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intermédiaires et de livrer les chantiers en temps et en heure avec les spécificités définies par les clients. Deuxième enjeu : comment peut-on intégrer les contraintes climatiques et les mutations réglementaires qui vont modi- fier profondément la façondont l’on construit ? « De nouvelles normes climatiques vont arriver, avec des objectifs de décarbona- tion, à horizon maximal 2050. Mais la pression réglementaire va s’accentuer progressivement en 2030, 2035 et 2040. Sur la construction, nous avons aussi un énorme enjeu d’économie circulaire et de recyclabilité des déchets. Qu’il s’agisse du neuf ou de la rénova- tion, le bâtiment génère énormé- ment de déchets qu’il va falloir gérer avec efficience. Et pour les aspects réglementaires liés au cli- mat, il va s’agir de gérer au mieux les capacités énergétiques des bâti- ments durant leur durée de vie » , résume Guillaume Mortelier. Troisième enjeu : comment déve- lopper les compétences au sein des entreprises pour répondre à tous les challenges associés à la durabilité, à l’écorespon- sabilité de la construction, au bâtiment connecté, au bâtiment modulable ? Concrètement, Bouygues construit aujourd’hui à Singapour des gratte-ciel modulaires dont les éléments sont préfabriqués en Malaisie. Comment intègre-t-on ce type en profondeur sur deux d’entre eux au cours des 12mois que dure l’accompagnement. La puissance du dispositif tient au fait que l’on associe ce travail au niveau de l’entreprise – en profondeur avec le dirigeant et son comité de direc- tion – avec la dynamique collective qui permet audirigeant d’aller plus loin,d’avoirenviedetravaillersurde nouveaux thèmes… Par exemple, sur les enjeux d’efficience opéra- tionnelle, lorsque des dirigeants se rendent compte qu’une entreprise s’est déjà largement numérisée, ils voient que c’est possible et trouvent plus facilement des solu- tions. C’est comme cela que l’on crée une dynamique collective qui permet d’aller plus loin… » , relève le directeur exécutif en charge de l’Accompagnement chez Bpifrance. Quatre gros enjeux abordés Spécifiquement pour l’Accélé- rateur Construction, quatre enjeux majeurs sont abordés. Le premier concerne l’amé- lioration opérationnelle de l’entreprise et sa mise au diapa- sonde l’industriedu futur (indus- trie 4.0). Il s’agit d’adopter une meilleure maîtrise des coûts, des délais et des process. Et de mettre en place une réflexion sur la meilleure manière de servir ses clients en s’appuyant sur les innovations technologiques. Cela sous-entend traçabilité, capacitéde réduire tous les délais de savoir-faire en France ? Com- ment l’adapte-t-on, notamment à toutes les menuiseries et aux constructions bois ? Comment les acteurs de la construction doivent-ils travailler diffé- remment pour être capables de servir ces nouveaux enjeux de l’industrialisation du bâtiment ? «Et c’est làque l’onvoit tout l’intérêt d’unir dans une même réflexion desarchitectesetdesconstructeurs de matériaux, car ces interlocu- teurs ne se parlent jamais. Le fait de réfléchir ensemble les amène à se positionner chacun sur ce qu’il faut faire. C’est vraiment ce genre de dynamique que nous voulons créer » , s’enthousiasme Guillaume Mortelier. Quatrième et dernier enjeu : comment fidéliser les talents ? La construction, commeénormé- ment de secteurs aujourd’hui, est en tension sur les effectifs et les compétences, notamment celles qui permettent de combler tous les besoins liés aux enjeux numériques. Comment une PME du bâtiment doit-elle s’y prendre pour attirer les profils ? « Dans l’Accélérateur, notre enjeu est de réunir un maximum de "fées autour du berceau" pour maxi- miser les chances de développer le potentiel de chaque entreprise. Par exemple, lorsquenousparlons d’enjeux de recrutements, nous mobilisons l’APEC autour d’une journée sur la marque employeur. C’est l’occasion pour les dirigeants qui ont du mal à recruter, de véri- tablement s’interroger en profon- deur et de trouver directement des solutions. L’APEC constitue par exemple des offres d’emplois avec les dirigeants intéressés qu’elle peut ensuite communiquer à des candidats » , relève Guillaume Mortelier. JLC 26 AOÛT - SEPTEMBRE 2022 / V&MA 302 / www.verre-menuiserie.com L’Accélérateur adopte une logique d’école : une trentaine de dirigeants sont admis par promotion et travaillent tantôt en sessions collectives larges, tantôt en sous-groupes de cinq ou six personnes Accélérateur Construction : prébilan • 40 % des entreprises ont travaillé leur stratégie à l’aune des quatre grands enjeux. Elles vérifient qu’elles ont bien inté- gré les bonnes pratiques et modifient leur point de vue lorsque ce n’est pas le cas. Elles n’hésitent pas à retravailler la question. • 20 % des participants ont très vite travaillé sur la performance commerciale. Ils se sont inter- rogés sur lamanière d’être plus efficace pour trouver de nou- veaux clients, de nouveaux chantiers et de nouveaux projets. • 10 % ont œuvré sur leur orga- nisation générale. • Les 30 % restants ont travaillé sur d’autres enjeux : perfor- mance opérationnelle, intégra- tion des outils numériques… ou bien ont demandé des conseils sur des points très précis. • Les 31 entreprises participantes ont toutes réalisé leur premier "diagnostic 360" et les deux tiers d’entre elles ont réalisé leur premier module complé- mentaire. • L’Accélérateur Construction 2 a été lancé par Bpifrance le 16 mai 2022. Il est bâti sur le même modèle que son prédé- cesseur. Il existe également un Accélérateur dédié à la filière bois. ©NathalieOundjian

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