Le groupe Millet rachète le savoir-faire Acibois près de Caen

Le groupe Millet rachète le savoir-faire Acibois près de Caen

Près de Caen, les 40 salariés licenciés de la menuiserie vieille de 90 ans s'étaient résignés à la liquidation. Depuis jeudi, ils savourent un retour inespéré dans leur atelier.



Dans le cas de la menuiserie Acibois, à Mouen, près de Caen, évoquer une renaissance du jour au lendemain ne serait pas exact. Du matin au soir est plus juste. " Un truc de dingue, un scénario hollywoodien ", se souvient, encore ému, Harold Stettler, le PDG qui, le 12 février, vers 17h, s'apprêtait à fermer le portail de son entreprise. Définitivement. " A midi, j'avais organisé un pot de départ. Certains menuisiers, avec plus de trente ans de maison, avaient les larmes aux yeux. Tout le monde avait reçu sa lettre de licenciement ".

 

Après plusieurs années difficiles, de gestion compliquée pour se maintenir à flot, la liquidation était inéluctable. " Les avocats, les experts-comptables, tous les conseillers m'avaient dit que c'était cuit. Je devais, selon eux, accepter la défaite ".

 

Harold Stettler finit par rendre les armes ce 12 février. Jusqu'à cette rumeur qui enfle dans l'après-midi : le président de la Région Normandie, Hervé Morin, aurait annoncé sa volonté de racheter les bâtiments d'Acibois pour 1.5 million d'euros.

 

Dans la soirée, le tribunal de commerce examine l'offre en urgence. Un ultime surcis d'un mois est accordé. Le lendemain, l'unique candidat à la reprise, le groupe Millet, dans les Deux-Sèvres, réitère son offre. La menuiserie est sauvée. " En quelques heures, nous sommes passés du statut de licenciés à celui de réembauchés ", se rejouit Vincent Leneveu, représentant du personnel. " En la quittant, jamais je n'aurais imaginé remettre les pieds dans la boîte ".

 

Châteaux et immeubles haussmanniens

 

Avant de mettre la clé sous la porte, Harold Stettler avait pris soin d'annuler les ultimes commandes. Il s'est empressé de rappeler les clients, au lendemain du sauvetage inespéré. " En une journée, j'ai pu rattraper pour 100 000 € de commandes ! ". Acibois, spécialisée dans le sur-mesure et le haut de gamme, s'est forgée, en quatre-vingt-dix ans, une réputation et une clientèle fidèle. 

 

" Jusqu'au bout, notre image est restée positive. L'offre de reprise avait échoué, dans un premier temps, pour une histoire de coût des locaux. Jamais la qualité de notre travail ni même notre chiffre d'affaires n'ont été remis en cause ". Encore moins le sérieux des menuisiers hautement qualifiés qui, jusqu'à la dernière minute, sont restés rivés à leur poste de travail.

 

Pour l'entreprise familiale, fondée en 1930, une nouvelle ère s'annonce. Le 4 mars, le tribunal de commerce devrait entériner l'offre de reprise. Le groupe Millet pourra se reposer sur le savoir-faire d'un fabricant de portes, de fenêtres, de portails, souvent destinés à des chateaux, des manoirs... " Les immeubles haussmanniens à Paris, dont nous réalisons les huisseries, sont notre coeur de cible ".

 



Source : Ouest-France

Journaliste : Benoit LE BRETON

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