VMA 325
JUIN - JUILLET 2026 | V&MA 325 | www.verre-menuiserie.com 32 Actualités | Point de vue L’utilisation de recyclés Pour y parvenir, quatre leviers sont essentiels : l’écoconception, la circularité des approvisionnements, la recyclabilité des matériaux et la traçabilité, notamment via les FDES. L’écoconception consiste à utiliser moins de matière à performance égale et à intégrer du recyclé dès que possible. Le vitrage joue aussi un rôle clé, avec des réductions déjà significatives grâce aux vitrages bas carbone recyclés. Chacun avance toutefois avec ses propres solutions. « Chez Reynaers, l’approche bas carbone repose sur l’aluminium recyclé, un primaire bas carbone et un barrettage 100 % recyclé. Nous optimisons aussi nos gammes pour les rendre durables et réparables », explique Thomas Selin. Cette montée en puissance des matières recyclées exige néanmoins de lourds investissements. « Depuis 2015, nous avons investi 65 M€ en Europe et 20 M€ en France dans la coextrusion, qui permet d’intégrer de la matière recyclée à l’intérieur du profil et de la matière vierge à l’extérieur. Aujourd’hui, 65 % de notre production repose sur ce procédé, avec un objectif de neutralité carbone en 2040 », souligne Maxime Boileau. Même dynamique chez Kömmerling, où Claude Lickel annonce le renouvellement de plus de 50 % du parc industriel grâce à 8,5 M€ d’investissements. Objectif : porter à près de 30 % la part de production intégrant du recyclé d’ici 2026. Investir dans des machines de coextrusion est devenu indispensable pour intégrer du recyclé dans les profilés. Ces machines permettent en effet de réaliser le cœur du profilé en matériau recyclé et l’extérieur, visible en matériau vierge ©Rehau-Window-Solutions_FF2026 Véritable défi des prochaines années, la récupération et le recyclage des menuiseries démontées doit permettre d’augmenter le taux de recyclé dans les produits ©RehauRecyclage « C’est valorisant pour tout le monde » « Les menuiseries ont un impact significatif sur le bilan carbone. Qu’il s’agisse du PVC ou de l’aluminium dans leurs formes les plus standards, le résultat n’est pas satisfaisant. Nous travaillons avec une clientèle variée,notamment des bailleurs sociaux, et nous privilégions les industriels engagés dans une démarche bas carbone. Dans cette logique, aucun matériau n’est à exclure d’emblée : c’est la démarche industrielle qu’il faut évaluer. Nous avons aussi un vrai défi de performance pour aller vers le passif avec des Uw inférieurs à 1 et une bonne étanchéité à l’air. Les promoteurs immobiliers s’y sont sérieusement mis dans le neuf, avec une logique de prix, alors que sur les marchés publics, les subventions peuvent encore faciliter le passage à l’acte. Le bas carbone représente un coût,mais le réemploi constitue aussi une vraie alternative dans laquelle des industriels comme Sepalumic se sont engagés. Il faut toutefois garder à l’esprit que le réemploi n’a pas l’impact principal sur la performance du châssis : c’est le système dans son ensemble qu’il faut considérer. Je crois beaucoup au rôle des industriels sur ce sujet, car ils sont organisés et portent une vision d’avenir. Ils doivent garantir la bonne application de ces démarches. Cela suppose aussi une mise à jour des compétences et des outils. C’est le sens de l’histoire : nous ne reviendrons pas en arrière. Sur les chantiers comme chez les fabricants, cette évolution redonne aussi une raison d’être au travail, ce qui est valorisant pour tous ». JulieMüller , architecte fondatrice de l’agence Ovation POINT DE VUE ©Ovation
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