Laquage & finitions, les industriels plus autonomes que jamais
Atelier dédié, lignes de laquage et/ou de plaxage, les gammistes et certains fabricants s’équipent pour gérer la mise en peinture en interne, ...
... garder le contrôle de la qualité et des délais d’une offre qui ne cesse de s’étoffer.

Avec photo ouverture © VMA/A.B. - Profils Systèmes a investi dans 5 chaînes de laquage pour assurer la réalisation et répondre à la demande de ses finitions exclusives, brillantes, satinées ou givrées garanties 25 ans avec plus de 600 teintes ; les capacités de 3 millions de m² pour chacune des 2 chaînes de laquage vertical se complètent d’une chaîne de laquage horizontal (petites quantités, tôles, cintres…), d’une chaîne de laquage “accessoires” et une chaîne de sublimation. Sans solvant, sans métaux lourd et à faible émission de composés organiques volatils (COV)
« Aujourd’hui, la personnalisation est un véritable critère de choix. Pour accompagner cette transformation et soutenir nos partenaires dans un marché toujours plus concurrentiel, nous avons construit une offre couleurs complète, avec plus de 260 teintes disponibles en standard, dont une majorité de références en classe 2 à haute résistance. Grâce à une veille continue des tendances, à l’analyse des demandes clients et à l’observation des volumes commandés, nous l’adaptons régulièrement », déclare Sébastien Coste, responsable communication de Volma. Face à l’engouement pour la couleur, les fabricants se mobilisent. « Le laquage s'inscrit pleinement dans notre démarche globale de qualité. Il joue un rôle essentiel dans la valorisation esthétique de la menuiserie, mais aussi dans sa durabilité et sa facilité d'entretien. Quel que soit le matériau concerné, bois, aluminium, PVC ou menuiserie mixte, la finition participe à l'identité du produit fini. Elle représente l'aboutissement d'un processus industriel maîtrisé, où chaque étape contribue à la qualité finale perçue par le client », affirme Laurine Chevillard, responsable marketing de Pasquet Menuiseries. Pour Jean-Baptiste Castes, président de Castes Industrie, les enjeux sont multiples : « Il y a évidemment l’aspect esthétique et la question du choix, mais aussi celle de la qualité. Nous sommes aujourd’hui capables de proposer des menuiseries bois, PVC ou aluminium avec des garanties de tenue dans le temps allant de 5 à 10 ans pour le bois et le PVC, et jusqu’à 20 ans pour l’aluminium. Notre objectif est de n’exclure aucune couleur des garanties, même les couleurs foncées, plus sensibles au soleil. Nous devons raccourcir les délais des menuiseries laquées, plaxées ou peintes pour affaiblir l’écart avec le blanc. Enfin, les prix doivent être maîtrisés et les produits sélectionnés en fonction de leur durabilité ».

© Volma - Volma propose 260 teintes disponibles en standard
Au fond, « la menuiserie devient un objet de décoration », constate Régis Alix, responsable développement aluminium chez Oknoplast, « avec deux enjeux pour nous, l’esthétique et la qualité ; c’est pourquoi nous passons quasi systématiquement nos menuiseries aluminium couleurs en Qualicoat® Classe 2, sans altération des teintes, avec des garanties de 20 à 25 ans selon les typologies, et un laquage spécifique. Les architectes demandent également des RAL spécifiques anodisés », poursuit-il, « bronze, champagne… ».

© Pasquet menuiseries - Porte d’entrée bois – Manoirs. Noir 9005
Profils Systèmes enrichit sa collection Éclats Bruts® d’une finition givrée

© Profils Systèmes
Après le lancement des Éclats Bruts®, le gammiste montpelliérain présentera sa collection givrée à Batimat. « La collection s’étoffe et passe de 12 teintes à 22, grâce aux 10 nouvelles teintes "givrées" qui ressemblent à de l’anodisé et ont été développées exclusivement pour nous par notre fournisseur », indique Aymeric Reinert, directeur général de Profils Systèmes. Pour rappel, cet industriel qui a mis en place une seconde ligne de laquage vertical à la sortie de la crise du Covid et doublé sa capacité de production, affiche des garanties 25 ans et les labels de qualité Qualicoat seaside®, Qualimarine® et Qualilaquage®.
De gros investissements
Au mois de juin, le Groupe Sothogam et Sargam ont annoncé la mise en service opérationnelle de la nouvelle zone de laquage robotisée – 800 000 € – de leur site de Mauzé-Thouarsais dans les Deux-Sèvres. Entrée en fonctionnement début avril 2026, cette installation constitue le dernier acte du programme industriel engagé avec l’ouverture du nouveau bâtiment Sargam inauguré en 2025 et s’inscrit dans un plan global d’investissements de 16 M€. « Grâce à cet outil, nous gagnons en précision, l’application de peinture est plus régulière et répétable. Par exemple, lors de la mise en peinture d’un volet à lame ajourée, l’enjeu consiste à appliquer la peinture entre les lames de façon homogène, l’exécution s’opère en quatre séquences, le robot livre une prestation constante. Il ne remplace pas l’expertise humaine, qui reste essentielle pour superviser les réglages, contrôler la qualité des finitions et la conformité des pièces », commente Jean-Baptiste Plard, ingénieur industriel Sargam. L’équipement qui privilégie des peintures hydro, moins polluantes, est dédié au laquage des volets et des trappes de visite.
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© Sargam - La nouvelle zone de laquage de Sargam (Groupe Sothogam) intègre un robot de pulvérisation
« L’outil n’est pas réservé à Sothogam, nous pouvons prendre en charge des missions pour des clients externes, nous réalisons actuellement des essais sur des couleurs vives pour un fabricant basé à proximité », précise-t-il.

© Castes Industrie - Finition bois, chantier réalisé par la Boutique du Menuisier Gauthier Diffusion - Castes Industrie
On le voit, les acteurs du marché se donnent les moyens de leurs ambitions. « Nous avons réalisé de gros investissements au service de la finition bois durant ces trois dernières années. Nous disposons désormais d’une chaîne de traitement avec trois cabines différentes et un aiguillage automatique, d’une chaîne de peinture avec deux robots avec convoyage et aiguillage automatiques et d’une cabine de séchage halogène », détaille Jean-Baptiste Castes. C’est également le cas de Volma : « Dès 2012, Volma a fait le choix d’investir dans sa propre chaîne de thermolaquage. Cet investissement s’est progressivement enrichi avec l’intégration d’une ligne de plaxage, ainsi que d’une cabine de laquage liquide dédiée au PVC. Au total, plusieurs millions d’euros ont été consacrés à la maîtrise complète de ce métier stratégique. Cette organisation nous permet de piloter directement la qualité et de produire jusqu’à 400 plaques dans plus de 70 coloris différents par jour, d’optimiser les délais sur certaines références et surtout d’intégrer rapidement les nouvelles tendances du marché », se félicite Sébastien Coste. « Nous avons développé un plan de surveillance interne particulièrement rigoureux qui va au-delà des exigences imposées par les principaux labels et certifications du marché. Contrôle de la teinte et de l’aspect, vérifications d’adhérence… chaque étape fait l’objet d’une surveillance renforcée afin de garantir à nos partenaires un niveau de qualité constant et durable, un enjeu majeur pour des éléments exposés durablement aux agressions climatiques », explique-t-il.

© Technal - Site de production de Technal à Toulouse
À Toulouse, Technal bénéficie d’une ligne de laquage verticale avec deux cabines de poudrage. « Nous exécutons jusqu’à 70 changements de couleur par jour, notre capacité de production atteint les 3 millions de m2 par an », assure Antonio Togna, directeur des opérations. Le gammiste renforce ses capacités de production avec un second site à Puget-sur-Argens (Var). « Grâce à la ligne de ce site, nous augmentons nos capacités de laquage et gagnons en flexibilité », ajoute-t-il. Avec plus de 400 couleurs disponibles, dont 43 en standard, l’offre couleur de Technal est large. « Nous produisons 41 couleurs sous un délai de dix jours, et le blanc et le 7016 sous cinq jours », promet-il. L’industriel fait également appel à deux prestataires pour la gestion du laquage de petits lots spécifiques, notamment les longueurs de 7 m et plus. Technal s’équipe d’une nouvelle presse et s’apprête également à connecter un nouveau four sécheur, et prévoit d’investir dans une troisième cabine en 2028.
3 questions à

© Euradif
Charles Creton, directeur communication et marketing Euradif
Quels sont les enjeux du laquage et des finitions pour Euradif ?
Pour Euradif, la finition est devenue un élément stratégique au même titre que les performances thermiques ou la sécurité. La porte d’entrée est aujourd’hui un véritable produit de décoration et les attentes des particuliers portent autant sur la qualité du rendu esthétique que sur sa durabilité dans le temps.
L’enjeu consiste donc à garantir une parfaite maîtrise de la couleur, des textures et de la résistance des revêtements, tout en offrant une grande liberté de personnalisation. Les exigences progressent également sur les aspects environnementaux, de traçabilité et de proximité industrielle. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’intégrer cette compétence au cœur de notre outil industriel afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception jusqu’à la finition.
Quels investissements avez-vous engagés pour vous équiper ?
Depuis 2020, Euradif dispose de sa propre unité de thermolaquage située à Godewaersvelde, dans les Hauts-de-France, à seulement 30 km du siège de Béthune. Cette ligne de thermolaquage 2.0 est certifiée Qualilaquage® et Qualimarine®, deux références reconnues dans l'univers du traitement de surface de l'aluminium.
Cet investissement nous permet de maîtriser totalement la qualité de nos finitions, de réduire considérablement les délais et d'apporter davantage de souplesse dans la gestion des couleurs et des personnalisations. La ligne intègre notamment un système de barrettage automatisé qui nous permet de proposer la bicoloration sans surcoût. Elle a également été conçue selon une logique écoresponsable avec traitement des liquides en circuit fermé et absence de rejets atmosphériques polluants. Enfin, sa proximité avec notre site de production a permis de réduire fortement l'impact carbone lié au transport des profilés et tôles aluminium.
Comment évolue votre offre sur le plan esthétique ?
En 2026, nous poursuivons l'enrichissement de notre offre esthétique avec l'introduction de nouvelles finitions et matières au sein de nos collections Passage Neo.
Nous lançons notamment la collection Origine, qui associe l'aluminium à des décors inspirés de matières naturelles ou architecturales telles que le bois, le béton ou encore les effets minéraux. Nous développons également la collection Mirage, caractérisée par des rainurages fins et des barres de tirage laquées dans la couleur de l'ouvrant pour un rendu particulièrement épuré et contemporain.
Plus globalement, l'utilisation systématique de poudres Classe 2 sur notre nuancier standard nous permet d'offrir des finitions haut de gamme bénéficiant d'une garantie de tenue des couleurs pouvant atteindre 20 ans.

© Euradif - Thermolaquage Qualilaquage® Qualimarine®
PVC & bois

© Oknoplast - Oknoplast propose une large offre couleur
Dans le secteur du PVC, Oknoplast peut compter sur son outil industriel basé en Pologne pour proposer des menuiseries plaxées. « La couleur prend de l’ampleur, nous proposons une large gamme, et avec la version ColorFull, le plaxage se trouve aussi dans les rainures des profilés, les surfaces qui ne sont perceptibles qu’après l’ouverture de l’ouvrant », souligne François Chappuis, responsable marketing et communication Oknoplast France. En complément des tons bois, une nouvelle catégorie a fait son apparition début 2026 chez Oknoplast avec la gamme semi-mat noir ou gris carbone par exemple.
De son côté, avec quatre lignes de plaxage, Proferm peut ouvrir son offre. Chez profine, « nous faisons le pari de la couleur, à partir de 150 fenêtres commandées dans le cadre d’un appel d’offre, nous acceptons de fabriquer toute couleur, sur la base d’une bibliothèque de 400 films/400 coloris », annonce Claude Lickel, directeur commercial et marketing de profine France. Cet industriel se positionne aussi avec une offre standard de 26 couleurs au même prix que le blanc – au lieu de 8 précédemment – et a baissé le minimum de commandes à une seule barre pour inciter ses clients. Enfin, ses offres de capotage aluminium (AluClip sous DTA) et WarmCore® élargissent le champ des possibles.
Au sein du Groupe Lorillard, Dominique Bentz, directeur de production de la menuiserie bois Meslin, spécialiste des reproductions à l’identique, évoque « les investissements lourds qui ont permis à l’entreprise d’intégrer une solution industrielle et de gérer le passage de la livraison d’une fenêtre prépeinte à un produit fini et la possibilité désormais de proposer, soit une couleur issue d’un nuancier, soit reproduite à partir d’un prélèvement sur l’existant à rénover ». La bicoloration est également envisageable, complète Christophe Trouille, directeur général de Meslin, y compris en combinant lasure et couleur, « et notre outil nous permet de maintenir des délais équivalents à ceux du prépeint ».
De son côté, Pasquet Menuiseries a intégré les opérations de peinture des menuiseries bois grâce à des équipements automatisés et robotisés – une nouvelle cabine de laquage bois a été installée en 2022 – qui assurent une qualité constante et une répétabilité des finitions, indique Laurine Chevillard, « le laquage et le plaxage du PVC sont réalisés selon des procédés spécifiques permettant de répondre aux attentes du marché en matière d'esthétique, de durabilité et de personnalisation. Le laquage du PVC est exécuté directement dans notre atelier et le plaxage chez nos fournisseurs. Tout comme le laquage de l'aluminium, pour lequel nous travaillons en partenariat avec SFPI, spécialiste basé à Fougères, à moins de 45 minutes de nos sites de production ».
Des machines qui s’adaptent à l’environnement

© Somfy - Cabines de poudrage Bewap - Jerrel (49 360 La Plaine), société labellisée Qualicoat®, Qualilaquage®
Alors que les gros faiseurs sont équipés de machines industrielles pour gérer le laquage en interne, « il faut aujourd’hui que les entreprises de plus petite taille investissent pour gagner en flexibilité et en réactivité », estime Alain Marcusse, gérant de Bewap, qui intervient en qualité de conseil auprès de la société Eurocoat à laquelle il passe le relais. Dans le secteur, pas d’innovation, mais des tendances. « Les machines se réduisent en taille pour s’adapter aux ateliers et répondre aux exigences des labels comme Qualicoat® ; la différence se fait au niveau de l’accompagnement et de la formation à l’organisation des flux », constate-t-il.

© Corelec - Machine de thermolaquage Corelec installée chez le fabriquant de portail VMA (44370 Varades), une entreprise qui alimente son four par des panneaux solaires
Chez Corelec, Lionel Fraysse, responsable technique laquage, l’assure, « l’énergie apparaît comme une variable d’ajustement aujourd’hui. Les fours bi-energie (gaz et électricité) permettant de basculer de l’une à l’autre en fonction du coût et de la disponibilité, s’installent dans le paysage depuis le début de la guerre en Ukraine. Si actuellement la demande est atone, les industriels sont de plus en plus attentifs aux techniques nouvelles peu énergivores, et recherchent des solutions de récupération de chaleur latente par exemple ». Autre axe, les économies d’eau. « Avec une solution de vapo-concentrateur, plus de 90 % de l’eau est recyclée et réinjectée dans l’outil », affirme-t-il, « nous utilisons de nouvelles techniques d’aspersion ».
Vers des poudres plus sobres
Après avoir modernisé son atelier avant le Covid et s’être doté d’une installation de plus de 10 000 m2 avec deux voies, deux fours et deux stations de laquage, Ehret est parfaitement autonome et laque même parfois pour d’autres fabricants des chapeaux de gendarme ou du cintre. « Nous communiquons sur 4 000 coloris, dont 220 sans plus-value », rappelle Rémy Poutot, directeur commercial Ehret France. Ses projets ? « S’orienter vers davantage de sobriété, en intégrant plus de poudres issues du recyclage et privilégier les poudres à basse cuisson moins énergivores, autant de pistes de travail à développer avec nos fournisseurs », résume-t-il, « et inciter le marché à diversifier les couleurs en suggérant des teintes plus claires, moins sensibles à l’impact du soleil, des gris plus doux, des verts olive, etc. ».
Plaxage & soudure bord-à-bord chez Maugin

© Maugin - Angle bord-à-bord 7016 et angle PVC Woodec
Si Maugin achète les profils aluminium laqués, l’entreprise a intégré une cabine de laquage PVC pour maîtriser ses flux. « Notre organisation nous permet d’optimiser les chutes, car nous laquons un cadre blanc avec un minimum de chute, nous pouvons proposer de la bicoloration et subissons moins de contraintes puisque la fenêtre est déjà assemblée », assure Emmanuel Barrault, directeur général de Maugin. Mieux, « depuis dix-huit mois, nous nous sommes équipés de deux soudeuses PVC – 2 M€ d’investissement – pour nos deux sites afin de réaliser les finitions bord-à-bord, ce qui nous permet de faire monter en gamme les menuiseries PVC », ajoute-t-il.
— Véronique Méot














