Protection solaire : des acteurs engagés !
Encouragé par la réglementation, le recours aux protections solaires devrait se développer dans les mois à venir.
Les industriels se mobilisent et multiplient les initiatives pour répondre aux enjeux climatiques.
L'engagement des industriels de la protection solaire s’illustre d’abord par leurs efforts pour faire entendre leur voix. « Nous menons des campagnes auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaître nos produits comme étant des éléments majeurs de la performance des bâtiments, il semble que depuis deux ou trois ans, nous soyons davantage écoutés et que les protections solaires apparaissent dans des études comme étant efficaces pour adapter le bâtiment au changement climatique », déclare Hervé Lamy, délégué général d’Actibaie. Un bon point pour un secteur qui se bat depuis longtemps pour imposer ses solutions durables. « Nous devons néanmoins franchir l’étape suivante, car si nos produits sont reconnus, les mesures d’incitation ne sont pas au rendez-vous », poursuit-il, citant le taux de TVA à 5,5 % qui ne s’applique aux protections solaires que sous certaines conditions d’éligibilité, excluant les produits de masse. Sur le marché du neuf, « la RE2020 ouvre indéniablement des perspectives », reconnaît-il. Mais Hervé Lamy regrette que les acteurs du secteur ne soient pas consultés davantage : « nous pourrions par exemple informer les accompagnateurs Rénov ». En attendant, les adhérents d’Actibaie se mobilisent pour améliorer la mise en œuvre des produits et éviter les litiges. « Nous travaillons sur le DTU de mise en œuvre des volets et stores, effectuons des essais en soufflerie afin de définir des règles », mentionne-t-il.
Les effets de la réglementation

© Warema - Le siège de Warema en Allemagne habillé de ses BSO
« Le contexte semble en théorie favorable grâce à la RE2020 qui encourage le recours aux protections solaires extérieures, mais la conjoncture est mauvaise ; d’ailleurs, si le store Zip progresse, le BSO stagne à cause de la baisse de l’activité de la construction », observe René Lebenthal, directeur général de Warema France. En outre, indique-t-il, « le marché est fort disputé, les prix très bataillés ». Pour lui, « l’utilisation de l’aluminium recyclé – entre 30 et 40 % chez Warema à date – représente un gros levier dans la transformation ». Chez Schenker Stores, Christelle Bertard, directrice commerciale, dresse peu ou prou un constat similaire : « compte tenu du contexte et de sa mise en œuvre progressive, nous ne ressentons pas encore les effets de la RE2020 ». Pour autant, affirme Laurine Sorin, chargée de communication de Geplast, « la protection solaire joue un rôle essentiel dans les objectifs de la RE2020 qui vise à réduire l’impact carbone des bâtiments tout au long de leur cycle de vie, à améliorer leur performance énergétique et à renforcer le confort d’été. Les lames de volets roulants contribuent directement à la limitation des surchauffes estivales, à la réduction des besoins en climatisation et à l’amélioration du confort thermique. L’écoconception rentre également en jeux (traçabilité des matériaux, réduction de l’empreinte carbone des produits). Cela passe notamment par la réalisation d’ACV, la mise à disposition de FDES et l’intégration progressive de matières recyclées dans les solutions proposées ». Avant d’ajouter : « La Lame Bioclimatique® de Geplast va plus loin en offrant un réel confort d’été tout en conservant une excellente visibilité vers l’extérieur en position ajourée, avec un fort facteur de transmission lumineuse. Associée à nos coffres, elle constitue une solution performante, durable et conforme aux exigences de la RE2020 ».
S’engager pour les acteurs du marché, c’est préparer l’avenir. « Nous travaillons sur les fiches FDES, mais un gros travail nous sera demandé pour établir le passeport digital du produit », explique Christelle Bertard.

© Schenker Stores - Brise-soleil orientable Schenker Stores
Les industriels participent à la défense de l’environnement en rendant le bâtiment le plus intelligent possible afin de moins consommer d’énergie. « Il ne s’agit pas d’un argument commercial, la protection solaire représente bien le premier rempart face au réchauffement climatique. Dans notre entreprise, nous avons une cellule RSE, le Groupe s’apprête à publier son rapport de durabilité en 2026 », se félicite-t-elle. Surtout, l’implication de Schenker Store se traduit par le développement de produits durables. « Ehret en fournit une illustration avec le volet coulissant à panneau solaire Solar Slide, autonome en termes de consommation », glisse-t-elle.

© Geplast - La Lame Bioclimatique®conçue et développée par Geplast
Le secteur oriente ses réflexions vers le sourcing et le choix des composants, la conception de produits appelés à durer ainsi que vers la question de la réparabilité. « Il n’est pas toujours aisé de conjuguer innovation et protection de l’environnement, proposer des produits bien conçus, dotés de pièces interchangeables, faciles à mettre en œuvre, pour favoriser la maintenance plutôt que le remplacement, voilà un axe qui fait sens sur le plan économique et sur le plan environnemental », argumente Christelle Bertard. Réparabilité, choix des matériaux, les acteurs du marché étoffent leur stratégie pour verdir leurs activités.
Pour sa part, Charles Berthet, directeur général de Tellier Brise-Soleil, expose lors du lancement officiel de la gamme de lames de brise-soleil en bois qui vient compléter l’offre en aluminium : « Le bâtiment est un secteur clé de la transition écologique, la protection solaire apparaît comme un levier pour créer des bâtiments durables et allier efficacité énergétique et bien-être des usagers, c’est notre mission, nous recherchons des matériaux qui ont un sens, le bois est apparu comme une évidence ».
3 questions à

© Griesser - Laurence Moine, responsable marketing France de Griesser
Comment vos produits répondent-ils aux enjeux environnementaux et réglementaires ?
Sur le plan réglementaire, les solutions de protection solaire Griesser s’inscrivent pleinement dans les exigences de la RE2020, qui renforce la prise en compte du confort d’été et encourage les solutions passives pour limiter les surchauffes. Dans le tertiaire, le décret BACS pousse également les acteurs à adopter des protections solaires performantes pour atteindre les objectifs de performance énergétique. Par ailleurs, le DTU 34.4 reste la référence technique nationale pour l’installation des protections solaires et fermetures.
Conformément au Code de l’environnement et face au dérèglement climatique avec des ressources naturelles en eau qui diminuent, Griesser agit en tant qu’industriel responsable pour réduire ses consommations. Depuis 2009, l’entreprise limite sa quantité d’eau consommée et recycle les eaux de son unité de peinture afin de les réutiliser.
Par ailleurs, dans le cadre de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire), Griesser est engagé depuis deux ans déjà dans la REP PMCB – Responsabilité Élargie du Producteur pour les Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment. L’entreprise confie ainsi à un éco-organisme agréé la gestion de ses obligations réglementaires, incluant la collecte des produits en fin de vie et l’organisation des filières de tri, recyclage et traitement des déchets, contribuant activement à l’économie circulaire du secteur.

© Griesser - BSO Lamisol
Quel est le rôle des protections solaires face au réchauffement climatique ?
L’étude Insee Première n° 1918 montre que d’ici 2050, un Français sur sept vivra dans un territoire connaissant plus de 20 jours de fortes chaleurs chaque été, ce qui représente un enjeu important pour la santé publique et l’adaptation aux vagues de chaleur.
Dans ce contexte de réchauffement climatique et de multiplication des épisodes de canicule, la protection solaire est devenue un enjeu environnemental majeur. Nous proposons des protections solaires extérieures qui permettent de limiter les surchauffes estivales, d’améliorer le confort d’été et d’hiver, et de réduire le recours à la climatisation et au chauffage tout en contribuant à réaliser des économies d’énergie et diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
On estime que grâce à une protection solaire, la température intérieure peut baisser de 3 à 5°C, voire davantage en version automatisée.
(Source : Guide Confort d’été – Les solutions sobres de rafraîchissement pour le logement et les locaux professionnels, IGNES/Groupement Actibaie/AFPVP, 2024)
Comment Griesser s’engage en faveur de la performance environnementale du bâtiment ?
Griesser s’engage concrètement par la rénovation progressive de ses sites de production, (notamment du site de Nenzing, en Autriche, qui couvre une grande partie de ses besoins énergétiques par de l’électricité autoproduite, tout en améliorant les conditions de travail sur place) ; la conception et le développement de produits moins énergivores (produits solaires, réutilisation de profilés existants, écoconception) ; le choix de matériaux durables, (nous utilisons par exemple un aluminium recyclé à 65 % dans nos volets battants ce qui permet de réduire de 30 % les émissions de CO2 par kilo d’aluminium sur cette ligne de produits) ; la durabilité de nos solutions (leur réparabilité et leur facilité de maintenance).
Des textiles plus durables

© Mermet - Mermet propose des produits green fabriqués à partir de fils issus du recyclage et mène des programmes d’optimisation énergétique dans ses usines ; ici, pour le bâtiment périscolaire de Porcieu-Amblagnieu en Isère, qui nécessitait une protection thermique et visuelle optimale afin de répondre aux problématiques de chaleur et d’éblouissement tout en s’intégrant parfaitement à la façade, l’architecte AMMA a choisi le tissu Satiné 5500 de Mermet, coloris 0720 Perle Lin pour équiper les stores extérieurs, réalisés par le fabricant de stores Sun&Lux
Les fabricants de toiles s’engagent aussi. « Mermet mène des programmes d’optimisation et de baisse des consommations d’énergie dans chacune de ses usines, prend soin d’analyser le cycle de vie de ses produits, propose des produits green fabriqués à partir de fils issus du recyclage, etc. », résume Léo de Maeyer, directeur marketing et commercial de Mermet. Le fabricant de tissus techniques s’attache à respecter les réglementations Reach (réglementation européenne concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances), Greenguard® Gold (label américain qui atteste de la qualité de l’air intérieur), etc.

© Sattler Twilght Comfort - Pour Sattler, pionnier en faveur du développement durable, son engagement est entièrement voué au meilleur produit technique et à l’impact le plus vertueux pour la planète ; Twilight, sa toile sans PVC , unique sur la marché, présente une haute stabilité dimensionnelle grâce à la combinaison de matériaux acrylique et fibres polyester. Indéformable, cette collection de tissus décline une gamme de coloris s’harmonisant en pur élément de design architectural
Julien Busser, dirigeant de Sattler France et Belgique, rappelle également le positionnement de son entreprise : « Sattler, entreprise familiale, qui dispose de 150 ans d’expérience, a toujours œuvré en faveur de la protection de la planète, notamment en passant de l’artisanat à une activité industrielle tournée vers la durabilité. Aujourd’hui par exemple, elle produit une toile sans PVC (Twilight), en prenant soin de verdir ses process ». Et cela fonctionne : « De plus en plus de partenaires sélectionnent cette toile et l’inscrivent dans leur offre ». Au-delà de la matière, Julien Busser l’assure : « Le rôle des protections solaires consiste à proposer un produit adapté, gérant la protection, l’ensoleillement et l’éblouissement ». Un juste équilibre.
Les rendez-vous de la protection solaire
Le Global Shading Day, lancé par l’European Solar Shading Organisation (ES-SO), qui représente les acteurs européens des protections solaires, a lieu chaque année le 21 mars (jour de l’équinoxe de printemps) et a comme objectif de faire comprendre le rôle de la protection solaire pour améliorer le confort thermique des bâtiments, réduire les consommations d’énergie, limiter le recours à la climatisation et lutter contre le réchauffement climatique.
En France, Actibaie organise Actiday, la journée métier du Groupement qui se déroulera cette année le 26 mars à Paris. Avec au programme, son assemblée générale, une conférence du philosophe Charles Papin qui abordera la difficulté de diriger une entreprise dans le contexte actuel et des ateliers thématiques.
— Véronique Méot
Photo ouverture © Ehret - Le Groupe Schenker Store s’implique activement au développement de produits, à l’instar de son volet coulissant à panneau solaire SolarSlide développé par Ehret








