Logement, crise ou reprise ?

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Malgré un contexte économique et géopolitique incertain, quelques signes de redressement apparaissent sur le marché, dont un plan de relance, faisant espérer une embellie aux professionnels…



© perspectives : Jigen - « Le projet KI est le reflet de notre volonté de rééquilibrer l’offre logement/bureaux à la Part-Dieu et de développer une offre de logements abordables avec notre Foncière solidaire. Sur les 85 logements, un tiers sont commercialisés en bail réel solidaire, avec un prix de vente moyen établi à 3 350 €/m2 de surface habitable, soit près de 51 % de décote par rapport au prix du logement libre sur ce secteur soumis à une forte tension immobilière. Cette opération mixte est également porteuse d’ambitions fortes sur le plan environnemental et contribue à son échelle à maîtriser l’effet d’îlot de chaleur urbain avec un cœur d’îlot végétalisé de 2 000 m2 », a déclaré Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon

 

L'annonce n’est pas passée inaperçue. Le 23 janvier, Sébastien Lecornu a annoncé la construction de 400 000 logements par an d’ici 2030 pour atteindre les 2 millions. Le dispositif baptisé "Relance logement" est inscrit dans la loi de finances pour 2026. Le Gouvernement vise les 50 000 logements locatifs construits dès 2026, qui s'ajouteront aux logements neufs dédiés à l’accession à la propriété dans le parc privé et aux 125 000 logements construits dès 2026 dans le parc social. Il prévoit une augmentation des moyens dédiés au logement social, soit 500 M€ supplémentaires pour 700 bailleurs sociaux, afin qu’ils construisent plus et rénovent davantage, ainsi qu’un dispositif fiscal pour inciter les ménages à investir dans des logements collectifs en vue de leur location. Un véritable virage afin de remédier à la pénurie d’offre locative. De leur côté, les membres de l’Alliance pour le logement se sont félicités dans un communiqué daté du 22 janvier de l’écoute du Premier ministre et du gouvernement concernant la nécessité d’aller vers un « statut du bailleur privé » efficace, ainsi que de baisser la RLS (réduction de loyer de solidarité) pour les bailleurs sociaux.

 


Résidence 100 % sociale à Saint-Georges-d’Orques (34)

 

© Bouygues Immobilier

 

Bouygues Immobilier a inauguré mi-décembre une résidence sociale, "Les roches rouges". Conçue par l’architecte Jean-Baptiste Miralles (Agence Miralles), cette opération répond aux besoins croissants en logements du territoire. La résidence comprend 40 logements, dont 12 logements en accession sociale portés par Erilia, contribuant à améliorer l’accès au logement pour tous et 28 logements en démembrement de propriété, gérés par Erilia : le bailleur social en assurera la gestion via l’usufruit. 

 

Située au cœur d’un quartier résidentiel, le programme bénéficie d’une localisation privilégiée à proximité immédiate de Montpellier et de Juvignac. Jardin contemplatif partagé, construction à plus faible empreinte carbone grâce à l’utilisation de béton bas carbone, conservation du patrimoine arboré existant (39 arbres), enrichie par la plantation de 41 arbres supplémentaires, le programme veut favoriser la biodiversité et la qualité environnementale. "Les roches rouges" veulent illustrer l’engagement environnemental des parties prenantes. « Ce programme illustre notre engagement, avec Erilia, la Ville de Saint-Georges-d’Orques et la Métropole de Montpellier, à développer du logement social de qualité et favoriser la mixité. Il répond aux besoins locaux en matière d’habitat, en apportant une solution concrète à la forte demande de logements accessibles sur le territoire. Notre ambition est de renforcer la cohésion de quartier, en développant un cadre de vie harmonieux pour les Saint-Georgiens en contribuant à l’attractivité de la commune », a déclaré Sébastien Robert, directeur de l’Agence Languedoc-Roussillon de Bouygues Immobilier.


 

 

L’immobilier redémarre

 

Deuxième bonne nouvelle, après trois années de disette, la FNAIM acte la reprise du marché immobilier en 2025. Ainsi, avec 940 000 ventes de logements anciens, elle note une croissance de plus 11 % par rapport à 2024. « Les chiffres du marché immobilier le confirment : après trois années de crise, le marché de l’existant retrouve des couleurs. Les ventes repartent, les prix se stabilisent, et l’activité retrouve ainsi un niveau proche de celui observé en 2023, bien qu’encore éloigné du pic historique de 2021 (1 230 000 ventes) », déclare Loïc Cantin, président de la FNAIM dans un communiqué publié le 14 janvier 2026. 

 

Le contexte économique et politique incertain continue de peser sur la confiance des ménages. Ainsi, indique la FNAIM, la reprise serait freinée « par la hausse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) intervenue en 2025 dans la majorité des départements, ainsi que par une pénurie persistante de logements à la location ». En outre, la FNAIM pointe un marché du crédit qui demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages. Si les primo-accédants sont les principaux bénéficiaires de la reprise (avec 43,2 % des crédits immobiliers accordés en 2025), l’accès au financement reste majoritairement réservé aux ménages les plus aisés. Autre point d’attention, les prix des biens enregistrent au 1er janvier 2026 une hausse de + 0,8 % sur un an, les hausses les plus importantes étant constatées en Ile-de-France, dans les périphéries des grandes villes et dans les villes moyennes. Sachant que la situation semble très disparate d’une localité à l’autre. « Le logement a besoin d’un véritable choc de confiance. Sans stabilité et sans vision d’ensemble, les signaux positifs observés ne suffiront pas à enrayer la crise structurelle que traverse le pays », a noté Loïc Cantin. Il semble qu’il ait été entendu.

 


La Capeb interpelle le Gouvernement sur ma PrimeRenov’

« La crise de la construction neuve s’infléchit légèrement (- 3 % au 4e trimestre), corrélée à la hausse des autorisations de permis de construire (+ 13,5 %) et des mises en chantier (+ 4,8 %) », salue la Capeb qui y voit des signes encourageants. Pour autant, la confédération alerte sur la stagnation (à – 1,5 %) de l’entretien-amélioration et la rénovation énergétique depuis plusieurs mois. En cause ? « La suspension, puis la modification brutale de MaPrimeRénov’, suivies d’une nouvelle suspension en l’absence de consensus autour du budget de l’État, ont eu un impact immédiat sur les décisions de travaux ». La CAPEB appelle « à concentrer les efforts sur l’entretien-rénovation, qui constitue le cœur de la transition énergétique, ainsi que sur l’adaptation des logements au vieillissement de la population et aux nouveaux usages ». La CAPEB demande au Gouvernement d’inscrire la politique du logement dans une trajectoire claire, du neuf à la rénovation. « L’arbitrage de mesures efficaces et stables est indispensable : réouverture des guichets MaPrimeRénov’, finalisation du parcours de rénovation énergétique par étapes, simplification de l’accès à la qualification RGE et instauration des Groupements Momentanés d’Entreprises (GME). Ces mesures, qui ne nécessitent aucun budget supplémentaire, permettront d’accompagner tous les ménages, y compris les plus modestes, et de répondre au défi que la France doit relever en matière de rénovation énergétique ».


 


Montpellier : pose de la première pierre des résidences Millessence, Casa Real et Pavillon d’Or

 

© Vinci immobilier

 

Thierry Iacazio, directeur régional adjoint méditerranée de Vinci Immobilier, Marie Estournet, PDG Les Villages d’Or et Magali Carrillo, présidente de Real Promotion, ont posé le 17 décembre dernier la première pierre des résidences Millessence, Casa Real et Pavillon d’Or.

Situé entre la rue du Mas Rouge, l’avenue Joan Miro et l’avenue du Mondial 98, le programme Mas Combelle incarne une nouvelle génération d’habitat durable et inclusif. Ce projet d’envergure réunit trois programmes qui se distinguent par des identités architecturales complémentaires :

  • le Pavillon d’Or (Imagine Architecture) : un bâtiment de dix étages, habillé d’un ruban métallique champagne ondulant, offrant des jeux de lumière ;
  • Casa Real (Architecture Studio) : une silhouette élancée en R+10, sublimée par un voilage ajouré et des balcons ondulants ;
  • Millessence (Gaëtan Le Penhuel et Faustine Chaignaud) : 3 bâtiments aux courbes élégantes, proposant des logements traversants ou double orientés, baignés de lumière et prolongés par des terrasses bi-exposées.

 

À terme, le programme résidentiel représentera 226 logements, dont 61 logements intermédiaires, 76 logements sociaux, 45 logements abordables et BRS, 44 logements en LLI, ainsi que 250 m² de commerces. Les livraisons devraient débuter au 3e trimestre 2027. 

Mas de Combelle est conçu pour limiter les îlots de chaleur urbains grâce à des ouvertures généreuses entre les bâtiments et une végétation abondante. Les espaces verts sont préservés durant le chantier et intégrés à la conception finale avec des fosses de plantation de grande capacité. L’ensemble est raccordé au réseau de chaleur urbain pour optimiser le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Les façades et les toitures-terrasses végétalisées contribuent à une architecture bioclimatique qui réduit les besoins énergétiques et améliore le confort d’été.  


 

Dynamique complexe

 

Les auteurs de l’Atlas du logement publié par Icade et POP au mois de décembre 2025 estiment qu’avec + 3,8 millions de logements sur 10 ans, la progression des logements (+ 11,5 %) serait plus rapide que la croissance démographique (+ 4,3 %), mais qu’elle témoignerait « d’un changement dans la constitution des ménages » et qu’elle marque « des disparités fortes à l’échelle des territoires ». Cet Atlas qui s’interroge sur les dynamiques territoriales en France, étudie le parc de logements et les profils des occupants (notamment pouvoir d’achat des ménages et âge). Il constate ainsi que près de 60 % des résidences principales ont été construites après 1970, que 3,4 % des logements du parc privé sont vacants depuis plus de deux ans (principalement situés dans la diagonale du vide) et il rappelle le vieillissement de la population (le poids des plus de 65 ans étant passé de 16,8 % en 2011 à 20,8 % en 2022), ainsi que les risques climatiques. Il met en évidence un glissement d’une France industrialisée du Nord-Est vers une France des littoraux, des grands centres urbains et des territoires frontaliers. « Le logement s’inscrit dans des dynamiques complexes, qui croisent les enjeux de transition, d’attractivité et de cohésion », résument ses auteurs.
Des points à analyser. 

 


Nexity remporte le projet de l’Îlot Saint-Paul à Tours

 

© MM-Lotoarchilab-COM-SAN

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPRU) au profit du quartier du Sanitas, en pleine transformation urbaine. Conçu avec le cabinet d’architectes Mallet Morales, l’ensemble immobilier se composera de trois bâtiments, dont une tour de quatorze étages, qui accueillera une résidence d’environ 130 chambres destinée aux étudiants et jeunes sportifs dont l’exploitation sera assurée par Studéa, filiale spécialisée de Nexity. L’îlot Saint-Paul proposera également une pépinière culinaire d’environ 900 m² et le troisième bâtiment abritera la Maison des associations et des espaces modulables. Le démarrage du chantier est prévu pour 2028, avec une ouverture prévue en 2030. 

 

« Ce projet est une source de grande fierté pour nos équipes qui accompagnent la commune dans son développement depuis plus de 20 ans. Il s’agit d’un ensemble urbain remarquable pensé pour s’intégrer harmonieusement dans le quartier du Sanitas, à deux pas de notre siège régional, et qui répond aux enjeux de mixité sociale portés par l’Agence nationale de rénovation urbaine », a commenté Amaury Vallé, directeur régional Centre-Val de Loire & Océan de Nexity.


 

  — Véronique Méot

 

Photo ouverture © perspectives : Jigen - Projet urbain audacieux valorisant l’économie circulaire et le réemploi des matériaux  mêlant commerces, bureaux et logements, le "KI" représente une nouvelle génération d’immeubles conçus pour allier qualité de vie, performance environnementale et mixité d’usages. Imaginé par l’architecte japonais Sou Fujimoto, en collaboration avec les agences Dream et Exndo, le projet se distingue par son architecture aérienne et végétalisée dans une démarche environnementale exemplaire. La livraison est prévue au 1er trimestre 2027


Source : verre-menuiserie.com

L'auteur de cet article

photo auteur Anne BOULAY
Journaliste et consultante en développement durable depuis 1996, Anne Boulay est passionnée par le débat des idées et des mutations sociétales et environnementales de l’entreprise et des territoires pour relier, transmettre, brasser les cultures professionnelles et les interdisciplinarités. Son expérience s’est étoffée depuis Nantes, puis à Paris auprès de grands groupes d’édition. Aujourd’hui Rédactrice en chef du bimedia VMA, elle conduit et valorise la ligne éditoriale au service d’une information inspirante et fédératrice destinée à tous les acteurs - dirigeants, prescripteurs, architectes…. - du marché du verre, de la menuiserie et de la protection solaire.
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