Quel immobilier pour demain ?

Quel immobilier pour demain ?

Face à un marché en pleine évolution et aux nouveaux usages, les professionnels du secteur pointent l’émergence de nouveaux types de biens. Lien social, qualité, importance du cadre de vie, territorialisation.



« Habiter demain : où et comment ? », tel était le thème d’une des conférences au programme du dernier congrès Fnaim & salon des professionnels de l’immobilier qui s’est déroulé du 29 novembre au 1er décembre 2021. Autour de la table Jean-Claude Bassien, directeur général Nexity Groupe, Soo-Jin Kim, chef de l’unité des politiques et études urbaines à l'OCDE, Pierre-André de Chalendar, président de Saint-Gobain, et Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes. Tous actent de la crise du logement. « L’offre et la demande ne fonctionnent pas bien », note Soo-Jin Kim. Une situation qui n’est pas propre à la France. Partout, l’OCDE constate que l’augmentation des prix au mètre carré est plus importante en ville, bien au-dessus de la moyenne nationale. De l’Australie aux Pays-Bas, les exemples ne manquent pas.

 

 

L'avenir de la ville et du logement

Au-delà du débat sur l’étalement urbain, Jean-Claude Bassien (Nexity) estime qu’il faut « accepter l’intensité urbaine ». Le vrai sujet aujourd’hui serait plutôt de « rendre désirable le logement du futur ». Et le directeur général de Nexity de citer en exemple les tours qui abritent des forêts urbaines, des projets concernant plutôt des immeubles de bureaux mais qui pourraient être dupliqués. Écrire un récit urbain et le partager… De belles propositions qui ne doivent pas masquer la réalité. « Cinq rapports ont démontrés que la qualité des logements a baissé depuis une quinzaine d’années, la faute aux politiques contradictoires qui considèrent le logement comme un produit économique, quand l’enjeu est de les conjuguer avec les aspirations des Français (calme, confort, proximité, espace extérieur) », martèle Christine Leconte. Si la qualité est médiocre, « c’est parce que nous sommes confrontés à un marché de sous-offre, la demande excédant l’offre », avance un peu plus tard Jean-Claude Bassien. Or, suggère-t-il, « il est possible de proposer la surélévation, y compris sur des immeubles haussmanniens ; Paris par exemple reste une ville plate, horizontale, mais encore faut-il que toutes les parties prenantes acceptent d’en parler ».

 

 

© Franck Deletang

Pour Partenord Habitat, « cet édifice nouvelle génération marque une façon de repenser notre
mode de développement et le type de société dans laquelle nous voulons vivre pour le plein
épanouissement de chacun et l’émancipation de tous ». Ce chantier hautes performances
a bénéficié des solutions Wicona ; l’entreprise Horizons (Cambrai.59) a ainsi mis en oeuvre
des ensembles menuisés aluminium avec des châssis de la gamme Wicline 75 evo
et mur- rideau Mecano, adoptant les rythmes de la trame attribuée à chaque programme
Architectes : Coldefy & Associés Architectes Urbanistes (Lille, 59), mandataire TAG Atelier
d’architecture, architectes associés Paindavoine Parmentier Architecte

 

 

Réhabiliter et revitaliser

Rendre le logement désirable, c’est aussi passer par la réhabilitation de l’existant dans les centres villes. « Du pain béni pour Saint-Gobain », lâche Pierre-André de Chalendar ! Et par la modularité. Comment libérer de l’espace ? « La limitation de l’usage de l’automobile devrait libérer des parkings au profit de la nature », glisse le patron de Saint-Gobain. « La réparation de la ville s’inscrit comme un projet d’avenir, chaque ville a ses propres caractéristiques ; à Aurillac par exemple, le tissu urbain est très dense, à Caen ou au Havre au contraire, la situation est différente, il faudra prendre en compte chaque cas de figure », prévient Christine Leconte. Au total, résume cette architecte, « 222 villes ont besoin d’être revitalisées en France, les promoteurs doivent s’investir davantage sur la réhabilitation, arrêter de démolir, car le patrimoine existe, il doit être entretenu pour créer de la valeur ». Avec 3 millions de logements vacants, la France doit se poser la question du stock…

 

 

© Fnaim

Plénière au congrès Fnaim & salon des professionnels de l’immobilier
Aux côtés de l’animateur du congrès (au centre) : (de g. à dr.) Jean-Claude Bassien, directeur
général Nexity Groupe ; Soo-Jin Kim, chef de l’unité des politiques et études urbaines
à l'OCDE et (de dr. à g.) Pierre-André de Chalendar, président de Saint-Gobain
et Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes

 

 

Quelles seront les conséquences de la crise sanitaire actuelle ? Les Français télétravaillent en partie, les bureaux sont moins occupés, etc. « Le télétravail sonne comme une déflagration car il change la donne, le taux de vacance des immeubles de bureaux augmente dans certaines zones », admet Jean-Claude Bassien. Seront-ils pour autant transformés en logement ? « Les contraintes réglementaires diffèrent entre les deux destinations, même si la loi Elan (2018) facilite un peu les mutations, l’exercice semble complexe », reconnaît-il. D’autant que les intérêts divergent, les élus souhaitant la présence d’entreprises dans leur commune. Une chose est sûre, « le télétravail a fait prendre conscience de la question centrale de la mobilité, beaucoup de sujets y sont liés », remarque Pierre-André de Chalendar. Pour autant, poursuit-il, « les entreprises cherchent à faire revenir leurs salariés au bureau, les réflexions sur leur rénovation sont menées, avec le souci d’apporter du bien-être et de la convivialité ». Très heureux de la tour Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar l’assure : « les solutions techniques vont aider à plus de modularité ».

 

Avec la pandémie, les préférences des ménages ont changé. « Nous assistons à un basculement : les ménages installés dans des appartements avec deux chambres considèrent aujourd’hui la maison individuelle comme le logement idéal, et désirent quitter le centre des grandes villes, c’est vrai en France, en UK, en Australie », affirme Soo-Jin Kim.

Pour répondre à ces nouvelles attentes, Christine Leconte propose des solutions inédites : « 70 % des maisons individuelles sont sous-peuplées et ne comptent qu’un seul occupant, elles ne correspondent parfois plus à certains besoins ». Pourquoi ne pas fluidifier les parcours résidentiels ? « Les Français demandent à bénéficier d’un espace extérieur, proposons-leur des étages avec balcon et des rez-de-chaussée avec jardin ou des logements dans des immeubles dotés de jardin collectif ». Pour l’architecte, « il est temps de remettre l’habitant au coeur du sujet ».

 

La ville de demain doit-t-elle privilégier la proximité et rapprocher les logements, emplois, équipements (école, hôpital, etc.) ou au contraire s’étaler, comme l’encourage le modèle américain ?

« La situation actuelle est paradoxale, les centres villes inabordables poussent les habitants à s’en éloigner alors que se développe le concept de la ville du quart d’heure, où tout est accessible, car les gens n’ont plus envie de passer du temps dans les transports », observe Soo-Jin Kim. Ce qui fait dire à Pierre-André de Chalendar, que demain « il y aura plusieurs centres dans une ville car une ville doit être complète, les villes nouvelles reliées par le RER ne fonctionnent pas ».

Au final, « habiter demain » paraît déjà d’actualité, quelques initiatives intéressantes percent ici ou là : lieux partagés, zones multifonctionnelles, inclusives, bâtiments durables, etc.

 

 

© BIG

Signature du manifeste BIG. Les signataires prennent la pose

 

 

Programme de recherche sur l’empreinte biodiversité des projets immobiliers

16 entreprises s’unissent pour transformer les pratiques vers un modèle plus respectueux du vivant et lancent le programme de recherche appliquée et d’actions collectives BIG (Biodiversity Impulsion Group) : Aire Nouvelle, Altarea Cogedim, Amundi, BNP Paribas Real Estate, Bouygues Immobilier, Covea Immobilier, Crédit Agricole Immobilier, Gecina, Groupama Immobilier, Korian, Linkcity, LVMH, Nexity, Perial Asset Management, Groupe RATP, Schneider Electric.

Crée à l’initiative de la foncière Gecina dont la raison d’être est de « faire partager des expériences humaines au coeur de nos lieux de vie durables », et coordonné par l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID), BIG se développera autour de trois axes pour construire un référentiel commun sur l’enjeu de biodiversité avec :
1. L’élaboration d’outils de mesure des "bénéfices" de la biodiversité à l’échelle d’un projet immobilier (mesure de l’impact carbone, santé ou encore fraîcheur en ville).
2. Le développement d’une plateforme de cartographie des contributions locales à la biodiversité (monitoring de la biodiversité, visualisation de la densification du bâti…).
3. La mise en place de dispositifs d’appropriation de ces outils par les acteurs du secteur immobilier (animation d’une communauté d’échange, publication de guides et référentiels pour accompagner la montée en compétences des équipes internes).

 

 

34 logements premium à Rennes

L’ensemble immobilier Cimea s’implante dans un écrin de verdure à moins de 10 minutes du centre de Rennes et de l’aéroport. Réalisé par Kermarrec Promotion en copromotion avec le Groupe Duval, Cimea rassemble 5 272 m² de bureaux et 34 logements allant du studio (à partir de 29 m²) au T4 duplex, répartis dans 3 immeubles (deux de bureaux et un mixte). L'architecture des logements a été pensée pour répondre aux aspirations du moment : pièces de vie extérieures, espaces ouverts, celliers, beaux volumes avec de belles hauteurs sous plafond au dernier étage, etc. Architectes Hardel Le Bihan.

 

 

© Kermarrec Promotion

Kermarrec Promotion et Groupe Duval lancent Cimea à Rennes

 

 

L’objectif ? Mesurer les impacts liés à la biodiversité d’un bâtiment pour piloter les progrès. Cette démarche permettra d’éclairer les stratégies des investisseurs et participer ainsi à la convergence de la performance économique et financière avec la performance socio-environnementale des acteurs économiques. Ces travaux associeront notamment aménageurs, grands donneurs d’ordre, agences et institutions publiques, associations professionnelles et experts mobilisés sur le sujet de la biodiversité. « Je suis très heureuse et honorée de la large mobilisation des partenaires fondateurs de BIG (Biodiversity Impulsion Group) face à l’urgence à préserver la biodiversité. Cela traduit leur engagement à ce que collectivement nous fassions évoluer le secteur immobilier en développant des outils de mesure et de visualisation communs. Convaincue que notre force réside dans notre capacité à coopérer, j’invite ceux qui le désirent à rejoindre l’initiative », a déclaré Sabine Desnault, directrice exécutive R&D, innovation et RSE de Gecina.

Du côté de l’OID, Loïs Moulas, directeur général, a commenté : « accélérer la transition écologique dans le secteur immobilier a toujours été l’ADN de l’OID. Ainsi, BIG s’inscrit en droite ligne avec notre raison d’être : fédérer les acteurs, encourager le partage d'expériences et faciliter le passage à l'acte, en toute indépendance et transparence dans un objectif d'intérêt général ».

 

 

Palmarès du challenge de l’Habitat Innovant 2022

Biodiversité, bas-carbone, sobriété foncière, densification, renouvellement urbain, réhabilitation de friches, vivre-ensemble, nouvelles formes d’habiter ou encore digitalisation et construction hors-site… Ce n’est pas un hasard si les principales problématiques actuelles du logement se retrouvent dans les projets en lice lors du dernier Challenge de l’Habitat Innovant du Po?le Habitat FFB. Le concours illustre en effet la capacité des acteurs de la maîtrise d’ouvrage a? concilier enjeux sociaux, environnementaux et architecturaux, réalités territoriales et attentes des Français.

 

 

Aperçu avec 3 sélections…

- Ma Maison Bois décroche le Prix Spe?cial du Jury avec son projet « Ma Maison Écotone », associant écologie, mutualisation des espaces et vivre-ensemble

 

 

Ma Maison Bois - « Ma Maison Écotone »

 

 

- Maisons Extraco, avec « Les Sentinelles », récolte la médaille d’or Réalisations Remarquables.

 

 

« Les Sentinelles » - Maisons Extraco

 

 

- Amex Aménageur-Promoteur obtient l’or dans la catégorie Ma Solution Logement grâce à « Triptyque urbain »

 

 

« Triptyque urbain » – Amex

 

 

© Franck Deletang
Source : verre-menuiserie.com

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