Triple vitrage : entre performances thermiques et contraintes

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Le triple vitrage va-t-il mettre au placard le double vitrage ? Pas sûr. En effet pour gagner en performance, il doit être utilisé à bon escient.

 

« La réduction des consommations énergétiques d’une construction passe par le renforcement de l’isolation thermique. Grâce à ses excellents résultats énergétiques,  le triple vitrage ouvre une nouvelle voie en matière de vitrages dits à "basse émissivité" ou à "isolation renforcée" », souligne Nelly Philipponnat, responsable marketing d’AGC Flat Glass Europe. Affichant des performances thermiques jusqu’à deux fois plus élevées que les menuiseries à double vitrage à isolation renforcée, les fenêtres à triple vitrage commencent à se développer sur le marché français de la maison résidentielle, après avoir gagné les pays nordiques et notamment l’Allemagne, où elles sont mises en œuvre depuis une quinzaine d’années dans des projets de maisons passives. Ces menuiseries super isolantes se composent de trois épaisseurs de verre, entre lesquelles la traditionnelle lame d’air a été remplacée par un gaz rare plus performant, du krypton ou de l’argon dans la majorité des cas. Leur pouvoir isolant est amélioré par le dépôt d’une fine pellicule d’oxydes métalliques sur les faces 2 et éventuellement 5 des verres : un triple vitrage étant doté de 6 faces, cela correspond à la face intérieure du verre extérieur et à la face extérieur du verre intérieur.

Un "U" inégalé

Principal avantage : une performance thermique exprimée par un coefficient de transmission thermique (U) égale à 0,8 W/m2.K, avec deux couches faiblement émissives performantes et des lames d’argon entre les vitres, voire de 0,5 W/m2.K si l’on utilise le krypton. « Par exemple, un triple vitrage assure au minimum une isolation 30 % supérieure à celle d’un double vitrage à Isolation Thermique Renforcée », souligne Martine Ollivier, chef de marché vitrage isolant Saint-Gobain Glass Solutions. Rappelons que les meilleurs doubles vitrages à isolation renforcée (VIR) offrent pour leur part, un coefficient de transmission thermique U de l’ordre de 1,2 à 1,1 W/m2K avec une lame d’argon entre les 2 vitres, et une lepointsur2-221.jpgcouche basse émissivité déposée sur la face intérieure du vitrage extérieur.

Si aujourd’hui, les fenêtres commencent à recevoir du triple vitrage, les fenêtres de toit ont aussi adopté ce produit. « La fenêtre de toit Triple Vitrage Velux dépasse largement les exigences de la réglementation en offrant plus de 25 % d’économies d’énergie par rapport à une fenêtre de toit classique. Elle constitue une des solutions s’inscrivant dans le cadre des labels BBC (Bâtiment Basse Consommation énergétique), Effinergie et PassivHaus », indique le fabricant Velux. Mais par rapport aux fenêtres, ce produit reçoit un vitrage feuilleté de série.

En sur-poids

Le double vitrage cédera-t-il la place au triple vitrage ? Ce n’est pas si sûr, en France. En effet, le triple vitrage possède certains inconvénients, notamment son poids. « La fabrication d’un triple vitrage requiert + 50 % de float, + 100 % de barrière d’étanchéité et + 100 % de couche basse émissivité », indiquait le SNFA dans une étude parue en 2007. D’où les contraintes d’intégration pour les fenêtres, impliquant l’augmentation de l’épaisseur du dormant et de l’ouvrant d’au moins 20 mm. Soit plus de 20 à 25 % de la matière première nécessaire !

Pour une épaisseur 4/12/4/12/4 de 36 mm, le poids s’élève à 30 kg/m2, tandis qu’avec un double vitrage, avec une épaisseur 4/16/4 de 24 mm, il est de 20 kg/m2. C’est pourquoi certains fabricants européens, notamment belges, suisses et allemands, ont résolu ce problème en remplaçant le verre intermédiaire du triple vitrage par un film plastique, plus léger et n’altérant pas les performances initiales de la fenêtre. Mais, ces productions restent marginales.

« Cette augmentation du poids des vitrages est contradictoire avec la diminution des efforts de manoeuvre et les positions de poignées exigées pour améliorer l’accessibilité des bâtiments », estimait le SNFA dans son étude. Elle demande une vérification des essais de fonctionnement en endurance et pour les forces de manœuvre ! Le triple vitrage nécessite une huisserie et une menuiserie adaptée. Cette charge supplémentaire tend notamment à fatiguer les charnières de l’ouvrant. Et à cause de son poids, le triple vitrage a aussi un coût sur les transports ainsi que sa mise en œuvre.

Label Cekal

Le label Cekal a depuis peu été attribué à des fabricants de triple vitrage. Il apporte une garantie de 10 ans sur les produits, et notamment sur l’imperméabilité des barrières d’étanchéité entre la lame de gaz et l’air extérieur. Ainsi, l’organisme a mis en place des moyens pour promouvoir la qualité des triples vitrages au travers de la certification.

Autre questionnement : en raison de ses 2 couches basse émissivité, le vitrage est soumis à des échauffements très importants. Autrement dit, avec les 2 barrières d’étanchéité, le triple vitrage multiplie les risques de casse pour un même vitrage. Et quel sera le comportement des 2 barrières d’étanchéité dans le temps ? Faut-il reconsidérer les règles relatives à la hauteur des feuillures ? En outre, dans certaines conditions climatiques, il peut apparaître de la condensation à l’extérieur, ce phénomène est dû à la forte isolation thermique du triple vitrage. Ce phénomène est passager mais peut malgré tout entraîner des désagréments. Dans ce cas, certains miroitiers recommandent d’utiliser un vitrage autonettoyant qui, grâce à ses fonctions de photocatalyse et d’hydrophilie, évite ce phénomène car l’eau de condensation ne reste pas sur le verre extérieur. Le vitrage autonettoyant étant disponible en version contrôle solaire, il peut être utilisé dans toutes les compositions. Par exemple, Saint-Gobain Glass propose le SGG Climatop Bioclean 70/50, le triple vitrage basse consommation d’énergie (BCE). « Côté extérieur, la couche du verre autonettoyant SGG Bioclean facilite l’entretien et maintient un haut niveau de transparence par tous les temps et empêche la formation de buée en cas de condensation.C e phénomène est d’ailleurs la preuve de la performance du vitrage. Aussi nous le préconisons  systématiquement », explique Martine Ollivier.

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