Le Groupe CETIH a ouvert les portes de son usine Bignon à Port-Brillet (53), faisant partager à la fois l’expertise de sa marque Swao dans l’univers de la menuiserie...
...et les savoir-faire liés au bois, véritable spécialité locale. Zoom.
© VMA/JLC - L’équipe dirigeante : (de g. à dr.) Thomas Berçon, directeur de l’usine Bignon de Port-Brillet (53) ; Ludivine Briand, responsable marketing Fenêtre Swao ; Grégory Debliqui, directeur commercial Swao ; Caroline Barbin-Siraudin, directrice marketing et communication Groupe CETIH et Arnaud Hennequin, directeur de l’activité Fenêtres et Logistique Groupe CETIH
Après la découverte des deux sites de production des portes Bel’M à Machecoul (44) (NDLR - lire p. 56 - V&MA 324), le Groupe CETIH a présenté sa marque Swao, née voici 12 ans. Avec aujourd’hui un CA de 80 M€ et s’adressant exclusivement aux clients BtoB, elle conçoit et fabrique des portes et des fenêtres pour le neuf et la rénovation, en maison individuelle et chantier collectif.
Son offre très large comprenant 12 gammes de fenêtres et 169 modèles de portes réalisables avec cinq matériaux – l’aluminium, l’acier, le PVC, le bois et le mixte bois-aluminium – pour les produits équipant l’intérieur ou l’extérieur de l’habitat, Swao intervient également dans les domaines de la domotique, des portes de garage et des volets. Pour vendre dans l’Hexagone, le fabricant dynamise une équipe de 35 commerciaux et dispose à la fois d’un service client et d’un SAV intégrés.
Les produits bois et mixte bois-aluminium sont fabriqués sur son site Bignon de Port-Brillet (53) employant actuellement 140 personnes au sein de bâtiments couvrant 8 500 m2, avec prochainement une extension de 2 500 m2 pour l’expédition des menuiseries bois. Swao livre en effet directement les chantiers de ses clients – menuisiers de toutes tailles – dans l’ensemble de l’Hexagone et sans ruptures de charges avec sa propre flotte de poids lourds.
« Swao est une marque véritablement orientée vers la qualité, qu’il s’agisse du service, de l’expertise technique, de la R&D et du produit. Nous essayons d'être le plus fluide possible face au client – menuisier, artisan, entreprise générale du bâtiment – en lui adressant une commande en une seule livraison, ce qui simplifie la relation par rapport à son chantier », souligne Ludivine Briand, responsable marketing Fenêtre Swao.
© VMA/JLC - Le séchage du bois se termine à l’abri ou dans le séchoir, alimenté en saison froide grâce à la biomasse. Tous les déchets bois sont systématiquement transformés en énergie
Trois gammes et une garantie de 10 ans sans entretien
Réalisée en chêne ou en bois exotique, « notre gamme de menuiserie ancienne a été conçue avec les architectes des Bâtiments de France. Le but est de fabriquer la menuiserie bois neuve en respectant la conception traditionnelle du 19e siècle. Nous réalisons des produits sur mesure avec des personnalisations sur les petits bois, le soubassement et la quincaillerie », précise Ludivine Briand.
Adoptant une ligne contemporaine et moderne, la gamme à recouvrement bénéficie elle aussi de l’assemblage traditionnel à double enfourchement avec trois essences de bois. Embarquant un double ou un triple vitrage jusqu’à 39 mm, cette menuiserie adaptable à différentes formes et ouvertures offre également le choix pour son design intérieur entre une pente (10 %), un quart de rond ou une doucine (en option). Enfin, la gamme mixte MBA offre à la fois la durabilité de l’aluminium et le choix de la couleur en extérieur, associés à la chaleur du bois à l’intérieur. « Le site de Bignon s’adresse donc à une niche à forte valeur ajoutée », résume Arnaud Hennequin, directeur de l’activité Fenêtres et Logistique du Groupe CETIH.
© VMA/JLC - L’atelier d’usinage et de cintrage occupe quatre alvéoles de l’usine : c’est de loin la partie la plus étendue
Grumes, bois avivés et carrelets : le bon bois au bon endroit
Directeur de l’usine Bignon de Port-Brillet (53), Thomas Berçon présente les étapes techniques de fabrication et la stratégie de valorisation de la ressource bois. « Le Bignon a fait le choix du séchage lent, d’abord à l'air libre et qui se termine en séchoirs, offrant un gage de stabilité et de qualité durable du produit fini ». L’entreprise mise sur une remontée dans la chaîne de valeur en conservant la maîtrise totale du séchage, contrairement à de nombreux acteurs qui sous-traitent cette étape. L’autonomie énergétique est privilégiée : le séchage est alimenté à 100 % par la biomasse grâce à la valorisation des chutes de production. Le site n'utilise plus de gaz pour cette opération.
« Le Groupe s'inscrit par ailleurs dans une trajectoire de certification PEFC et FSC pour l'ensemble de ses sites, en conformité avec la réglementation européenne contre la déforestation (RDUE) », explique Caroline Barbin-Siraudin, directrice marketing et communication du Groupe CETIH.
© VMA/JLC - Assemblage fenêtre mixte bois-aluminium
Au Bignon, parmi les impératifs, l'objectif affiché est d'utiliser le "bon bois au bon endroit" en purgeant systématiquement les défauts, en particulier les nœuds. « Nous valorisons entre 50 % et 97 % de la planche selon les arrivages, le reliquat étant systématiquement transformé en énergie », ajoute Thomas Berçon.
Concernant les finitions, « nous avons adopté la finition Naboco. Ce process spécifique s’appuie sur une conception du profilé sans arêtes vives et un laquage homologué qui permet de garantir la peinture pendant 10 ans sans entretien. La fiabilité des finitions est validée par des tests rigoureux en interne et via le laboratoire Céribois, utilisant notamment des "roues de dégradation" simulant des cycles climatiques accélérés. Pour préserver le label Naboco, nous devons nous soumettre à un audit deux fois par an. Mais cela nous permet d’enlever le frein de l’entretien, principal obstacle à l'achat d’une menuiserie bois », expose Arnaud Hennequin.
© VMA/JLC - Spécifique au bois, la finition Naboco garantit une peinture sans entretien pendant 10 ans, un argument de rupture pour Swao face aux standards du marché
Cette évolution accompagne un basculement majeur du marché : la finition en usine représente désormais 80 % de la production du Bignon, contre seulement 20 % de produits livrés en préfinition puis à peindre sur chantier. Ce changement s'explique par la volonté des clients de transférer la responsabilité de la durabilité à l'industriel et par un gain de temps sur les chantiers.
« Le secret d'une peinture durable réside dans la préparation de surface effectuée lors de l'usinage, une étape robotisée pour garantir la régularité du process », pointe Thomas Berçon en passant près des opérateurs de la ligne de peinture-lasure.
© VMA/JLC - Une solution spécifique de bicoloration est mise en avant chez Bignon : laquage blanc à l'extérieur (souvent requis en Île-de-France) et finition chêne lasuré à l'intérieur pour préserver l'aspect chaleureux du bois ; ici, l’opératrice ôte les surcharges de peinture pour parfaire l’aspect final
Le label Naboco offre aussi un avantage concurrentiel véritable à Swao. « Bien que générant un surcoût de 5 à 6 % par rapport à un laquage classique, Naboco séduit de plus en plus les bailleurs sociaux et les gestionnaires de parcs immobiliers qui raisonnent en coût global. Souvent astreints à des clauses d'entretien strictes des menuiseries sur 30 ans, ils accueillent très favorablement la finition Naboco, garantie pendant 10 ans sans entretien : cela réduit d’autant la maintenance, qui peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros », détaille Grégory Debliqui, directeur commercial Swao.
© VMA/JLC - Placées sur leur palette de transport, ces menuiseries consciencieusement emballées sont prêtes pour l’expédition dans l’un des poids-lourds de Swao
Vitrage bas carbone et 100 % français
Une fois achevés, les ouvrants reçoivent leurs vitrages. « L’approvisionnement en vitrage est 100 % français, avec des partenariats actifs sur le vitrage bas carbone (Saint-Gobain, Soveriso) », explique Thomas Berçon. Une contrainte technique demeure : le bois impose des sections minimales pour garantir la tenue mécanique, ce qui influence les choix d'épaisseur des vitrages (souvent du 10 mm pour les solutions innovantes). Ainsi, la version "Passive 92" proposée par Swao est certifiée pour la construction passive avec des performances atteignant 0,6 W/m2K.
Si le PVC et l'aluminium dominent le marché de la menuiserie, le bois reste le matériau de prédilection pour le haut de gamme et le patrimoine. Plus que jamais, l’usine du Bignon montre sa volonté d'allier performance environnementale et exigence esthétique : la véritable âme du bois.
Photo ouverture © Groupe CETIH - Intégré en 2022 au Groupe CETIH (société à mission, 1 200 collaborateurs, 6 usines en France pour un CA de 215 M€), le site Bignon de Port-Brillet fabrique trois gammes : la menuiserie à l’ancienne (ou MA de 59 à 68 mm d'épaisseur), la menuiserie à recouvrement (ou BR de 59 à 68 mm d’épaisseur) et la menuiserie mixte (ou MBA) avec 3 épaisseurs possibles (70, 86 et 110 mm)
Source : verre-menuiserie.com