Synerglass-Soft : objectif monde

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L’éditeur de logiciels belge a de très fortes ambitions sur le marché des solutions informatiques pour les secteurs de la miroiterie et du verre plat.



... Il table sur une multiplication par dix de son chiffre d’affaires d’ici 2028.

 

 

 Les Belges jouissent d’une réputation à la bonhomie communicative, et leur humour fait aujourd’hui florès dans de nombreux pans du paysage médiatique hexagonal 

 

© Synerglass - Jean-François Geys, PDG de Synerglass-Soft, s’est fixé un objectif à atteindre : multiplier son chiffre d’affaires par dix à l’horizon 2028

 

Il ne faudrait toutefois pas s’y tromper : en matière d’affaires, les disciples du roi Philippe sont on ne peut plus sérieux : Reynaers, Renson, AGC, Deceuninck et bien d’autres sont là pour le confirmer. Des majors du secteur de la menuiserie industrielle et du verre auxquels il convient aussi d’ajouter le petit poucet de la bande, la société Synerglass-Soft.

 

Installé à Sprimont près de Liège, l’éditeur du logiciel quasi éponyme Synerglass est aujourd’hui le dernier indépendant de taille moyenne du secteur. Alors même que ses concurrents ont tous tour à tour été rachetés ces dernières années par de grands groupes d’investissement et d’informatique, Synerglass vit la totale autonomie d’un groupe industriel dont il représente une goutte d’eau dans le chiffre d’affaires. Un statut qui lui permet une certaine flexibilité, mais surtout lui confère un esprit de quasi start-up. Pourtant, l’éditeur Synerglass-Soft n’est pas né de la dernière pluie. L’entreprise fêtera en effet d’ici deux ans ses trois décennies d’existence.

 

Un fort potentiel à l’international

 

Fondée en 1994 à l’heure où Internet n’en était encore qu’à ses tous premiers balbutiements, l’entreprise voit le jour par la volonté d’un important transformateur de verre plat qui ne trouve pas chaussure à son pied en matière de logiciels métiers dédiés aux spécificités de son activité. À l’époque, le monde de l’informatique regorge de progiciels de gestion intégrée génériques de type Sap qui n’étaient pas adaptés aux spécificités industrielles du milieu, et notamment de la transformation du verre plat. Ou lorsqu’ils le sont, ils sont peu répandus tout autant qu’ils sont peu performants. Qu’à cela ne tienne : le logiciel Synerglass est lancé, avec comme valeur ajoutée, la maîtrise de la prise de commandes du verre, l’optimisation de la découpe des plateaux, mais surtout la prise en compte de la particularité de la logistique d’atelier où sont empilés et dépilés des produits verriers qui sont soumis à des mouvements lourds et à des risques de casse.

 

© Synerglass - L’entreprise s’est fortement développée à partir de 2020 et compte sur le développement à l’international pour faire fructifier ses compétences dans le domaine informatique

 

Si l’idée de ce logiciel prend forme en Belgique, pourtant, c’est bien en France qu’il commence à être distribué pour atteindre aujourd’hui d’édition en édition sa quatrième version. La France a longtemps été le débouché principal jusqu’en 2020, les ventes sur le territoire représentent la moitié de son volume de ventes global. Un niveau de plateau difficile à dépasser qui a poussé l’entreprise à regarder d’autres potentiels, même si l’Italie et l’Espagne comptent dès lors quelques clients et s’avèrent être des marchés prometteurs.

 

Lorsque Jean-François Geys arrive à la tête de l’entreprise en février 2020, la société compte à peine 18 salariés. Un effectif qu’il fait très vite grimper à une quarantaine, avec notamment le recrutement de développeurs informatiques et un objectif très clair : pousser les murs. « Lorsque j’ai pris les commandes de Synerglass-Soft, nous étions face à trois options très distinctes : intégrer la société dans la maison mère, la revendre ou développer ses activités », se remémore Jean-François Geys. « La troisième option a été très vite retenue car j’ai tout de suite observé que le potentiel international demeurait largement sous-exploité. Pour le faire croître, il était nécessaire de remettre l’accent sur l’innovation et le développement, ainsi que sur l’internationalisation des ventes ».

 

© Synerglass - Le logiciel de l’éditeur belge Synerglass-Soft est présent auprès d’une cinquantaine de clients français, dans le domaine du verre et de la menuiserie

 

Une ambition qui s’est traduite dans les faits avec cette année les premiers clients au Canada, au Chili, mais aussi sur le pourtour méditerranéen avec le Maroc, l’Algérie et le Portugal. Un gros effort commercial a également été déployé en 2022 sur la Nouvelle-Zélande, l’Australie, mais aussi l’Inde qui a ouvert un bureau local avec huit collaborateurs et des premiers clients prévus dès 2023.

 

« Nous nous fixons de devenir le leader mondial du logiciel pour la transformation du verre d’ici 2028, la première étape consistant d’ici deux ans à être le leader européen », affirme Jean-François Geys. « Nous prévoyons de faire passer notre chiffre d’affaires actuel de 3,2 millions d’euros à 30 millions d’euros dans les six années qui viennent et de faire grimper notre masse salariale à près de 200 personnes. Concrètement, cela signifie qu'à chaque instant dans le monde, quand un industriel choisira un logiciel pour piloter ses unités de verre ou sa miroiterie, Synerglass devra être dans le top 3 des logiciels auquel il se réfèrera naturellement ».

 

 

Un logiciel ubiquiste

 

Ambition démesurée, folie des grandeurs, ou tout simplement esprit frondeur et volontaire ? Car Jean-François Geys, a dans son passé professionnel, souvent eu le nez creux. Après un début de carrière dans l’aéronautique chez Safran notamment aux États-Unis, il fonde en 2004 une entreprise spécialisée dans la fabrication de téléphones pour le milieu bancaire et le contrôle des aiguillages ferroviaires. Lorsqu’il se lance, à peine quatre salariés l’épaulent dans son activité. Ils seront 40 lors de la cession en 2017 de la société à British Telecom, puis 400 en 2020 lorsque Jean-François Geys passe définitivement la main après trois années à accompagner le passage de flambeau. Numéro deux mondial dans son secteur avec un chiffre d’affaires de 100 millions de livres : ce qu’est désormais devenue sa PME, c’est son business model pour Synerglass.

 

© Synerglass - Le logiciel de l’éditeur belge Synerglass-Soft est présent auprès d’une cinquantaine de clients français, dans le domaine du verre et de la menuiserie

 

Un dessein qui ne repose pourtant pas que sur une vision entrepreneuriale. Car Jean-François Geys a étudié le marché du bâtiment et pour lui, une chose est sûre, le verre a le vent en poupe, notamment dans les pays émergents où il est devenu une option architecturale prisée en remplacement de murs et façades traditionnels. Une tendance lancée depuis longtemps en Europe et notamment en France, pays dans lequel une cinquantaine d’entreprises du verre et de la miroiterie sont d’ores et déjà équipées de la solution logicielle de Synerglass-Soft. Des acteurs petits ou gros (comme Riou Glass) qui ont très vite compris l’intérêt de s’appuyer sur cet outil pour piloter leurs activités.

 

© Synerglass - Capture d’écran du logiciel Synerglass V4 actuel. Il s’agit de l’écran des optimisations qui permet de visualiser les verres à couper sur un plateau

 

Car le logiciel conçu par l’entreprise wallonne est un outil profondément ubiquiste. Il repose en effet sur une malléabilité qui lui permet de s’adapter à tous les environnements. Car depuis 2007 et le lancement de la dernière et quatrième version en date de son logiciel, la recette reste quasi inchangée : proposer un ERP complet comprenant l’ensemble du cycle de fabrication et de vente du verre, depuis l’offre jusqu’à la facturation en passant par le suivi de production, la gestion et l’optimisation de la découpe. Ce sont ainsi des fonctions bien distinctes qui sont proposées par cet outil : remettre des offres au client, transformer ces offres en commandes et les traiter, planifier le travail dans l’atelier, envoyer les ordres de fabrication dans l’atelier, gérer et piloter les machines, optimiser la découpe du verre et réduire les chutes pour avoir une meilleure rentabilité des plateaux, contrôler la production pour définir des taux de performances des machines et des opérateurs, expédier et organiser les expéditions, et enfin facturer et encaisser.

 

 

Une approche modulaire des fonctions

 

Une liste conséquente, mais toutefois non exhaustive. Car si Synerglass-Soft n’a pas lancé de version 5 depuis bientôt 15 ans, c’est aussi parce que l’entreprise a fait le choix de raisonner non plus en termes de solution complète, mais de modules complémentaires.

 

Baptisée Symbiose, cette approche modulaire qui est en cours de finalisation technique permet ainsi de faire travailler séparément les fonctions, que ce soit pour la saisie de commandes, l’optimisation de l’outil de production ou encore la facturation, et ce, tout en étant compatibles avec la version 4 du logiciel.

 

© Synerglass - Capture d’écran de la version modulaire de Synerglass "Symbiose", actuellement en cours de finalisation technique

 

« Les modules agissent de manière indépendante notamment pour être compatibles avec les logiciels de la concurrence, ce qui est un avantage pour toucher des clients à l’international qui sont déjà équipés et que nous venons en quelque sorte booster », explique Jean-François Geys. « Plutôt que de continuer avec un ERP multi-usages mais bridé en fonction des besoins, nous sommes donc partis sur une infrastructure informatique plus légère pour une prise en main plus facile par des utilisateurs dont le métier n’est pas de gérer des solutions expertes. Pour cette raison, ces modules sont accessibles en ligne et à distance, comme n’importe quelle application ».

 

Désormais, parallèlement aux fonctions de base du logiciel, des options tierces seront ainsi bientôt disponibles comme par exemple un outil de gestion des ressources humaines ou encore un outil de suivi en temps réel par géolocalisation des chevalets de livraison. Baptisé Synertracker et présenté lors du dernier Salon glasstec à Düsseldorf, pouvant fonctionner avec des balises GPS, ce module est loin d’être anecdotique au vu du coût des chariots de transport du verre qui s’égarent dans la nature.

 

Pour Synerglass-Soft, un outil quasi allégorique de sa volonté assumée de croître tous azimuts, mais sans jamais se perdre.

 

 

 

© Synerglass - Implantée à Sprimont près de Liège, Synerglass-Soft profite de la relative distance de Bruxelles et du Luxembourg pour capter des profils techniques issus notamment des universités locales


Source : verre-menuiserie.com

L'auteur de cet article

photo auteur Steve CARPENTIER
Steve Carpentier est journaliste indépendant depuis 1998 et collabore à plusieurs publications spécialisées dans le secteur de la construction et des travaux publics. Il s'intéresse plus spécifiquement aux questions de l'énergie, de la décarbonation de l'industrie, de l'innovation, de la R&D, de la végétalisation, de la politique de la ville et des transports. Il a été correspondant permanent au Brésil (2005/2016) pour la presse quotidienne nationale ainsi que pour plusieurs médias audiovisuels.

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