Toiles de store : quel assemblage ?

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toile-215.jpgQui des techniques de collage, de soudure ou de couture remportera la bataille ? À ce jour, nul ne peut le prédire, mais dans le monde de l’assemblage des toiles de store, les trois méthodes sont mises à l’épreuve.

Traditionnellement, la méthode utilisée pour assembler les toiles en acrylique dédiées aux stores est la couture. Le débat entre plusieurs méthodes d’assemblage semble lancé. Il ne date pas d’hier, mais jusqu’à présent, les machines permettant le collage étaient peu performantes. « Depuis quelques années, les fabricants ont mis au point des machines fiables et presque aussi rapides que les automates, les pionniers en la matière sont les Italiens, qui ont été rapidement suivis par les Allemands » constate David Corfmat, directeur commercial de Dickson-Constant. En France, aujourd’hui des confectionneurs s’équipent.

La guerre des prix

Dans la profession, la question soulève plusieurs thématiques. La couture semble sur la sellette ; les critiques fusent. Exemple : le fait de coudre deux bannes créé obligatoirement une surépaisseur, puisque les deux tissus se chevauchent. Résultats, des frisures apparaissent sur les zones de friction de la couture et de l’ourlet lors de l’enroulement. A contrario, la colle permet de diminuer l’épaisseur de l’assemblage et donc de la toile. C’est le cas avec la soudure par ultrason (voir encadré) qui permet de chauffer le plastique et de l’écraser, mais quid de la technique avec apport ? Celle-ci met en œuvre une bande autocollante appliquée sur les lés. Ses propres apports chimiques risquent de la dégrader dans le temps. Pour les uns, la méthode du collage permet aussi de gagner en esthétique, car la jonction devient invisible.Bernard Marsaux, directeur général de Latim, se déclare favorable au collage parce qu’il permet « une jonction des lés à 100 % ». Mais pour d’autres, la couture est justement un atout. Les surpiqûres présentent en effet l’opportunité de jouer avec les couleurs et de donner à la toile un style et un relief particulier. Bernard Marsaux avance un autre argument : « la couleur des fils en polyester s’estompe avec le temps ; la couture, au départ invisible, devient visible et blanchie, ce qui n’est pas joli sur une toile foncée ». La colle garantirait une parfaite imperméabilité aux toiles, un avantage particulièrement recherché par les utilisations des stores aux terrasses des cafés et des restaurants. La couture, elle, la mettrait en péril, car l’aiguille perce la toile. « Un faux problème », selon Bernard Marsaux, « puisque l’eau s’infiltre par le centre et vient se loger en partie basse alors que l’assemblage s’opère en haut de la toile ». D’ailleurs certains fils sont plus efficaces que d’autres pour contourner le problème.

La soudure par ultrason, l’avenir ? 

Alors que le collage met en œuvre une bande autocollante chauffée, la soudure par ultrason élimine la diffusion d’air chaud. Le directeur des Ateliers de Bâchage du Centr (ABC), Daniel Matussière, n’en démord pas, "la meilleure solution, la plus étanche et celle qui génère le moins d’épaisseur à l’enroulement est bien la soudure par ultrason". Le directeur d’ABC confie avoir réalisé un investissement d’environ 100 00 € pour s’équiper d’une machine à ultrason." La mise en œuvre du matériel a demandé du temps, notamment pour maîtriser la programmation de la machine. Mais la solution lui donne satisfaction. Elle n’entraîne aucune altération de la toile.

D’autres se montrent prudents. Ainsi, Christophe Taillander, chef de produit chez Soliso affirme : « les toiles sont exposées aux intempéries. Or, nous n’avons pas suffisamment de recul pour valider la technique du collage. Nous avons commencé des tests, mais il faut au moins trois ans pour vérifier la bonne tenue du système dans le temps ». Plus avancée, l’opinion de David Corfmat se base sur les essais éprouvés : « les tests de traction sont bons, finalement il n’y a pas une méthode meilleure que l’autre et je pense que l’on peut raisonnablement estimer que d’ici trois à cinq ans, le collage et la soudure représenteront 30 % du marché, mais guère plus ». Autre atout pour la méthode traditionnelle : son prix. La couture coûte bien moins cher que les autres techniques. Enfin, explique encore Bernard Marsaux, « les machines automatiques utilisées en couture gèrent à la fois la coupe des lés et l’assemblage du tissu, une seule opération suffit, ce qui n’est pas encore le cas des machines à coller ». La couture aurait donc encore de beaux jours devant elle. Les jeux sont-ils faits ?

V.M.

Crédits photos : Dickson-Constant 

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