Tour de France des savoir-faire en miroiterie

Tour de France des savoir-faire en miroiterie

D’est en ouest, l’Hexagone est couvert par des entreprises qui capitalisent sur leur histoire et poursuivent leur transformation.





De la décoration aux façades

 

« Des techniques artisanales aux technologies de pointe, le secteur qui regroupe trois grandes activités (la fabrication du verre, sa transformation en différents produits verriers et la pose) surfe sur la transmission et l’élargissement des compétence. »

 

La grande boucle couvre quasiment l’ensemble du territoire, sans laisser de zone blanche. Les miroitiers s’y élancent avec gourmandise. « Nos savoirfaire sont présents sur l’ensemble de l’Hexagone avec peut-être quelques spécificités dans l’Est, comme les portes à panneaux verriers et les effets vitraux, en cohérence avec la demande et les goûts locaux », témoigne Laurent Personnaz, directeur général de la Miroiterie de Chartreuse. À proximité de l’Allemagne, « persiste la culture du verre teinté, jaune notamment, que l’on trouve peu en France », confirme Thierry Utard, directeur général de la Miroiterie Righetti, fabricant de verre feuilleté et de verre trempé. « Nous essayons de suivre les tendances architecturales, les modes qui donnent les lignes directrices aux projets », glisset- il. S’il n’y a pas véritablement de spécificités régionales, chaque acteur essaie de perpétuer les traditions – en les modernisant – et de développer de nouvelles compétences…

 

 

Large palette de savoir-faire

 

En France, l’évocation de(s) savoir-faire verrier(s) rime forcément avec Saint-Gobain, qui maîtrise tous les sujets. « De l’activité de verre soufflé dans l’usine de Saint-Just (près de Saint-Etienne) fondée en 1826 aux systèmes de fabrication de verre float et de verre à couche les plus modernes, la palette est large », déclare Isabelle Pires, responsable marketing tertiaire et cloisons Saint-Gobain Vitrage Bâtiment. Le leader français innove et fait évoluer ses outils de production. « En amont, les installations de production de verre float ont fait l’objet de modernisation il y a deux ans. En aval, d’autres investissements ont été réalisés pour développer l’impression numérique sur les sites d’Annecy et d’Aurys », indique Isabelle Pirès. Un succès. « Les architectes apprécient la personnalisation pièce à pièce », lâche-t-elle. « Certaines tâches, comme l’entretien du four à très haute température, requiert des compétences particulières qui sont transmises au sein de l’entreprise », précise encore la responsable marketing. Le savoirfaire humain reste essentiel.

 

« Les membres du réseaux Glastetik, clients d’AGC Glass, détiennent un véritable savoir-faire de miroitiers, ils façonnent, trempent pour renforcer les performances du verre, traitent le feuilleté, et se rapprochent de partenaires pour enrichir leurs offres », affirme Valérie Vandermeulen, responsable communication – marketing France d’AGC Glass France. Le réseau – dont les rendez-vous ont été mis entre parenthèses depuis le début de la crise sanitaire – a gagné en visibilité numérique grâce à la refonte de son site Internet et sa présence sur les réseaux sociaux. « Nous reprendrons nos événements dès que possible suivant les recommandations du Gouvernement », assure Valérie Vandermeulen. Fin juin, Glastetik participera aux journées de la construction organisées par la Capeb. « Je viendrais présenter les nouvelles collections de verre laqués colorés Lacobel et Matelac développés dans le cadre de l’AGC Deco Academy », annonce-t-elle.

 

 

Du vitrage isolant à la déco

 

Riou Glass fabrique du vitrage isolant VEC pour façade, du verre de sécurité (retard à l’effraction, pare-balle, antiexplosion) composé de différentes couches et testé suivant les normes européennes, mais ne néglige pas la partie miroiterie avec le façonnage et la personnalisation de verre décoratif. « Ces deux dernières années, des investissements massifs ont été réalisés dans un centre de façonnage et dans l’impression », rappelle Sébastien Joly, directeur marketing et communication. L’atelier Crea mixe les techniques artisanales et modernes (sablage décoratif, collage de pièces, impression numérique).

 

« En décoration, nous pouvons reproduire n’importe quel motif, issu du catalogue ou proposé par les clients, grâce à deux solutions : la gravure pour les applications intérieures et la sérigraphie », explique de son côté Élizabeth Ployart, dirigeante de Macocco Ouest, le groupe familial Maccoco (9 sites en France) spécialiste de la transformation du verre plat, qui fabrique des double et triple vitrage (Vim), des vitrages trempés (Séristal), feuilletés, trempés feuilletés et feuilletés composites (Plastofloat), des simples et doubles vitrages extérieurs collés Vim VEC, des systèmes compl e t s pour façade s (Panoramic). « Les savoir-faire nécessitant l’emploi de machines sophistiquées (sablage, peinture, façonnage, assemblage feuilletés composites et sérigraphies) sont transmis par les fabricants de machines via des formations à l’installation ou lors de développements ultérieurs. Les travaux sont réalisés par des collaborateurs qualifiés qui transmettent à leur tour leur savoir-faire par des formations internes », détaille-t-elle. Macocco se différencie par la palette esthétique des personnalisations ainsi que par le vitrage feuilleté de sécurité, intégrant tous les niveaux, de la protection incendie au vitrage pare-balle.

 

 

Entrée du four de trempe de la miroiterie Righetti.

 

 

Système de fabrication de verre float sur le site d’Aniche de Saint-Gobain…

 

 

… 356 ans d’histoire du verre depuis la Manufacture royale des Glaces de miroirs jusqu’aux technologies les plus avancées d’aujourd’hui.

 

 

Assemblage feuilleté

 

À Voiron en Isère, La Miroiterie de la Chartreuse est connue notamment pour son savoirfaire dans l’assemblage feuilleté avec insertion de tissus et de maille métallique. « Cette maîtrise technique a nécessité beaucoup d’investissements humains et de R&D ; nous sommes passés d’une solution en four EVA à une ligne de feuilleté PVB plus industrielle, nous avons dû tester les produits, réviser les process, former les opérateurs », retrace Laurent Personnaz. Le traitement du feuilleté représente entre 15 et 20 % de l’activité de la Miroiterie de la Chartreuse, le reste étant consacré à la fabrication de dalle de sol, de garde-corps, de feuilletés dédiés à l’agencement, etc. Autre savoir-faire développé ici, l’impression numérique. « Les opérateurs doivent également être des infographistes car le travail en amont est important, les fichiers nécessitent une relecture, un traitement pour être conformes aux attentes des clients », commente Laurent Personnaz. Une vraie culture des process et des matériaux, partagée par les équipes. « Certains points exigent une expertise, même la coupe demande un savoir-faire pour éviter les erreurs », rapporte ce dirigeant. Mais ce n’est pas tout. L’entreprise réalise également du sablage. « Nous allons plus loin que le sablage basique, par exemple nous réalisons un projet avec superposition de deux à trois tons pour un décor en plafond », mentionne- t-il. Bref, c’est bien l’addition des différents savoir-faire qui apporte de la valeur ajoutée…

 

 

Lacobel Matelac AGC Glass Europe.

 

 

Nouvelles collections chez AGC

 

AGC présente neuf nouveaux coloris dans la gamme Lacobel et cinq dans son alter ego mat, Matelac, portant l’offre à 24 couleurs pour Lacobel et 15 pour Matelac. Ces deux gammes proposent en outre 10 teintes communes. Rencontre du brillant et du mat, approches ton sur ton, jeux de contrastes, tout semble possible.

AGC Deco Academy a créé quatre univers illustrant, chacun, différentes combinaisons de couleurs ainsi que les matériaux qui se marient le mieux avec elles. L’objectif ? Proposer des ambiances inspirantes à tous les acteurs du bâtiment : l’ambiance minimaliste (tons contemporains qui s’associent avec la pierre ou la céramique pour créer une sensation d’espace, de calme et de pureté), l’ambiance naturelle (coloris terre et naturels combinés aux bois bruts ou au liège), l’ambiance traditionnelle (teintes classiques qui peuvent être rehaussées par des matériaux nobles tels que le bois foncé ou le marbre), l’ambiance vitaminée (coloris intenses et lumineux qui s’accordent avec la résine ou le béton coloré).

MyColour by Lacobel/Matelac est un service exclusif d’AGC, dédié aux architectes et professionnels de la décoration. Grâce à MyColour, ils peuvent créer une teinte personnalisée qui correspond exactement à leur concept pour les projets de plus de 150 m².

 

 

Verre feuilleté – Righetti.

 

 

Righetti, entreprise familiale fondée en 1835 à Nancy, a pris le virage du verre feuilleté depuis une quinzaine d’années. « 95 % du marché utilise le procédé PVB, nous avons choisi le feuilleté EVA (acétate de vinyle), un film à la propriété hydrophobe, qui procure au vitrage une grande résistance à l’humidité et nous permet par exemple de fabriquer des gardecorps en extérieur, sans risque d’infiltration », argumente Thierry Utard. « Ce procédé EVA autorise les assemblages techniques comme l’insertion de différentes matières (papier, Leds, mailles métalliques…), films colorés unis ou dégradés, impression numérique. La qualité de la finition doit être proche de la perfection », signale-t-il. Righetti s’est taillé une belle notoriété avec ce savoir-faire, et pour se démarquer davantage, diversifie sa production en proposant des cloisons avec des dégradés à l’intérieur ou des mailles notamment. Voire du sur mesure, réalisé en collaboration avec les architectes. L’entreprise s’est récemment dotée d’une extension de bâtiment( 1 500 m2 supplémentaires) et a intégré un four de trempe. Une autonomie qui lui a coûté de développer de nouveaux marchés. « Cet investissement nous apporte davantage de souplesse et nous permet de récupérer une marge intermédiaire, tout en entrant sur des marchés qui nous étaient jusqu’ici inaccessibles », se félicite le dirigeant. Diminuer les taux de chute, produire des petites séries, augmenter la capacité de production… faire perdurer les savoir-faire requiert de se moderniser. « Nous avons repensé nos flux et process, réorganisé l’atelier sans arrêter la production, formé nos collaborateurs aux nouveaux automatismes », ajoute-t-il. Un vrai chamboulement sur fond d’automatisation de la production, de suivi en temps réel, de mise à jour de l’ERP… et une entrée dans le 21e siècle.

 

 

Un bus showroom et deux autres véhicules aux couleurs de CalorGlass, prêtes à sillonner la France… – Riou Glass.

 

 

Crea, le savoir-faire décoratif Riou Glass.

 

 

Héritière de la tradition verrière des Vosges du nord, du savoir-faire des souffleurs de verre qui ont créé les boules de Noël et de la verrerie de Goetzenbruck, qui dès le 19e siècle s’impose dans le verre de montre et la taille du verre optique, Verrissima, Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), cultive ses savoir-faire. « Ici », raconte Patrick Gross, directeur général de Verrissima, « les verriers ont trouvé de la silice, de l’eau de source et des forêts nécessaires à la fabrication du verre ». En 1998, le Centre International d’Art Verrier relance le savoir-faire du soufflage des boules de Noël. « Aux modèles traditionnels réédités s’ajoutent chaque année des boules contemporaines, conçues par des créateurs revisitant la tradition. A ce jour, plus de 25 modèles existent dans 2 lignes, la traditionnelle et la contemporaine », relate Patrick Gross. L’entreprise argente les pièces de verre, les pièces de cristal d’exception pour les grandes marques du secteur et se positionne sur le marché du luxe. « Il s’agit d’un savoir-faire rare, à la formulation secrète, que nous conservons et qui occupe encore deux personnes à temps plein », se délecte le dirigeant. Verrissima est reconnue pour d’autres savoir-faire, notamment la fabrication et la restauration de vitraux. « Jonathan Metz, le PDG, a appris le métier de vitrailliste », confie Patrick Gross. En dehors des travaux de restauration, ce savoir-faire était mobilisé au service des cuisinistes avant que le vitrail ne passe de mode dans ce secteur. C’est à ce moment-là, au début des années 2000, que Verrissima s’oriente vers la production de panneaux décoratifs de portes. L’entreprise continue néanmoins à fabriquer des vitraux et à en restaurer dans les églises, les écoles, les cages d’escalier des immeubles haussmanniens. Quitte à les insérer dans des doublevitrages, histoire de conjuguer l’esthétique traditionnelle avec le confort moderne. « Verrissima est l’une des rares entreprises à maîtriser l’ensemble de la transformation du verre plat : coupe, façonnage, collage, argenture, gravure, sablage (y compris en profondeur), colorisation, impression numérique, impression céramique, trempe, vitrail, double-vitrage », martèle Patrick Gross. Le tout concentré en une seule usine, où la polyvalence des salariés et la collaboration avec des artistes donnent une touche inédite aux produits.

 

 

Rouleaux d’intercalaires Super Spacer® – Edgetech.

 

 

Eurovitrage adopte les intercalaires Premium d’Edgetech

 

Le spécialiste verrier indépendant Eurovitrage, positionné sur le marché en Auvergne, Rhône-Alpes, Bourgogne, Franche-Comté et Ile-de-France, s’est équipé de nouveaux outils technologiques afin de proposer des intercalaires Super Spacer® T-Spacer™ Premium d’Edgetech. L’intégration du nouvel intercalaire est couplée à l’investissement dans un nouveau robot applicateur automatique de cordon structurel Forel. Outre les gains en termes de performances des vitrages, il semble que l’adoption du nouvel intercalaire permette de réaliser des gains en termes de surface au sol. « Les produits Super Spacer® sont livrés en palettes standards et se manipulent plus facilement que les civières métalliques de 6 m. Avec une répercussion aussi en termes de sécurité au travail et retour des contenants beaucoup plus aisés », commente Fabrice Keller, directeur commercial Europe d’Edgetech GmbH.

 

 

Vitrage isolant

 

À l’Ouest, en Vendée, TIV a automatisé son outil de production. « Ici, les opérateurs ne touchent plus le verre, les lignes d’assemblage (double, triple, quadruple vitrage) et de coupe (verre float, feuilleté...) sont automatiques, chacun occupe un poste spécifique », note Colette Touzalin, chargée marketing et graphiste du groupe TIV. Les collaborateurs sont recrutés sur leur expérience ou formés sur le tas pendant plusieurs semaines, avec validation des acquis. En face, de l’autre côté de la rue, les locaux de TAV sont dédiés au vitrage décoratif. « Le façonnage et l’usinage sont différents, ici on creuse des sillons dans le verre comme un filet de Versailles, on assemble des feuilletés en y insérant des tissus, l’impression numérique ouvre des perspectives sans limite », ajoute t-elle. D’autres décorations sont envisageables. Colette Touzalin cite le plomb adhésif et l’imitation du vitrail. « La miroiterie industrielle permet de reproduire des motifs de décoration plus rapidement, à moindre coût tout en répondant au besoin, sans recourir à des techniques artisanales traditionnelles. Nous orientons nos clients vers la meilleure technologie au cas par cas, suivant la destination du produit », expose -t-elle.

 

Décoration, agencement, la Miroiterie du Rhône (groupe ETO) intervient pour réaliser aussi bien des vitrines de boutique que des crédences de cuisine en miroir, de l’habillage mural, du paredouche ou des châssis aluminium vitrés. Basée à Villeurbanne, elle s’apprête à déménager. « Nous disposons d’un parc machine de pointe hébergé dans une coquille ancienne, en 2022 nous emménagerons dans un bâtiment de plus de 2 500 m², actuellement en construction à Vaulx-en-Velin, à quelques kilomètres de notre site actuel, mais beaucoup plus facile d’accès », se réjouit Alain Brussin, directeur de la Miroiterie du Rhône. Créée en 1975, cette entité bénéficie du savoir-faire d’une équipe fidèle et de machines lui permettant de traiter les verres de fortes épaisseurs.

 

En Rhône-Alpes, Diffuver (PME fondée en 1986 qui emploie une cinquantaine de salariés) a fait des grandes dimensions de vitrage isolant sa marque de fabrique. « Nous disposons de quatre sites, deux dédiés au vitrage isolant, un au collage VEC, un au négoce, nous avons dernièremen investi 3 M€ pour traiter les grandes dimensions », témoigne Philippe Melon, le PDG. Ses atouts ? « Les compétences des équipes – le turn-over est très faible – et le soin que nous apportons au service », répond-il. Entre autres compétences, les équipes de Diffuver sont capables de fournir à leurs clients des calculs mécaniques (montée en température par exemple) et des analyses servant au choix du vitrage. Un must.

 

 


© Patrick Tourneboeuf   © Righetti   © Saint-Gobain   © VMA   © AGC Glass Europe   © AGC Glass   © Edgetech   © Righetti
Source : verre-menuiserie.com

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