VMA 325
JUIN - JUILLET 2026 | V&MA 325 | www.verre-menuiserie.com 60 Technique | Point sur... La question de la souveraineté est également loin d’être anodine. Acteur français, Somfy assure stocker les données en Europe. « Nous sous-traitons l’hébergement des données auprès de spécialistes, garants de la sécurité », glisse Grégory Thomasset. La cybersécurité et la protection des données préoccupent. « Nous nous e orçons au maximum de stocker les données localement et nous concevons des produits di ciles à pirater », déclare Pascal Portelli. Enfin, au niveau de l’interopérabilité, les avancées sont réelles, mais insu santes. « Les acteurs ont prouvé leur bonne volonté, mais chaque marque décide seule », relève Francis Chommaux. « Somfy a rejoint le protocole Matter, mais il s’agit encore d’une promesse, nous œuvrons pour qu’il devienne un standard du marché, cela prend du temps… », explique Grégory Thomasset. Somfy a également noué des partenariats en 2018 afin de rendre ses solutions interopérables avec les produits de grands acteurs comme le Groupe Atlantic, Velux, Legrand, Schneider, Netnamo, etc. Chez Delta Dore, Pascal Portelli reconnaît qu’il s’agit « d’un sujet évoqué par les promoteurs plus que par les particuliers, mais nous travaillons avec l’associationMatter pour développer son adoption ». (suite p. 63) Quels freins à l’adoption des solutions de smart home identifiez-vous ? Les freins s'inscrivent dans une combinaison de facteurs économiques, culturels et d'accompagnement. Même s'il tend à diminuer, le prix des équipements, abonnement éventuel, installation, remplacement d'appareils encore fonctionnels restent perçus comme un investissement de confort non prioritaire, dans un contexte de tension sur le pouvoir d'achat. À cela, s'ajoute un déficit d'accompagnement : le rôle des prescripteurs (promoteurs, bailleurs, installateurs) est encore inégalement structuré. Les offres sont perçues comme fragmentées, difficilement comparables : multitude d'acteurs, multiplication des applications, des standards, des comptes utilisateurs avec des protocoles et passerelles très techniques. Les particuliers craignent de ne pas savoir installer, de ne pas savoir faire évoluer. Ils s'inquiètent de la dépendance à l'égard des services cloud, de l'abandon éventuel d'une application, de l'utilisation d'un écosystème propriétaire ou de devoir à nouveau acheter un produit dans quelques années, car la solution ne sera plus compatible ou ne sera plus prise en charge. La lisibilité de l'offre demeure insuffisante. Des protocoles différents, des box, des hubs, des applications qui ne se parlent pas, tout cela crée un sentiment de risque… la crainte de la cybersécurité et du piratage reste forte. L'idée d'un domicile truffé de capteurs interroge sur la vie privée. Pourriez-vous dresser un état des lieux de l’interopérabilité ? Nous observons une convergence progressive autour de standards ouverts, avec des initiatives commeMatter, porté par la Connectivity Standards Alliance, qui marquent la volonté des industriels de dépasser les logiques propriétaires. Depuis 2024, Matter commence à s'imposer comme un des futurs standards de la maison connectée, avec une promesse claire : permettre à des appareils de marques différentes de communiquer demanière homogène sur une base ouverte. Mais l'interopérabilité réelle va au-delà de la seule couche protocolaire. Elle est aussi sémantique : savoir qu'une "température de consigne" ou un "mode absence" ont le même sens entre deux systèmes. Elle concerne l'orchestration, c'est-à-dire la capacité à créer des scénarios cohérents mêlant plusieurs équipements sans développement spécifique. Par ailleurs, l'interopérabilité doit être pensée à l'échelle du bâtiment, voire du quartier, ce qui inclut les interactions avec les systèmes énergétiques, les infrastructures collectives et, demain, les réseaux intelligents. Elle devient alors stratégique : la sobriété énergétique et la décarbonation vont exiger des bâtiments plus réactifs, capables d'ajuster leurs consommations en fonction du réseau, et cela ne sera possible qu'avec des architectures ouvertes, durables et gouvernées. La gouvernance est très importante : les standards ouverts doivent s'inscrire dans des cadres de confiance, en particulier en France et en Europe, où les enjeux de souveraineté numérique et de protection des données sont centraux. Comment faire émerger une maison prédictive de confiance ? Si l'on veut massifier les usages, garantir l'inter- opérabilité et faire émerger une maison prédictive de confiance, il faut des infrastructures et des cadres communs. C'est exactement un des enjeux de la SBA : faire du bâtiment résidentiel connecté une véritable infrastructure numérique, une plateforme de services pour les usagers et les exploitants avec des cadres comme R2S Résidentiel au cœur de cette transformation. Michel Roqueplan , coprésident de la commission bâtiment résidentiel connecté et de la commission IA de la SBA ©SBA questions à 3 La protection solaireWarema se commande en option avec une cellule solaire intégrée, un accumulateur et une télécommande radio programmée – sans nécessiter de raccordement au secteur, ni traversée de mur, ni pose de câbles fastidieuse ©Warema
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