VMA 324
AVRIL - MAI 2026 | V&MA 324 | www.verre-menuiserie.com 44 Actualités | Face-à-face de 20 ans sur tous lesmatériaux, PVC, aluminiumet bois, qui composent nos produits », indique Mathieu Vanderhasten, responsable R&D de la société Pierret, mettant en avant la durabilité de ses solutions. Pour sa part, Jean-Michel Lucas se navre d’une divergence réglementaire : si Deceuninck sait produire une gamme recyclée à 99 % (gamme Phoenix ), celle-ci est commercialisée aux Pays-Bas, mais bloquée en France par le CSTB. L'organisme français impose en e et des contraintes strictes sur l'absence de plomb dans les parois visibles, limitant ainsi l'usage massif de recyclé en face avant des profilés. « Dans Phoenix, les traces de plomb sont inférieures à 0,1 % et les propriétés mécaniques du produit sont identiques à celles du PVC vierge », argumente Jean-Michel Lucas. Une distinction technique est aussi faite entre le PVC recyclé (post-consommation) et le PVC régénéré (chutes de production), ce dernier n'étant pas toujours comptabilisé de la même manière dans les calculs de taux de recyclage o ciels. Nonobstant, la coextrusion nécessite des équipements lourds (doubles machines) et des outillages onéreux (plus de 200 000 € par profilé). « Cela limite cette technologie aux gammes à forts volumes », souligne Mathieu Vanderhasten. Capter les gisements de PVC Deceuninck dispose à Dixmude (Belgique) de l’une des plus grandes usines de recyclage de PVC d'Europe, avec une capacité de 45 000 tonnes par an. En 2023, sa production a atteint environ 28 000 tonnes. « Cette surcapacité est stratégiquement maintenue pour absorber lamontée en puissance dumarché français. L'enjeu actuel réside en e et dans la sécurisation des gisements de PVC à recycler, car il n’y a pas assez de menuiserie PVC en retraitement. Mon travail consiste donc à capter les flux de chutes de production et de dépose qui sont encore parfois pris par des acteurs tiers (démanteleurs ou concurrents) », explique Pascal Dubois, responsable approvision- nement matière recyclée France pour Deceuninck. Face à l'insu sance des déchets PVC internes, Pierret achète également de la matière recyclée agréée en Belgique, en France et en Allemagne pour la réinjecter dans sa fabrication produits. Pascal Dubois estime à environ 40 000 t annuelles le marché français de la menuiserie en fin de vie avec un objectif de captage pour Deceuninck de 10 000 t d'ici à fin 2026. Encore faut-il pouvoir identifier les gisements de PVC à recycler en France – en lien avec les éco-organismes – puis en assurer le rapatriement par camion vers le site de Dixmude. « Notre principal frein est la logistique : transporter des menuiseries entières n'autorise que 3 t par benne, ce qui n'est pas rentable. L'utilisation de broyeurs (pour un investissement estimé entre 500 000 € et 1 M€ par unité) permet de passer à 12 t par transport », note Pascal Dubois. L à en c o r e , l a d i s c i p l i ne d e c ond i t i onnemen t compte pour amortir le coût au kilomètre de la matière transportée. Le rPVC traité à Dixmude repart vers l’usine Deceuninck de Roye (80) qui dessert le marché français. Celle-ci a bénéficié récemment de 2,5 M€ pour s'équiper de coextrudeuses. Du reste, un plan d'investissement de 14 M€ est projeté sur le site de Roye d'ici à 2030 pour accompagner la généralisation du recyclé chez Deceuninck, poussée par les exigences de la RE 2020. Oser innover hors des sentiers battus Basé à Sens (89), le Groupe Isosta (100 collaborateurs réalisant 30 M€ de CA) travaille à l’intégration de matériaux recyclés dans ses gammes de produits existantes. L’entreprise a récemment référencé dans son Avis Technique Panneaux de façade un nouvel isolant en PET recyclé, ainsi que des parements en aluminium et glace émaillée décarbonés. ©Deceuninck Chez Deceuninck, maximiser la récupération des anciennes menuiseries pour produire du PVC recyclé permet de réduire les coûts des matières premières ©Deceuninck Deceuninck a investi 2,5 M€ sur son site de Roye (80) pour le doter de coextrudeuses lui permettant de réaliser des profilés PVC combinant matière recyclée (à l’intérieur) et matière vierge (à l’extérieur) ©Groupe Isosta En 2022, Isosta lançait REPAN , un service qui sépare les composants des panneaux sandwich pour en permettre le recyclage. Capable de traiter jusqu’à 500 tonnes par an, il valorise 90 % de la matière reçue ; poncé, nettoyé, puis remis en forme, ce matériau entre aujourd’hui dans une phase de reconnaissance officielle avec une procédure de certification ACERMI en cours
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