pour la finesse de ses profilés (qui équivaut à un clair de vitrage plus important), sa large gamme de coloris (Les Mettallics, Les Exclusives, effet bois), sa durabilité dans le temps (matériau noble et sans entretien) et son côté écologique, 100 % recyclable », note Audrey Scomparin (Sepalumic). Même constat chez Installux, où Mélanie Martinez, directrice marketingcommunication, distingue les fenêtres dédiées à l’habitat et celles pour le bâtiment : « les premières deviennent un élément de décoration, à l’esthétique épurée, y compris au niveau des accessoires et sont personnalisées, les secondes s’effacent au profit des façades ».

 

 

© Préfal

Allure conçu par Préfal (Groupe HPG)

 

 

Constatant l’évolue de la fenêtre, Georges Perelroizen, président d’Hyline Building Systems ajoute : « place à l’ergonomie, à l’esthétique et aux fonctionnalités augmentées… la fenêtre devient plus grande, plus lumineuse et plus active, grâce à la motorisation, aux alarmes intégrées, à la ventilation assistée, aux vitrages smart ». Des équipements qui sont de plus en plus demandés dans le segment haut de gamme. Hyline Building Systems avance sous deux axes, en complétant son offre de frappe minimaliste – une nouvelle série de frappe grande dimension devrait sortir dans le courant de l’année – et dans l’intégration du bois. 

 

 

© Oknoplast

Prismatic béton, une conception Oknoplast

 

 

L’aspect contemporain architectural de la fenêtre est clairement à la mode. Flamine Andrade corrobore la tendance à la finesse : « la fenêtre recherchée dispose de profilés fins pour maximiser l’apport de lumière rayonnant dans la pièce. Côté finitions, nos clients plébiscitent les produits dont les éléments de quincaillerie sont peu visibles (paumelles invisibles, poignées discrètes sans embase…). L’aspect thermique entre également en ligne de compte, surtout dans le cadre des rénovations. Nous équipons beaucoup nos produits de bouclier thermique permettant de bénéficier d’un niveau d’étanchéité de haut niveau. Côté coloris, la bicoloration est en augmentation de près de 8 %. La dominante de couleur, restant toujours le 9016 S avec une tendance à la hausse, visible sur le gris 9100 ». Préfal travaille à la sortie d’une nouvelle gamme de coulissant en aluminium pour le second semestre de l’année 2022. « L’idée étant d’harmoniser le niveau de finitions de cette catégorie de produit avec notre nouvelle frappe Allure, lancée en 2021 », affirme Flamine Andrade (Groupe HPG).

 

 

© Del Rio Bani

Hyline 40 mise en oeuvre à Palma de Majorque. Bos Architectes

 

 

Le fabricant de fenêtre Bochassy le reconnaît par la voix de son président Aurélien Forest : « nous interrogeons les gammistes aluminium pour augmenter les dimensions avec des profils très fins. Les accessoires sont également importants, avec les poignées et paumelles laquées aux couleurs de la menuiserie ».

 

 

© Bochassy

Menuiserie haut de gamme Bochassy

 

 

Castes Menuiserie met en avant une option minimaliste en aluminium pour ses gammes frappes ouvrant caché et ouvrant visible, incluant un ferrage invisible et une poignée sans embase. L’objectif étant de ne plus voir les paumelles ou fiches, et de décliner une poignée plus discrète à la couleur des profils. Commentaire de Philippe Cuq, directeur d’usine : « la tendance confirme un retour aux profils plus angulaires et plus discrets. Pour les couleurs, nous sentons un frémissement des gris plus clairs que le 7016, comme le 7039 et 7022. Nous entendons de plus en plus parler de serrure connectée et de gestion automatisée de l’ouverture et fermeture, mais la multitude de protocoles de pilotage non compatibles entre eux représente encore une difficulté ».

Chez Schüco, Skander Matti constate par ailleurs la croissance de produits « plus sécurisants » : la fenêtre évolue peu, en revanche, elle s’enrichit. « Les consommateurs n’hésitent plus à demander une poignée à clé, un oscillo-battant, jusqu’à la gâche connectée qui trouve son audience », remarque-t-il. La fenêtre est ainsi revalorisée. 

Pour Dominique Lamballe, président de FenêtréA, tout est lié : « depuis la crise sanitaire et l’importance du temps passé à domicile, les besoins, à côté de l’isolation thermique, ont également évolué en termes de sécurité et d’isolation acoustique. S’isoler du bruit est devenu une véritable demande en 2021, peut-être en lien avec le télétravail ». Ce fabricant a donc révisé ses collections et lancé Fox sur le marché du bloc-baie en étayant son offre d’options avec des quincailleries spécifiques (kit verrouillage, cale antidégondage pour répondre aux attaques au pied de biche).

 

 

© FenêtréA

Dispositif antidégondage – FenêtréA

 

 

La mousse imprégnée, alternative au silicone

« Nos clients nous interroge sur des solutions d’étanchéité avec moins de silicone compte tenu de la hausse des prix des produits à base
de silicone
», déclare Frank Müller, directeur commercial France d’ISO-Chemie. Le spécialiste des solutions d’étanchéité pour le bâtiment et les mousses techniques en Europe propose des systèmes d’étanchéité à base de mousse imprégnée, qui devraient faire l’objet d’une certification.
Pour rappel, ISO-Chemie a reçu le "Prix de l’innovation des PME 2021/22" remis par la Deutsche Gesellschaft für Verbraucherstudien, une évaluation basée, entre autres, sur les demandes de brevets internationaux des PME allemandes faites en 2020. « Nous avons agrandi l’usine, les capacités de production sont en place, nous pouvons répondre à la demande et nous lancerons de nouveaux produits dans le courant de l’année », ajoute Frank Müller. 

 

 

La fenêtre et la RE2020

Technal s’apprête à fournir une nouvelle version de Soleal pour répondre aux demandes thermiques et aux exigences de la RE2020. « Nous nous positionnons avec Soleal 65 nouvelle génération et une version 75 qui permettra d’atteindre des performances supérieures et de répondre aux demandes actuelles de résistance à l’effraction (niveau 3) », assure Marion Villard. Dans le neuf, « avec la mise en place de la RE2020, pour tout permis de construire déposé après le 1er janvier 2022, nous nous attendons à un développement des fenêtres avec vitrage favorisant les apports solaires. Le facteur Sw qui caractérise la performance en termes d’apports solaires joue un rôle important dans le calcul de l’indicateur BBio (besoin bio climatique) en plus du coefficient d’isolation thermique Uw », rappelle Arnaud Gendron, directeur marketing chez Huet. « Les solutions de protections solaires associées aux fenêtres sous forme de blocsbaies devraient se développer pour lutter contre la surchauffe d’été et améliorer le confort d’usage des occupants. Concrètement, cela se traduit par l’automatisation des fermetures type volets roulants et leur pilotage et programmation par box domotique et le développement chez Huet d’un blocbaie avec brise-soleil orientable pour les fenêtres très exposées au soleil », indique-t-il.

 

 

© Huet

Coulissant aluminium Stylium – Huet

 

 

Le contexte règlementaire influence la montée en performances. « Les produits bénéficient du renforcement des coefficients ; dans le neuf, les maisons s’équipent de dormants monoblocs avec des épaisseurs de 180 mm à 200 mm, les précadres sont également plébiscités grâce au développement des maisons à ossature bois, enfin, avec le triple vitrage dans certaines régions comme dans l’Est de la France, la fenêtre embarque un troisième joint central pour une meilleure isolation AEV », explique Aurélien Forest, président de Bochassy. La course à la performance ne faiblit pas.

 

 

© profine

Kömmerling PremiSlide 76 mm, coulissant doté de ferrures Ecoslide développée par profine
avec Siegenia

 


© Schüco
Source : verre-menuiserie.com

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