Les travaux de la « route solaire » ont commencé

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©Joachim Bertrand - Colas
©Joachim Bertrand - Colas

Ségolène Royal a inauguré dans l’Orne, les travaux du revêtement routier photovoltaïque, dite « route solaire », fabriquée par la Scop SNA, une première mondiale à cette échelle.

« La France a plus d’un million de kilomètres de routes (…) Pour la transition énergétique il est temps de transformer la route, hier simple ruban de bitume, en source d’énergie », a-t-elle déclaré après avoir visité l’usine SNA puis le chantier expérimental à Tourouvre (Orne).

Malgré la nuée de journalistes, la ministre s’est refusée à tout commentaire politique sur une éventuelle candidature à la primaire socialiste. « Aujourd’hui il n’y aura que le sujet route solaire, je suis sur la route solaire rien que la route solaire, c’est une première mondiale donc je ne veux pas disperser mon énergie ni vous détourner de cette réalisation extraordinaire », a-t-elle déclaré à la presse.

Le prototype de route solaire « Wattway », capable de capter l’énergie solaire et de produire de l’électricité, a été conçu par le groupe de BTP Colas, filiale de Bouygues, en partenariat avec le CEA Tech et l’Institut national de l’énergie solaire. Il sera testé à Tourouvre sur une longueur d’un kilomètre. Au total 2.800 m2 de dalles photovoltaïques recouvriront la chaussée de la route départementale 5, sur laquelle circulent en moyenne 2.000 véhicules par jour. Les dalles se posent directement sur les chaussées existantes.

La fin du chantier, qui a bénéficié d’une subvention publique de 5 millions d’euros, est prévue le 10 décembre.Ségolène Royal, qui était déjà venue en juillet inaugurer le projet, a dit par ailleurs souhaiter que « très rapidement, un chantier (…) d’environ un kilomètre, soit lancé sur une autoroute ou route nationale ».

©Colas
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« Très fines mais très résistantes, antidérapantes et conçues pour durer, les dalles Wattway peuvent supporter le passage de tout type de véhicules, y compris des poids lourds », souligne Colas. Selon les développeurs, ces dalles peuvent servir à alimenter en électricité le mobilier urbain, mais aussi des bâtiments, des commerces, des entreprises, et à recharger des bornes pour véhicules électriques. Elles pourraient également desservir des habitations situées dans des zones isolées, non raccordées au réseau électrique.

Colas met également en avant le fait que les chaussées routières ne sont occupées par des véhicules « que 10% du temps ». « C’est une utopie qui devient réalité, on peut faire de l’autoconsommation et renvoyer l’énergie sur le réseau. Le kilomètre que l’on va lancer aujourd’hui équivaut à la consommation de 5.000 usagers », s’est enthousiasmée la ministre.

Interrogé sur la question du coût de production, Jean-Charles Broizat, directeur du projet chez Colas, a répondu « avoir l’ambition, d’ici 2020, de rejoindre les coûts des panneaux photovoltaïques classiques ». Concernant le rendement, il a précisé que sur « 300 kW installés », les dalles Wattway produisaient « 5 à 10 kW de moins » que les panneaux situés sur des toitures inclinées.

Ségolène Royal s’est ensuite rendue à quelques kilomètres de là pour visiter l’unité de méthanisation d’un Gaec.

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