Prescription bas carbone, les acteurs du marché en ordre de marche

L’impact carbone commence à être pris en compte dès la construction du bâtiment et dans le cadre des chantiers de réhabilitation...

... Alors qu’il devient un argument commercial de poids dans la prescription, les précurseurs se frottent les mains.

 

© Warema - L1VE Paris, avenue de la Grande Armée - Architecte : Baumschlager & Eberle Architekten - Maître d’ouvrage : SCI Avenir Grande Armée - Brise-soleil Warema - Date : 2016-2022

 

L'impact carbone et la RE2020 soulèvent de gros sujets d’interrogation, que mettons-nous en place pour décarboner le store ? Quel est son impact ? Voilà les questions que nous posent nos clients », témoigne Alexandre Lebreton, responsable prescription France de Warema. Tous les segments du marché sont concernés. Les menuiseries, les façades, la protection solaire, les fermetures… S’il y a une entreprise qui a fait de la décarbonation son crédo depuis longtemps, c’est bien Minco. Maxime Girard, directeur commercial de Minco, confirme : « nous prônons la performance, l’utilisation des matériaux biosourcés, la construction bas carbone et la réparabilité ». Un must. Aujourd’hui, les prescripteurs ont le choix car les offres fleurissent. Les gammistes se sont emparés du sujet.

 


Bieber à la pointe avec Futura®

© Bieber - Menuiserie passive Futura® conçue par Bieber ; gamme mixte bois-aluminium Ral 7016S en aluminium extérieur et Pin naturel P12 en intérieur

Avec un Uw = 0,66 W/m2.k, Futura®, la gamme complète de menuiseries extérieures signée Bieber a obtenu le niveau phA du Passive Institut, niveau le plus élevé de la classification énergétique pour maison passive et a obtenu le 1er prix Passive House Awards en 2014. L’utilisation d’un triple vitrage collé de série (savoir-faire parfaitement maîtrisé par Bieber) garantit une isolation parfaite et une protection anti-effraction renforcée.

L’offre de Bieber est présentée dans le catalogue baptisé Collection qui reprend notamment l’offre de menuiseries bois Inova et l’offre de menuiseries mixtes Duoba.


 

L’aluminium, recyclable à l’infini

 

Technal se positionne avec CIRCAL® 75 R, composé au minimum à 75 % d’aluminium recyclé en fin de vie. « Le volet carbone devient très important, nous nous positionnons grâce à l’offre CIRCAL® 75 R dont le poids carbone est inférieur à celui de l’aluminium traditionnel », rappelle Pascal Violleau, directeur prescription de Technal. Par exemple, « la façade Tental, certifiée Cradle to Cradle Argent, est fabriquée en aluminium recyclé Hydro CIRCAL® 75 R, et pourra également, à la demande, être produite à partir de 100 % d’aluminium post-consommation Hydro CIRCAL® 100 R ». Ce matériau garantit une empreinte carbone proche de zéro (0,5 kg de CO2e/kg d’aluminium en moyenne). La solution Tental contribue ainsi efficacement à la construction des bâtiments durables et à l’obtention des certifications les plus poussées (E+C-, Leed, Breeam, Well, Verde et Level(s)…). Wicona, l’entreprise sœur, issue du même groupe – Hydro – a communiqué au mois d’octobre ses résultats en matière de production bas carbone. Elle utilise également l’aluminium Hydro CIRCAL® 75 R dans ses systèmes de menuiseries et façades depuis 2018, ce qui lui a permis d’éviter l’émission de 1,5 million de tonnes de carbone. La marque a fait savoir travailler aussi sur d’autres composants : barrettes isolantes, joints TPE, quincailleries. Pour respecter son engagement de réduire de moitié, comparativement à 2018 ses émissions de CO2 d’ici 2025, Wicona doit notamment aller encore plus loin dans l’objectif de recyclage. C’est pourquoi elle axe sa recherche vers le développement de nouveaux produits afin que les autres matériaux, type inox ou polyamide par exemple, qui interviennent dans la fabrication de ses références, soient recyclables à 95 %. Les prochaines étapes portent sur le déploiement du concept 75/95, c’est-à-dire la commercialisation de produits utilisant des contenus à 75 % recyclés et à 95 % recyclables, et l’arrivée de l’Hydro Circal® 100 R, composé à 100 % d’aluminium en fin de vie. Un premier projet mondial de façade réalisée en aluminium recyclé Hydro Circal® 100 R est en cours au nord-ouest de Munich, en Allemagne. Il s’agit de l’immeuble "Innovationsbogen" conçu par Hadi Teherani. 

 

© Patrick Loubet - Wicona : Odyssey dans la ZAC du Grand Parilly à Vénissieux. Ici, près de 2 800 m² de façades vitrées, avec des menuiseries Wicona en aluminium bas carbone Hydro CIRCAL® 75R, ont été mises en œuvre par l’entreprise Diagonale

 

Au printemps dernier, Hydro Building Systems et Saint-Gobain Glass ont annoncé unir leurs forces pour favoriser la décarbonation en aidant le secteur du bâtiment à concevoir des façades durables qui intègrent la circularité. Les deux entreprises ouvrent la voie en utilisant des produits à faible teneur en carbone grâce à un pourcentage élevé de matériaux recyclés : en particulier, les solutions de façade en aluminium d’Hydro Building Systems fabriquées à partir d’Hydro Circal® 75 R et le substrat de verre Orae® de Saint-Gobain Glass.

 

Chez Schüco, Thibault Harlé, chef de marché portes et produits de sécurité explique : « d’une part nous commençons à démanteler des produits contenant de l’aluminium à recycler et de l’autre, nous réfléchissons dès la conception des systèmes, à réduire la masse de matière ». Néanmoins, une question se pose : faut-il employer des matériaux moins carbonés et moins faciles à recycler ou des matériaux plus carbonés mais recyclables à l’infini ?  Le "Schüco Carbon Control Tour" qui s’est tenu aux quatre coins de la France et qui s’est achevé à Paris le 14 décembre, a essayé d’apporter des réponses et de battre en brèches certaines idées reçues…

 

« La production en proximité que nous proposons pour de nombreux chantiers, permet de réduire l’impact des produits », argumente de son côté Denis Bouniol, responsable prescription grand Sud de Profils Systèmes. En outre, les profils de ce gammiste répondent au label Alu+ C-. « Nous avons réalisé des travaux dans notre usine afin de baisser les consommations, le site est équipé de panneaux photovoltaïques depuis longtemps, la prescription s’appuie beaucoup sur ces démarches, le bas carbone est devenu un véritable angle d’attaque », poursuit-il.

 

© Kömmerling - Alunext : Kömmerling se distingue en proposant l’esthétique de l’aluminium, tout en conservant les performances et la facilité d’assemblage soudé du PVC

 

Cherchant à réunir le meilleur des deux mondes, Kömmerling lance AluNext, un système de profilés aluminium faces extérieur et intérieur, avec un noyau central soudable en PVC. Cette solution conçue à partir de PVC et d’aluminium recyclé, est destinée à la fabrication de fenêtres, portes-fenêtres et portes d’entrée. « Ce système hybride conserve les nombreux avantages isolants du PVC et y allie la perception d’une gamme aluminium : un mix idéal pour les architectes. Avec ce nouveau profilé, Kömmerling se distingue en proposant une véritable solution en aluminium (finition élégante aux lignes droites et raffinées), tout en conservant les excellentes performances et la facilité de traitement du PVC », indique le communiqué de presse. Mais les architectes en France devront se montrer patients, car Kömmerling a choisi de commercialiser cette nouvelle gamme en Espagne et en Italie avant de lancer des adaptations aux spécificités des autres marchés en Europe et à l’international.

 


La résidence Quartz à Clichy s’équipe de menuiseries avec une empreinte carbone réduite

© K.line - Saint-Gobain Glass et le Groupe Giboire jouent collectif à la résidence Quartz à Clichy (92)

K•Line, Saint-Gobain Glass France et le Groupe Giboire s’associent pour équiper en France l’un des premiers chantiers résidentiels d’envergure de menuiseries avec une empreinte carbone réduite. Situé à Clichy (92), le programme Quartz sera livré à l’automne 2024 et intégrera des menuiseries dotées du nouveau double vitrage Eclaz® Oraé®. Ce projet innovant en phase d’expérimentation vient illustrer une démarche collective visant à réduire l’empreinte carbone du bâtiment et de l’immobilier tout en contribuant à soutenir la filière du recyclage.


 

Le PVC, l’atout qualité/prix

 

Le recyclage des profilés PVC se développe et les industriels du secteur prennent le sujet à bras le corps. Rehau se penche depuis des années sur le sujet bas carbone. « Nous avons mis en place le recyclage de nos chutes de production dès 1981 », glisse Maxime Boileau, responsable communication et marketing Rehau Window Solutions. En 2015, le concepteur gammiste a pris un virage à 180° et investi massivement (65 M€, dont 25 M€ en France) en Europe sur ses installations de production de PVC recyclé. 2015 est également l’année de lancement du label EcoPulse. « Rehau garantit que plus de 40 % de ses profilés contiennent au minimum 40 % de matériaux recyclés, aujourd’hui ce taux atteint parfois 86 % selon la géométrie du profil », assure-t-il. Pour lui, « si en France, le CSTB n’homologue pas l’emploi du PVC recyclé en extérieur, il s’agit d’un dogme et l’avenir appartient au 100 % recyclé ». 

 

© Rehau - Rehau recyclage - Dès 1981, Rehau organisait le recyclage de ses chutes de production, et s’est engagé très tôt en faveur du bas carbone

 

L’autre révolution concerne la sobriété. « Nous travaillons à réduire le poids de la matière dans chaque nouveau produit, l’objectif étant d’utiliser le moins de matière possible tout en obtenant le plus de performance », résume-t-il. Rehau participe à des salons professionnels et rencontre les prescripteurs. « La demande augmente, les architectes, les maîtres d’ouvrage, les promoteurs sont convaincus de la pertinence des solutions, nous avons lancé le blog Impact pour les aider à prendre des décisions éclairées et nous avons créé une charte de l’économie circulaire avec nos clients », commente Maxime Boileau. Rehau avance un service complet de la collecte des fenêtres en fin de vie par un prestataire logistique à l’intégration du PVC recyclé dans sa production. Le PVC ne semble pas manquer d’atouts. Jean-Michel Lucas, prescripteur national chez Deceuninck, signale : « la prise en compte du poids carbone joue en faveur du PVC, nous arrivons parfois à déréférencer des produits en aluminium au profit de nos profilés car ils répondent mieux aux exigences énergétiques et ils coûtent moins chers. Deceuninck dispose de sa propre usine de recyclage depuis 2012, recycle 45 000 tonnes de PVC par an et a remplacé l’acier par la fibre de verre ».

 


Vegetek végétalise les bâtiments

© Vegetek - Vegetek : nouvelles solutions de végétalisation

Après quinze années d’investissement en R&D et plus de 750 000 m² de toitures végétalisées, la société Vertige Mon Toit Vert  devient Vegetek (vegetek.fr) et a réalisé la pose de son premier mur végétalisé sur son bâtiment expérimental pour les chercheurs et ingénieurs du secteur R&D à Cenon (Gironde). L’objectif de ce spécialiste de la végétalisation ? Passer à la vitesse supérieure, développer l’offre et revendiquer un positionnement de leader sur le secteur de l’ingénierie végétale du bâtiment. Vegetek a déposé l’an dernier auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) le brevet d’un procédé de production de murs et balcons végétalisés. Développée en interne et soutenue notamment par la région Nouvelle-Aquitaine, cette solution innovante en béton armé bas carbone, isolant et préfabriqué peut facilement être installée. Vegetek entend inscrire son action via la mise en œuvre de balcons et de murs végétalisés, mais aussi de toitures biosolaires (avec des panneaux photovoltaïques) et de parkings perméables.


 

Communication & Fiches FDES

 

« Nous réalisons nos fiches FDES Rehau car elles deviennent incontournables et elles nous permettent de démontrer que le PVC blanc affiche un impact de 56 kg ; seule l’émission de CO2 par unité fonctionnelle compte, c’est le seul point de comparaison », déclare Maxime Boileau.

 

Les protections solaires participent activement au confort d’été, mais constatant que les brise-soleil étaient jusqu’alors pénalisés par une Donnée Environnementale par Défaut (DED) très élevée – ne permettant pas sa prise en compte dans les projets (impact de 351 kgC02 eq/m²) – le SNFA a annoncé début novembre la publication de deux nouvelles FDES collectives (impact carbone respectivement de 184 et 203 kg C02 eq/m² sur une durée de vie du produit de 50 ans). Ces FDES ont été réalisées dans le cadre de l’Appel à Accompagnement #FaistaFDES lancé par l’Alliance HQE-GBC et avec le soutien financier de l’Ademe. « Il était essentiel de pouvoir intégrer ces solutions dans les calculs d’impact environnemental des constructions sans être pénalisé par les données par défaut. L’année dernière, le SNFA a publié ses FDES collectives Façades rideaux configurables qui réduisent de moitié l’impact carbone déclaré par la Donnée par Défaut à l’échelle du bâtiment. Associées aux nouvelles FDES collectives Brise-soleil, les professionnels de la menuiserie aluminium, adhérents du SNFA, disposent maintenant d’une solution complète pour intégrer la façade vitrée dans les projets les plus ambitieux en termes d’impact environnemental et de respect de la RE2020 », a précisé Lucile Lefebvre, chargée environnement du SNFA dans un communiqué. Grâce à un configurateur, les adhérents du SNFA pourront éditer des FDES Chantier vérifiées. Ils pourront faire varier des paramètres spécifiques à leurs projets, comme la masse de l’ossature ou celle des lames pour obtenir les impacts environnementaux précis du brise-soleil mis en œuvre dans le bâtiment.

 

« Nous communiquons les performances de nos produits sur des fiches FDES personnalisées car les fiches collectives les dévalorisent, les architectes vont chercher l’information auprès de la base Ines », note Maxime Girard. Un bon vecteur. Minco s’engage dans un nouvel axe de communication : la déconstruction. « Nous essayons d’amener le sujet et de proposer une solution adéquate avec la réutilisation des matériaux ; cette démarche est propulsée par notre adhésion à Valobat », ajoute-t-il. Un pari sur l’avenir.

 


Chantier : le 89 avenue de la Grande Armée à Paris en cours de démontage

© Saguez Favretto - Ouest Alu : les façades en cours de démontage 89 avenue de la Grande Armée à Paris

Le spécialiste de la façade Ouest Alu (Groupe Liébot) a dévoilé une offre de façade bas carbone nommée Cyclium. Cette nouvelle approche en "boucle fermée" couvre les 4 étapes clés d’un chantier notamment de rénovation : le démontage et le recyclage de l’ancienne façade (aluminium et vitrage), l’écoconception et la pose d’une nouvelle façade bas carbone plus performante et répondant aux exigences réglementaires. Pour accompagner maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre dans leurs projets d’écoconception, Ouest Alu propose des solutions uniques à la manière de prototypes. Ouest Alu bénéficiera d’aluminium recyclé issu de sa fonderie bas carbone Coralium, projet du Groupe Liébot, qui devrait voir le jour en 2025.

Le chantier sis au 89 de l’avenue de la Grande Armée à Paris va permettre la mise en œuvre de la nouvelle offre Cyclium, avec la gestion du démontage de l’ensemble des façades par Ouest Alu ainsi que la supervision du tri et du rapprochement avec les prestataires de recyclage. Une prescription d’aluminium bas carbone a été réalisée par l’entreprise pour la création des nouvelles façades. Cette nouvelle offre prend en compte les compétences globales de l’ensemble des industriels qui composent l’enveloppe du bâtiment.  Pour ce projet, après dépose des façades, l’entreprise va s’associer à son partenaire Extol pour l’achat des billettes bas carbone, en attendant la création de Coralium.

 


 



L’EPA Bordeaux Euratlantique s’engage pour une construction bas carbone 

 

© Philippe Caumes - Opération d’Intérêt National (OIN) et d’aménagement qui s’étend sur les communes de Bordeaux, Bègles et Floirac, soit sur 730 ha environ, Bordeaux Euratlantique est menée par l’Établissement Public d’Aménagement (EPA) et a été créé en 2010. S’appuyant sur la création d’un réseau d’espaces verts et la réalisation de nouvelles voies piétonnes et cyclables, sa programmation mixte (équipements publics, logements, bureaux, commerces, locaux d’activités, hôtels…) doit lui permettre de localiser 30 000 emplois et de répondre aux besoins en logement de 50 000 personnes

 

Co-organisé par l’Institut technologique FCBA (France), FPInnovations (Canada), le Building Research Institute et JIBH (Japon), Woodrise est le 1er congrès international dédié à valoriser, accompagner et développer la construction bois de moyenne et grande hauteur. Après le succès des éditions à Bordeaux (2017), Québec (2019), et au Japon (2021-2022), la ville de Bordeaux au Palais 2 l’Atlantique, a de nouveau accueilli la 4e édition du congrès Woodrise du 17 au 20 octobre dernier. Un volet 2023 tourné autour d’une ambition commune : contribuer à la mutation des villes et à la transition écologique du bâtiment. 

Une thématique chère à l’EPA Bordeaux Euratlantique, qui aspire à travers ses projets, à atteindre les objectifs de neutralité carbone fixés par l’État et à accompagner la mutation du territoire en proposant une alternative qualitative et durable à l’étalement urbain. À l’occasion de ce grand rendez-vous, l’EPA a proposé une série d’animations de sensibilisation "Hors des murs" à destination des professionnels et du grand public via des expositions photo, ateliers et visites.

 

La construction bois : une réponse efficace au défi climatique et environnemental

 

Le congrès international Woodrise est un rendez-vous d’envergure, d’échanges et d’interactions techniques, sur l’usage du bois dans la construction et la valorisation de la ressource forestière. Depuis 2017, cet événement majeur rassemble plusieurs milliers de visiteurs et acteurs de la filière forêt-bois (aménageurs, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, fabricants, institutionnels, collectivités, chercheurs, etc.) venus du monde entier. 

Trois thématiques phares à l’honneur cette année : le bas carbone, la compétitivité économique & la finance verte et la construction bois de moyenne et grande hauteur à l’international. Au programme, des plénières, ateliers techniques et parcours thématiques ont permis aux acteurs de la filière d’échanger et débattre autour de ces enjeux, partager leurs retours d’expérience et approfondir leurs connaissances en la matière.

 

L’EPA Bordeaux Euratlantique, un acteur engagé

 

Profondément investi sur les questions de la construction décarbonée, l’EPA Bordeaux Euratlantique s’est engagé auprès du co-organisateur FCBA dès la 1ère édition. Son action s’étend en effet sur un territoire de 738 ha où le bois et les matériaux biosourcés tiennent une place de plus en plus visible. L’EPA a ainsi de nouveau pris part à l’événement, aux côtés d’Établissements Publics d’Aménagement français (dont Grand Paris Aménagement, Euroméditerranée, EPA Marne-EPA France, EPFA Guyane, EPAMSA, l’EPA Paris Saclay et l’EPA Nice Écovallée).

« Woodrise est un rendez-vous particulièrement novateur, notamment dans sa dimension internationale. Ce congrès est essentiel pour partager les expériences, faire avancer les stratégies et voir, concrètement, ce que la construction bois moyenne et grande hauteur produit dans la conception de la ville. Il nous montre que non seulement les prouesses des pionniers sont réplicables, mais également qu’elles fédèrent de plus en plus largement »,a confié Valérie Lasek, directrice générale de l’EPA Bordeaux Euratlantique

 

Les actions "Hors des murs"

 

Au-delà du congrès, l’EPA Bordeaux Euratlantique a également proposé une série d’événements pour illustrer l’application de la construction bois sur le territoire. Une occasion de mettre en avant le bois de Nouvelle-Aquitaine et plus généralement les massifs forestiers français auprès des filières professionnelles de l’architecture et de la construction et du grand public. 

Parmi les animations "Hors des murs", plusieurs expositions, dont l’exposition au Musée d’Aquitaine, "L’homme, la forêt et le bois", invitant le grand public et les congressistes à découvrir l’évolution de l’utilisation du bois du Paléolithique à aujourd’hui. Les travaux des artistes et photographes Anne-Laure Boyer et Philippe Caumes ont été présentés à la Maison du Projet pour rendre compte de l’évolution des projets bois dans le temps via une série de photos avant/après (entrée libre du 14/10/23 au 13/01/24). En outre, une permanence est assurée par les médiateurs de l’EPA durant l’exposition "Le Douglas : une source d’inspiration pour la construction bas carbone" à la Maison Écocitoyenne. 

 

En 2019, l’EPA s’engageait à ce que tous les nouveaux projets développés sur les fonciers qu’il cède, soient réalisés en structure bois majoritaire (pour la structure et l’enveloppe des bâtiments). Depuis 2021, cet objectif concerne 100 % des opérations immobilières qui seront engagées. Les congressistes ont ainsi eu l’opportunité de visiter les quartiers de l’Ars et d’Armagnac comptant de nombreux bâtiments  bois, dont plusieurs références mondiales comme les tours Hyperion et Silva (programmes mixtes mêlant logements, bureaux, commerces et services) et l’immeuble Perspective (plus haut bâtiment tertiaire en bois de France lors de son inauguration en 2017). 

 

Enfin, l’EPA a accompagné la réalisation d’une émission radio et d’un podcast "Les Voix du Bois" portés par Fibois Landes de Gascogne et le 308 Maison de l’Architecture.



 

Rénovation énergétique : mesurer l’impact carbone & passer à l’action !

 

Après quasiment un an de travail, le Hub des Prescripteurs Bas Carbone restitue les premiers éléments et cas concrets d’étude carbone de rénovations. 

 

© BNP Levallois Pompidou

 

Le Hub des Prescripteurs Bas Carbone, plateforme collaborative portée par l’Institut Français pour la Performance du Bâtiment (IFPB) en partenariat avec la société Carbone 4, spécialisée dans l’accompagnement vers la décarbonation et l’adaptation au changement climatique, et avec le CSTB, a organisé un webinaire le 30 novembre sur le thème "Rénovation bas carbone : mesurer pour agir". Sur la base de projets existants réels, le Hub a souhaité répondre à des questions posées par les maîtrises d’ouvrages et maîtres d’œuvre : Mon bâtiment est en très bon état mais il a un impact carbone lié à l’énergie élevé : dois-je rénover alors que de nombreux matériaux sont en excellent état ? Faut-il préserver l’existant à tout prix ou démolir et reconstruire dans certains cas ? 

 

Trois scénarios ont été étudiés : 

 

Le 30 novembre, le Hub des Prescripteurs Bas Carbone a abordé le premier scénario. Les quatre projets réels (logement collectif, bureaux, universités, résidence senior) présentés servant de support à la réflexion sur la réplicabilité des méthodes, avec en objectif numéro 1, l’homogénéisation des méthodes de calcul. Chacun a donné lieu à l’Analyse de Cycle de Vie ACV (ou pré-ACV selon l’état de l’avancement).

Le premier projet concerne une opération de rénovation énergétique globale d’un ensemble immobilier (dont 404 logements) dans les Yvelines, mené par Seqens, bailleur social du groupe Action Logements.

Le second projet consiste en la réhabilitation d’un centre de tri de La Poste Immobilier à Saint-Etienne (42), transformé en résidence service senior. 

Le troisième projet étudié porte sur la rénovation de bureaux par BNP Paribas Immobilier Promotion et le cabinet d’architecture DGM & Associés notamment. 

Le quatrième projet est porté par Icade Promotion tertiaire et l’Université de Tolbiac. Les projets ont permis de mettre en évidence le temps de retour carbone (TRC), soit le rapport entre le budget carbone des matériaux mobilisés par la rénovation énergétique et la diminution du budget carbone annuel en phase d’exploitation. Ces exemples permettent au Hub de délivrer plusieurs messages clés.

Il est nécessaire de segmenter le budget matériaux de la rénovation en deux (performance énergétique et qualité d’usage).

Dans le cadre d’une rénovation, la question de la sortie des énergies fossiles doit être abordée.

À la différence de la RE2020 pour le neuf, l’empreinte carbone d’une rénovation pourrait pêtre pilotée suivant une métrique unique cumulée (énergie x matériaux).

La conservation des éléments existants constitue un enjeu fondamental qui nécessite un changement de paradigme sur les matériaux.

Les lots techniques représentent le premier poste d’émissions mais aussi le levier majeur de décarbonation. Pour les décarboner, il faut pouvoir entrer dans le détail…

Faire un projet en rénovation ne peut pas se résumer à répliquer du neuf en environnement contraint. Il faut développer une approche spécifique.

 


AGC Glass France a augmenté sa production de verre float à empreinte carbone réduite

© AGC Glass Europe

AGC Glass Europe a démarré la production de Low-Carbon Planibel Clearlite sur son site de Moustier (Belgique). L’empreinte carbone de ce verre float a été réduite de plus de 40 %. La production de Low-Carbon Planibel Clearlite ne dégage que 7 kg de CO2  eq./m² pour un verre d’une épaisseur de 4 mm. 

Le site AGC de Seingbouse (France) fabrique ce même produit verrier durable. Grâce à cette capacité de production supplémentaire, AGC a étendu sa gamme à empreinte carbone réduite, qui comprend désormais une variante à empreinte carbone réduite de Stratobel (verre feuilleté de sécurité), Stratophone (verre feuilleté acoustique), iplus (verre à basse émissivité pour le vitrage isolant), Stopray et Energy (verres à basse émissivité avec contrôle solaire), ainsi que des verres à couches trempables (T-coatings). L’ensemble de la gamme est disponible dans toutes les épaisseurs de 3 à 10 mm.


 

— Véronique Méot

 


Photo ouverture © Technal - Dany Eid (DAN) & Agnes Koltay (AK) - Technal : Façade Tental. Dubai Design District 

Source : verre-menuiserie.com

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