Les entreprises poursuivent leurs efforts avec détermination, objectifs ?
Préserver la planète, ses ressources, son environnement… et le genre humain !
© Castes Industrie - Les Ombrières photovoltaïques de La Glèbe, un dispositif en autoconsommation collective initié par EnerCOA qui devrait bénéficier à Castes Industrie
La loi du 30 avril 2025 reporte l’application des obligations en matière de CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) de deux ans pour les PME cotées en bourse et les grandes entreprises. Elles n’ont donc plus besoin dans l’immédiat d’intégrer des informations de durabilité dans leur rapport de gestion. La mesure, si elle permet à certaines organisations de gagner du temps et de s’organiser, risque de porter atteinte aux bonnes intentions. « Ce n’est pas un bon signal », commente Christophe Klotz, directeur RSE de K•Line, « mais nous ne lâcherons rien, nous nous préparons pour 2028 car nous avons une vraie responsabilité… ».
© Castes Industrie - Collecte de miel grâce au partenariat avec une apicultrice chez Castes Industrie
Évaluation des stratégies
Le Groupe Liébot est mobilisé et s’apprête cette année à ouvrir la première fonderie bas carbone, Coralium. « Nous avons rendu public nos engagements RSE lors du dernier Salon Batimat, et ils occupent une large place dans le contenu du site groupeliebot.fr. Nous sommes très volontaristes, tant pour éviter de trop dégrader la planète et ne plus dépendre des ressources primaires, que pour ancrer notre action dans nos territoires ou prendre soin de nos collaborateurs et partenaires », résume celui qui orchestre cette posture. Économie d’énergie, baisse du taux de fréquence des accidents… en 2024, K•Line a fait évaluer sa démarche de décarbonation avec ACT Evaluation, démontrant que la RSE est bien un sujet transverse ! Castes Industrie a choisi le "Label Engagé RSE" de l’Afnor pour évaluer sa démarche. « Un évaluateur est venu durant quatre jours dans l’entreprise, il a rencontré les parties prenantes internes (représentants du personnel, salariés) et externes (clients de notre réseau la Boutique du menuisier et des partenaires) », témoigne Sébastien Garrouste, responsable HSE. Castes a décroché le niveau 3 sur 4 – "Confirmé". « Notre ambition est de nous maintenir à ce niveau, voire de nous rapprocher du niveau 4, "Exemplaire", le comité RSE interne s’est attaché à analyser le rapport établi afin de prioriser les axes de progrès », ajoute-t-il. Au menu en 2025, Castes Industrie devrait bénéficier de l’énergie produite par les Ombrières de La Glèbe, dispositif initié par EnerCOA. Ces ombrières photovoltaïques en autoconsommation collective installées à La Rouquette en Aveyron devraient couvrir « 1/3 de nos besoins en électricité », selon Sébastien Garrouste. Castes poursuit sa stratégie RSE en travaillant à la mise en place de FDES individuelles pour ses produits en aluminium et en bois et développe la fonction de tuteur afin de mieux intégrer ses nouvelles recrues.
© KE France - Big bag pour la collecte de toiles en fin de vie
« KE poursuit une stratégie RSE portée par les convictions personnelles du dirigeant Jérôme Foucault », affirme Caroline Le Goffic, directrice industrielle et responsable RSE, « nous avons souscrit à la plateforme ZEI-world afin de réaliser un diagnostic de notre positionnement, toujours en cours ». Ce fabricant, spécialiste de l’outdoor, mène plusieurs actions de front : « nous réalisons un gros travail de réduction de nos consommations d’énergie, avec notamment la mise en place de la semaine de 4 jours de fin octobre à fin février, la régulation du chauffage dans les bureaux, un projet d’installation d’ombrières solaires », explique-t-elle. Autre axe, la valorisation des déchets (tri des chutes de toiles en sortie de production, réexpédiées chez le fournisseur pour être recyclées) et cette année, le lancement de la collecte de toiles en fin de vie.
Volma s’engage tous azimuts
© Volma - Sébastien Coste, responsable communication de Volma
« Chez Volma, nous intégrons pleinement les enjeux écologiques dans notre stratégie industrielle. Notre vision s’aligne avec les principes d’une construction responsable, en sélectionnant en priorité des matériaux recyclables issus de filières contrôlées et traçables, et en orientant nos déchets vers des circuits de valorisation agréés, garantissant leur traitement optimal », rapporte Sébastien Coste, responsable communication Volma.
Plusieurs mesures ont été prises : « Nous avons optimisé notre chaîne de production pour une consommation raisonnée des ressources – réduction des pertes matières, pilotage intelligent des approvisionnements et rationalisation logistique – et réduire notre impact », note-t-il.
Volma s’équipe de bornes de recharge pour véhicules électriques, et renouvelle sa flotte avec des modèles hybrides. Autre exemple : « Nos équipements industriels, comme les compresseurs et centres d’usinage, sont capables de récupérer la chaleur produite pour chauffer nos bâtiments en période hivernale », pointe Sébastien Coste.
La sécurité et le bien-être des équipes sont au cœur de la démarche. « Nous avons finalisé la mise en place du projet "zéro porté" visant à supprimer toute manipulation par une automatisation des opérations de production sur les panneaux et monoblocs, éliminant ainsi toute contrainte physique pour nos opérateurs. Forts de ce succès, nous avons étendu cette approche à l’atelier miroiterie », expose-t-il.
Enfin, Volma communique sur le soutien apporté à des causes porteuses de sens (Sourires d’Autistes, La ferme Sénéchal, etc.). « Actuellement, nous menons avec les acteurs locaux compétents une étude sur l’intégration et le maintien dans l’emploi des salariés en situation de handicap ou rencontrant des problèmes de santé impactant leur métier », conclut-il.
Formation & bien-être
© Groupe CETIH - La santé et sécurité des équipes sont au cœur de la RSE menée par le Groupe CETIH
Sur le volet social, la formation occupe une place importante dans les entreprises. Le Groupe CETIH a ainsi mis en place « une formation à la culture financière, en lien avec notre démarche d’actionnariat salarié, dispensée à tous les élus du personnel, à l’encadrement et aux fonctions support ; en 2025, 300 collaborateurs l’auront suivi », indique Paul Toulouse, directeur général adjoint du Groupe. CETIH accélère sur certains sujets comme la santé et la sécurité. « Le taux de fréquence des accidents a baissé grâce à l’implication de tous, nous avons sensibilisé nos équipes par la formation et l’accompagnement au port des EPI, chacun a participé à l’identification des risques sur son poste de travail, entre autres… », détaille-t-il. Un accord sur le mécénat de compétences en fin de carrière permet aux seniors à l’approche de la retraite de mettre leurs compétences au service d’une organisation à but non lucratif. « Nous avons également signé une convention avec l’Agefiph afin d’accompagner les personnes en situation de handicap et douze référents dédiés ont été formés dans l’ensemble du Groupe », assure-t-il. L’entreprise muscle également le volet environnemental en réduisant son impact carbone (moins 20 % en 2023 par rapport à 2022), en misant sur l’écocircularité, etc.
Après avoir communiqué sur la concrétisation des objectifs de sa feuille de route RSE fin 2024, AMCC poursuit plusieurs objectifs cette année. « Au niveau du 1er pilier, qui vise à offrir un environnement de travail positif en veillant à la santé, à la sécurité et au bien-être des collaborateurs, mais également en garantissant un recrutement inclusif avec une égalité professionnelle pour tous, 100 % des managers – cadres et non-cadres – doivent être sensibilisés aux enjeux de discrimination et de diversité via des formations », annonce Jean-Marie Deslandes, directeur commercial d’AMCC. Plus globalement, d’ici 2028, 80 % des collaborateurs auront suivi une formation. « Le bien-être au travail se mesure au taux d’absentéisme qui s’améliore au 1er trimestre », poursuit-il. Le second pilier, qui concerne la préservation de la planète, passe par différentes actions : « AMCC poursuit sa démarche, déjà entamée depuis une dizaine d’années, en ayant pour objectif de réduire de 20 % ses déchets industriels en 2025 (vs 2023) et d’atteindre l’autosuffisance énergétique du site de production de Châteauroux », rappelle Jean-Marie Deslandes. Son objectif ? « 0 % de DIB (Déchet Industriel Banal) en 2027 », lâche-t-il. Cette année, les poseurs et revendeurs partenaires doivent être formés – ou sensibilisés – à la collecte et à la valorisation des déchets. Enfin, dans le cadre du dernier volet de sa politique RSE "conduite responsable et éthique", AMCC a transmis en 2024 une charte "qualité de la pose" à l’intégralité de ses installateurs et ambitionne, d’ici 2026, que 100 % de ses fournisseurs de matières premières soient signataires de sa charte éthique.
FenêtréA, une marque employeur à forte empreinte bas carbone
© FenêtréA - Dominique Lamballe, président de FenêtréA
Parmi l’un des fabricants majeurs de menuiserie en France, FenêtréA s’est très tôt impliqué sociétalement et environnementalement, implanté il y a 3 décennies à la lisière de la mythique forêt de Brocéliande. Sur son site de 50 000 m², l’industriel déploie un fort engagement écologique, sa nouvelle usine bas carbone qui sera la plus automatisée d’Europe dans sa filière et triplant ses capacités de production, étant en cours d’impact sur la faune et la flore. Ici, l’intérêt collectif se double d’une action forte dans le développement du territoire avec le projet d’envergure du lotissement "Horizon Brocéliande" : « Ce projet, d’une importance majeure pour notre entreprise, vise à répondre à la problématique du logement pour nos collaborateurs, dans un contexte de recrutement renforcé », exprime Dominique Lamballe, président de FenêtréA. Augmenter l’attractivité de sa commune natale en apportant de nouvelles opportunités professionnelles à ses habitants, tel est le vœu du proactif dirigeant de FenêtréA qui anticipe les changements de paradigmes sociétaux et les enjeux de la décarbonation, visant la neutralité carbone en 2040 dans une démarche de transition via le "Diag Décarbon’action" proposé par BPI France, en partenariat avec l’Ademe.
© FenêtréA - Pose de la première pierre du lotissement "Horizon Brocéliande" à Beignon le 12 juin dernier, officialisant l’étape clé du projet porté par le président de FenêtréA
Favoriser les interactions entre les 600 salariés répartis dans quatre bâtiments et aux horaires décalés avec un réseau social interne via la solution Steeple, améliorer le confort des locaux avec aménagement d’espaces de détente et de postes de travail ad hoc dans les bureaux et les ateliers... entre autres actions engagées, FenêtréA nourrit une culture d’entreprise et marque employeur à forte empreinte humaine et collective.
Réduction de l’empreinte carbone
La RSE impacte la production. « Notre démarche RSE a désormais pris un tournant décisif avec le lancement du projet Reve’rse, dont l’objectif est ambitieux : réduire de 30 % notre empreinte carbone d’ici 2030, et viser la neutralité à l’horizon 2050 », estime Cédric Juliard, président d’Euradif. Avec Reve’rse, précise-t-il, « nous agissons sur l’ensemble de notre chaîne de valeur, en priorisant l’aluminium décarboné, en organisant le recyclage de nos déchets en boucle fermée, ou encore en investissant dans des équipements écoperformants comme des compresseurs avec systèmes de récupération des calories ou des éclairages LED. Le thermolaquage, procédé énergivore, fait également l’objet d’une attention continue, avec entre autres, le développement de poudres à plus basse température de polymérisation ». Une transformation qui repose sur un engagement collectif. Tous les membres du comité de pilotage sont évalués sur des KPI intégrant des objectifs RSE. « Les résultats sont tangibles : moins 11 % d’émissions carbone entre 2023 et 2024 », apprécie ce dirigeant, « plus qu’une démarche technique, c’est un changement culturel profond qui anime aujourd’hui nos équipes ».
© Profils Systèmes - Profils Systèmes ouvre son site à l’écopâturage
La démarche écoresponsable de Profils Systèmes se traduit par plusieurs actions. Olivier Bonnafe, responsable QHSEÉ, cite en exemple l’écopâturage développé sur le site : « Un berger vient faire paître un troupeau de trente brebis pendant trois semaines pour entretenir les espaces verts et nous faisons appel à un CAT pour effectuer les travaux de finitions ». L’installation des panneaux photovoltaïques arrive à son terme, le raccordement vient d’être effectué. « Nous optimisons notre consommation d’eau, notamment sur la chaîne de laquage (la consommation est passée de 11 litres/m² laqué en 2018 à 6,11), grâce à l’implication des équipes de la station d’épuration interne, au réglage de certains paramètres, à la réutilisation des bains de rinçage », glisse-t-il également. Enfin, le gammiste qui collecte ses déchets (plastique, carton) au quotidien met en place trois compacteurs afin d’abaisser la rotation des camions. « Le compacteur stocke jusqu’à 6 tonnes de déchets, le premier a été déployé fin 2024, réduisant la fréquence de rotation à un passage tous les deux mois (au lieu de 44 passages). Deux autres seront installés d’ici l’été », complète Vincent Chabert, technicien HSE, spécialiste de l’environnement. D’autres initiatives sont prises comme le verdissement de la flotte auto ou la priorité donnée au rail.
© Maison Cadiou - Cadiou participe à l’initiative innovante Convention des Entreprises pour le Climat (CEC)
Certaines entreprises participent à des initiatives innovantes. C’est le cas de Cadiou qui a rejoint la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC). « L’objectif est d’aller au-delà de la décarbonation et de passer d’une économie extractive à une économie régénérative, de transformer l’entreprise en bénéficiant d’un accompagnement à la fois exigeant et bienveillant. Le programme se décline en six sessions thématiques pour monter en compétences. L’idée étant de repartir avec une feuille de route, de partager avec d’autres entreprises », relate Fanny Bardot, responsable RSE qui prend part au programme aux côtés d’Emmanuelle Cadiou, présidente de Maison Cadiou.
© Somfy - Le site Somfy de Garette dans les Alpes emploie des collaborateurs sensibilisés à la préservation de l’environnement
Le secteur de la menuiserie s’est emparé de la thématique RSE, les acteurs de la technologie ne sont pas en reste. Ainsi Philippe Geoffroy, directeur de la performance environnementale du Groupe Somfy, fait remarquer que « l’entreprise est à mi-chemin par rapport à la feuille de route 2030, validée en 2021 ». Chez Somfy, l’empreinte carbone provient de ses produits, actifs. « Nous nous sommes engagés à baisser la consommation électrique de nos produits (40 % d’ici 2030), pour y parvenir nous essayons de baisser la consommation en veille, nous renforçons l’écoconception et le développement de produits tel que le moteur Brushless qui nous aide, puisqu’il consomme moins », signale-t-il. Somfy incorpore des matériaux recyclés dans sa production. L’entreprise vise à réduire sa propre consommation d’électricité en misant sur la production via le photovoltaïque, l’achat d’énergie verte et la frugalité. « À travers l’automatisation, nous encourageons aussi nos clients à réaliser des économies d’énergie », argumente Philippe Geoffroy, évoquant les émissions évitées.
Pour Fabrice Guérin, directeur marketing, communication et RSE du Groupe Elcia, « L’année 2024 et le 1er semestre 2025 marquent une étape importante dans l’évolution de notre stratégie RSE, avec notamment plusieurs grandes actions menées : l’ambition d’embarquer notre secteur menuiserie, store, fermeture dans une démarche vertueuse autour d’un collectif de "menuisiers engagés", la cocréation du collectif PME Engagées du Garon, qui regroupe 13 entreprises de notre Communauté de Communes de la Vallée du Garon, afin de partager nos meilleures pratiques RSE, organiser des événements RSE… et s’entraider, enfin, l’engagement pour la biodiversité et les écoles », énumère-t-il.
L’entreprise s’appuie sur l’expertise du fonds de dotation Le Poids du Vivant fondé par le président fondateur du Groupe Franck Couturieux pour soutenir des associations œuvrant pour la biodiversité sous la forme de mécénat. Elle soutient également les étudiants, par exemple en étant mécène de l’École 42 Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes.
— Véronique Méot
Photo ouverture © VMA/A.B. - Fabricant de solutions à haute valeur ajoutée dédiées au confort de l’habitat, Schenker Stores s’inscrit dans une logique interne de bien-être de ses collaborateurs, depuis son siège social en Suisse et son unité en France. Les salariés du Groupe ont participé à la sélection des aménagements intérieurs invitant fauteuils, mobiliers ergonomiques colorés (1 couleur différenciante par étage), à offrir des espaces privilégiés pour se détendre ou cocréer dans des conditions optimales
Source : verre-menuiserie.com