Le bloc-porte, un dispositif à facettes multiples

Le bloc-porte, un dispositif à facettes multiples

Bien plus qu’un simple dispositif de fermeture, le bloc-porte doit agréger qualité esthétique et performances techniques liées notamment à l’acoustique et à la thermique.





Une porte, en théorie, ça s’ouvre et ça se ferme. Mais pas seulement. Car ce principe basique est en passe d’être remisé aux oubliettes de l’histoire de la menuiserie industrielle. Car les fabricants ont depuis longtemps fait du bloc-porte bien davantage qu’un dispositif de cloisonnement entre espaces.

 

En effet, cet ensemble complet – huisserie, vantail et serrure – est un condensé d’innovation qui n’a rien à envier aux autres produits plus nobles du secteur de la construction. Et qui déploie en sus un axe qui n’est pas toujours afférent au secteur du bâtiment : l’esthétique. Et qui dans le cas des blocsportes est loin d’être une donnée insignifiante puisqu’ils participent de l’ambiance générale des lieux, au même titre que des menuiseries moins "effacées" et à plus forte valeur esthétique ajoutée que sont les fenêtres.

 

C’est le cas par exemple chez Euradif qui mise depuis de nombreuses années sur des produits performants, mais aussi agréables au regard. La grosse PME familiale de quelque 175 salariés fondée en 1994 dans le département du Nord et aujourd’hui située à Béthune dans le Pas-de-Calais est un fabricant reconnu de la porte d’entrée monobloc en aluminium prête-à-poser. Elle a également développé une large compétence dans les ouvrants monoblocs et les panneaux décoratifs, l’ensemble de son offre étant destinée à une commercialisation en BtoB, à savoir conçue pour les professionnels de la menuiserie. Son produit phare : sa gamme Passage, une série de produits monoblocs avec un ouvrant de 80 mm d’épaisseur parmi les plus épais du marché et disponible en 170 designs différents renouvelés deux fois par an avec des collections dites quatre saisons.

 

Euradif mise depuis de nombreuses années sur des produits aussi performants qu’esthétiques. Le fabricant reconnu de la porte d’entrée monobloc en aluminium prête-à-poser a développé une large compétence dans les ouvrants monoblocs et les panneaux décoratifs © Euradif

 

Destinée exclusivement au secteur du résidentiel, cette gamme sera complétée d’ici juin 2021 de trois nouveaux modèles qui se veulent de tendance contemporaine : Perle, Persan, et Turquin.


Le bloc-porte ne se cache plus


En juillet débutera également la commercialisation de son modèle Zénith, consistant en une porte d’entrée monobloc en aluminium entièrement vitrée, pensée pour le marché du neuf et de la rénovation. Le design monobloc exclusif de ce modèle plutôt haut de gamme avec parcloses plates se décline dans une cinquantaine de décors en verre fusion, sablé, ou encore en impression numérique. Lesquels décors sont assemblés en double vitrage gaz argon de 46 mm d’épaisseur, avec un SP10 en face extérieure et un 6 mm trempé en face intérieur, afin de garantir les performances thermiques et sécuritaires.

 

Les modèles avec décors fusion sont quant à eux assemblés en triple vitrage, avec face fusion intégrée à l’intérieur du vitrage. Du reste, en sus de designs classiques ou modernes, la gamme Passage est disponible dans  pas moins de 45 couleurs standards, soit l’entièreté de la palette des RAL. « Au-delà des performances techniques, nous pensons nos modèles comme des produits de décoration et de mode, ce qui nous oblige à proposer régulièrement des nouveautés, à l’instar de ce qui se fait dans l’industrie du vêtement », souligne Charles Creton, responsable communication d’Euradif. « Nous sommes des créateurs de tendance, en phase avec le souhait du consommateur final qui place l’aspect design au coeur de ses critères de choix, et ce, avant même l’aspect sécuritaire qui n’apparaît qu’en seconde position ».

 

Modèle Persan (Gamme Passage) © Euradif

 

Le secret d’Euradif pour coller à la demande du marché : une ligne de thermolaquage inaugurée en janvier 2020 qui lui permet d’assurer en propre la finition de ses produits. Situé à Godewaersvelde (59), à 30 km de son actuel siège social, cet outil de production qui a nécessité un investissement de 4,4 M€ a permis à Euradif de gagner en autonomie pour la mise en couleur de ses portes et de réduire considérablement les délais de traitement des produits non conformes. En abaissant d’une semaine la durée de refabrication et de réexpédition, le fabricant a souhaité en finir avec les différés de livraison et augmenter le bénéfice client. D’autant qu’il a repris en main son éventail de couleurs disponibles en le faisant passer de 24 à 45 références depuis avril 2020. Une préoccupation esthétique au plus près des tendances du marché qui se retrouve également non loin de là chez Decayeux. L’entreprise sise dans la Somme à Feuquières-en-Vimeu et qui va l’année prochaine souffler ses 150 bougies, est au départ de son aventure industrielle, un acteur majeur de la fabrication de boîtes aux lettres. Mais qui depuis sa création s’est très largement diversifiée, et notamment depuis quarante ans en se positionnant sur le secteur des blocsportes. Decayeux s’est aussi attaqué au segment des portes palières, des portes de hall et des portes de service destinées au logement social.

 

Bloc-porte – Modèle Cottage © Decayeux

 

Un outil technique aussi décoratif que performant


Si l’industriel a principalement innové en travaillant sur l’isolation thermique et l’antieffraction de sa gamme Falaise conçue pour le pavillonnaire, il n’en a pas moins oublié l’aspect design. Sur son bloc-porte à base acier ou aluminium, y sont adjoints sur les parements notamment moulurés des éléments en bois mélaminé. La porte Falaise Lumia qui utilise les éléments verriers comme matériaux isolants en triple épaisseur permet par exemple la création de motifs de type demilune. En fonction de la demande du client, il est également possible de créer des modèles personnalisés pour les intégrer au décor, tels des verres en forme de raie manta récemment livrés à un client soucieux de l’aspect esthétique de son ouvrant.

 

Modèle Matignon © Decayeux

 

« Le secteur qui évolue le plus aujourd’hui est celui de la porte pavillonnaire, principalement dans la réhabilitation du logement social », note Mickaël Boclet, du service devis porte chez Decayeux. « Nous sommes sur des produits désormais plus techniques sur la porte palière, avec des exigences renforcées sur l’affaiblissement acoustique qui nous ont conduit à concevoir des modèles qui atteignent 41 dB en entrée de gamme et qui vont au-delà des textes réglementaires. En proposant un bloc-porte complet sur mesure avec serrure et accessoires, y compris les vantaux, le cylindre et la serrure qui sont nos propres productions, nous maîtrisons l’ensemble du système et notamment les contraintes dimensionnelles. Cela nous permet aussi de faire évoluer nos gammes en abandonnant notamment le béton cellulaire au profit du verre pour garantir la thermie et monter en qualité esthétique avec des produits à façon ».

 

La tendance verrière, c’est aussi un constat établi par GIMM Menuiseries, dont l’offre très large et diversifiée de blocs-portes est en constante évolution, notamment dans la perspective de la mise en place progres s ive de la RE 2020. Laquelle nouvelle réglementation devrait, selon le fabricant français, avoir un impact sur le marché de la porte, au même titre de ce qu’il est advenu des conséquences de l’ancien texte sur le secteur des fenêtres. Pour l’heure, un autre dossier intéresse particulièrement l’industriel : la décoration intérieure. Avec un constat clair : les portes ne sont plus seulement des voiles, mais de vrais outils techniques à qui l’on demande en plus une vraie valeur ajoutée décorative, tant dans le neuf qu’en rénovation.

 

Une décoration qui commence d’abord par la finesse et à laquelle les huisseries fin de chantier apparues sur le marché il y trois ans apportent une solution ad-hoc. En faisant évoluer la section faible de 72 mm à des huisseries de 90 mm, la pose de couvre-joints s’est par exemple raréfiée. Conséquence : GIMM Menuiseries a travaillé non seulement sur des modèles qui se posent le plus tard possible, soit quasiment juste avant la réception du chantier, mais aussi conséquemment sur des huisseries invisibles qui se posent à l’intérieur même de la cloison. L’ouvrant va ainsi venir s’accrocher au dernier moment sur un système de charnières également dites invisibles. Un ouvrant affleurant totalement à la cloison dont l’objectif est d’épurer le pan de mur. « Les clients ne veulent plus voir les huisseries afin de rendre la porte elle-même quasiment invisible, hormis un petit jeu périphérique très subtil qui la laisse à peine deviner », constate Franck Abram, directeur marketing de GIMM Menuiseries.

 

GIMM Menuiseries se positionne avec une très large offre de portes et conçoit des modèles prêts-à-poser sur chantier ; le fabricant français a étudié des huisseries  invisibles qui se posent à l’intérieur même de la cloison pour un mur le plus épuré possible © GIMM Menuiseries

 


« La structure soutenant la porte disparaît, ne laissant désormais voir que la poignée qui permet juste de garantir une continuité dans la décoration entre la cloison et le bloc-porte. En ce sens, nous suivons la tendance de l’épure qui a cours depuis plusieurs années déjà dans le milieu des profilés de fenêtres, où la tendance contemporaine à la sobriété a très largement fait bouger le design des produits en les allégeant ».


La nature reprend ses droits


Pour soutenir la finesse des portes, le verre est donc devenu chez Gimm Menuiseries un allié de poids. Tendance qui émerge en 2018, elle s’est confirmée en 2020, et a poussé le fabricant à surfer sur la vague en lançant son blocporte vitré Vitral. Ce produit possède un sous-bassement plein en partie basse, complété en partie haute par des vitrages agrémentés de petits bois verticaux qui permettent de segmenter le vitrage, donnant un effet verrière tendance monde industriel particulièrement travaillé dans le détail. Et depuis quelques mois, une vogue a fait surface et qui devrait à terme s’installer durablement : la tendance écolo.

 

La gamme Pulsion Décor Bois Nature commercialisée en 2020 s’inscrit ainsi dans cette ambition de coller aux envies esthétiques d’une clientèle attirée par des teintes résolument bio-friendly. Pour continuer sur sa lancée, GIMM Menuiseries travaille ainsi depuis le début de l’année sur d’autres décors qui reprennent l’aspect bois, et notamment le chêne. Un effet non pas traité avec une vague lasure pour donner un aspect nature, mais en recherchant le plus possible la couleur du bois naturel grâce à l’application d’un vernis incolore le plus mat possible afin de laisser apparaître la texture originelle.

 

Le bloc-porte Assa Abloy, un système tout-en-un

 

La gamme Secudoor combine de nombreux atouts ; les solutions de l’industriel s’appuient sur la force du groupe pour proposer des blocs-portes complets, fonctionnels et prêts-à-poser © Assa Abloy

 

Dans le tertiaire, Assa Abloy excelle en proposant une large gamme de portes, de blocs-portes complets ou encore de portes blindées avec différentes performances pour des environnements qui recherchent un niveau haut de sécurité. Si les bâtiments de bureaux sont de plus en plus équipés de dispositifs coupefeu, le traitement de l’acoustique est aussi une exigence de plus en plus recherchée. Et qui s’est amplifiée ces dernières années avec le développement des espaces de coworking et la nécessité afférente de compartimenter les atmosphères et les individus.

 

« Aujourd’hui, le client ne cherche plus seulement une porte qui s’ouvre et qui se ferme, mais un produit tout-en-un qui cumule sur une même issue la sécurité, la flexibilité, la robustesse ou encore le design », précise Mélanie Dubus, en charge du marketing et du développement pour le département contrôle d’accès des marques Abloy et Assa Abloy. « Le bloc-porte n’est donc plus une simple porte mais un vrai système, avec notamment des fonctionnalités de plus en plus développées sur la partie serrurerie. La protection feu, la sécurité et le contrôle d’accès sont les axes de développement les plus en pointe chez nous, au même titre que l’acoustique qui est en demande croissante, y compris sur le segment des portes intermédiaires ».

 

Bénéficiant d’une force de frappe industrielle conséquente – Abloy table en 2021 sur un CA de 30 M€ après un montant prévisionnel de 23 M€ pour 2020. Les solutions de l’industriel s’appuient sur les différentes entités du groupe pour fournir des blocs-portes complets fonctionnels et prêts-à-poser. La tendance recherchée par les architectes de profilés aluminium toujours plus épurés exige dès lors de repenser la serrurerie, avec par exemple la création de cassettes pour faciliter l’intégration des éléments de verrouillage et de contrôle d’accès pour les rendre invisibles. La gamme Secudoor lancée il y a deux ans, si elle a été imaginée pour combiner anti-effraction et feu pour équiper notamment des issues de secours, ne devait pas pour autant laisser de côté la dimension protection acoustique. Un mariage pas toujours aisé techniquement. Il a donc fallu capitaliser sur les qualités techniques intrinsèques des portes et travailler sur la difficulté de la résonance en protégeant l’ensemble des parties soumises au passage de l’air, à savoir classiquement le seuil et les joints entre la porte et le bâti de manière à rendre l’ensemble le plus hermétique possible.

 

Si historiquement, le fabricant a débuté par du bloc-porte en bois massif, la demande s’est peu à peu estompée jusqu’à le pousser vers des produits à âme pleine lisse en bois médium sur lesquels était appliquée une couleur. Mais en assumant l’aspect faux bois. Depuis quelques années, le virage se fait à 189 degrés avec une recherche constante de blocsportes avec des mélaminés aspect bois, des décors bois ou encore des plaquages bois.


Dans cette optique, GIMM Menuiseries vient de lancer en mars dernier deux nouveaux modèles baptisés Faro et Chari et qui sont l’acmé de cette tendance esprit bois : ils consistent en du mélaminé structuré qui reprend la structure même du chêne. Pensé pour du neuf comme pour de la rénovation, Chari montre un décor veiné, avec un vantail revêtu d’un décor structuré chêne singulier à fil horizontal. Ce décor sera dans un premier temps uniquement disponible sur ce bloc-porte, avec une huisserie de fin de chantier en MDF enrobée d’un décor lisse coordonné à la finition du vantail pour une épaisseur de cloison de 70 mm à 100 mm. Quant au modèle Faro, au décor chêne naturel, il reprend les caractéristiques de Chari mais se distingue toutefois par neuf rainures horizontales débouchant sur les deux faces pour apporter du relief au bloc-porte, et disponible en porte seule à rive droite pour système coulissant.

 

Différence notoire toutefois : le modèle Faro est à recouvrement avec un serrage visible relativement standard, tandis que Chari est un modèle sans recouvrement avec serrage invisible quipermet de faire disparaître entièrement les fiches côté tirant de la porte. Le plus : il possède également une serrure magnétique, ce qui l’inscrit indéniablement dans un créneau plus haut de gamme que le modèle Faro qui n’est équipé que d’une serrure à clef de base. L’industriel poussera même plus loin l’imitation en lançant d’ici la fin de l’année un troisième modèle recouvert d’un vrai plaquage chêne, et qui viendra se mettre en oeuvre sur deux lames alvéolaires ou deux lames pleines.

 

Décidément extrêmement dynamique sur le chapitre de l’innovation, GIMM Menuiseries travaille aussi sur des blocs-portes grande hauteur qui seront mis sur le marché courant 2021 et qui feront grimper les hauteurs du classique 2,04 m au très contemporain 2,20 m, en phase avec le souhait de faire entrer plus de lumière dans l’habitat individuel. Produit qui ne se cache plus, qui se sublime et qui s’assume, le bloc-porte n’en demeure pas moins et avant tout un équipement technique à la recherche constante de performances améliorées, notamment en matière d’acoustique. Un savant dosage que l’on retrouve chez l’industriel Malerba. Également confronté à la nécessité de fournir une quincaillerie qui sait se rendre invisible, il a su notamment sur sa  gamme feu, faire oublier les ferme-portes, les pommelles et autres charnières.

 

Malerba appréhende les problématiques du secteur hospitalier depuis de nombreuses années et propose l’intégralité d’une gamme de blocs-portes techniques afférente à l’ensemble de la demande de ce secteur © Malerba

 

Le bloc-porte 2.0 se généralise


Pour ce qui concerne son offre de blocs-portes techniques, son produit en bois haut de gamme Gigablinde lancé il y a trois ans pour le secteur de l'hôtellerie a trouvé un autre débouché dans le secteur du logement en surfant sur la demande de confort acoustique et en y adjoignant du renforcement anti-effraction. Sur sa gamme de portes acoustiques, Malerba possède ainsi désormais un large éventail de solutions allant de 28 dB d’affaiblissement acoustique à 46 dB, pour une épaisseur de 62 mm d’épaisseur contre 40 mm pour une porte standard. Un produit de facto destiné à du résidentiel haut de gamme, notamment dans des zones urbaines où la contrainte sonore est forte.

 

Mais si le bloc-porte s’est refait une beauté et s’il est une barrière de plus en plus sollicitée pour la protection acoustique, il est aussi rigoureusement en phase avec son temps et avec le tsunami que représentent les objets connectés. Tous les industriels se penchent ainsi sur le dossier de la porte intelligente qui doit désormais ne plus répondre seulement au doigt et à l’oeil, mais aussi à la révolution numérique, désormais passage obligé pour tout produit qui se respecte.

 

C’est le cas notamment chez Hörmann, dont la filiale française est principalement orientée vers les secteurs de l’industrie et de la logistique, et qui de ce fait, aborde le marché des blocs-portes sous l’angle d’une gamme complémentaire tournée vers le haut de gamme. Pour tous ses blocsportes récemment diffusés sur le marché et notamment le bloc-porte D65, l’industriel a intégré un dispositif d’ouverture et de fermeture automatique, avec notamment la possibilité d’intégrer des boutons sans contact. Autre nouveauté lancée début 2021 : une serrure qui assure l’ouverture de la porte selon trois modes d’accès différents via digicode, empreinte digitale ou carte à puce.

 

Dans son bloc-porte D65, Hörmann a intégré un dispositif d’ouverture et de fermeture automatique. Autre nouveauté dévoilée début 2021 : une serrure qui assure l’ouverture de la porte selon trois modes d’accès différents (digicode, empreinte digitale ou carte à puce) © Hörmann
 

 

Chez Novoferm Lutermax, le spécialiste de la porte industrielle coupe-feu et de la porte de garage, l’activité bat son plein depuis le début de l’année sur tous les secteurs d’activité, hormis sur les portes de tunnels où les projets sont pour l’heure davantage calés sur le second semestre 2021. Si la gamme portes de secours reste pour l’heure cantonnée à un seul produit de protection au feu 4 H, c’est bien la domotique qui est en train de faire bouger les lignes.

 

Novoferm Lutermax travaille en effet actuellement à l’adaptation d’automatismes traditionnels sur des portes qui pèsent plusieurs centaines de kilos et dont les ingénieurs du fabricant cherchent à fluidifier le fonctionnement. Une gageure pour un produit technique qui subit des surpressions en cas d’incendie et dont l’aide à l’ouverture est envisagée notamment pour faciliter l’évacuation des personnes à mobilité réduite. « Nous travaillons main dans la main avec l’entreprise Door Systèmes pour concevoir des solutions qui sont une vraie révolution dans le secteur des portes de secours », explique Philippe Giorgi, directeur commercial chez Novoferm Lutermax. « Cette entrée dans le monde de la porte intelligente est un vrai défi, car il faut imaginer de nombreux renforts par rapport à un produit classique pour actionner des éléments sur une porte de 2 x 1 m et qui peut peser jusqu’à 500 kilos ».

 

Les ingénieurs de Novoferm Lutermax travaillent à la fluidification fonctionnelle sur des portes de secours pour faciliter l’évacuation des personnes à mobilité réduite notamment ; un véritable défi pour un tel produit technique © Novoferm Lutermax

 

 

Visualisation en temps réel du taux d’occupation d’un bâtiment

 

Dormakaba a développé une expertise permettant de visualiser le taux d’occupation d’un bâtiment © Dormakaba

 


Dormakaba, le spécialiste des solutions de contrôle et de sécurisation des accès pour les bâtiments, a développé depuis une dizaine d’années des solutions sans contact pour l’ouverture des portes. Dans le contexte sanitaire actuel, cette expertise constitue une véritable aubaine pour la société suisse qui vient de dévoiler en février dernier une solution qui permet de visualiser en temps réel le taux d’occupation d’un bâtiment en établissant un comptage précis des personnes présentes. Le dispositif Entrivo Occupancy Insights est constitué de capteurs autonomes qui sont positionnés en partie haute de chaque accès d’un bâtiment et qui détectent en temps réel les entrées et sorties.


Récoltées dans les cartes SIM des capteurs, ces données sont ensuite exportées directement dans le cloud afin de définir des jauges d’occupation des zones couvertes sous la forme d’un zonage, soit au niveau du bâtiment en son entier, soit d’une salle préalablement définie. Le décompte est ensuite visualisable sur une plateforme ou tout autre support de type Smartphone via une application sécurisée. En cas de saturation de la capacité maximale d’un espace, des alertes sous forme de mail ou de SMS sont envoyées au responsable de la sécurité ou à l’exploitant. Une visualisation vert/rouge à l’entrée d’un bâtiment ou d’un espace de travail informe les personnes de l’état d’occupation afin de libérer ou non l’accès.

 

Dans un contexte accru de protection des données personnelles via le RGPD, Dormakaba l’assure : sa solution est uniquement basée sur un dispositif laser capable d’établir un comptage à partir de silhouettes, et ce, sans identifier précisément les personnes. « L’innovation dans cette technologie repose sur le fonctionnement en cloud qui permet un visionnage rapide des résultats », note Aurore Christolomme, chef de produit chez Dormakaba. « Le second avantage est de disposer de capteurs reliés à une source de courant 24 Volts ou 220 Volts qui ne sont pas câblés entre eux. Cette flexibilité de la mise en oeuvre permet le contrôle de larges zones avec un espacement des portes. D’autant que tout est programmable et modifiable dans la plateforme, y compris le nombre maximum de personnes autorisées ».

 

Assa Abloy s’est aussi lancé dans l’aventure de la porte connectée en travaillant en partenariat avec des fabricants de contrôle d’accès, notamment sur des solutions de verrouillage. L’industriel propose ainsi du contrôle d’accès sans fil avec badge intégré dans une poignée de porte avec lecteur. Une solution de clé électronique sur des cylindres qui visuellement ressemblent à s’y méprendre à des cylindres mécaniques mais qui garantissent le filtrage électronique des occupants d’un bâtiment. Assa Abloy compte notamment beaucoup sur le développement du contrôle d’accès basé sur les systèmes dits SAS et qui s’appuient sur l'hébergement cloud des données afin d’assurer une plus grande flexibilité et une meilleure gestion de la porte.

 

De l’automatisation en temps de Covid


Une avancée qui reste pour l’heure relativement timide en France, pays encore rétif à ce que les données des individus soient hébergées ailleurs que dans le propre bâtiment, mais qui sous l’effet du développement des espaces de coworking sur fond de pandémie, devrait se confirmer dans les années à venir. « En matière de contrôle d’accès, il faut désormais raisonner non plus porte par porte, mais sur le bâtiment dans son ensemble en définissant clairement le niveau de sécurité attendu », précise Mélanie Dubus, en charge du marketing et du développement pour le département contrôle d’accès des marques Abloy et Assa Abloy. « Nous proposons donc des solutions complètes et non pas morcelées espace par espace, en sécurisant tous les accès comme des trappes qui sont aussi des points d’entrée dans le bâtiment. La population très diverse qui circule notamment dans des espaces de travail partagé pousse aussi à un contrôle d’accès flexible en fonction des flux de personnes et des besoins de chacun, notamment en matière de gestion des problématiques d’acoustique ».

 

Decayeux lui aussi s’intéresse de très près au sujet de la porte connectée puisqu’il a récemment mis en place son Falaise Access qui se résume à une serrure électronique pilotable à distance. Si ce dispositif reste pour l’heure uniquement disponible via une télécommande, il sera à terme actionnable via une application sur un Smartphone. Conçu pour les portes pavillonnaires haut de gamme, principalement dans le neuf, il est promis à des évolutions qui pourraient dans le futur irradier sur des gammes plus standards.

 

Chez Malerba par contre, la motorisation des blocs-portes fait partie d’une réflexion engagée depuis de nombreuses années, bien en amont des débuts de la crise sanitaire actuelle, pour répondre aux contraintes d’exploitation de certains bâtiments et notamment des hôpitaux ou des ERP, où le radar de détection était devenu un standard pour garantir la longévité de systèmes de fermeture fortement soumis aux chocs. Mais désormais, le confort d’utilisation est passé à une autre dimension : éviter de manoeuvrer la porte, c’est garantir la santé des occupants d’un bâtiment à flux de personnes important. « La motorisation des blocs-portes était une demande peu fréquente qui est devenue quasi quotidienne depuis le début de l’année 2021 », précise David Palmero, directeur commercial de Malerba.

 

« La pandémie de Covid a donc accéléré le développement de gammes auparavant considérées comme des prototypes, avec notamment des produits en simple ou en double action, avec différentes performances d’automatisation. L’objectif est d’éviter que le bloc-porte, en le touchant, ne devienne un élément propagateur éventuel du virus. A terme, nous souhaitons pouvoir appliquer ces solutions sur un maximum de produits de nos gammes, en travaillant notamment sur la motorisation de portes reliées à la détection incendie. Il nous faut encore maîtriser le pilotage des organes de contrôle afin de pouvoir dans les mois à venir démocratiser le principe de la porte intelligente, notamment dans un contexte de conformité à la certification NF ».

 

La systématisation de l’automatisation des blocs-portes est donc devenu un sujet primordial chez Malerba qui a lancé courant 2020 une gamme complète de blocs-portes D.A.S. motorisés permettant de gérer l’ouverture et la fermeture des vantaux automatiquement. Ils s’ouvrent lors de la détection d’un mouvement ou d’une validation de passage par badge ou code, puis se referment après une temporisation. Ils facilitent ainsi le franchissement de la porte sans effort, tout en protégeant le bloc-porte contre les coups.

 

 

© Boschat Laveix

 

La division Portes de Boschat Laveix livre une offre très large de portes métalliques pleines ou vitrées, multi-usages… et connaît un développement exponentiel face à un marché en forte demande.

 

(A droite) Yannick Janvier, qui dirige la division Portes de Boschat Laveix, garantit un très haut niveau de service avec ses équipes du bureau d’études, de la réalisation des plans, jusqu’au prototype et dépôt de brevets, pour offrir toutes les chances à ses clients partenaires de remporter les appels d'offres, comme ici, avec Benoit Bourgeois, gérant de la société CT3M à la réception de portes métalliques coupe-feu pour le chantier du gymnase de Naveil (41)

 

 

 

S.V.
Photo d'ouverture : © Malerba
Source : verre-menuiserie.com

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