Haïti 2010 - 2020 : une reconstruction ratée

Haïti 2010 - 2020 : une reconstruction ratée

Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,3 frappait Haïti, plongeant sa capitale, Port-au-Prince, dans le chaos et occasionnant des dégâts considérables et un bilan humain qui dépassera les 300 000 victimes.



Dès le lendemain de ce séisme, des sommes considérables sont annoncées pour la reconstruction du pays.

 

10 ans plus tard, que s’est-il passé ? Où en est la reconstruction ? A-t-elle été un succès ? L’argent collecté dans l’urgence, a-t-elle permis aux Haïtiens de se relever plus forts qu’auparavant ?

 

10 ans plus tard, la situation est toujours aussi désastreuse, Haïti a replongé dans une situation de crise humanitaire et politique sans précédent.

 

Patrick Coulombel, co-fondateur des Architectes de l’urgence, qui est intervenue sur place pendant plusieurs années, dénonce dans son ouvrage « Arrêtons l’amateurisme au nom de l’urgence, De Haïti à Notre Dame, la reconstruction en question », distribué à 5 000 exemplaires, les pratiques humanitaires dépassées. Il dresse un état des lieux critique des méthodes humanitaires en matière de reconstruction.

 

Extrait :

 

« Au lendemain de la phase d’urgence en Haïti, des sommes colossales ont été dépensées pendant plusieurs années pour des abris temporaires, alors bien évidemment la reconstruction n’a jamais pu être financée. De plus, en attendant une bonne idée, les stratèges coordonnateurs de la reconstruction ont souhaité promouvoir l’auto construction. Un concept qui sous-entend une formation des populations de quelques heures et de l’argent donné aux familles en quatre phases contrôlées, démarrage des travaux, coulage des fondations, puis montage des murs et enfin charpente et couverture.

 

En théorie, c’est très bien et cela coûte moins cher que les abris temporaires. Dans la pratique, j’ai plutôt constaté la création de bidonvilles dangereux. Les deux cent mille morts d’Haïti sont consécutifs à la mauvaise conception des constructions, à la mauvaise qualité de mise en oeuvre, à l’absence de professionnels qualifiés et à la mauvaise qualité du béton, de résistance trop faible. C’est cela qui a tué. Alors pourquoi recommencer les mêmes erreurs ? Car le risque sismique, selon l’IPGP (Institut de physique du Globe de Paris), reste important. Est-ce un problème d’amnésie, d’ignorance, de bêtise, d’incompétence ? »


Source : verre-menuiserie.com

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