Toulouse (31) : Renaissance du Muséum

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tech1-216.jpgLe Muséum de Toulouse a rouvert ses portes après 10 ans de fermeture (fermé depuis fin 1997, pour des raisons de sécurité) et une totale refondation architecturale. Il devient ainsi « l’un des plus grands et plus audacieux Muséums d’Europe et offre un voyage fascinant à travers le temps », selon son équipe de direction. Le projet a nécessité un investissement d’environ 35 M€.

Le Muséum d’Histoire Naturelle a été ouvert au public en 1865, il faudra attendre les années 2000 pour qu’un projet de restructuration voit le jour. « Tout a été repensé dans cet ancien couvent, dont l’architecte Jean-Paul Viguier a recomposé l’espace en y ajoutant 3 000 m² d’un parcours initiatique », indique la direction. Ainsi, la superficie du bâtiment a été doublée (6 000 m²), en empiétant sur des terrains voisins. La surface dédiée aux expositions est de 3 000 m² sur trois étages : 2 600 m² sont réservés aux expositions permanentes et 400 m² pour les temporaires ; à cela s’ajoute une extension nouvelle de 1 000 m² de réserves, sous atmosphère contrôlée. Sur le bâtiment, Jean-Paul Viguier a imaginé une grande façade courbe vitrée, de 120 m de long sur 8,80 m de haut.

A l’origine de la mise en œuvre de cette façade, l’entreprise Realco, de Portet-sur-Garonne (31). « Nous avons fourni et posé toutes les menuiseries aluminium et les vitrages, pour la façade courbe, les verrières et les serres », précise M. Casonato, responsable Realco sur ce chantier ; « cette façade double-peau est composée de 1 000 m² de vitrages, multipliés par 2 pour créer une paroi intérieure et une paroi extérieure. Il y a 3 bandes de vitrages à l’extérieur et nous avons utilisé plusieurs types de vitrages : au rez-de-chaussée, il devait être anti-effraction ; donc nous avons installé un vitrage PS100 de 14 mm d’épaisseur, au premier étage, il s’agit de glace claire 88.2 de 16.8 mm, et au deuxième, nous avons monté du vitrage 66.2. Sur tout le rez-de-chaussée, avec le joint horizontal, nous avons du mettre des renforts sur la hauteur du verre, derrière le vitrage, pour qu’il soit pris sur les 4 côtés ». A l’intérieur detech2-216.jpg cette paroi courbe, des parois japonaises ont été posées. Ces parois sont des panneaux en tissus, qui coulissent sur un rail (2 rails mobiles et 2 fixes), équipés d’une barre de lestage en bas ; « elles permettent de garder une certaine obscurité à l’intérieur du Muséum, pour avoir une ambiance "muséographique" », précise M. Casonato. La pose de la façade a duré un mois et demi environ. Realco a également été responsable de la mise en œuvre de la verrière dans le Grand Carré, « nous avons effectivement installé de la verrière, qui n’existait pas avant. Elle est composée de volumes de 2,50 m x 2,50 m de doubles vitrages feuilletés. Un des défis de ce projet a consisté à fabriquer un outil spécial, puisqu’il était impossible d’y accéder avec une grue. Cet équipement spécifique est une sorte de potence, qui roulait sur les éléments métalliques, avec un palonnier à ventouses. Il nous a permis de prendre les vitrages au sol et de les monter ». Côté rénovation, Realco a aussi équipé le Muséum de menuiseries aluminium à frappe, à ouvrant caché (Technal).

L’architecte Jean-Paul Viguier a donc fait appel à Mermet, spécialisé dans les tissus techniques et décoratifs pour la protection solaire. Ce sont plus de 2 000 m² de tissus qui ont été installés sous les verrières et à l’intérieur de la façade double-peau, pour protéger de la lumière squelettes et autres chefs d’œuvre du Muséum. Les 397 parois japonaises motorisées ou manuelles, mentionnées par M. Casonato, mesurent 940 mm de large et sont de hauteurs variables (2 100 mm à 4 350 mm). Grâce à ces 2 lignes de tissus, installées de part et d’autre des 60 cm d’épaisseur de la façade, les squelettes exposés sont visibles de l’extérieur comme de l’intérieur (en ombre chinoise). Le fabricant a également préconisé l’utilisation de tissus de différentes ouvertures, selon l’emplacement ; ainsi, une déclinaison a été proposée : du plus fermé au bas du bâtiment au plus ouvert vers le haut, le tout dans le même coloris (Charcoal Huntergreen). En haut, le type d’ouverture apporte maîtrise de l’éblouissement et protection thermique et en bas, apport de lumière naturelle et ventilation. Le plafond du Grand Carré, constitué de la verrière à 16 m de haut, est aussi équipé des toiles Mermet, tendues sur 100 cadres fixes avec des toiles de 1 500 mm de large sur 3 000 mm de long, pour leur apport de lumière naturelle et leur maîtrise de l’éblouissement. Les toiles ont été fournies par Atès.

INTERVENANTS 
Realco
23 chemin des Palanques Sud
31120 Portet-sur-Garonne
Tél : 05 61 72 30 30
Fax : 05 61 72 33 21
 
Jean-Paul Viguier SA d’Architecture
www.viquier.com
 
 

Le Muséum de Toulouse a reçu le Prix Spécial du Jury lors du dernier palmarès Technal, qui récompense architectes et Aluminiers Technal, pour sa façade de verre ; il a accueilli plus de 14 500 visiteurs pour le premier week-end de sa réouverture.

C.J.

Crédit Photos : Muséum.Toulouse  

 

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