S2 : Des fenêtres aux couleurs régionales

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Les coulissants se nichent même dans les angles

La tendance est depuis quelques années aux grandes ouvertures. « D’ailleurs, entre 2002 et 2006, la quantité de coulissants produite a été multipliée par deux ; il s’agit de produits industrialisés, qui apportent non seulement un grand confort d’utilisation, mais assurent le plein passage du salon vers la terrasse », remarque Jean-Pierre Liébot. Au niveau des formes, depuis deux ans environ, Schüco commercialise un coulissant, le Royal S-28, qui se caractérise, de son côté, par ses formes arrondies. Aujourd’hui, les solutions multirails se multiplient, qui permettent de bénéficier de coulissants s’ouvrant sur 10 mètres ! Ainsi, Kawneer propose des systèmes de quatre à huit rails pour obtenir les largeurs d’ouverture souhaitées. Une autre solution consiste à mettre en œuvre un galandage monorail. Son principal intérêt est de permettre l’ouverture totale d’un espace donné, puisque le ventail disparaît entre la cloison et le mur. Parmi les nouveautés présentées à Batimat, Kawneer a exposé son coulissant d’angle, qui permet de s’adapter aux angles des constructions neuves. Le volet coulissant peut même remplacer le vantail extérieur : dans ce cas, le coulissant est équipé d’un vantail classique, rempli de lames de volet battant en aluminium. En revanche, le vantail intérieur est conçu en vitrage. Innovant, ce produit remplit plusieurs fonctions, de l’occultation à l’ouverture totale de la pièce.

Bloc-baie : l’essor du demi-linteau ?

Le bloc-baie intègre un volet roulant dans un cadre en béton en général invisible. Compobaie mène depuis longtemps une réflexion sur la partie architecturale de ses produits qui doivent s’inscrire dans l’habitat en tenant compte des particularismes régionaux. C’est pourquoi le produit, fabriqué en série au niveau national, décline des encadrements différents selon les régions. Une version « briquette » est commercialisée au Nord, alors que le béton lice blanc est dédié aux façades contemporaines du littoral méditerranéen, par exemple. De son côté, avec son ouvrant visible monobloc (fenêtre avec tapée rapportée), Kawneer produit une menuiserie très fine qui offre un maximum de clair de vitrage et donc un apport de lumière plus important. «Un tel produit permet de gagner environ 15 % de clair de vitrage », commente  Bertrand Lafaye, responsable marketing et communication de Kawneer France. L’AA765 Calory s’adapte à toutes les épaisseurs requises pour l’isolation intérieure, 100, 120,140 ou 160 mm. Autremenui5-215.jpg avantage : la facilité de mise en œuvre. Le profilé tubulaire du cadre est plus rigide que celui d’un dormant classique, résultat : les alignements sont plus faciles à effectuer. La menuiserie, plus rigide, est globalement moins fragile, le transport plus aisé. Enfin, le fabricant avec ses gammes Kawneer et Initial adopte les mêmes accessoires de pose, histoire de faciliter la vie des artisans. Mais la grande innovation sur le marché est ailleurs. Il s’agit du bloc-baie à demi linteau. Parmi les nouveautés présentées à Batimat en 2007, le bloc-baie à demi linteau a fait une apparition remarquée. Le coffre à demi linteau cible exclusivement le marché du neuf, car explique Christophe Bergogne, directeur marketing de Soprofen, « il se pose en une seule opération et s’intègre directement dans le gros œuvre ». D’ailleurs, explique-t-il, « il faudra certainement attendre quelques mois voire quelques années avant que le demi linteau n’explose réellement sur le marché, car il est nécessaire de changer le mode de construction de l’habitat. Et, pour y parvenir, les industriels doivent convaincre les promoteurs immobiliers et les prescripteurs de son efficience ». Alors en quoi ce concept est-il innovant ? Il l’est d’abord dans la mesure où il réunit les fabricants de menuiserie et les industriels du linteau en béton. Le concept associe deux composants ; un élément de maçonnerie et un coffre fenêtre monobloc. Sa particularité consiste à bénéficier à la fois des avantages d’un bloc-baie (le volet roulant est pré-monté sur la menuiserie et la pose s’effectue en une seule opération ) et de l’esthétique d’un coffre invisible. Deceuninck a déjà lancé une offre, baptisée "Storbox". « La mise au point d’un coffre demi linteau est complexe, car elle nécessite la collaboration de plusieurs acteurs du marché, nous avons ainsi travaillé avec des pavilloneurs, des accessoiristes de volet roulant, des clients menuisiers » confie Jacques Guérin, directeur technique de Deceuninck. Ce nouveau concept a été conçu pour gagner du temps lors de la pose et garantir une réalisation homogène. Un coffre tunnel mélange du ciment et du bois, souvent des fissures entre les deux matériaux apparaissent et les artisans sont contraints de revenir sur les chantiers pour reposer le volet roulant. Avec le demi linteau, ce risque disparaît. La pose s’effectue en une seule opération. En outre, le fait que la solution propose un coffre entièrement fermé à l’intérieur de la maçonnerie assure une étanchéité parfaite à l’ensemble. Le transport du volet roulant est également favorisé puisque ce dernier est protégé et ne peut plus être abîmé lors des opérations de manutentions. Enfin, le produit n’est exposé ni aux intempéries, ni aux UV. Le coffre, invisible puisqu’il se glisse en sous-face du linteau, peut être fabriqué en matière recyclable, comme c’est le cas chez Deceuninck. Bouvet occupe également ce marché avec la commercialisation de son bloc-baie "Isolys" constitué d’un volet roulant traditionnel posé sur une des menuiseries du fabricant, "Coloriance", "Altuce", "Odace" ou "Grand Large". L’ensemble se met en œuvre sur un linteau décaissé : une façade PVC intérieure vient assurer l’étanchéité entre la réservation du volet roulant et le doublage. D’autres systèmes devraient apparaître prochainement sur le marché, et les prototypes céder la place aux produits. C’est le cas du BBL de Rehau présentant un coffre en PVC recyclé composée d’une face rigide côté isolation intérieure et d’un revêtement isolant en matériau souple à l’extérieur.

L’oeil de boeuf sort de l’anonymat 

Dans la quête de clarté et de chaleur, les accessoires ont une carte maîtresse à jouer. Du reste, il semble qu’ils ne sont plus, comme par le passé, relégués dans les salles de bain ou les seules pièces d’eau. Aujourd’hui oeil-de-boeuf, demi-lune ou hublot équipent n’importent quel endroit de la maison, partout où le manque de lumière doit être palié. Laurent Bansard, directeur commercial de Boulangeot MEF, fabricant de fenêtres aux formes spécifiques (rondes, ovales, triangulaires), témoigne : "notre offre évolue fortement, elle est portée par la demande. Alors que dans les années 90, nos fenêtres avaient des diamètres de 40 à 50 cm, elles se sont élargies au fil des années pour atteindre aujourd’hui 70 à 80 cm de diamètre moyen". Les vitrages basculants peuplent tous les types d’ouvertures car ils sont plus pratiquent à nettoyer. Pour grands, plus nombreux, plus design, les accessoires font peau neuve. Ils deviennent plus techniques, équipés de vitrage anti-effraction ou/et à isolation thermique renforcée. Bref les produits montent en gamme. Ici, aussi la bicoloration fait une percée remarquée. Les fenêtres complémentaires suivent la tendance des blocs-baies et des coulissants. D’ailleurs, Boulangeot a récemment investi dans une nouvelle cabine de peinture qui lui permet de multiplier ses cadences de production par quatre. La fabrication sur-mesure progresse : "elle représente désormais 15% de notre chiffre d’affaires" explique encore Laurent bansard, "nos clients souhaitent des produits de plus en plus personnalisés, apportant des réponses à leurs préoccupations et à leur soucis esthétiques, certains désirants des ouvrants avec des petits bois, d’autres avec des croisillons, etc.". Enfin, parmi les formes disponibles, l’ovale s’impose comme un standard.

Des façades hautes en couleur

Si les architectes privilégient la sobriété pour habiller les façades des immeubles du secteur tertiaire, dans le résidentiel, chacun affirme ses préférences. À l’intérieur, le blanc fait toujours recette, mais il se pourrait menui7-215.jpgque les tendances "décoration" modifient cette tradition. Les industriels, qui multiplient leurs palettes, l’ont bien compris. La couleur envahit les commandes, y compris celles des fenêtres en PVC. « Les consommateurs commencent à savoir que la coloration du PVC fonctionne ; depuis trois ou quatre ans, nous observons une progression de la demande », témoigne Raphaël Conti, directeur commercial de Trocal (Groupe Profine France). Selon lui, « le marché décolle à la faveur de la technique du plaxage (voir encadré), que les gammistes semblent privilégier ». Alors, si l’essentiel des ventes de menuiserie PVC s’effectue en blanc, il y a fort à parier que cette tendance soit inversée dans les années à venir. Nos voisins européens ont initié le mouvement depuis longtemps : au Nord comme au Sud, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie : la couleur domine. Reste que la production de profilés colorés coûte plus cher et que le marché français est restreint par les contraintes budgétaires des consommateurs. Côté aluminium, aucun problème, tous les fabricants proposent au moins la palette RAL. Mieux, le bicolore s’impose. Il séduit puisqu’il offre l’opportunité d’afficher une identité à l’extérieur, sans pour autant bouleverser l’équilibre des tonalités à l’intérieur. K●Line, par exemple, s’adapte aux contraintes régionales et propose le rouge basque, le bleu breton, un bleu pastel pour la côte vendéenne, etc. Ainsi, les particularismes locaux et leurs codes esthétiques sont respectés. Jean-Pierre Liébot témoigne : « le bicolore représente aujourd’hui 60 % de nos ventes ». La tendance semble confirmée par l’enquête "Le marché de la fenêtre en France en 2006", réalisée par Batim Etudes pour le compte des organisations professionnelles SNFA-SNFMI-UCMP-UFPVC, et publiée en juillet 2007: alors que 4 % des fenêtres en aluminium étaient bicolores en France en 2002, les produits bicolores atteignent 13 % des ventes en 2006. La croissance est donc bien vertigineuse. À côté de la palette RAL, désormais classique, les industrielsmenui6-215.jpg proposent de nouvelles offres pour donner aux façades un aspect plus contemporain. Ainsi, remarque Franck Gautier, « la demande se porte de plus en plus sur les tons bois ». Si cette couleur a longtemps souffert d’un niveau de qualité médiocre, aujourd’hui, affirme-t-il, « Schüco a mis au point un process de finition conforme à la norme Qualidéco qui garantit une esthétique dans la longévité ». Concrètement, le système de finition résiste mieux aux UV et l’aspect veinage ne s’estompe pas. Alors que l’anodisation décline, les reliefs en surface se développent. Finalement la couleur, comme les formes des fenêtres, suit la tendance à la régionalisation. Les régions où l’architecture en pierre domine, revêtent des encadrements aux aspects jaunes pierre alors que dans d’autres – le Nord par exemple, la briquette l’emporte. Face à leurs fenêtres, les utilisateurs se montrent de plus en plus exigeants : esthétiques, les blocs-baie doivent l’être, presque jusqu’à faire disparaître leurs éléments, mais ils doivent garantir un bon niveau de confort, une isolation optimale, tout en drainant la lumière et la chaleur extérieure en hiver. Les industriels qui améliorent leurs produits devraient encore nous surprendre…

V.M.

Crédit photos : Kawneer – Deprat – Soprofen – K•Line


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