VMA 324
AVRIL - MAI 2026 | V&MA 324 | www.verre-menuiserie.com 47 Actualités | Face-à-face Recycler l’aluminiumest bon pour la planète : cette opération nécessite seulement 5 % de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium primaire tout en générant 14 fois moins de CO 2 . « Recycler 1 kg d’aluminium économise 4 kg de bauxite », rappelle Ludivine Menez. La Chine domine largement la production de ce métal, suivie par l’Inde, la Russie, le Canada, le Moyen-Orient, l’Australie et la Norvège. Selon Lucille Souyri, le marché de l’aluminium est actuellement à l’équilibre parfait entre o re et demande. Cette parité rend le cours du LME (London Metal Exchange) extrêmement sensible : une perturbation de seulement 9 à 10 % de la production mondiale su t à provoquer des hausses de prix immédiates. Étant donné que le secteur est intrinsèquement lié à l'approvisionnement énergétique (gaz), indispensable au processus d’électrolyse, on comprend bien que l’actuelle situation de crise au Moyen-Orient est explosive à plus d’un titre. La demande mondiale annuelle d’aluminium oscille entre 110 et 115 millions de tonnes. « Le recyclage représente globalement 39 % de cette demande, mais il faut di érencier les sources. L'aluminium issu de la "fin de vie" (post-consommation) ne représente que 10 %de la production totale. Les chutes de production (pré-consommation) constituent le reste du volume recyclé. Pour sa part, Hydro produit environ 450 000 t d'aluminium recyclé par an, soit 2 à 3 %du recyclage mondial des produits en fin de vie », détaille Lucille Souyri. Présentée comme un "bon élève" grâce à ses technologies de tri avancées, l’Europe sou re néanmoins d'un paradoxe : elle exporte plus de déchets d’aluminium (scraps) qu'elle n'en conserve. En 2024, environ 1,26 million de tonnes de chutes ont quitté le territoire européen. Et en même temps, pour éviter que des acteurs économiques évitent sa politique climatique volontariste et encouragent le phénomène des "fuites de carbone", l’Union européenne a imaginé le tatillon Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM en anglais) qui conditionne l’importation de certains produits industriels – dont l’aluminium – au respect d’obligations spécifiques. Concrètement, pour importer de l’aluminium, il faut disposer du statut de déclarant MACF en amont de toute importation de marchandise et pouvoir présenter aux autorités des certificats MACF correspondant aux émissions générées par les produits que l’on prévoit d’importer dans l’année qui suit, la douane se chargeant du contrôle des opérations… Directeur général de l’entreprise montpelliéraine Profils Systèmes, Aymeric Reinert s’inquiète d’une distorsion de concurrence : « Le MACF pénalise l'aluminium par rapport à d'autres matériaux de construction non soumis à ces contraintes réglementaires. Pour notre part, nous privilégions un sourcing européen (Islande, Norvège, France) pour garantir une empreinte carbone basse de notre aluminium. Et nos chutes de production sont systématiquement réintégrées en billettes ». Aymeric Reinert souligne un autre paradoxe : l'aluminium recyclé est aujourd'hui plus onéreux à produire que l'aluminium primaire en raison du coût de rachat de la matière (indexé sur le LME) auquel s’ajoutent les frais complexes de collecte, de tri, de délaquage, de traitement des alliages et de transport. ©Technal-GroupeHydro Technal opère une transition structurante en passant d'une logique de produit recyclé à une logique de boucle fermée pour maintenir la qualité de l’aluminium recyclé dans le secteur de la menuiserie aluminium industrielle ; ici, contrôle des billettes aluminium ©Technal-GroupeHydro Le recyclage de l’aluminium reste un défi industriel pour le Groupe norvégien Hydro : le tri est opéré à Dormagen (Allemagne) et la fusion à Clervaux (Belgique). L'ouverture d'un site en France n'est pas envisagée à court terme, faute de volumes locaux suffisants pour rentabiliser l'investissement ©Technal-GroupeHydro L'usage de l’aluminium ultra-bas carbone Circal 100R de Technal a été déterminant pour l'obtention de points dans le cadre de la certification BREEAM, répondant à la volonté d’écoresponsabilité du maître d’ouvrage du projet tertiaire "La Ruche" à Rennes (35)
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