la RT2012 prend en compte le rôle de la lumière et des surfaces vitrées

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©Vir Vitrage
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La France a été pionnière et innovante en Europe en reconnaissant au travers de la RT 2012(1) l’importance de la lumière naturelle et des surfaces vitrées en imposant pour celles-ci la règle du 1/6 des surfaces habitables. Un projet de normalisation au niveau européen pourrait encore renforcer le rôle de la lumière naturelle dans les années à venir, avec un objectif clair d’améliorer le confort et le bien-être.

De plus, la révision de la directive européenne PEB (Performance Energétique des Bâtiments)(2) est une fantastique opportunité pour une meilleure prise en compte des bénéfices de la lumière naturelle, à la fois en matière énergétique mais aussi en matière de santé, confort et bien-être des occupants.

Au même titre que l’air et l’eau, la lumière naturelle s’est peu à peu imposée comme un élément essentiel de confort et de bien-être dans l’habitat. Avec la montée en charge des exigences environnementales, elle est désormais un levier déterminant de la performance énergétique.

Si de nombreux textes et normes posent l’exigence de la lumière naturelle dans les lieux de vie, il n’y a pas encore d’obligations réglementaires quantifiées relatives à l’éclairage naturel. Pourtant, tant du côté des professionnels de l’habitat que du grand public, la lumière naturelle s’impose non seulement comme un critère de confort et de bien-être mais aussi comme une réponse évidente aux enjeux de maîtrise de la consommation énergétique. Ainsi, 73 % des Français interrogés par IPSOS(3) en novembre 2013 disaient systématiquement privilégier la lumière naturelle sur la lumière artificielle dans leur logement et 91 % considéraient qu’elle a un impact positif sur les économies d’énergie.

Une préférence confirmée par les travaux de Monique Eleb, sociologue de l’Habitat, chercheur au laboratoire ACS de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais. Pour Monique Eleb, la lumière et l’orientation sont parmi les critères les plus importants pour choisir un logement. La réduction de leur taille dans les immeubles de ville a entrainé les architectes à compenser cette situation en traitant de façon plus subtile l’intervalle entre le dedans et le dehors : larges balcons, serres à double hauteur et parfois bioclimatiques, jardins d’hiver qui font aussi sas thermique, terrasses végétalisées, deviennent de véritables pièces à vivre. Ils donnent une respiration au logement en rendant les façades habitées et verdies. Dans tous ces dispositifs, le verre est très présent et offre à la fois des fluctuations heureuses de la lumière et des vues qui s’intériorisent, devenant un tableau changeant au fil de la journée.

Avec un regard d’historien, Daniel Siret, architecte, chercheur à l’école d’Architecture de Nantes et directeur du laboratoire CNRS AAU, montre que la prise en compte du rayonnement solaire dans l’architecture au XXe siècle, qui émerge dès la fin du XIXe siècle sous la pression des injonctions hygiénistes, va être un marqueur de la modernité dite « radieuse », posant des problèmes inédits aux architectes en relation avec le développement des surfaces vitrées en termes de surchauffe estivale, de dispositifs brise-soleil et de maîtrise des apports solaires.

Cette prise en compte des apports de la lumière naturelle, tant en matière énergétique qu’en termes de santé, de confort et de bien-être des occupants, est présente dans l’évolution des réglementations, que ce soit au niveau français ou européen. « La règle du 1/6(4)dans la RT 2012 a permis la reconnaissance de l’importance des surfaces vitrées et de la lumière naturelle.  La France, pionnière en Europe, a ainsi marqué un premier pas décisif. Il est important que la profession participe activement à la réflexion sur la contribution des surfaces vitrées comme un facteur holistique de performance et de confort de l’habitat, au-delà des aspects techniques et énergétiques. La révision de la directive européenne EPBD est une opportunité majeure pour la pleine reconnaissance de ces contributions » souligne Jacques Bordat, Président de la fédération des Industries du Verre.

La règle du 1/6 pour les surfaces vitrées de la RT 2012 pourrait aussi être complétée prochainement par un projet de normalisation européen appelé ‘’Daylight in buildings’’. Les préoccupations autour de la lumière naturelle, du confort et du bien-être, dépassent donc bien les frontières.

  • (1) RT 2012 : règlementation Thermique 2012
  • (2) EPBD (Energy Performance of Buildings Directive)
  • (3) Etude réalisée par IPSOS pour la société VELUX intitulée « Les Français et la luminosité de leur logement », novembre 2013
  • (4) Règle du 1/6 : la RT 2012 indique que les surfaces vitrées doivent au minimum représenter 1/6 (soit 17%) des surfaces habitables.

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