|
Maîtriser
la chaleur
Autres facteurs à prendre en compte lors de la conception d’une
verrière : la chaleur. Cependant, la RT 2005 ne donne aucune exigence particulière
pour les verrières. Elles sont exclues de l’obligation pour le neuf et la
rénovation d’obtenir un niveau minimal d’isolation thermique comme ce qui est
exigé pour les façades et les menuiseries. En réalité, la performance thermique
de la verrière n’intervient que dans le bilan global du bâtiment. D’un côté, les
verrières inclinées sont intéressantes au niveau de la performance thermique,
car elles apportent davantage de chaleur solaire gratuite que les fenêtres
verticales. Ceci est particulièrement important pour tous les vitrages inclinés. Mais
d’un autre côté, la transmission excessive de chaleur et de lumière par les
vitrages peut être aussi problématique que d’essayer de les retenir à
l’intérieur. « Toute personne ayant installé une verrière sur un mur
orienté au sud peut témoigner des températures élevées.Heureusement, il n’est
plus nécessaire de sacrifier la bonne efficacité thermique pour réduire la
chaleur du soleil, car nous pouvons combiner ces deux propriétés dans un même
produit », explique Pilkington. Le contrôle de la chaleur du soleil peut
se faire de diverses façons. La plus populaire consiste à utiliser un verre coloré,
qui réduit simplement la transmission de chaleur entrante. Un verre avec un film
PVB intermédiaire teinté permet aussi d’obtenir un effet similaire. Pour
augmenter encore les performances, il existe bien entendu le verre traité
contrôle solaire. Les vitrages à contrôle solaire maîtrisent l’énergie solaire
qui pénètre à l’intérieur d’un bâtiment. « La préconisation de vitrages
à fonction solaire pour une verrière ou un toit de verre doit être systématique
dans certains cas. Ce type de verre évite l’effet de serre.Il faut diminuer les
entrées d’énergie pour baisser la consommation de climatisation »,
souligne Bruno Carrel-Billiard, responsable produits ITR Saint-Gobain Glass. Le
choix du contrôle solaire dépend de l’orientation (Nord ou Sud). « Si la
verrière est dans un environnement frais, très ombragé ou orientée plein nord,
il est possible de remplacer le verre à contrôle solaire par un verre isolant
"hiver" moins élaboré qui conserve la chaleur à l’intérieur, tout en
la laissant entrer la chaleur du moindre rayon de soleil », explique
la société Vérandas et Verrières.
Une luminosité contrôlée
La performance de
contrôle solaire, mesurée par le facteur solaire du vitrage, varie en fonction
de la quantité de chaleur absorbée par le verre et la quantité de chaleur
réfléchie. « Nous préconisons au maximum un facteur solaire 0,30 qui
signifie que 70 % d’énergie solaire est bloqué. Les surfaces des verrières sont
généralement grandes. Le but n’est pas de chauffer la pièce mais d’apporter de
la lumière », indique Bruno Carrel-Billiard. En outre, les verriers
proposent aujourd’hui des verres à couches qui permettent à la lumière
incidente de conserver une grande neutralité des couleurs. « Et dans
certains cas, une lumière tamisée est nécessaire comme dans le cas d’une
verrière au dessus de bureaux. Aujourd’hui, on préfère diminuer la luminosité
car il y a risque d’éblouissement », explique Bruno Carrel-Billiard. Pour
calculer une transmission lumineuse optimale, tout dépend de la surface
verrière. « Pour des toits de verre immenses, il est conseillé de
descendre jusqu’à une transmission lumineuse de 30 ou 40 % », précise
Bruno Carrel-Billiard. Mais ce type de verre possède un autre atout pour les
verrières ; « tandis qu’il s’oppose en été au réchauffement des pièces
provoqué par le rayonnement solaire indésirable, son coefficient Ug
exceptionnel lui permet également de conserver la chaleur à l’intérieur en
hiver », explique Pilkington. En effet, une verrière ne doit pas
seulement réduire la chaleur mais aussi la conserver. « Un vitrage
efficace permet de réduire les frais d’énergie, de rendre le lieu confortable
et de réduire les émissions de CO2 qui endommagent l’atmosphère terrestre »,
indique Pilkington
|
Des verrières photovoltaïques
|
|
« Aujourd’hui, les modules
photovoltaïques bi-verre permettent de concevoir des verrières et des toits »,
indique Bertrand Lafaye, responsable marketing et communication Kawneer. En
effet, le fabricant de profilés en collaboration avec BP Solar, spécialisé dans
la conception et la réalisation de systèmes solaires, commercialise un système
de verrière à énergie solaire. Outre un avantage énergétique, cette technologie
participe aussi à la performance thermique et à l’esthétique des bâtiments. Les
cellules photovoltaïques permettent de réaliser des effets lumineux du fait des
espaces entre cellules. Elles sont prises en feuillure de module bi-verre
intégré dans un double-vitrage. La disposition des cellules dans le module peut
varier afin de contrôler la quantité de lumière qui le traverse. « Les
verrières et couvertures solaires peuvent être ainsi construites avec les mêmes
techniques que celles des murs-rideaux inclinés. Ceci permet le remplacement
direct des panneaux de verre par un module opaque ou semi-transparent »
explique BP Solar.
|
Une prise en compte acoustique
A proximité d’un environnement
bruyant comme une route passagère, un chemin de fer ou sous une trajectoire de
vol d’avion, il faut utiliser du verre qui réduise le bruit à un niveau
acceptable. Il existe différentes méthodes pour y parvenir, en fonction de la
réduction souhaitée, y compris l’utilisation de verre feuilleté spécial. Une
bonne étanchéité à l’air améliore considérablement les niveaux sonores. Deux
panneaux de verre n’améliorent pas nécessairement le son en raison de la
résonance entre les panneaux, mais un verre avec différentes épaisseurs permet
d’obtenir des améliorations comme réduire le bruit de la pluie et de la grêle. « Il
est aussi possible d’améliorer la performance acoustique avec un feuilleté
silence dont le PVB est antibruit », souligne Bruno Carrel-Billiard. En
moyenne, il est possible de gagner de 1 à 3 dB par rapport à des compositions
verrières similaires sans PVB acoustique.
La résistance au feu
De plus, même en
toiture, la protection contre les incendies peut être une exigence de
conception. « Le verre résistant au feu peut être aussi exigé dans les
bâtiments comme les maisons résidentielles, les hôtels ou les gîtes, pour créer
des zones de sécurité ou des passages d’évacuation », explique Pilkington. Les
performances du verre résistant au feu sont exprimées en durées pour les
différentes qualités. Le critère le plus courant est l’intégrité, qui correspond
au temps pendant lequel le verre retient les flammes et les gaz chauds. Les
normes veulent que la durée minimale soit de 30 minutes. L’autre critère est
l’isolation, qui débute également à 30 minutes. L’isolation est la capacité du
verre à retenir la chaleur de l’incendie, de sorte que la température du verre
reste inférieure aux seuils indiqués. Tout verre de résistance au feu doit être
installé dans un châssis testé et approuvé avec le verre, pour garantir que
toute l’installation se comporte conformément au procès-verbal d’essai réalisé
selon les normes en vigueur.
Conjuguer la fonction autonettoyante
En outre, une
verrière ou un toit de verre peuvent conjuguer la fonction autonettoyante. Les
toits en verre, par nature, sont situés dans des zones difficiles d’accès, d’où
une utilisation idéale pour le verre autonettoyant. Cette fonction s’appuie sur
la pluie et sur les UV pour laver la saleté. « Ce procédé ne peut
fonctionner que si le verre est incliné de plus de 15° par rapport à
l’horizontale », précise Pilkington. Il peut être combiné à d’autres
types de verres pour des atouts supplémentaires, comme la sécurité, l’isolation
thermique ou le contrôle solaire. D’autres éléments comme la décoration et
l’intimité peuvent être pris en considération. En effet, les pièces sous les
toits vitrés ne sont pas protégées des regards. Un verre translucide peut être
utilisé comme garant de l’intimité tout en laissant pénétrer la lumière
nécessaire.
S.D.
Crédit photos : Kawneer - Architectural Systems - Wicona
|