La transition énergétique : la 3ème révolution industrielle

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Vaisseau de bois, de métal et de verre en osmose avec son environnement, Aquamotion se déploie sur 15 000 m² au coeur de la Vanoise avec toiture végétalisée, choix énergétique raisonné et traitement optimisé de l’eau. Le système de mur-rideau Mecano 62 de Wicona s’est imposé pour sa haute technicité et la complexité des contraintes structurelles et topographiques ©Wicona
Vaisseau de bois, de métal et de verre en osmose avec son environnement, Aquamotion se déploie sur 15 000 m² au cœur de la Vanoise avec toiture végétalisée, choix énergétique raisonné et traitement optimisé de l’eau. Le système de mur-rideau Mecano 62 de Wicona s’est imposé pour sa haute technicité et la complexité des contraintes structurelles et topographiques ©Wicona

Au-delà des débats qui font rage autour de la question énergétique, même si le sujet n’est pas neuf, une nouvelle ère semble propulser le secteur du bâtiment au centre d’objectifs majeurs et tangibles, relancés sur les rails de la dernière COP 21. Mais si elle s’annonce énergétique, cette nouvelle quête d’un habitat vertueux et performant est tout autant économique, comportementale et sociétale, dans une vision systémique où s’impliquent de multiples acteurs et compétences transverses.

Industriels du verre et de la menuiserie, fédérations, architectes, chercheurs…, tous se sont emparés des enjeux liés à la mutation de l’habitat résidentiel et tertiaire depuis de nombreuses années déjà, et placent au cœur de leurs actions, la réflexion et le recul nécessaire pour valoriser l’innovation dans un avenir durable, désirable et soutenable.

La transition énergétique : une nouvelle ère annoncée pour l'habitat durable ©AGC Glass Europe
La transition énergétique : une nouvelle ère annoncée pour l’habitat durable ©AGC Glass Europe

«Qu’est-ce que la transition énergétique exactement ? »

Concept né en Allemagne et en Autriche dans les années 80 via l’Öko-Institut, le terme de transition énergétique a été repris en France en 2009. Promulguée le 17 août 2015, la loi transition énergétique pour la croissance verte fixe donc les grands objectifs du nouveau modèle énergétique français. Passage d’un système énergivore vers une approche écologique assumée et fondée sur des ressource renouvelables pour la quasi-totalité des activités humaines (transports, industries, construction, éclairage, chauffage…), la transition énergétique bouleverse les anciens schémas et inscrit de nouveaux paradigmes de pensée et d’actions en faveur de la maîtrise de nos impacts.

«Et concrètement… » On le sait, plus de 40 % des émissions de CO2 proviennent du bâtiment. Réduction de gaz à effet de serre de 40 % à l’horizon 2030, divisée par quatre en 2050, entre autres dispositifs louables à défaut d’être tous atteints, le texte met l’accent sur la rénovation thermique de bâtiments HQE, avec notamment 500 000 rénovations lourdes d’ici 2017. Fonds de garanti, instauration de bonus-malus pour inciter les propriétaires à réaliser des travaux d’écoénergies, crédit d’impôt renouvelé en 2016, carnet numérique de suivi et entretien des bâtiments, utilisation de matériaux biosourcés… parmi cette liste exhaustive, la loi précise par ailleurs que l’ensemble du parc immobilier français se doit d’être rénové en fonction des critères BBC ou assimilés à l’horizon 2050. «Sur le terrain, des industriels mobilisés… »

Bouyer Leroux utilise 60 % d’énergie renouvelable (biomasse et biogaz) ; ici sa production de biogaz ©Bouyer-Leroux
Bouyer Leroux utilise 60 % d’énergie renouvelable (biomasse et biogaz) ; ici sa production de biogaz ©Bouyer-Leroux

CÔTÉ MATÉRIAUX

Dans le cadre de l’utilisation de matériaux biosourcés, le groupe Bouyer Leroux se pose en modèle sur son site de La Séguinière (49), « un enjeu fort pour lequel nous avons franchi
une nouvelle étape » souligne Roland Besnard, Pdg du groupe. « Dans une stratégie de développement durable depuis 30 ans, nous diversifions notre biomasse et développons notre mix énergétique avec d’importants investissements pour l’optimisation de la qualité.

Notre mobilisation se situe à deux niveaux : en termes d’amélioration continue dans la maîtrise de notre process énergétique et en tant que société coopérative, vis-à-vis de notre responsabilisation collaborative » poursuit Roland Besnard. « Nous avons l’impérieux devoir d’acheter et restituer ces ressources aux collectivités et terres agricoles. Nous réintégrons nos déchets industriels et limitons la mise en décharge ».

Reconnu pour la qualité et l’originalité de son offre de solutions destinées aux bâtiments éco-performants, la part de combustible de substitution utilisé par Bouyer Leroux – biomasse et biogaz – est constituée en grande partie par le recyclage de ressources locales, et représente aujourd’hui plus de 60 % de sa consommation totale d’énergies renouvelables. Anticipant les réglementations, le fabricant répond ainsi aux exigences de développement durable à travers la gestion de ses ressources et la conception et fabrication de ses produits, objet d’évaluations FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire).

POUR EXEMPLES

« Au-delà de la COP 21 qui n’est pas exclusive, il y a la volonté d’aboutir à des résultats qui engagent toute la filière du bâtiment » enchaîne Jacques Llados, Directeur général de Schüco France. « Cette injonction au réchauffement climatique se transforme en une formidable opportunité pour nos industries. Face aux millions de logements en déperdition énergétique en France, Schüco travaille en R&D sur cette question pour des bâtiments à énergie positive, où nous engageons par ailleurs de nouveaux systèmes « green », à base de canne à sucre et huile de ricin ».

Jacques Llados, Directeur général Schüco France, s’engage sur les bâtiments à énergie positive et une importante coopération sociétale ; en arrière plan, le système paramétrique Schüco ouvre une nouvelle ère de liberté architecturale complexe ©V&MA
Jacques Llados, Directeur général Schüco France, s’engage sur les bâtiments à énergie positive et une importante coopération sociétale ; en arrière plan, le système paramétrique Schüco ouvre une nouvelle ère de liberté architecturale complexe ©V&MA

Côté warm edge, les solutions développées sur différents matériaux par TGI au sein de son Technoform Competence Center se sont déjà démarquées par des intercalaires en polymère biosourcé. En avance sur ce terrain, le Dirigeant de TGI France (groupe Technoform), Amaury Ramet, relève l’accueil de plus en plus favorable vis-à-vis de ses intercalaires fabriqués avec des matières naturelles : « nos intercalaires bio s’inscrivent dans cette même performance destinée à l’amélioration thermique d’un vitrage et à l’impact environnemental le plus faible possible ».

Le domolab de Saint-Gobain symbolise les technologies du bâtiment et ses matériaux « dans un raisonnement global de recherche et de performances d’un habitat durable et contribue à la mise en commun d’une expertise touchant les multiples applications et modularités (thermique, visuel, sécurité, accessibilité, esthétique, acoustique…) d’un habitat durable » explique Nelly Philipponnat, Directrice bâtiments durables Habitat France Saint-Gobain ; « nous participons à une véritable philosophie et ligne de conduite intégrant tous les paramètres pour une évolution vertueuse et novatrice de l’habitat en France ».

«Une chaîne de valeurs »

Pour Cekal, organisme certificateur depuis 1989 et fédérateur de la profession, « prime le souci de concret et de réalité du terrain, tout en amenant les informations auprès des adhérents et des réponses à leurs attentes », témoigne Nelly Philipponnat, Vice-Présidente Cekal.

« Il s’agit de l’implication au quotidien de toute une chaîne de compétences au fonctionnement collégial, permettant aux utilisateurs de vitrage de certifier la qualité et la performance de leurs produits, du composant jusqu’au process de fabrication. Nous ne pouvons pas parler de qualité environnementale si l’utilisateur ne reçoit pas un signal fort en termes de repères et contraintes de marquage et de traçabilité » légitime Nelly Philipponat. « Faire le choix de la pérennité demande une vigilance toujours plus accrue, en France et au niveau européen, et pose la question de l’évolution avec tous les acteurs concernés ».

Les intercalaires bio TGI anticipent les mutations énergétiques ©TGI
Les intercalaires bio TGI anticipent les mutations énergétiques ©TGI

Engagé pour le climat lors de la COP21 aux côtés de l’Institut Français du Design – qui lui a décerné au passage, le prix du design et la mention Eco Design pour Extens’K, concept innovant de valorisation du patrimoine immobilier et de l’optimisation énergétique – « Kawneer apporte des solutions complètes d’énergie et d’autonomie, et des réponses effectives à l’amélioration du confort et l’embellissement de l’espace de vie », indique Bertrand Lafaye, Responsable marketing communication Sud Europe de Kawneer.

« Travailler la performance énergétique entre dans une logique de confort et d’économie » et soutient des solutions industrielles dans la nouvelle dimension culturelle de cette croisade écologique. « La démarche fait adhérer le client final à cette notion » soulève Jacques Llados. Et c’est un des grands points de cette thématique, car pour la première fois, elle oriente une politique de l’offre et non plus de la demande. « Tout part du cheminement du produit et de son amélioration » rebondit Olivier Vincent, Directeur général Technal.

Valérie Vandermeulen, Directrice marketing et communication d'AGC France, défend le cercle vertueux des produits AGC et de ses services ©AGC France
Valérie Vandermeulen, Directrice marketing et communication d’AGC France, défend le cercle vertueux des produits AGC et de ses services ©AGC France

« L’efficacité énergétique passe par la défense des chaînes de valeur d’un véritable écosystème (de la conception à la prescription et la chaîne de fabrication jusqu’aux réseaux), et la gestion technique des bâtiments combinée à des solutions globales (ventilation, protection solaire…) ». De nouveaux enjeux entrepris par le SNFA (Syndicat national de la construction des Fenêtres-façades et Activités associées) et suivis de très près par Profils Systèmes. « Au-delà des effets d’annonce, il y a de nouvelles directions à prendre, de nouveaux consensus à adopter, l’appui de supports comme les FDES, mais beaucoup reste à faire » note Aymeric Reinert, Directeur général adjoint Profils Systèmes.

Le gammiste poursuit les avancées mesurables et chiffrables et anticipe de nouveaux matériaux et innovation avec son service R&D, où « l’interaction avec différents acteurs donne de nouvelles orientations ». Tirer vers le haut l’ensemble de la chaîne donc, avec le partage de savoir-faire, mais « lorsque nous parlons d’efficacité énergétique, il ne faut pas oublier que le maître mot est l’économie » relève Olivier Vincent, « dans tous les sens du terme : financier, performance et maîtrise de la rentabilité pour être durable ». Une économie volontariste qui tend à rejoindre l’économie circulaire.

Nelly Philipponnat, Directrice bâtiments durables Habitat France Saint-Gobain ©Nelly Philipponnat
Nelly Philipponnat, Directrice bâtiments
durables Habitat France Saint-Gobain ©Nelly Philipponnat

«Verre une nouvelle économie »

Circulaire, le terme tourne en boucle depuis plusieurs années déjà, mais concède à l’ambition vertueuse affichée, le manque d’audace générale en la matière. Pourtant, le cycle de vie d’un produit s’associe à un cercle vertueux non plus linéaire, mais s’attache à la réutilisation des matériaux, de l’eau, de l’énergie… et à de nouvelles implications entre fournisseur et fabricant.

L’énergie positive des bâtiments rejoint cette approche avec un habitat producteur de sa propre énergie. Labellisé cradle to cradle pour ses gammes de verres décoratifs Lacobel notamment, le verre AGC s’inscrit dans ce schéma global de conception et recyclage unifiés. « Ce label induit une orientation très importante en termes de qualité environnementale du produit, mais aussi vis-à-vis d’un transport respectueux » spécifie Valérie Vandermeulen, Directrice marketing et communication d’AGC France. « Nos centres logistiques de proximité impliquent directement cette gestion des kilomètres tout autant que celle d’un service optimisé ».

Le nouveau bâtiment de la Confiserie du Roy René, temple du calisson d’Aix entièrement recomposé par l’architecte marseillais Christophe Gulizzi, se réinvente en usine responsable avec panneaux photovoltaïques, retraitement biologique des eaux usées, et tire profit de sa notoriété en développant le tourisme industriel avec un objectif de 100 000 visiteurs annuels en 2017, source de nouvelle économie ; un investissement de 14 M€ avec les solutions Profils Systèmes pour des profilés qui se fondent dans le graphisme contemporain de l’édifice ©Christophe Gulizzi
Le nouveau bâtiment de la Confiserie du Roy René, temple du calisson d’Aix entièrement recomposé par l’architecte marseillais Christophe Gulizzi, se réinvente en usine responsable avec panneaux photovoltaïques, retraitement biologique des eaux usées, et tire profit de sa notoriété en développant le tourisme industriel avec un objectif de 100 000 visiteurs annuels en 2017, source de nouvelle économie ; un investissement de 14 M€ avec les solutions Profils Systèmes pour des profilés qui se fondent dans le graphisme contemporain de l’édifice ©Christophe Gulizzi

Riou Glass s’identifie dans ce même approvisionnement de proximité avec ses différentes usines régionales en France : « il faut faire coexister ce nouveau paradigme à travers une économie nouvelle et une autre approche des risques » analyse Sébastien Joly, Responsable marketing Riou Glass. Aux côtés de la gestion énergétique, acoustique, lumineuse et solaire du verre, et sa très haute technologie, Sébastien Joly soulève la problématique du recyclage, « le grand enjeu de la filière, moins en avance que le recyclage des menuiseries aluminium et PVC, mieux maîtrisé ».

La FPPV s’engage sur cette voie en 2016 : « l’Europe sollicite 70 % du recyclage dans le BTP, nous n’en sommes qu’à 5 % actuellement » déplore Benoît Leclercq, Président de la FFPV. « Depuis 1 an, nous recherchons les solutions techniques pour le recyclage du verre sur la base de l’exemple néerlandais (Flat Glass Recycling Nederland), opérationnel depuis 2002, permettant de récupérer le verre trempé et armé ! Ce projet pilote est mené en commun avec la FFB et le pôle fenêtres. Cette enquête lancée sur tout ce qui existe en matière de recyclage du verre, est notamment soutenue par l’Ademe en tant que projet original ».

(de g.à dr.) Christophe Gulizzi, Architecte et Aymeric Reinert, Directeur adjoint Profils Systèmes ©V&MA
(de g.à dr.) Christophe Gulizzi, Architecte et Aymeric Reinert, Directeur adjoint Profils Systèmes ©V&MA

De l’extraction de la matière première à la vie du bâtiment jusqu’à sa démolition, « la question se pose de la gestion du vitrage dans l’économie circulaire et la construction durable, complexe pour le diffus » note Julie Petit, Responsable Habitat Durable, « et de comprendre tous les labels internationaux qui peuvent se télescoper mais qui tirent le bâtiment par le haut ; un levier de bien-être, de productivité et d’économie énergétique ». « Avec l’économie circulaire, nous créons la richesse de l’intérieur » résume Valérie Vandermeulen… un pas direct vers la démarche sociétale !

«La dimension sociétale, productrice de nouvelles énergies positives »

Encore éludée ou édulcorée, la démarche sociétale convoque l’alter gestion des ressources humaines et parie sur l’épanouissement des talents et du bonheur au travail pour gagner à la fois en innovation et un meilleur rapport économique.

Julie Petit, Responsable Habitat durable Saint-Gobain ©Saint-Gobain Habitat
Julie Petit, Responsable Habitat durable Saint-Gobain ©Saint-Gobain Habitat

Performance responsable, management durable, collaborateurs acteurs de leur développement personnel et de celui de l’entreprise, Cadiou Industrie s’est largement engagé en RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise), que sa dirigeante Emmanuelle Legault-Cadiou a entraîné dans une démarche exceptionnelle, récompensée par de nombreux trophées. « Il faut avant tout être convaincu de la démarche » reconnaît Emmanuelle Legault-Cadiou.

A cet égard, le lancement de l’opération Cadiou Vision 2020 illustre la profondeur de cette approche stratégique globale de l’ETI bretonne, qui a pour vocation de s’inscrire rapidement dans une démarche d’économie circulaire avec la labellisation C2C (cradle to cradle). « Nous souhaitons agir davantage au niveau du recyclage et de la récupération auprès de nos artisans » annonce Emmanuel Legault-Cadiou. « A l’occasion du prochain Equipbaie, nous présenterons une nouvelle solution totalement inédite, en cohérence avec l’intégration de nos produits dans nos axes de développement durable ».

Benoît Leclercq, Président de la FFPV ©FFPV
Benoît Leclercq, Président de la FFPV ©FFPV

Sensible à un environnement privilégié avec vue sur la baie de Douarnenez, Cadiou se fond dans ce paysage remarquable, avec la mise en œuvre au printemps prochain de sa façade végétalisée et l’installation de panneaux solaires autonomes pour éclairer les coursives de son nouveau siège social. « Porter un autre regard sur l’entreprise, sous un autre angle », Emmanuelle Legault-Cadiou se donne pour mission la recherche de nouveaux vecteurs de progrès avec conviction et audace. « En tant qu’entrepreneur, nous pouvons aborder le développement autrement que par la pression des chiffres et une approche moins anxieuse » défend Emmanuelle Legault-Cadiou.

Modèle écopatient

la transition énergétique se lit comme un amortisseur social  et une résistance à l’emploi. « Bouyer-Leroux a vocation d’assumer la pérennité de l’emploi et faire les bons choix » stipule Roland Besnard, « notre statut de SCOP (Société Coopérative et Participative) depuis plus de 30 ans, amène l’ensemble des salariés de l’entreprise à associer leurs talents et leurs compétences pour en assurer le développement pérenne, en se fondant sur des valeurs fortes d’engagement, de solidarité et de respect pour proposer le meilleur ».

La démarche REVALO consiste au recyclage complet des fenêtres en fin de vie menée en partenariat par 4 grands noms du monde du bâtiment et du recyclage (AGC Glass Europe, GTM Bâtiment, VEKA Recyclage, VEOLIA Propreté)  ©AGC Glass Europe
La démarche REVALO consiste au recyclage complet des fenêtres en fin de vie menée en partenariat par 4 grands noms du monde du bâtiment et du recyclage (AGC Glass Europe, GTM Bâtiment, VEKA Recyclage, VEOLIA Propreté) ©AGC Glass Europe

Une détermination prise par les collaborateurs de Cadiou, participants volontaires pour les premiers Trophées Cadiou du Développement Durable dans l’une des 3 catégories (énergie, initiative environnementale et éco-conception), présentés en décembre devant un jury d’experts extérieurs à la société ; avec à la clé récompense financière de l’équipe gagnante et mise en œuvre de leur initiative.

« La qualité et l’analyse pour certains de l’amélioration de leurs outils et poste de travail, sont une formidable reconnaissance d’un regard ouvert à une autre gestion du capital humain dans l’entreprise », retient Emmanuelle Legault-Cadiou. Une vision partagée par Jacques Lladaos, Directeur général de Schüco, pour lequel « la nécessité de modifier nos comportements rend compte des informations données par les experts à la portée de tous. Je crois beaucoup à l’intelligence collective au niveau de la filière et du savoir partagé.

Cadiou Industrie, la façade végétalisée de son nouveau bâtiment se fondra avec la vue imprenable sur la baie de Douarnenez ©Cadiou Industrie
Cadiou Industrie, la façade végétalisée de son nouveau bâtiment se fondra avec la vue imprenable sur la baie de Douarnenez ©Cadiou Industrie

Cette année, j’engage Schüco à rejoindre le Club de l’amélioration de l’habitat avec l’ANA (Agence Nationale de l’Habitat) dans la lutte pour la précarité énergétique. En cohérence avec des groupes de travail, cette offre solidaire apporte une nouvelle légitimité et un nouvel enthousiasme à notre équipe ». Un management collaboratif, réjouissant et pragmatique, nerf de la réussite pour Jacques Llados, catalyseur transposé aux clients, prescripteurs et partenaires, au cœur de la transition énergétique.

«La transition numérique »

Autre sujet prioritaire, dans les 2 ans à venir, l’intégration du digital avec la prise en compte du BIM et l’assimilation des évolutions techniques, la recherche de l’optimisation avec les autres éléments constitutifs du bâtiment ; « une importante valeur ajoutée » exprime Roland Besnard, un sujet pris à bras le corps par Jacques Llados depuis son arrivée fin 2015 chez Schüco.

Emmanuelle Legault-Cadiou, une dirigeante empathique à l’écoute active, où la sensibilité et l’intiution féminine s’exprime dans un management sociétal alternatif ©Cadiou Industrie
Emmanuelle Legault-Cadiou, une dirigeante empathique à l’écoute active, où la sensibilité et l’intiution féminine s’exprime dans un management sociétal alternatif ©Cadiou Industrie

« La transition énergétique digitale offre une formidable opportunité pour accompagner les professionnels et les particuliers dans cette nouvelle voie numérique. Nous souhaitons exceller dans ce domaine avec notre logiciel de cotation de produits et data center. Une cotation pertinente permet une réduction des matières premières et garantit la qualité attendue ».

Véritable levier d’accélération pour la performance collaborative entre professionnels, d’aide à la décision pour la performance thermique des bâtiments et la réduction des déchets de fabrication dans les ateliers, la transition énergétique est aussi celle du numérique…

Et de la domotique

Parallèlement, la domotique vient se greffer au mouvement, motorisation et écosystème largement maîtrisés par Somfy et Delta Dore, acteurs majeurs de cette 3ème révolution industrielle. Même si le chemin reste encore long à parcourir pour une domotique toujours insuffisamment opérationnelle à grande échelle.

«Comment améliorer les maillons de la chaîne ? »

Du point du vue du chercheur et économiste, Jean-René Brunetière, (intervenant à la conférence Cekal à Batimat 2015), « tout le monde joue son rôle, économique, financier, politique, industriel, mais quant à l’exemplarité des pratiques, tout n’est pas aussi clair et simple. Entre la rationalité financière, les économies d’énergie et l’efficacité, reste la partie comportementale et un véritable travail de sensibilisation à renforcer vis-à-vis des utilisateurs ».

Jean-René Brunetière, Professeur à l’ESCP Europe et chercheur ; construire 500 000 logements par an, conformément à l'objectif que s'était fixé le gouvernement en 2013, permettrait de créer plus de 160 000 emplois annuels selon l’Insee, mais la sensibilisation et communication, 4ème pilier du développement durable, s’impose ©JR Brunetière
Jean-René Brunetière, Professeur à l’ESCP Europe et chercheur ; construire 500 000 logements par an, conformément à l’objectif que s’était fixé le gouvernement en 2013, permettrait de créer plus de 160 000 emplois annuels selon l’Insee, mais la sensibilisation et communication, 4ème pilier du développement durable, s’impose ©JR Brunetière

Ne pas tout attendre de la technologie, adopter les bonnes pratiques au quotidien (ne plus ouvrir une fenêtre parce qu’il fait trop chaud sans pour autant baisser le chauffage par exemple) « autant les industriels réagissent face à la consommation de carbone, autant l’usager est en décalage selon nos observations, mais le marché reste colossal et je fonde beaucoup d’espoir sur la professionnalisation de nouveaux métiers liés à cette transition énergétique,sur de nouvelles techniques et de nombreux nouveaux emplois qualifiés à terme » observe Jean-René Brunetière.

Mais la capacité aux hommes de trouver des solutions, la confiance en l’initiative libérée, énoncée lors du dernier congrès Somfy par Isaac Getz, coauteur de « Liberté & Cie », professeur à l’ESCP Europe et chercheur, dont les idées interpellent les dirigeants, laisse augurer la transition énergétique comme une chance à vivre, convoquant le bien-être, l’intelligence solidaire, une formidable créativité, et au final, de nouvelles raisons de croire en un avenir soutenable.

 

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