VMA 324

AVRIL - MAI 2026 | V&MA 324 | www.verre-menuiserie.com 42 Actualités | Face-à-face Une opportunité bien comprise par le Groupe Bouyer Leroux et par Roland Besnard, son PDG, qui a investi 13 M€ dans l’achat d’une chaudière haute technologie à La Séguinière (49), le siège du Groupe, pour valoriser les "bois ultimes". Historiquement tournée vers la création d’éléments en terre cuite pour la construction, Bouyer Leroux emploie 1 954 salariés et maintient un chi re d'a aires stable autour de 500 M€. Le Groupe s’est donné pour mission d'o rir à ses clients des solutions écoperformantes pour un habitat sain et durable. Roland Besnard a adjoint à l’activité d’origine du Groupe une division Fermetures pour l'Habitat qui constitue aujourd’hui son moteur principal, représentant les deux ti ers de l'activité (soit environ 325 M€). « Soprofen et Flo Fermetures a chent des performances résilientes malgré un contexte de marché di cile », révèle Roland Besnard. Cependant, le Groupe rejette la vision uniquement financière pour privilégier une création de valeur au pluriel : humaine, profession- nelle et économique. Le pilotage de cette stratégie s'appuie sur la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), un document audité par un organisme tiers indépendant (OTI) qui permet de suivre de manière transverse les indicateurs sociaux, sociétaux et environnementaux de toutes les entités du Groupe. Aujourd’hui, Bouyer Leroux a che un taux de décarbonation moyen de 55 %, avec des pics à 85-90 % sur certains de ses sites grâce à la substitution des énergies fossiles par la biomasse (écorces, résidus de bois, poussières de céréales)… 17 fois moins de CO 2 généré grâce au PVC recyclé et à la coextrusion Représentant le quart du volume des 8 millions d’anciennes menuiseries récupérées annuellement, le PVC recyclé (ou rPVC) suscite l’intérêt des gammistes et des fabricants. À proportion égale, recourir au rPVC pour créer des profilés nécessite en e et 17 fois moins de CO 2 que le PVC primaire. Ce dernier résulte de la polymérisation du chlorure de vinyle auquel on ajoute des adjuvants pour obtenir les propriétés nécessaires à un usage en profilés de menuiseries (certification QB 33). Les granulés de PVC primaires passent dans une filière chau ée (fourreau) qui produit en continu des profilés rigides pour la fabrication des menuiseries : c’est le procédé d’extrusion. La matière première recyclable (MPR) utilisable dans les profilés en PVC ne peut être issue que d’un produit PVC rigide avec la qualité QB 33 : chutes de fabrication des menuiseries et des profilés de menuiseries en fin de vie. « Par conséquent, lesMPR issues de bouteilles plastique, de goulottes électriques, de PVC souple, de tuyaux… ne sont pas utilisables pour la fabrication des profilés de menuiseries en PVC, et ce, même dans des proportions faibles », rappelle Maelenn Rougié. Pour intégrer du rPVC dans leurs profilés, les fabricants jouent la carte de la coextrusion. « Cette technologie permet d'insérer jusqu'à 60 % de matière recyclée au cœur du profilé, tandis que la couche externe visible reste en PVC 100% vierge. Cette méthode permet de répondre aux exigences du CSTB en France, garantissant la stabilité aux U.V. et l'absence de contaminants en surface », détaille Olivier Mayon, responsable extrusion de la société belge Pierret. Employant entre 580 et 600 salariés pour un CA annuel d'environ 130 M€, Pierret transforme environ 2 500 tonnes de PVC par an et maîtrise son propre processus de broyage et de recyclage interne. Le PVC reste la matière prédominante (plus de 60 %de l’activité) de ce fabricant de fenêtres et de portes – qui cumule respectivement 81 % et 19 % des commandes – suivi par l'aluminium (25 à 30 %) et le bois/mixte. Olivier Mayon note que le PVC gagne des parts de marché en période de tension économique. ©GroupeBouyer Leroux Déjà équipé de machines de coextrusion, le Groupe Bouyer Leroux mène des tests d’intégration de fibres végétales à ses produits pour en améliorer la performance thermique et l'empreinte carbone ; ici, dans l’usine SPPF à Cholet (49) ©GroupeBouyer Leroux La stratégie du Groupe Bouyer Leroux repose sur la réduction des chutes à la source. En produisant des lames et tabliers sur mesure directement en bout de ligne, le gaspillage d’aluminium est minimisé

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc5MjEx