S2 : Les verres à couches indispensables

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Combinaisons possibles

En outre, pour améliorer les performances d’un vitrage, il est tout à fait possible de combiner différents verres à couches, notamment pour les vitrages à isolation renforcée. « L’obtention d’un double vitrage à Isolation Thermique Renforcée SGG Climaplus Solar Control, se fait par l’assemblage d’un verre SGG Antelio avec un verre à basse émissivité du type SGG Planitherm Futur N », explique Martine Olivier. Introduite au début des années 1980, la technologie des Vitrages à Isolation Renforcée, ou VIR, n’a cessé d’évoluer et d’améliorer ses performances. « Aujourd’hui, la valeur Ug qui caractérise l’isolation thermique peut descendre jusqu’à 1,1 W/(m². K), nettement inférieure à celle d’un vitrage classique, 2,9 W/(m². K). Et un excellent facteur solaire de 0.42, caractérisant les VIR les plus performants pour le secteur de l’habitat, ne laisse passer que 42 % de l’énergie du soleil. Autant dire que 58 % de l’énergie solaire ne pénètre pas dans l’habitat », explique le groupement VIR, qui regroupe trois industriels du secteur du verre, AGC, Pilkington France et Saint-Gobain Glass. Un double vitrage VIR peut être qualifié par deux paramètres : le coefficient Ug significatif en hiver – plus il est bas, meilleure est son isolation thermique, et le facteur solaire – plus il est bas, plus grand sera le confort d’été. Dans le cas des VIR privilégiant le confort d’hiver, la couche peu émissive est positionnée indifféremment en face 2 ou 3 du double vitrage (voir schéma ci-après). Dans le cas des VIR avec fonction de contrôle solaire, la couche peu émissive est placée obligatoirement en face 2 : ils assurent un confort en toute saison, en diminuant considérablement les apports solaires l’été et en conservant le même niveau d’isolation thermique en hiver.

Un marquage obligatoire 

Depuis mars 2007, le marquage CE est obligatoire pour les verres à couches. Le marquage CE indique que le produit est conforme à la norme technique européenne appelée Norme Européenne Harmonisée (hEn). Pour les verres à couches, il s’agit de la EN 1096-4. "Le marquage CE a pris le pas sur l’euro-agrément pour les verres à couches", note Martine Olivier, directrice Marketing Saint-Gobain Glass. L’euro-agrément précisait les exigences techniques communes pour la certification des verres à couches : procédure d’identification, méthodes d’essais et d’évaluation des caractéristiques (comme l’émissivité, la transmission directe ou la réflexion solaires) et de leur durabilité.

Deux critères de sélection

De plus, « quelque soit l’ordre de priorité des exigences en matière de confort d’été ou d’hiver, les performances et les résultats sont variables », précise Olivier Cifani. En effet, la sélection du vitrageverre5-215.jpg s’opère selon 2 critères. La performance de contrôle solaire se fait suivant l’ensoleillement, l’orientation de la façade et la surface à vitrer, l’utilisateur optera alors pour le meilleur compromis entre la transmission lumineuse (TL) et la quantité d’énergie solaire entrant dans le bâtiment (facteur solaire g). Le deuxième critère, et pas des moindres, est l’esthétique vue de l’extérieur du bâtiment. L’aspect (couleur, intensité, réflexion) du vitrage varie aussi en fonction de l’orientation du bâtiment, de l’environnement du bâtiment, de la luminosité et de l’ensoleillement. Certains verres à couches tendres permettent aujourd’hui d’obtenir sur un support clair ; l’aspect extérieur de la plupart de ces vitrages reste neutre. « Leur réflexion lumineuse est proche de celle d’un double vitrage classique. Et l’utilisation d’un verre extra-clair accentue la neutralité et la transparence des verres de contrôle solaire neutres », explique Martine Olivier. L’emploi d’un verre de base teinté donne une coloration accentuée en réflexion et renforce la protection solaire. En fait, en plus de son orientation et de son exposition, l’aspect du verre dépend de la couche et de sa combinaison.

Une utilisation multiple

Les vitrages à couches peuvent être utilisés dans la plupart des types de façades : fenêtre en façade traditionnelle, mur-rideau traditionnel, mur-rideau VEC (Vitrage Extérieur Collé ou Structural Glazing), façade VEA (Vitrage Extérieur Attaché), double peau et vérandas. Cependant, les verres à couches peuvent révéler certaines déformations des images réfléchies, notamment s’il est trempé, monté en double vitrage, etc. Il s’agit d’une caractéristique inhérente au produit. Et suivant la distance, l’angle d’observation, les rapports d’éclairement entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment, l’aspect du vitrage présentera certaines variations, notamment au niveau des couleurs. « Les verres à couches connaissent un succès exponentiel. Ils sont adaptés pour répondre à la réglementation thermique », explique Olivier Cifani. En effet, la RT 2005 affiche l’objectif de réduire encore de 15 % les consommations énergétiques dans les bâtiments neufs et de renforcer les exigences sur le confort d’été. En outre, le secteur du bâtiment représente à lui seul 43 % de la consommation énergétique en France et 18 % des émissions de gaz à effet de serre dont 25 % des rejets de CO2. « Les marchés du verre à couches sont le tertiaire et les fenêtres », souligne Nelly Philipponnat. Aussi, avec plus de 400 000 logements construits chaque année en France et un marché porteur dans le tertiaire, les verres à couches ont un bel avenir devant eux.

S.D.

Crédit photo : AGC – Saint-Gobain Glass

Des revêtements en verre de très faible émissivité 

La R&D européenne développe actuellement des revêtements en verre avancés en vue d’améliorer le rendement énergétique des bâtiments de demain. Ainsi, le programme Energy, Environment and Sustainable Development a chargé le consortium 3RD GENLAC de porter la technologie de revêtement au niveau supérieur. Les sociétés Semco Glastechnik et Scheuten Glasgroep, basées respectivement en Allemagne et aux Pays-Bas, ont fait équipe pour produire un verre à couches affichant une émissivité (E) inférieure à 5%. Des tests approfondis des prototypes 3RD GENLAC ont fait apparaître des résultats très intéressants. Ainsi, le nouveau revêtement peut supporter un traitement thermique supérieur à 600° C sans subir de modification majeure de son émissivité et de ses autres propriétés thermiques. Il s’agit d’un point important, dans la mesure où un traitement thermique est souvent appliqué pour améliorer d’autres caractéristiques du verre, telle que sa résistance. En outre, d’un point de vue esthétique, le nouveau revêtement à faible émissivité ne provoque pas de distorsions indésirables des couleurs dans le spectre visible, même lorsque plusieurs composants de verre sont combinés. les partenaires du projet 3RD GENLAC ont introduit une demande de brevet pour leur découverte.

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