Quincaillerie, quels traitements de surfaces ?

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Le thermolaquage supplante l’anodisation dans le traitement des pièces qui composent la quincaillerie des menuiseries, car le procédé est plus généreux en termes de décoration et de coloris.

« Grâce à l’application de peintures en poudre thermodurcissables, nous obtenons une large palette de teintes et de textures » explique Luc Martin, le dirigeant du groupe Optitec, spécialisé dans le traitement des surfaces. Aspect métallisé, nacré, moucheté, givré, au niveau des textures, le choix est vaste et permet donc d’adapter le traitement des pièces de la quincaillerie aux tendances des menuiseries. En matières de couleur, le thermolaquage est également performant, la palette RAL est garantie ! Bleu, rouge, vert, les fenêtres des écoles maternelles sont plus sympathiques ! Le thermolaquage damne donc le pion à l’anodisation, aux potentiels à priori plus restreints. « Nous constatons une grosse pression du marché pour que les quincailleries soient de la même couleur ou du même aspect que les profilés aluminium, une tendance qui n’existe pas du tout dans le secteur des menuiseries en bois », explique Philippe Leclainche, secrétaire général de l’ADAL (association pour le développement de l’aluminium anodisé ou laqué). En réalité, les deux techniques présentent des avantages. Ainsi, « l’anodisation conserve la préférence de certains architectes car elle est la peau du métal alors que la peinture en est le gant » ajoute Philippe Leclainche.

Qualicoat : un label dédié au thermolaquage  

Le label Qualicoat concerne les produits en aluminium laqués en discontinu et après thermolaquage. Le thermolaquage comprend une préparation de surface, une conversion chimique (en général chromatation ou phospho-chromatation), l’application de la laque (en général en poudre polyester) et la cuisson au four. Les laques utilisées font l’objet d’un agrément préalable de Qualicoat qui vérifie leurs bonnes caractéristiques de tenue dans le temps. L’épaisseur de la couche de laque est d’au moins 60 micromètres. Le référentiel du label décrit les prescriptions techniques, les contrôles à effectuer et leur fréquence. Les principales caractéristiques contrôlées sont : l’épaisseur de la couche de conversion, la qualité des rinçages, l’épaisseur de la couche de laque, l’adhérence de la laque, la bonne polymérisation de la laque, la résistance mécanique de la laque, la résistance au brouillard salin acétique du produit laqué.

L’anodisation : la peau du matériau

Le procédé de l’anodisation permet de protéger ou de décorer une pièce en aluminium par oxydation anodique (couche électriquement isolante de 5 à 20 micromètres). La pièce est colorée par des teintes métallisées (gris clair, champagne ou brun mat notamment). L’opération se déroule en une succession de bains suivis de rinçage (un pour préparer la surface, un autre pour produire l’oxyde, un troisième pour la couleur et enfin le dernier pour stabiliser). Elle octroie aux matériaux une meilleure résistance à l’usure, à la corrosion et à la chaleur. Son épaisseur est déterminée selon la destination finale. Pour l’intérieur 5 micromètres sont suffisants, mais à l’extérieur, il faut lui donner davantage d’épaisseur : 10 micromètres au moins, voire 20 pour les milieux agressifs (bord de mer). Le risque de décollement n’existe pas, l’anodisation est extrêmement résistante, c’est pourquoi elle est recommandée pour équiper les menuiseries et les quincailleries de fenêtres particulièrement exposées.

A la Croisée DS, concepteur d’accessoires pour menuiseries, l’anodisation de l’aluminium a été abandonnée au profit de la poudre epoxi pour les pièces en aluminium et la peinture en phase liquide pour les pièces en matériaux de synthèse. Les résultats de l’anodisation étaient trop médiocres en matières de coloris, les teintes différaient selon que la pièce était plongée en début ou en fin de bain. « Le process que nous utilisons désormais est plus performant, plus rapide ; il nous permet de proposer la palette RAL et une bonne tenue dans le temps «  précise le porte-parole du fabricant. Avant d’administrer ce traitement aux pièces en aluminium, les industriels doivent régler le problème de la corrosion. Et pour obtenir des propriétés anticorrosion souhaitées, la solution avancée par Luc Martin consiste en une « passivation non chronique ». Les essais en brouillard salin réalisés prouvent son efficacité. Côté innovation, Luc Martin confie appliquer d’autres matériaux en plus d’aluminium.C ar, affirme-t-il, « les pièces en matériaux de synthèse répondent aux mêmes qualités mécaniques et esthétiques après traitement mais avec une meilleure réponse à l’anticorrosion ».

L’utilisation du logo  

En France, le label Qualicoat est géré par l’ADAL et fait l’objet d’une certification.Pour les effets spéciaux (bois, marbre), Qualicoat a mis en place un label spécifique Qualideco et pour les atmosphères dites « extrêmes », l’ADAL recommande une gamme « Qualité Marine » correspondant à une préparation de surface renforcée par un double décapage (alcalin puis acide) selon Qualimarine.

La galvanisation pour les pièces en acier

En ce qui concerne les pièces en acier, certes rarement utilisées dans la quincaillerie pour la menuiserie, il existe deux techniques : la protection par le zinc ou la finition par thermolaquage. En général, précise Marc Lapointe porte-parole de l’Association française des thermolaqueurs acier « seules les pièces visibles comme les poignées par exemple sont traitées, les mécanismes en acier souvent dissimulés, ne sont pas peints ». Ces pièces, à l’intérieur des menuiseries, s’usent et ne font pas l’objet de recherche de meilleure tenue dans le temps. Lorsque c’est le cas, elles sont galvanisées. La galvanisation correspond à la phase d’immersion de la pièce dans un bain de zinc, elle est ensuite refroidie à l’air libre et contrôlée.

gestionpro2-220.jpgLa question du traitement de surface préoccupe l’Union des Métalliers. Un des groupes de travail interne à la commission technique de l’Union est d’ailleurs dédié au sujet. Il a pour projet la réalisation de carnets traitants du thermolaquage et de la galvanisation. Ces carnets ont pour principal objectif de présenter les exigences de conception à respecter pour assurer un thermolaquage et/ou une galvanisation de qualité. Le carnet d’atelier consacré au thermolaquage est sorti l’année dernière, le numéro dédié à la galvanisation a été présenté lors du salon Equip’baie en novembre dernier. « Il répertorie les principaux défauts liés à la galvanisation d’ouvrage en acier et les précautions à prendre » explique Hervé Lamy, responsable technique de l’Union des Métalliers.Treize fiches pratiques indiquent les solutions à mettre en œuvre pour par exemple choisir les produits anti-adhérents (lors du dégraissage de la pièce à galvaniser) ou découper une pièce (mieux vaut la meuler, la brosser et la sabler pour éliminer les disparités liée à la découpe).

V.M.

Crédits photos : Optitec – Véronique Méot

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