Verre et performances thermiques : enjeux & innovations

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Du double au triple vitrage, embarquant des vitrages de contrôle solaire et des intercalaires warm edge aux vitrages sous vide, le secteur cherche encore à améliorer les résultats de ses produits.



États des lieux.

 

« Le marché français du bâtiment reste fortement dégradé, avec un effondrement historique du résidentiel neuf, tandis que la rénovation, bien que plus résiliente, montre des signes de tassement, et que le non-résidentiel constitue aujourd’hui le principal relais d’activité. Dans ce contexte, AGC Glass France anticipe néanmoins une hausse de ses volumes, portée par des innovations à forte valeur ajoutée qui permettent une meilleure pénétration du marché et une adaptation plus fine aux nouveaux usages et exigences de la construction », déclare Valérie Vandermeulen, marketing communication manager France AGC Glass France. Chez Saint-Gobain Glass, Géraldine Caro, directrice marketing et communication, l’admet : « Le marché évolue aujourd’hui dans un contexte tendu, aussi bien dans le résidentiel que dans le tertiaire », mais tempère, « certains indicateurs macro-économiques laissant entrevoir une possible reprise, notamment dans le neuf résidentiel, à partir de 2026. Une tendance de fond se confirme néanmoins : la demande se concentre de plus en plus sur des solutions verrières en adéquation avec les exigences réglementaires, les objectifs de performance énergétique et les enjeux climatiques ». 

 

Ainsi, poursuit-elle, « nous observons une demande croissante pour les vitrages de contrôle solaire, en particulier dans le tertiaire, portée à la fois par le renforcement des exigences en matière de performance énergétique, une prise de conscience accrue du confort d’été et une attente forte de solutions à plus faible empreinte carbone. Dans le résidentiel également, même si ces solutions restent encore relativement méconnues. Beaucoup de particuliers considèrent qu’un simple double vitrage suffit, sans toujours savoir quel type de vitrage équipe réellement leur logement. Or, tous les doubles vitrages ne se valent pas et le choix est d’autant plus structurant que les fenêtres ne sont remplacées qu’une fois tous les 15 ou 20 ans. Mieux informer sur ces enjeux constitue donc un levier important pour le marché ». 

 


AGC Glass Europe a annoncé en 2025 l’investissement conséquent d’une nouvelle ligne de production pour son vitrage isolant sous vide Fineo sur son site belge à Lodelinsart. Une décision majeure témoignant de l’ambition et de l’engagement indéfectible d'AGC à répondre aux besoins et exigences croissantes de ses clients européens et de leur marché, par l'innovation et la performance de sa haute technologie.

 

© Fineo - AGC a investi massivement dans une nouvelle ligne de production Fineo à Lodelinsart en Belgique

 

Cette nouvelle ligne de production, qui devrait être opérationnelle au second trimestre 2026, permettra ainsi à AGC de renforcer notablement ses capacités de production de vitrages isolants sous vide ultra-minces Fineo en Europe, au plus près de ses clients principaux.  

Pour rappel, Fineo, qui est le premier et seul vitrage sous vide à détenir le marquage CE, est désormais le premier et seul vitrage isolant sous vide (VIG) au monde à obtenir une Déclaration Environnementale de Produit (DEP) vérifiée par un organisme tiers pour ses versions standard et Low-Carbon. Cette nouvelle génération de vitrage isolant avec un vide de 0,1 mm, s’affirme aujourd'hui pour son isolation thermique comparable au triple vitrage, tout en se distinguant par sa finesse et légèreté inégalées. Fineo permet aussi de fortement diminuer l’épaisseur des nouveaux châssis, permettant ainsi de réduire drastiquement les quantités de matières premières nécessaires. Autant d’atouts et de propriétés contribuant à la réduction des émissions de CO2 durant la production et après la mise en œuvre.

Pour Davide Cappellino, président d'AGC Glass Europe et président d'Architectural Glass Europe et Amériques : « Fineo va devenir essentiel pour la restauration et la rénovation des fenêtres et façades face à l’immense parc immobilier européen, pour beaucoup mal isolé et peu apte à accueillir des vitrages isolants plus épais. Par ailleurs, Fineo représente aussi une solution idéale pour le bâtiment neuf grâce à son incomparable finesse ».

 

© Fineo - Ci-dessus, l’emblématique jardin d’hiver "Belle Époque" du domaine des Myosotis à Saint-Honoré-Les-Bains (Nièvre), rénové tout en finesse avec les verres Fineo


 

© Verrissima Group - Chantier équipée de baies vitrées transformées par Verrissima Group

 

Pour Patrick Gross, directeur innovation et développement de Verrissima Group – reconnu pour ses verres décoratifs et ses portes d’entrée – qui a racheté Deschanet à Metz, « le marché du vitrage isolant reste un marché régional, la part du triple vitrage progresse, mais il n’a de sens qu’en 32 mm ou 36 mm ». Ce qui limite son essor en France.

 


 INTERVIEW 

© Swisspacer - Björn Kluth, head of sales and marketing France, Business Development manager Canada, de Swisspacer (Saint Gobain)

 

Où en sont les innovations en matière d’isolation thermique du vitrage ?

Aujourd’hui, l’innovation dans le domaine du vitrage isolant s’inscrit de plus en plus dans une logique de performance globale du système, plutôt que de se concentrer uniquement sur le verre lui-même. Si les couches à faible émissivité et les remplissages gazeux restent essentiels, l’attention se porte davantage sur le bord de l’unité de vitrage isolant, zone critique en matière de pertes thermiques et de risques de condensation.

Les systèmes d’intercalaires warm edge sont ainsi devenus un élément clé pour améliorer la performance thermique, le confort intérieur et la durabilité à long terme. L’innovation actuelle vise à combiner faible conductivité thermique, stabilité de performance dans le temps et fiabilité des procédés industriels, tout en répondant aux exigences croissantes en matière d’architecture et d’environnement.

Les évolutions récentes montrent que performance, design et durabilité ne sont plus abordés séparément, mais de plus en plus intégrés dès la phase de développement des systèmes d’intercalaires.

 

Quel est l’impact des intercalaires warm edge en termes de performance ?

L’impact des systèmes d’intercalaires warm edge de Swisspacer se manifeste généralement à trois niveaux interdépendants : 

  • la performance thermique : en réduisant le pont thermique au niveau du périmètre du vitrage isolant, les intercalaires warm edge contribuent à l’amélioration des valeurs Uw des fenêtres et façades. Cela permet de diminuer les besoins en chauffage et en climatisation et de répondre à des exigences réglementaires de plus en plus strictes ;
  • le confort intérieur et le comportement face à la condensation : une température de surface intérieure plus élevée au niveau du bord du vitrage réduit significativement le risque de condensation en périphérie. Cela améliore directement le confort thermique des occupants et limite les risques liés à l’humidité, notamment dans les logements, établissements scolaires et bâtiments publics ;
  • la durabilité et la qualité à long terme : la performance thermique doit rester stable sur toute la durée de vie du vitrage isolant. Les systèmes d’intercalaires sont donc conçus pour assurer stabilité dimensionnelle, fiabilité de l’assemblage et comportement constant en conditions réelles d’exploitation, tout en restant compatibles avec les procédés industriels de fabrication des vitrages isolants.

 

Pour quelles applications, les solutions Swisspacer sont-elles particulièrement mises en œuvre ?

Les solutions Swisspacer sont utilisées dans un large éventail d’applications, allant de la fenêtre résidentielle aux projets de façades complexes. On les retrouve notamment dans le résidentiel neuf et la rénovation, les bâtiments tertiaires et bureaux, en particulier lorsque les surfaces vitrées sont importantes et que la performance au bord du vitrage ainsi que l’aspect visuel font partie du concept architectural, les  bâtiments publics (écoles, administrations, établissements de santé), où la longévité et la qualité du climat intérieur sont des critères déterminants, les projets architecturaux exigeants et les bâtiments à haute performance environnementale, où les critères esthétiques et de durabilité influencent de plus en plus les prescriptions. Dans ce contexte, Swisspacer Ultimate|Nyxé associe performance warm edge, esthétique noire uniforme et 33 % de contenu recyclé. Enfin, les applications spécifiques soumises à des variations d’altitude ou de pression, pour lesquelles Swisspacer Air peut être intégré afin de compenser les différences de pression au sein du vitrage isolant et soutenir sa durabilité.

De manière générale, les critères de sélection combinent de plus en plus performance technique, design et informations environnementales vérifiables.

 

Comment envisagez-vous l’activité en France en 2026 ? 

En France comme en Europe, le marché reste contrasté : le marché du neuf demeure sous pression dans plusieurs segments, tandis que la rénovation affiche une dynamique relativement plus résiliente. Dans ce contexte, les acteurs du secteur pratiquent un "value engineering" plus poussé et recherchent des solutions apportant un impact mesurable au niveau du système, au-delà des arguments marketing.

À l’horizon 2026, deux évolutions se dessinent clairement. D’une part, un renforcement de l’exigence en matière de performance transparente et vérifiable (thermique, confort/condensation, durabilité et, de plus en plus, données environnementales). D’autre part, la productivité devient un enjeu stratégique pour les fabricants de vitrages isolants, ce qui explique que Swisspacer développe également des initiatives d’automatisation et de digitalisation en parallèle de l’innovation produit.


 

Transmission lumineuse versus facteur solaire

 

© Swisspacer - Heldentoren à Knokke-Heist, des vitrages isolants équipés de l'espaceur warm edge Swisspacer Ultimate

 

« Dans un scénario climatique qui pourrait atteindre + 4 °C dès 2050, le confort d’été n’est plus un sujet de confort marginal, mais un impératif de conception. Les choix réalisés, en rénovation comme en construction neuve, sont désormais déterminants pour le bien-être des occupants, la maîtrise des consommations et la durabilité des bâtiments », estime Géraldine Caro. D’où le développement des vitrages de contrôle solaire qui assurent une double fonction : conserver la chaleur en hiver et filtrer le rayonnement solaire lors des épisodes de forte chaleur. « Cette performance repose sur un traitement breveté, constitué d’un empilement de couches nanométriques appliquées sur le vitrage », explique-t-elle. Pour des baies vitrées fortement exposées, Saint-Gobain Glass préconise une solution comme Eclaz® Sun qui isole en hiver tout en réduisant jusqu’à deux tiers les apports de chaleur en été, avec à la clé un gain moyen de 3 à 5 °C à l’intérieur, sans compromis sur la transparence, promet l’industriel. Différents niveaux de protection solaire répondent aux différents besoins. Dans le tertiaire, où les surfaces vitrées dépassent fréquemment 50 % de la façade, des solutions à très haute sélectivité sont privilégiées. La gamme Cool-Lite, et notamment Cool-Lite Xtreme 51/23, illustre cette approche : 51 % de transmission lumineuse associée à un facteur solaire très bas, pour un équilibre optimal entre lumière naturelle et protection contre la surchauffe.

 

Les vitrages Stopray d’AGC offrent toute une gamme de transmissions lumineuses et de contrôles solaires pour un coefficient de transmission thermique (Ug) de 1.0 W/(m².K). « Cette collection permet d’adapter l’offre aux besoins des façades en fonction de leur orientation, de leur région climatique et de l’utilisation du bâtiment qu’elles habillent. Le choix de la meilleure combinaison de performances opto-énergétiques se fait avec l’aide du service technique d’AGC. Les verres Stopray entrent parfaitement dans les exigences de la réglementation RE2020 en matière d’empreinte carbone réduite (disponible sur verre bas carbone d’AGC Low-Carbon Glass) et de contrôle de l’apport de lumière et de chaleur provenant du soleil. Enfin, ils satisfont l’esthétisme des projets architecturaux grâce à une palette d’aspects du plus neutre au plus réfléchissant. On les retrouve dans les façades des bâtiments tertiaires principalement, là où les surfaces vitrées sont importantes et la gestion de l’énergie est un enjeu crucial », commente Valérie Vandermeulen.

 


Pilkington Suncool™ Q équipe la CIRN à Nanterre

© Pilkington - La cité Internationale de la Recherche de Nanterre (CIRN) avec vitrage Pilkington

 

La réhabilitation de la Cité Internationale de la Recherche de Nanterre (CIRN) a été en partie réalisée avec la gamme de verres à couche de contrôle solaire et d’isolation thermique nouvelle génération Pilkington Suncool™ Q. « Au cœur de cet ancien immeuble de bureaux transformé en résidence étudiante et résidence de coliving pour jeunes actifs, une nouvelle construction métallique entièrement vitrée abrite un club lounge avec un bar et un incubateur d’entreprises. Pour garantir un confort intérieur été comme hiver aux occupants, différents produits de la gamme Pilkington Suncool™ Q ont été mis en œuvre, selon les expositions concernées », explique Marc Amah, responsable technique et marketing de Pilkington -NSG Group. Le verre Pilkington Suncool™ Q 70 a été utilisé pour les façades nécessitant une bonne isolation thermique et énergétique, tout en laissant entrer un maximum de lumière naturelle. Ce double vitrage offrant un bon compromis avec un coefficient Ug de 1.0 W/m².K, un facteur solaire de 33 %, tout en conservant une transmission lumineuse élevée de 70 %. La version Pilkington Suncool™ Q 50 a été préférée pour l’immense verrière à double pente recouvrant cet ouvrage, pour ses performances énergétiques élevées (facteur solaire de seulement 22 %), avec une transmission lumineuse de 50 %, généralement suffisante pour des toitures vitrées. « La parfaite homogénéité de la gamme Pilkington Suncool™ Q permet l’utilisation de différents produits verriers sur un même projet afin d’obtenir des performances énergétiques et lumineuses optimales en fonction des expositions des façades et verrières. Bien qu’un coefficient de transmission thermique Ug de 1,0 W/m².K soit le plus souvent exigé pour les façades vitrées sur notre marché, il peut être parfois nécessaire d’obtenir une meilleure isolation.

Cette performance peut être améliorée à 0,9 W/m².K en combinant, toujours en double vitrage, un verre extérieur type Pilkington Suncool™ Q avec la couche positionnée en face 2, côté lame d’argon, avec un verre intérieur Pilkington K Glass™ N, avec sa couche pyrolytique en face 4, côté intérieur du bâtiment », poursuit-il.


 

Warm-edge, l’intercalaire indispensable

 

© Technoform - Après 5 ans de rénovation, le Musée Bonnat-Musée Helleu à Bayonne a réouvert ses portes en novembre 2025. Vitrages isolants produits par Technifloat, Calorigroup avec les espaceurs warm edge Technoform SP14 - Restauration menuiserie bois, charpente, ossature bois et couverture par l’entreprise Darrieumerlou à Bardos (64)

 

L’une des évolutions majeures du vitrage isolant ces dernières années réside dans l’intégration d’espaceurs warm-edge qui se sont imposés désormais en standard. « Ces intercalaires contribuent au confort thermique avec à la clé pour les utilisateurs des doubles vitrages, des économies d’énergie durables, l’élimination des zones froides près des fenêtres, et une forte diminution du risque de condensation – donc moins de moisissures et une meilleure qualité de l’air intérieur », assure Thibaud Durousset, directeur commercial et opérations France de Technoform Glass Insulation. Technoform annonce pour mai 2026 une nouvelle FDES pour ses espaceurs warm edge SP12, SP14 et SP18. « Déjà n° 1 sur le marché français avec la meilleure valeur carbone, Technoform renforce son avance et creuse encore plus l’écart avec les autres warm edge et les espaceurs aluminium. Un simulateur en ligne gratuit est disponible sur notre site pour estimer, en quelques clics, les économies annuelles de carbone réalisables en choisissant nos espaceurs warm edge par rapport aux autres espaceurs », ajoute Thibaud Durousset.

 


AVIS D’EXPERT

© Edgetech - Fabrice Keller, area manager Edgetech Europe : « Le warm-edge et les enjeux d’automatisation »

 

« L’objectif d’une production automatisée est de gagner en productivité, en vitesse, mais aussi en qualité en réduisant les risques d’erreurs. L’humain reste au cœur des stratégies d’automatisation. C’est pourquoi il est important de préparer, d’anticiper la conduite du changement. Les équipes ont besoin d’accompagnement pour comprendre la transformation », soutient Fabrice Keller, area manager Edgetech Europe. Trop souvent, témoigne celui qui aborde cette question avec ses prospects et clients, « les opérateurs qui travaillent sur la ligne de production ignorent le projet, or il faut les informer et les interroger sur leurs besoins, car ils connaissent mieux que personne les points d’achoppement ». L’investissement doit faire sens, tant au niveau des volumes que de l’alignement managérial. « Un projet actant l’augmentation de la production de vitrage isolant doit s’assurer que le contrôle qualité suivra et pourra être plus rapide et que les capacités logistiques seront à niveau... » Il s’agit d’un projet global. « Une ligne de Super Spacer® optimise la production, si le fabricant augmente ses volumes, il doit prévoir tous les éléments nécessaires », note-t-il. Un tel projet ne vise pas à supprimer les opérateurs, mais à réorienter les postes de travail vers davantage de valeur ajoutée. L’argument est connu. « Notre robot automatisé réduit les tâches répétitives manuelles, nous concevons les projets avec les fournisseurs des machines et avec l’atelier, car le but est aussi de contribuer à renforcer la sécurité et à fluidifier les flux », conclut-il. Aujourd’hui, Edgetech Europe essaie également de convaincre ses clients de la pertinence de la maintenance et de sa planification.

 

© Edgetech - Ligne d’intercalaire warm-edge


 

Kuraray : Hambourg - SentryGlas® et Trosifol®(2024)

© Darren Arpe

 

HPP Architekten (Master Planning), ATP Asymetria, BB+GG arquitectes, Böge Lindner K2 Architekten, Carsten Roth Architekt, Chapman Taylor, Christian de Portzamparc, Hild und K Architekten, IMB Asymetria, KBNK Architekten, Lederer.

  • Construction: Roschmann Group
  • Façade installation: Cornelius UK Ltd
  • Structural Engineering: Werner Sobek
  • Laminator : Q4GLASS

Pour une isolation thermique maximale, Kuraray AIS prône la combinaison d’intercalaires à bord chaud avec du triple vitrage, du vitrage Low-E et un intercalaire fonctionnel. Spécialiste des intercalaires pour le verre feuilleté (en PVB et ionoplast), l'entreprise Kuraray AIS produit les intercalaires PVB Trosifol® et les intercalaires ionoplast SentryGlas®. « Ces produits sont utilisés dans le verre feuilleté de sécurité (VSF) et remplissent des fonctions de sécurité mécanique, structurelle, isolation acoustique, contrôle U.V. et solaire en combinaison avec des intercalaires colorés », nous apprend Kuraray. Actuellement, Kuraray AIS se concentre sur le développement de produits fonctionnels, environnementaux et plus performants. Ainsi, ce fabricant annonce avoir réduit l’empreinte carbone de Trosifol® R3 jusqu'à 90 % par rapport au PVB standard et utiliser des matières premières recyclées.

 


3  questions à 

© Cekal - Nelly Philipponat, présidente de Cekal, organisme de certification des vitrages

 

Quelle est l’actualité de Cekal et comment la marque évolue-t-elle ?

Notre organisation interne évolue. J’ai été réélue présidente au mois d’avril 2025 et j’ai souhaité souligner le rôle d’une équipe soudée, efficace, notamment en proposant à Jérôme Carrié de devenir délégué général et d’offrir une place renforcée à Marie-Laure Ainoux, nommée secrétaire générale, car elle gère la communication, les événements en collaboration avec un free-lance, etc. Nous avions précédemment recruté un jeune délégué technique qui est parti pour des raisons personnelles, et nous avons tiré les leçons de cette expérience fort intéressante que nous avons décidé de renouveler. Au mois de novembre dernier, c’est donc Mathieu Huntingdon qui nous a rejoint au poste de délégué technique. Il est rattaché à la secrétaire générale. Nous disposons ainsi d’une équipe structurée, très impliquée et prête pour aborder les défis des prochaines années.

 

Cekal a plus de 35 ans et bénéficie d’une bonne image de marque. D’ailleurs, elle se développe à l’étranger. Nous ne prospectons pas, mais nous recevons des demandes de centres issus par exemple des pays du Mahgreb ou d’Allemagne. Ils souhaitent être certifiés, soit pour importer en France, soit pour disposer d’une certification reconnue dans leur propre pays. 

 

Cekal organise chaque année des rencontres régionales, quel bilan en tirez-vous ?

Ces rencontres de proximité me sont chères. Elles suscitent un véritable intérêt et nous permettent de rencontrer des interlocuteurs que nous ne verrions pas autrement, l’année dernière deux-tiers des participants étaient issus des rangs de centres de production certifiés (directeurs, responsables de production, responsables qualité, technico-commerciaux...) et un tiers était des représentants de fabricants de constituants. 

Nous poursuivons ces rencontres en 2026 à Nancy, Bordeaux, Lyon et au Mans. Le programme précis n’est pas encore établi. Traditionnellement, ces journées se déroulent en deux parties : le matin, nous abordons les actualités techniques de Cekal et l’après-midi, nous échangeons autour d’un thème. En 2025, nous avions choisi le nouveau Réglement Produits de Construction 2024 (RPC) comme fil rouge...

 

Quels sont, selon vous, les grandes tendances en matière d’innovation dans le secteur du  vitrage isolant ?

Deux tendances se dessinent nettement : le développement du warm edge se confirme. Et nous enregistrons des demandes des centres pour la qualification du vitrage feuilleté rigide, avec intercalaire en PVB, pour lequel nous avons créé un référentiel avec nos partenaires. Sur ce sujet, nous faisons appel à des OMV (Organismes de Mesure et Vérification) pour nous aider.


 

La piscine Olympique à Saint-Denis revêt des verres AGC

© AGC

Produits installés sur ce projet

Stratobel Burglary (anti-effraction) avec iplus 1.1

  • Energy 72/38
  • Stopray 62/33
  • Atelier 2/3/4 et VenhoevenCS

Transformation : AGC Skyline


 

 

Vitrage sous vide

 

Chez AGC, l’innovation majeure dans le domaine du vitrage isolant est le Fineo, vitrage avec une technologie sous vide, développée par AGC. « Le vide ne transmet, ni le froid, ni le chaud, ni les sons, ce qui en fait un vitrage aussi isolant qu’un triple vitrage pour une épaisseur très faible et un gain d’isolation acoustique bien supérieur. Son espaceur, constitué de petits piliers quasi invisibles, n’est que de 0,1 mm, ce qui est suffisant contrairement aux doubles vitrages classiques qui sont généralement fabriqués avec un espaceur de 16 mm. Sa durée de vie est estimée à plus de 60 ans accompagnée d’une garantie de 20 ans. Enfin, le vitrage Fineo est 100 % recyclable et a été conçu dans une optique d’économie circulaire. Le vitrage sous vide Fineo a obtenu un Avis Technique (ATec) du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) qui valide son utilisation dans les projets de construction et de rénovation en France, conformément aux normes en vigueur. Ce vitrage ultra-isolant, peut être muni d’une couche de contrôle solaire et être assemblé en verre feuilleté de sécurité », expose Valérie Vandermeulen. Avec Fineo, le verrier cible trois marchés. « La restauration des fenêtres des biens classés par les architectes des bâtiments de France (ABF) en conservant le châssis, la rénovation de bâtiments ayant moins de contraintes et le marché des nouvelles fenêtres en aluminium, PVC, ou bois », précise Clément Lemoine, product & market manager Fineo by AGC. Ce vitrage disrupte le marché. « C’est pourquoi nous devons éduquer les professionnels et les clients finaux afin qu’ils en comprennent les bénéfices », glisse-t-il. AGC entend se hisser au rang de leader sur le marché du vitrage sous vide, se basant sur un produit « premium et green », selon l’expression de Clément Lemoine.

 

© Saint-Gobain Glass - Insio®, le verre sous vide Saint-Gobain Glass

 

Saint-Gobain Glass se positionne avec Insio®, un vitrage sous vide de nouvelle génération conçu pour conjuguer isolation thermique et acoustique et épaisseur très réduite, ainsi qu’avec sa version hybride Climaplus® Insio®. « Pour ce vitrage en particulier, la technologie Insio® est intégrée dans un double vitrage classique, avec un espaceur standard et un contre-verre permettant d’ajouter des fonctions complémentaires (acoustique, sécurité, contrôle solaire). Résultats : une épaisseur standard (≥ 24 mm), une intégration sans contrainte dans les menuiseries existantes et un niveau de performance thermique nettement supérieur aux doubles et triples vitrages traditionnels », affirme Géraldine Caro. « Les bénéfices sont clairs : une isolation thermique exceptionnelle, supérieure aux meilleurs triples vitrages, avec un Ug compris entre 0,5 et 0,3 W/m².K, selon la configuration retenue. Une avancée majeure pour concilier performance énergétique, confort des occupants et adaptation climatique », défend-elle. Le contre-verre est sélectionné parmi la gamme de produits Saint-Gobain Glass pour répondre à des besoins spécifiques en termes de performances thermique, acoustique, de contrôle solaire ou d’esthétique. Climaplus® Insio® offre une isolation sous vide haut de gamme, tout en s’adaptant à diverses exigences architecturales et techniques.

 

© VIT - Immeuble la Samaritaine à Paris : vitrage 44/2 VIT Sun Perform 60/28 – 16 argon Warm-edge – 44/2 VIT Acoustics

 

Au final, chez VIT France, Mickael Labrosse, directeur du Groupe, remarque « une demande croissante de contrôle solaire apprécié pour ses bénéfices en confort d’été ». Ce fabricant de vitrage sur mesure décline ses gammes avec notamment une sélectivité de 71 de transmission lumineuse (Tl)/39 de facteur solaire (g) ; 60 Tl/28 g ; ou encore 30/Tl 16 %. « Le 30/16 convient en toiture de véranda, voire sur des façades exposées plein sud et largement vitrées, alors que le 71/19 s’intègre aux menuiseries classiques, c’est le produit le plus courant », indique Mickael Labrosse. Pour lui, « pour lutter contre les déperditions thermiques, certains chantiers de rénovation de bâtiments anciens et de construction dans le Nord de la France font appel à du vitrage sous vide, mais ce produit se développe surtout dans les pays du Nord ». Il communique sur une autre innovation : le vitrage Converlight® by SECM Dynamic, un verre électrochrome qui s’ajuste en permanence. « Ce verre intelligent se teinte en fonction de la luminosité et du cycle de chaleur grâce à des capteurs installés en façades et apporte un véritable confort thermique à des bureaux, des établissements de santé », souligne Mickael Labrosse. Une réponse technologique aux enjeux climatiques.

 


 INTERVIEW 

© Riou Glass - Christine Riou, présidente de Riou Glass

 

© Riou Glass - Damien Sirou, délégué au commerce et au marketing France Riou Glass

 

« Quand la reprise arrivera, nous serons prêts avec une organisation plus robuste »

 

Comment envisagez-vous le marché, à date ?

(Christine Riou) Le marché reste très chahuté. Comme beaucoup d’industriels français, nous avançons dans un contexte instable, marqué par les stop-and-go réglementaires et une visibilité quasi nulle. Nous faisons preuve de résilience et nous continuons à "ranger la maison" pour rester solides.

2026 sera encore une année de transition. Avant les échéances présidentielles, il ne faut pas attendre de signaux forts. Notre responsabilité est de tenir le cap, d’accompagner nos équipes et de rester mobilisés pour nos clients.

La réorganisation engagée fin 2025 porte déjà ses fruits : mutualisation des moyens, synergies entre sites, montée en compétences. Cette nouvelle structure en quatre régions nous permet d’être plus efficaces et plus réactifs commercialement.

 

Quelle est la priorité pour Riou Glass en 2026 ?

(Christine Riou) Notre priorité 2026 est claire : le commerce. Produire ne suffit plus, c’est la capacité à conseiller, à accompagner et à mettre le bon verre au bon endroit qui fera la différence. C’est un message que nous portons auprès du marché et des pouvoirs publics.

Nous poursuivrons nos investissements structurants : digitalisation, unification des outils, IA, montée en puissance de Menrec pour récupérer davantage de menuiseries en fin de vie.

2026 sera une année de consolidation, mais aussi de préparation. Quand la reprise arrivera, et elle arrivera, nous serons prêts, avec une organisation plus robuste, plus unifiée et plus proche de nos clients.

 

Quelles sont les innovations marquantes dans le secteur du vitrage isolant ? 

(Damien Sirou) Les cordons TPS ou TPA type Ködispace constituent une alternative innovante aux espaceurs traditionnels en aluminium ou inox dans la fabrication du vitrage isolant. Grâce à leur très faible conductivité thermique, ils permettent de réduire fortement le pont thermique en périphérie du vitrage, zone historiquement sensible aux déperditions de chaleur et aux phénomènes de condensation.

En supprimant le métal au niveau du bord du vitrage, le cordon Ködispace limite le refroidissement du verre isolant et améliore sensiblement la température de surface intérieure. Cette performance se traduit, pour l’utilisateur final, par une diminution des mouvements de convection, une réduction significative du risque de condensation et une baisse mesurable des pertes thermiques, contribuant directement au confort et aux économies d’énergie.

Au-delà de la performance thermique, Ködispace s’inscrit dans une démarche écoresponsable. Composé de matières premières respectueuses de l’environnement et totalement exempt de métal, le système participe à l’amélioration globale de l’efficacité énergétique des vitrages et à la réduction des émissions de CO2 sur le cycle de vie du bâtiment.

 

Comment adapter le vitrage aux conditions climatiques aléatoires et aux besoins du bâtiment ?

(Damien Sirou) Au-delà des intercalaires à bord chaud, l’innovation en matière d’isolation thermique du vitrage se poursuit également sur d’autres axes technologiques. Les recherches portent notamment sur le développement de films fonctionnels et de couches à valeurs spectrométriques variables, capables d’adapter les performances du vitrage en fonction des conditions climatiques et des besoins du bâtiment. Ces solutions visent à optimiser simultanément les apports solaires, la transmission lumineuse et les performances thermiques.

Parallèlement, les triples vitrages intégrant un verre central très fin constituent une réponse pertinente aux exigences de haute performance énergétique, en permettant d’atteindre des niveaux d’isolation élevés tout en limitant l’augmentation de l’épaisseur et du poids des ensembles verriers. Cette approche facilite leur intégration dans les menuiseries existantes, notamment en rénovation.

Enfin, les vitrages sous vide représentent une voie technologique prometteuse. En supprimant quasi totalement les échanges thermiques par conduction et convection, ils offrent des performances thermiques très élevées avec des épaisseurs réduites. Bien que ces solutions soient encore principalement réservées à des applications spécifiques, elles illustrent la dynamique d’innovation continue du secteur pour répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux du bâtiment.

 

© Riou Glass

Investir pour soutenir la croissance, l’ETI normande Riou Glass a notamment réalisé en 2024 deux projets d’investissement majeurs, pour un montant total de 6,3 M€ sur les usines de Riou Glass VIO (Parné-sur-Roc, Mayenne) et Riou Glass VIR (Pia, Pyrénées-Orientales).

Depuis septembre 2025, le Groupe a mis en place une nouvelle organisation stratégique au sein de son réseau d’usines de transformation du verre en France. Cette réorganisation traduit une vision durable de sa présidente, Christine Riou Feron : « La conjoncture économique mondiale traverse une zone de turbulences sans précédent. Le secteur du bâtiment, pilier de notre économie nationale, en subit directement les effets, impactant par conséquent l’ensemble de la filière verrière. Acteur majeur du secteur depuis plus de 45 ans, Riou Glass s’adapte et anticipe pour préparer sa croissance à venir, tout en restant fidèle à ses valeurs et à son identité. Nous portons une vision à long terme d’une industrie française performante, responsable et humaine ».


 

— Véronique Méot

 


Photo ouverture © Kuraray - Photo Khaled Ameur - SentryGlas® Fondation Louis Vuitton - Architecte : Franck Gerhy


Source : verre-menuiserie.com

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