S1 : Verre et sécurité : à chaque situation, une solution
Protection contre le feu
Un autre aspect de la sécurité qui concerne
le verre est la protection contre le feu. Les solutions concernent avant tout les
ERP, réglementation oblige. Elle se préoccupe essentiellement de la protection
des personnes. Elle précise les degrés de protection minimale exigés en fonction
des types de bâtiment et de leur activité. Selon des arrêtés ministériels du
ministère de l'intérieur, la réglementation considère deux éléments : la
réaction au feu des matériaux et leur résistance. Concernant la réaction au feu,
les critères prennent en compte la susceptibilité du verre à s'enflammer, sa capacité
à alimenter l'incendie et, en complément, la vitesse de combustion linéaire, la
production de gouttes enflammées ou de fumées, par exemple.
Conséquences des
nouvelles normes européennes, les classes de réaction au feu MO et M4
disparaissent au profit des euroclasses déterminées par de nouvelles méthodes
d'essais harmonisées. Autre élément, la résistance au feu des éléments de
construction qualifie leur capacité à s'opposer au feu (arrêté du 22 mars
2004). Le niveau de résistance est indiqué par une catégorie: E, EW ou EI. Cette indication est complétée
par une durée exprimée en minutes.Le classement, obtenu après essais de
résistance au feu dans un laboratoire agréé (du CTICM, du CSTB ou du GERBAM),
est consigné dans un Procès Verbal. Mais il est attribué à des éléments de
construction complets pour un domaine d'application déterminé. Les verres ne
peuvent en aucun cas obtenir des classements pare-flamme ou coupe-feu. Le procès
verbal de classement est toujours attribué à l'ensemble vitrage-menuiserie
encadrement, équipement et non au vitrage seul.
Verre armé, trempé ou feuilletés
Différents
types de verre peuvent être utilisés en résistance au feu. Les verres
monolithiques peuvent être armés, trempés, ou à coefficient de dilatation limitée. Le
verre armé est de moins en moins prescrit en utilisation courante en raison de
ses caractéristiques de sécurité limitées : en cas d'incendie, le vitrage
peut se fendiller, mais les éclats verre restent maintenus en place grâce à l'armature. Le
verre trempé, de faible épaisseur, reste transparent sous l'effet du feu, et s'il
se brise, se fragmente en petits morceaux qui présentent peu de danger. Mais
aujourd'hui, les verres feuilletés sont les plus utilisées en matière de
sécurité incendie, car ils affichent des performances plus élevées. En effet,
les verres trempés, armés, et à faible coefficient de dilatation sont utilisés
en pare-flamme d'une 1/2 heure à 2 heures. Et pour les verres feuilletés à
intercalaire intumescent, des degrés coupe-feu 2 heures peuvent être atteints.
Pour
les produits coupe-feu, ces verres utilisent des feuilles qui emprisonnent
entre un intercalaire intumescent et 7 intercalaires intumescents. L'intercalaire
intumescent est un produit transparent, qui gonfle sous l'effet de la chaleur. Il
se consolide et devient opaque pour constituer une barrière contre la chaleur
et les flammes. L'opacification du vitrage réduit l'impression de chaleur et le
risque d'incendie, assurant une facilité d'évacuation ainsi qu'une protection
réelle des personnes et des biens.
Le verre anti-incendie se retrouve aussi dans
des systèmes de plus en innovants : verrière, collé bord à bord, portes
non encadrées... Promat propose un système de vitrages simplement positionnés bord
à bord. « Le montage avec des vitrages positionnés verticalement se
réalise sans montant intermédiaire », indique le fabricant. De son
côté, AGC a aussi développé son concept de cloisons filantes dépourvues de
traverses intermédiaire. En outre, le verrier propose une innovation des verres
anti-feu avec une nouvelle essence. « Nous proposons un PV pour utiliser
unchâssis en bois tendre, le Pin
Sylvestre ou Maritime, à condition que sa densité minimale soit de 590 kg/m3
en massif ou lamellé collé abouté. Il est validé en EI60, etvenir en EI30 et EW 30 », indique
Sandrine Desgrippes.
Verre anti-balles sous la EN 1063
Les verres anti-balles ont différentes
applications dans les banques, les bureaux de change, les ambassades ou les joailleries. Ils doivent satisfaire en
laboratoire à des essais de résistance selon la norme EN 1063. La variabilité
des surfaces maximales de contact développées au cours des chocs, ainsi que les
divers niveaux d'énergie conduisent cette norme à établir 7 classes (de BR1 à
BR 7) pour couvrir les exigences de protection correspondantes. Elles sont
fonction de l'arme utilisée, de la munition (poids et forme), de la distance
entre l'arme et l'éprouvette (5 m pour les armes de poing, 15 m pour les armes
d'épaule), des impacts d'éclats sur un écran placé à l'arrière de l'éprouvette. Les
tests définissent le degré de résistance atteint par une certaine composition
et donc ses domaines d'applications.L a norme EN 1063 définit aussi une
exigence complémentaire : elle permet de distinguer par la mention
« NS » les vitrages qui, sous l'action des impacts, ne génèrent pas
de projection d'éclats vulnérants.
Pour répondre à la norme, les verres sont des
« multifeuilletés ». Ce sont des verres feuilletés très épais et de
composition complexe. Ils peuvent être réalisés à partir de verre float et de
polycarbonate. La face intérieure en polycarbonate permet de protéger des éclats
de verre.
POINT DE VUE : Gabriel Marly, directeur de la prescription Saint-Gobain Glass
« La réglementation
en France est insuffisante, car elle ne s'applique qu'aux établissements
recevant du public. Pour ces bâtiments, elle encadre très bien l'utilisation
des verres de sécurité. Par contre ce n'est pas le cas pour les maisons
individuelles. Par exemple, il est anormal que pour une verrière installée chez
un particulier, il n'y ait pas d'exigences. Cette même remarque s'applique avec
les meubles où les produits verriers utilisés sont rarement sécurisés ».
Un centre d'essai spécial pare-balles
Par la décision du 23/11/2007 du
Ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, le Banc
Officiel d'Epreuve, situé à Saint-Etienne (42), est reconnu comme sous-traitant
de l'organisme notifié CTICM, pour la réalisation d'essais sur les verres
pare-balles, dans le cadre de la directive européenne 89/106/CEE "produits
de construction" sur le marquage CE. Ainsi, le Banc Officiel d'Epreuve
réalise des tests à l'aide de projections de balles, du calibre 22 LR au 20 x
139 mm, selon des standards européens et internationaux, ou selon des cahiers
des charges spécifiques. Trois tunnels de tirs sont mis à disposition pour ces
essais (deux tunnels de 30 m et un tunnel de 10 m). Des barrières infrarouges de
mesure de vitesse, ainsi qu'un radar Doppler évaluent avec précision la vitesse
des projectiles avant et après impacts. Si les essais s'avèrent conformes, le
laboratoire délivre un rapport officiel d'essais ainsi qu'un certificat de
conformité (en français, anglais, italien ou en espagnol);