Saint-Gobain planche sur sa neutralité carbone

Saint-Gobain planche sur sa neutralité carbone

Le groupe de matériaux de construction va élaborer cette année sa feuille de route zéro émission à l'horizon 2050.





La France visant la neutralité carbone en 2050, les grands groupes font aujourd'hui assaut de plans bas carbone afin de suivre le mouvement. Il y a quelques jours, Vinci a annoncé établir cette année une feuille de route afin de réduire de 40 % ses émissions de CO2 d'ici à 2030, tous métiers confondus. Ce mercredi, c'était au tour de Saint-Gobain. « Nous allons établir une feuille de route zéro émission à 2050 de nos différents métiers, ce sera un de nos grands chantiers de 2020 », a indiqué son PDG Pierre-André de Chalendar lors de la cérémonie de voeux qu'il tenait dans la nouvelle tour de la Défense, où le groupe s'apprête à transférer son siège.

 

Saint-Gobain a déjà un objectif de réduction de 20 % de ses émissions carbone en 2025, comparé à 2010, et a fait la moitié du chemin. À la fin 2018, le groupe de matériaux de construction avait réduit ses émissions de 12 %. Mais passer à la neutralité carbone sera une autre paire de manches sachant le caractère énergivore de la production du verre, sans parler de la fonte. « Il faut que nous réfléchissions à des changements de procédés industriels pour que tous fonctionnent avec de l'électricité décarbonée, ce n'est pas encore le cas », a poursuivi son patron.

 

Il n'existe pas aujourd'hui d'usines de production de verre plat (les « float ») électrique. Elles fonctionnent au gaz, comme les hauts-fourneaux de la sidérurgie. Saint-Gobain peut, à terme, réussir une révolution technologique et passer au tout électrique, mais pour que cela réduise les émissions de CO2, les pays doivent changer de politique énergétique. « Aujourd'hui, en France l'électricité est décarbonée puisque c'est du nucléaire, mais en Allemagne par exemple, elle est issue du charbon donc elle est carbonée », a rappelé le PDG.

 

Stratégie de fourmi

 

A partir de janvier 2021, l'Europe va diminuer ses allocations aux industriels de quotas d'émissions gratuites de CO2. Ceux dont la production est très carbonée vont le payer cher. Tous les ans, en mars, ils devront payer pour la part de leur production de l'année précédente excédant leurs quotas d'émissions. En 2019, British Steel s'est ainsi vu réclamer 120 millions d'euros par Bruxelles .

 

Mais même si la production de Saint-Gobain ne va pas se décarboner du jour au lendemain, « la baisse des quotas l'an prochain n'aura pas d'impact financier avant 2028, car nous avons un stock de quotas non utilisés. Nous les avions conservés, contrairement à d'autres qui les avaient revendus et allons donc pouvoir les utiliser », a révélé Pierre-André de Chalendar. A l'époque où Bruxelles avait l'allocation très généreuse, telles des cigales, les cimentiers Lafarge et CRH avaient dopé leurs profits en revendant leurs excédents de quotas sur le marché du carbone. Pendant ce temps, telle la fourmi, Saint-Gobain (comme le cimentier familial Vicat, d'ailleurs) thésaurisait.

 

Zéro papier

 

En attendant le zéro carbone en 2050, dans quinze jours, chez Saint-Gobain, ce sera le zéro papier, ou presque. Tout a été numérisé et les 2.700 salariés qui s'apprêtent à emménager d'ici à la fin mars dans le nouveau siège du groupe à la Défense, une colonne de verre de 37 étages dessinée par l'agence d'architecture Valode & Pistre et construite par Vinci, sont priés de restreindre leurs dossiers au modeste volume de leur casier.

 

Car l'espace, totalement décloisonné, sera en « Flex Office », sans place attitrée. Une révolution de plus dans le cadre de la réorganisation du groupe . « À l'exception des délégués syndicaux personne n'aura de bureau, pas même moi ! », s'est amusé le PDG. Alors que l'actuel siège des Miroirs, à quelques pas de là, ne comptait que 1.500 personnes, le nouveau bateau amiral du groupe regroupera tous les métiers qui sont aujourd'hui dispersés, à l'exception du siège du verre automobile (Sekurit), qui reste à Compiègne, et ceux des abrasifs et des céramiques, basés aux Etats-Unis. « Nous allons entrer dans les lieux avec une occupation spatiale différente, reflétant la nouvelle organisation issue de notre plan de transformation Transform & Grow, a souligné le dirigeant. La tour va faciliter notre nouveau fonctionnement. »



Source : Myriam Chauvot / Les Echos

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