VMA 325

JUIN - JUILLET 2026 | V&MA 325 | www.verre-menuiserie.com 34 Actualités | Point de vue Multiplier les chantiers exemplaires C’est en ce sens que les chantiers exemplaires jouent leur rôle de locomotive en démontrant le bien-fondé de la démarche bas carbone. Chez Wicona, aujourd’hui 95 % des matériaux des nouvelles gammes sont recyclables, alors que 75 % de matériaux sont recyclés. « En travaillant sur des solutions durables, nous valorisons le bâtiment, tout en le rentabilisant. Nous avons pu le vérifier auprès de plusieurs investisseurs. C’est souvent ce qui fait pencher la balance », note Marion Villard. Rappelons que la façade représente environ 15 % de l’empreinte carbone d’un bâtiment et en utilisant des vitrages bas carbone, celle-ci baisse de 50 %. « Le secret, c’est vraiment de réfléchir ensemble », relève Marion Villard. « Nous avons pu voir sur les chantiers exemplaires que la foncière, le BET, le client et l’industriel doivent être engagés dans une démarche commune dès en amont. C’est une fierté collective pour chaque acteur, une aventure humaine qui permet de grandir ensemble et d’en tirer les bénéfices conjointement ». L’enjeu étant maintenant que les promoteurs deviennent davantage prescripteurs. « Parallèlement, nous travaillons beaucoup sur les solutions de démontabilité sans dégradation de la performance », ajoute Marion Villard. « Il faut travailler dans le sens de la durabilité, de la facilité du SAV. Nous avons ainsi mis un QR Code dans nos châssis. Véritable fiche d’identité de la menuiserie qui va permettre avec un scan d’accéder à toutes les infos pour simplifier la maintenance ». Des freins demeurent Maxime Virot identifie encore plusieurs freins, à commencer par la disponibilité de la matière 100 % recyclée, alors que certaines filières restent à structurer, notamment pour les pièces de fonderie ou les joints EPDM. « Il faut réussir à rester en boucle fermée dans l’univers de la menuiserie et continuer à aller de l’avant », souligne-t-il. De son côté, Aymeric Reinert, directeur général de Profils Systèmes, rappelle que l’enjeu est d’augmenter la part de recyclé dans les produits, cela suppose disposer de volumes su sants issus des déposes. Il insiste également sur la nécessité de trouver le bon équilibre entre baisse de l’empreinte carbone et compétitivité économique. Même constat chez Claude Lickel, qui observe que la méfiance envers la matière recyclée a reculé, mais que son coût et sa disponibilité restent des obstacles majeurs. Le faible nombre de fenêtres PVC démontées ne permet pas encore de couvrir les besoins, même si la situation devrait progressivement s’améliorer dans les prochaines années. Accélérer la réparabilité Quant au futur de la fenêtre, il est fort à parier sur châssis qui ne se remplace pas, mais se démonte et se répare. Avec pourquoi pas un dormant qui reste en place et un vitrage qui évolue. Pour Thomas Selin, « la fenêtre doit être évolutive ». De son côté, Claude Lickel ajoute quelques pistes : « Au niveau du Groupe Kömmerling, des avancées spectaculaires ont été faites avec une fenêtre à base de 100 % recyclés, mais qui n’est pas commercialisée en France pour l’instant. Nous avons de plus, remplacé une partie du PVC par des matériaux renouvelables comme l’huile de Tall permettant d’avoir des profilés qui minimisent le recours aux ressources fossiles au profit d’un biosourcé, pour l’instant, distribué aux Pays-Bas. Autre innovation mondiale développée par le Groupe, le Kömmerling Print Flow, cordon d’impression 3D en PVC qui permet grâce à un filament, de reconstituer du PVC qui devient alors réparable. Ceci sera commercialisé en France en fin d’année ». F.G. Les ateliers Dewerpe sont sensibilisés au bas carbone Kaled Belage , fondateur des ateliers Dewerpe avoue « être très sensibilisé au bas carbone. C’est une continuité et cela implique de travailler avec des produits naturels et de synthèse sans matière dangereuse. Nous ne sommes qu’au début de l’histoire, il y a une vraie prise de conscience et la réglementation est un accélérateur de celle-ci ». Les ateliers Dewerpe s’engagent notamment dans la maintenance des façades avec sa marque Djyms.« Nous avons mis en place un procédé nommé Rainuglass qui permet de restaurer la couche technique du verre sans l’altérer. Ils sont ainsi restaurés à l’image de leur état en sortie d’usine. Nous sommes de plus en plus interrogés sur le réemploi des façades », note Kaled Belage. Le constat est fait d’une prise de conscience des maîtres d’ouvrage et des maîtres d’œuvre. « Il y a une volonté de la maîtrise d’ouvrage de valoriser ses actifs. Un immeuble se valorise par les labels qu’il obtient. Depuis 10 ans, la sensibilisation à ces problématiques s’est généralisée chez les maîtres d’ouvrage », constate Kaled Belage, lequel souhaitant la reconnaissance des ateliers Dewerpe « comme une entreprise qui a compris l’intérêt du recyclage, du bas carbone et du réemploi ». Pour Loci Anima, le bâtiment est un être vivant « Le calcul du bas carbone ajoute des contraintes à l’acte de construire, mais va dans le bon sens pour concevoir des bâtiments plus résilients face au climat », se félicite Jonathan Thornhill , architecte associé chez Loci Anima.« La menuiserie bas carbone est un sujet qui nous tient à cœur. Nous menons en France et en Europe des projets intégrant notamment de l’aluminium et du bois recyclés ». Il cite la Tour Keiko, un IGH de 50 m à Issy-les-Moulineaux (92), doté d’une façade sérigraphiée favorisant la protection solaire et réalisée en menuiserie aluminium recyclé. Pour Jonathan Thornhill, l’intérêt des bâtiments bioclimatiques ne fait plus aucun doute : « Cette approche est indispensable. Le bon sens ne se limite pas à appliquer la réglementation ; il repose sur une vision globale, environnementale, bioclimatique et bas carbone ». Selon lui, l’enjeu est désormais d’aller vers des bâtiments réellement autonomes en énergie.« La peau extérieure joue un rôlemajeur, et nous développons des systèmes intelligents capables de s’adapter au climat pour optimiser la consommation énergétique tout en intégrant la modularité des éléments ». Chez Loci Anima, conclut-il, « Òcette vision globale repose sur l’idée que les bâtiments sont des êtres vivants auxquels l’architecture donne une âme ». TÉMOIGNAGES

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