GLASTON BANNIERE SEPTEMBRE - SITE

Automatisation et IoT dans les ateliers, le saut vers l’inconnu ?

Voilap-Connect

Pilotage en temps réel, optimisation des chutes de production, maintenance prédictive, l’IA pourrait bien révolutionner l’automatisation des ateliers, ...



... mais à date les projets restent encore timides car ils nécessitent au préalable de construire de solides bases de données.

 

Prometteuse, l’automatisation des ateliers fait couler beaucoup d’encre, et dans le secteur du verre et de la menuiserie, elle ne fait plus seulement figure de sujet prospectif. Elle est entrée dans les entreprises pour intervenir dans la préparation de production, l’optimisation des consommations de matière, le contrôle qualité ou encore la maintenance des machines. L’industrie a supprimé les ruptures d’information en s’équipant de logiciels ERP. Aujourd’hui, une commande saisie dans un ERP ou dans un configurateur alimente le logiciel de préparation, génère les programmes d’usinage, optimise le débit, produit les étiquettes et transmet les informations aux différentes machines. Les outils IoT communiquent, générant des données qui permettent de piloter la production et d’identifier les éventuels problèmes. Un monde idéal ? Pas encore ! Le niveau d’équipement reste fort hétérogène suivant la taille des entreprises, leur organisation et spécificités. Et l’intelligence artificielle n’a pas livré ses apports, d’ailleurs elle reste peu déployée faute d’outils convaincants. Sans compter que son adoption depend à la fois des stratégies d’investissement et surtout des bases de données disponibles, nécessaires à son alimentation. Sollicités en nombre, la plupart des acteurs du marché ont d’ailleurs refusé d’aborder la question en interview. 

 

En off, il semble que quelques projets soient lancés. Car les promesses de l’IA sont nombreuses. Elle pourrait contribuer à l’optimisation de la production grâce notamment à la réduction des chutes, rendre la maintenance prédictive plus efficiente en déclenchant des alertes lorsque les algorithmes repèreront les signes précédant une panne, enfin améliorer le contrôle qualité par vision en reconnaissant les défauts. De quoi rendre les ateliers intelligents ! Ces derniers n’émergeront véritablement que lorsque les bases de données seront à un niveau exploitable par l’IA, et que les solutions auront prouvées leur ROI.

 


3 questions à

© Menuiserie Avenir

Audrey Sero, déléguée générale de Menuiserie Avenir

 

Comment abordez-vous la “révolution” IA ?

En 2025, nous avons réuni les directeurs industriels de nos entreprises adhérentes à deux reprises afin de les accompagner dans la compréhension de l’IA et envisager les solutions applicables à notre secteur d’activité. Lors d’une première réunion d’information, nous avons invité le Laboratoire Clarté — centre de ressource technologique — afin d’aborder plusieurs sujets. Dans un second temps, nous avons organisé la visite d’une entreprise — Alfi Technologies — pour échanger sur l’IA intégrée à tous les process industriels, de l’ERP à la logistique.

Le collectif propose des pistes de réflexion, chaque adhérent est libre d’adapter sa stratégie et d’investir…

 

Quels étaient les thèmes à l’ordre du jour de votre première réunion dédiée à l’IA ?

Trois sujets : un, la vision assistée par ordinateur qui permet d’interpréter et de comprendre les champs visuels grâce à l’apprentissage automatique afin de détecter les défauts, trier les pièces et contrôler la qualité. L’entraînement de la machine nécessite un gros travail de collecte de données.

Deux, la robotique : les usines sont déjà équipées d’assistance robotique, mais avec une IA intégrée, ces robots deviennent capables d’exécuter des tâches en autonomie ou semi-autonomie. Par exemple, pour atteindre des pièces difficilement accessibles à la main humaine à l’intérieur d’un produit.

Trois, les données : l’IA devrait permettre d’améliorer les gains de productivité, d’optimiser les processus et d’introduire la maintenance prédictive.

 

Quelles questions se posent vos adhérents et où en sont-ils aujourd’hui ?

Nos adhérents s’interrogent sur la manière d’engager un plan IA, sur les investissements nécessaires et le calcul du ROI, sur le déploiement du projet en interne, etc.

Certains se sont engagés dans cette voie, notamment pour optimiser les chutes de production.


 

La donnée, au centre des projets

 

« Nos clients grands comptes cherchent à utiliser l’IA, certains chargent des petites équipes informatiques d’étudier de potentielles applications », déclare Benoît Jeanneau, responsable grands comptes chez Dubus (Groupe FOM), fabricant de machines d’usinage dédiées aux gros faiseurs ; « s’ils parviennent à modéliser leur ligne de production et à faire des simulations avec l’IA, ils pourront gagner en productivité, mais pour l’instant il s’agit de prospective, les bases de données ne sont pas prêtes ». Les attentes en matière de maintenance prédictive sont réelles. « Nos clients nous demandent de mettre à leur disposition un maximum de données sur des températures moteur, des intensités, des niveaux d’utilisation, sur un certain nombre de composants qu’ils jugent sensibles. Nous avons commencé à collecter les informations et nous devrions pouvoir les livrer via une base de données exploitable par nos clients prochainement », poursuit-il. Un travail de longue haleine sur des données qui ont vocation à alimenter les outils IA déployés par les entreprises clientes. « Il faudra par la suite déterminer les états d’utilisation d’un certain nombre de composants présents sur la machine, établir un historique des défauts qui apparaissent pour enfin corréler ces deux informations », précise-t-il. L’IA se nourrit de redondance, ce qui complexifie l’exercice.

 


Atlantem, un temps d’avance

 

© Atlantem - Atlantem a déployé l’outil Reeverse Systems

 

Atlantem a communiqué dès 2025 sur l’intégration de Reeverse  Systems, un outil IA dédié à la caractérisation des matériaux et à l’optimisation des chutes de production. L’objectif étant notamment de mieux planifier l’utilisation des matières et de transformer les pertes en ressources. L’IA analyse les caractéristiques des pièces, les dimensions, les défauts et les contraintes de fabrication pour déterminer les meilleurs plans de découpe et réduire les chutes. Atlantem indique qu’il est encore trop tôt pour communiquer son retour d’expérience. Globalement, « l’IA nous permet de nous concentrer sur nos vraies compétences et expertises techniques », estime Francky Durand, directeur qualité d’Atlantem, « les tâches à valeur ajoutée restent entre les mains des humains, mais les tâches répétitives sont automatisées via des robots aidés par l’IA ». Des applications comme les tests caméra pour vérifier la qualité d’un produit peuvent également être confiées à l’IA. « Les résultats des premiers tests se sont avérés décevants car la caméra choisie n’était pas assez précise, mais les seconds nous ont donné satisfaction, l’outil est capable de détecter des défauts de peinture par exemple, que l’œil humain ne voit pas ». La caméra ne baisse pas sa vigilance en fin de journée… Autre exemple, Atlantem a mis en place un nouvel outil de simplification des notices. « Les notices sont parfois difficile à comprendre, nous avons développé un outil IA afin de les simplifier, c’est hyper efficace », se félicite encore Francky Durand


 

Depuis plusieurs années, FOM, spécialiste de la découpe aluminium et PVC, commercialise sous licence des services de maintenance intelligente. « La plateforme IoT Lola permet de surveiller et d’optimiser le fonctionnement des machines, de recevoir des alertes sur les opérations d’entretien par exemple, ou le remplacement de pièces… Elle s’enrichit régulièrement de nouvelles fonctionnalités, mais n’intègre pas d’IA », rappelle Gilles Le Bagousse, directeur commercial de Fom France.

 

Yvon Wirz, président du Groupe Voilàp France, dresse un constat similaire : « il n’y a pas d’IA aujourd’hui dans les outils de dépannage ». Des tests sont réalisés, l’IA pioche des informations dans les notices, mais guère plus. « La plateforme Voilàp Connect (logiciels IoT), outil désormais commun à Emmegi et à elumatec, permet aux opérateurs et aux responsables de production de surveiller leurs machines, la consommation d’énergie et l’état de la production en temps réel », explique-t-il. Le tableau de bord de Connect offre un accès sécurisé à l’historique de toutes les données générées par les machines afin d’analyser la productivité, les non-conformités, les alarmes et les temps d’arrêt. « La demande augmente, car ces outils connectés aux ERP ouvrent la voie vers une meilleure gestion et une vue plus pragmatique de la production ; l’affichage est intuitif, moderne, la consultation est disponible sur tous les écrans (tablette, smartphone, ordinateur) », constate-t-il. Mieux, Voilàp Connect n’utilise pas le réseau du client pour se connecter : la machine est équipée d’un canal de connexion LTE autonome, via une carte SIM dédiée, créant un réseau privé, sécurisé et crypté, disponible dans le monde entier. « La sécurité des données n’est ainsi pas exposée aux intrusions informatiques », argumente Yvon Wirz. Un atout majeur.

 


Artefacto rejoint Invelon 

 

© Invelon - Le siège social d’Invelon

 

Avec l’acquisition de la société française Artefacto, figure majeure du secteur XR en France, spécialisée depuis plus de 20 ans dans la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la visualisation 3D, le Groupe Invelon structure sa filiale Invelon France et revendique devenir le plus grand intégrateur de “Spatial Intelligence” en Europe.

Cette opération stratégique apporte à la nouvelle entité française une équipe spécialisée de plus de 10 experts, un portefeuille de clients consolidé et une capacité d’intervention renforcée sur l’un des marchés technologiques les plus exigeants d’Europe, notamment dans l’industrie, l’architecture, la formation, la culture et la communication.

Pour Joan Folguera, fondateur et PDG d’Invelon, « l’intégration de la France apporte des équipes et des clients déjà très bien implantés. Notre expansion répond à la volonté de construire une plateforme européenne de “Spatial Intelligence” dotée d’une réelle capacité d’exécution locale ». De son côté, Valérie Cottereau, General Manager d’Invelon France et fondatrice d’Artefacto, déclare : « Le rapprochement avec Invelon représente une formidable opportunité pour Artefacto, ses équipes et ses clients. Dans un marché de la XR (NDLR, réalité étendue) en pleine structuration, rejoindre un groupe européen à vocation mondiale nous donne les moyens d’accélérer notre développement, d’élargir nos expertises et de porter des projets toujours plus ambitieux, tout en conservant un fort ancrage en France ».

L’émergence d’Invelon France s’accompagne d’une dynamique globale à l’échelle européenne et internationale, avec notamment la création d’une équipe commerciale dédiée en Pologne et le lancement de missions opérationnelles en Roumanie, ouvrant la voie à une présence directe à court et moyen terme. Des équipes spécialisées sont également déployées au Moyen-Orient, en Égypte, en Arabie Saoudite et au Qatar sur des projets majeurs dans les secteurs de l’aviation et du divertissement. Enfin, des négociations sont en cours pour l’intégration d’équipes au Portugal, qui viendront s’ajouter aux implantations déjà existantes en Espagne, en Italie (Bergame), aux États-Unis (Miami) et au Mexique (Querétaro).


 

— Véronique Méot


Photo ouverture © Groupe Voilàp - Voilàp Connect


Source : verre-menuiserie.com

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Articles qui devraient vous intéresser

Newsletter
 
 
NOVASTRUC PAVE SITE SEPTEMBRE 2026
Dernière revue
N° 326 - SEPTEMBRE - OCTOBRE 2026

  magazine  

Produits


Volets Battants