S1 : Fenêtres & portes d’entrée en rénovation

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Distribution de supports et suivi des chantiers

Pour remédier aux désordres et faciliter le travail de leurs clients, les industriels s’efforcent de leur donner un maximum d’informations. En général, les profilés, les systèmes et les portes sont livrés avec une notice de pose, riche en recommandations. Ces notices sont, le cas échéant, mises en ligne sur les sites Web des fabricants. Ainsi, Sepalumic édite des fiches techniques. « Nous nous sommes rendu compte en envoyant des techniciens sur le terrain, que les dysfonctionnements des coulissants provenaient souvent de mauvais réglages, nous faisons donc de la prévention » raconte Benoît Sibertin-Blanc, le directeur marketing. Les sites Internet des industriels regorgent d’ailleurs de conseils et rappellent dans leurs grandes lignes, les règles techniques décrites par les DTU (voir encadré). Initial a revu le contenu de son site et la nouvelle version propose un espace « Privilège » réservé aux professionnels, clients de la marque qui en saisissant leur code d’accès peuvent consulter ou télécharger le catalogue technique, les notices de pose et de réglage, la fiche de pose en rénovation dédiée aux fenêtres, la fiche dédiée aux coulissants, aux réglages de pommelles, etc.

Les fabricants invitent également leurs clients à participer à des visites d’usines. Ces journées sont l’occasion d’enrichir leur connaissance puisqu’en voyant le processus de fabrication du produit, ils peuvent mieux le comprendre et donc mieux appréhender sa pose. « Lorsque nous travaillons avec un nouveau client, nos techniciens le reçoivent et le forment à la mise en œuvre » précise Benoît Sibertin-Blanc. Ces techniciens, qui ont longtemps travaillé en atelier, disposent d’un véritable savoir-faire qu’ils transmettent aux installateurs. De nombreux industriels disposent en outre d’équipes techniques capables de se rendre sur le terrain, en région, visiter les chantiers. Chez velux, des techniciens sont rattachés aux agences commerciales basées en région et interviennent en amont. Mais, après la réalisation des travaux, si un problème apparaît, c’est le SAV qui prend le relais. Ce dernier emploie une soixantaine de techniciens qu’il dépêche sur place. Technal dispose également d’une équipe de techniciens itinérants qui se rendent, à la demande des installateurs, dans les ateliers ou sur les chantiers pour leur prêter main-forte notamment au démarrage ou à la pose de réalisation complexe. « Les commerciaux ont aussi un rôle important à jouer » affirme Pascal Métayer, car étant en contact direct avec les installateurs, ils peuvent les accompagner dans la mise en œuvre d’un produit complexe ou leur apporter des compléments d’informations.

Des centres de formation plus nombreux

Les industriels développent deux stratégies en matière de formation. Ceux qui ne disposent pas de réseaux exclusifs proposent des formations courtes techniques ou commerciales à leurs clients. Les autres, ceux qui ont créé un réseau d’installateurs agréés, dispensent des formations ouvertes exclusivement aux membres du réseau. La formation entre alors dans le cadre de la boîte à outils que l’industriel s’engage à fournir à l’installateur au moment où ils concluent leur partenariat. K.line fait partie de la première catégorie. L’industriel, qui vient d’ouvrir son centre de formation de plus de 400 m2, men3-222.jpgpropose des sessions courtes de deux jours sur trois grands thèmes : la pose dans la construction neuve, la pose des neuf systèmes dédiés à la rénovation et la pose spécifique dans les nouveaux modes de construction (maison à ossature bois, brique mur et isolation par l’extérieur). Il s’agit d’acquérir le savoir-faire adapté à la mise en œuvre des produits commercialisés par ce fabricant.

Certaines écoles vont plus loin et proposent des modules de spécialisation. C’est le cas du centre de formation de Velux qui reçoit quelque 1000 installateurs par an. « Plusieurs modules permettent aux stagiaires de se spécialiser dans l’installation de verrières, de produits électriques, de capteurs solaires par exemple » indique Jean-Pierre Jacquet, le directeur marketing et communication du fabricant de fenêtres de toit. Les grandes enseignes comme Arts & Fenêtres, Atlantem ou Technal disposent d’écoles pour former leurs partenaires et leurs équipes. Quelques écoles dispensent des cours théoriques en matière de vente (accueil des clients, gestion de la relation), de réglementations (les normes, les DTU) et de technique (prise de cotes, maîtrise des réglages). Les formations sont également pratiques. Les écoles sont dotées de murs de pose.Les stagiaires peuvent alors appliquer les méthodologies apprises en cours et s’essayer à leur mise en œuvre. Les membres du réseau Solabaie d’Atlantem (groupe VM Matériaux) bénéficient des formations dispensées par l’ « Atelier VM ». « Mais », constate Patrick Sage, directeur communication et marketing d’Atlantem, « comme nos partenaires sont des techniciens, ils sont plus friands de formations commerciales que de sessions dédiées à la pose ».

De son côté, Technal délègue la formation de son réseau d’aluminiers à Delta Formation, une entité du groupe Hydro Building Systems France. Deux niveaux sont proposés : l’initiation (fabrique et pose d’une fenêtre, par exemple) et la spécialisation (aide à la fabrication d’un toit de véranda). Les stages accueillent les salariés de plusieurs entreprises du réseau et s’étalent sur une petite semaine. Conscients de leurs devoirs en matière de formation, et des difficultés que leurs clients rencontrent pour recruter de « bons » techniciens, faute de candidats, quelques fabricants se sont intéressés à la formation qualifiante.

Ainsi, Janneau a ouvert son école de pose en septembre dernier. La première promotion est constituée d’une petite dizaine de stagiaires, salariés chez ses partenaires. Les apprenants suivent une formation d’un an en alternance, qui sera couronnée par la remise d’un certificat consulaire. L’enseignement comprend les aspects réglementaires, les produits et leur fabrication, la pose et son optimisation, la sécurité, la coordination électrique, des bases de domotique pour coordonner des volets roulants et des stores, les gestes et postures ainsi qu’un module vente. Delta Formation propose deux formations en alternance : conducteur de travaux, chargé d’affaires en menuiserie alu et technico-commercial.L a première accueille une dizaine de jeunes de moins de 26 ans, embauchés par des aluminiers du réseau, en formation qualifiante en alternance. En dix-huit mois, ces jeunes sont formés au suivi et à la conduite de chantiers. De la prise en charge du devis à la livraison des travaux, ils seront capables de superviser toutes les étapes (chiffrage, plan, suivi de la production, contrôle du travail des poseurs).

L’émergence de tous ces centres de formation, adossés à des groupes industriels, prouve l’engagement des professionnels du secteur qui cherchent à pallier l’absence de formations diplômantes, à améliorer la qualité des prestations sur le terrain en aidant les installateurs à développer leurs compétences, et au final la satisfaction des clients.

Rappel : Les textes de références à consulter

La majorité des désordres constatés dans le secteur l’étant à l’occasion de travaux de rénovation, il peut être opportun de lire ou relire les documents techniques qui s’y rapportent.Le DTU 36.5 qui définit les règles de pose pour les fenêtres, quel que soit le matériau utilisé est actuellement en cours de mise à jour.Sa publication est prévue pour avril 2009. Le  D.T.U. 36.1/37.1 (publié en 2001) traite du choix des fenêtres et des portes extérieures en fonction de leur exposition.Le D.T.U. 37.1 (1984) dédié aux « Menuiseries métalliques«  propose un cahier des clauses techniques, des clauses spéciales et des annexes.Il a été complété en 2001 par un amendement consacré à la pose des menuiseries à rupture de pont thermique.Un autre document technique, le DTU 37.2 concerne les « Menuiseries métalliques en rénovation sur dormant existant« .Il recommande un examen préalable du support existant (notamment pour apprécier la résistance mécanique du dormant, vérifier ses fixations, estimer son étanchéité, l’état de sa liaison avec le gros œuvre).Il prescrit la mise en oeuvre d’une ventilation entre l’habillage extérieur et le dormant existant, s’intéresse au calfeutrement des joints et enfin rappelle les obligations en matière de fixations.Par ailleurs, la question de l’étanchéité des joints de façade par mise en œuvre de mastics, est abordée dans le DTU 44.1.

Crédits photos : Samic- Janneau

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