Porte automatique piétonne : du renouveau et de la techno

0
460
Lacroix Portes Automatiques équipe la concession auto de BMW sur les Champs Elysées ©Xavier Boymond
Lacroix Portes Automatiques équipe la concession auto de BMW sur les Champs Elysées ©Xavier Boymond

Pratique pour gérer le trafic dans les halls d’entrée d’immeubles ou les flux à l’intérieur, la porte automatique piétonne se transforme en un produit multifonction et parie sur l’avenir.

Le marché des portes automatiques piétonnes coulissantes marque une certaine progression en France. En 2016, plus de 25 000 portes automatiques coulissantes auraient été vendues selon MSI Reports*, contre 6 500 à 7 000 unités pour les portes battantes.

MSI explique le succès des coulissantes par l’importance en France du parc d’hypermarchés et autres supérettes alimentaires qu’elle équipe, ainsi que par la démocratisation d’un produit qui depuis une dizaine d’années, s’installe également à l’entrée des commerces de proximité (boulangerie, bars-tabac) et des points de vente des réseaux de franchise.

Le dynamisme de la construction de locaux commerciaux et les investissements réalisés dans le secteur hospitalier ne seraient pas non plus étrangers au regain d’activité. Malgré la crise et le ralentissement enregistré en 2012 et 2013, le produit retrouve des couleurs. « Nous sommes optimistes », confirme Julien Crouzil, responsable marketing de Lacroix Portes Automatiques, « le marché a progressé en 2017 et le potentiel d’équipement est encore fort en France ».

Moins plébiscitées, « les portes automatiques battantes sont mises en oeuvre lorsque la configuration des locaux n’autorise pas le refoulement nécessaire à la porte coulissante », observe de son côté Damien Ruozzi, responsable maintenance de Citec Portes Automatiques. Quant aux portes tournantes automatiques, elles représentent une niche.

Isolation thermique et discrétion

Dans l’ensemble, le produit, depuis quelques années, s’est modernisé et a suivi les tendances de la menuiserie. Ainsi, la porte automatique piétonne s’équipe désormais de double vitrage et de profilés à rupture de pont thermique pour jouer un rôle dans le domaine de l’isolation thermique.

Lacroix Portes Automatiques a pris ce virage et intègre des vantaux de plus en plus lourds. D’ailleurs, explique Julien Crouzil, « nous proposons des produits très performants au niveau des portées de poids – jusqu’à 850 kg par exemple – grâce à la motorisation à courant alternatif ».

Citec Portes Automatiques, qui réalise des portes sur-mesure à la demande, dispose de plusieurs gammes : « avec des profilés de 18 mm d’épaisseur, 35 mm – plus résistants à l’effraction – et 46 mm pour les systèmes à rupture de pont thermique et pouvant accueillir du vitrage isolant », commente Damien Ruozzi.

Le fabricant, qui cible notamment une clientèle d’agenceurs et d’architectes, intervient sur des petits chantiers avec une offre de porte coulissante, battante et tambour. Softica a développé son offre depuis une dizaine d’années – et doublé récemment sa surface de production – et se positionne avec des produits étanches au froid, à l’air, au feu, etc. Esthétique, la porte automatique joue le jeu de la transparence et de la surface plus généreusement vitrée avec des profilés qui se font plus discrets.

A l’extérieur comme à l’intérieur, la porte piétonne se fait silencieuse pour préserver le confort des occupants du bâtiment. « Aujourd’hui, nous travaillons pour rendre la porte automatique plus silencieuse et plus discrète », témoigne Damien Ruozzi. Le silence fait également partie des sujets abordés par Lacroix. Tout comme Dormakaba qui a d’abord sorti Magneo, une gamme de coulissante intérieure particulièrement silencieuse et qui, aujourd’hui, revient avec une porte tournante silencieuse.

La sécurité, un enjeu fort

Une autre préoccupation du marché est la sécurité. « Aujourd’hui, la porte automatique battante amène de l’air frais dans le bâtiment, gère le désenfumage, répond aux besoins de résistance au feu, elle n’a pas de limites dans la réponse aux enjeux de sécurité », se félicite Frédéric Catherine, directeur technique chez Dormakaba.

Outre la sécurité incendie et les contraintes liées à certains secteurs d’activités (industrie pharmaceutique ou agroalimentaire par exemple), la sécurité des personnes et des biens représente un axe de développement pour les industriels. Chez Geze, Claire Schilis, responsable marketing le rappelle, « ces produits doivent répondre à des normes, or, nous regrettons que sur le marché, afin de baisser les prix, certains devis n’intègrent pas les radars de protection d’usage, avec les risques pris par les clients dans ce cas ».

Pour rappel, avec la norme NF EN 16005, les radars sécurisés remplacent peu à peu les jeux de cellules. Si ces systèmes sont onéreux, ils sont aussi obligatoires. Fabricant et fournisseur mondial de systèmes de confort et de sécurité pour les portes piétonnes et les portes industrielles automatiques, Bircher Reglomat met au point des systèmes pour différents types de porte, comme les détecteurs pour portes coulissantes : « les radars HF détecteurs de mouvement peuvent être utilisés pour la détection des personnes et des objets en approche et comme commande d’ouverture », précise Sylvain Tac, responsable Service clients de Bircher Reglomat.

Avec sa gamme de produits Prime, Bircher Reglomat propose également des technologies combinées, basées à la fois sur l’infrarouge actif et la technologie radar. Bircher Reglomat commercialise aussi des détecteurs de présence pour portes à vantaux : dans ce cas, le montage s’effectue des deux côtés, idéalement sur le vantail de porte.

Par ailleurs, Geze a développé avec Picard Serrures un système motorisé d’ouvre-porte encastré sans bras apparent (baptisé EMD invisible), une solution anti-vandalisme, conforme PMR. Le système Geze EMD Invisible équipe la porte de hall en acier sur pivot Estura de Picard Serrures.

Vers une porte intelligente

Autre innovation, « pour réduire l’automatisation des équipements qui est coûteuse en énergie, Geze permet grâce à une adaptation de Geze Powerturn IS/TS de n’automatiser qu’un seul vantail », indique Claire Schilis. Le second vantail, semi-fixe, n’est ouvert qu’en cas de besoin. On le voit, la porte automatique piétonne, produit technique, qui a souffert d’un manque d’innovations,s’enrichit aujourd’hui de fonctions à valeur ajoutée. Elle devient espace de communication chez Softica (lire l’encadré page 173).

Mais pas seulement. Demain, projette Damien Ruozzi, « notre objectif sera de rendre la porte automatique piétonne intelligente, afin qu’elle détecte elle-même ses potentiels dysfonctionnements et nous alerte avant que la panne ne se produise ». Pour l’heure, Softica annonce la création d’une application – qui sera commercialisée en 2018 – permettant de commander la porte à distance et d’accéder à diverses informations : état de la porte, maintenance connectée, statistiques, etc.

A l’intérieur, la porte automatique piétonne commence à se faire une place avec les offres de Softica, Dorma, etc. « Nous sommes présents et nous ciblons trois marchés avec nos gammes : l’accessibilité, l’hygiène et le standing », confirme Marion Rigaux. « Je crois beaucoup à ce produit, avec un positionnement prix plutôt bas, nous déposons des brevets afin de lancer une offre d’ici une année », déclare pour sa part Julien Crouzil. La porte intérieure devrait aussi se connecter, afin de proposer le contrôle de la manipulation à distance et séduire le marché du tertiaire comme celui du particulier. Car elle trouve toute sa légitimité dans le maintien à domicile, les logements aménagés pour les personnes à mobilité réduite, les EHPAD, les locaux de professions libérales, etc.

* Le marché des portes industrielles, commerciales et piétonnes en France (février 2017).

Softica innove avec une porte communicante

Avec Image’In, Softica propose une porte dotée de Leds éclairant des adhésifs … pour décorer l’entrée ou communiquer un message ! ©Softica
Avec Image’In, Softica propose une porte dotée de Leds éclairant des adhésifs … pour décorer l’entrée ou communiquer un message ! ©Softica

Softica lance Image’In, une porte automatique lumineuse disponible à l’automne 2017. Ce nouveau modèle est équipé de barettes de Leds éclairant des adhésifs. « La luminosité obtenue est homogène sur toute la surface du visuel, ainsi éclairé quel que soit l’état de la porte, fermée ou en mouvement », précise Marion Rigaux, responsable marketing de Softica.

Les adhésifs peuvent être déployés sur la paroi (sur 900 mm de large et 1 400 mm de hauteur) « Les adhésifs étant amovibles, ils permettent à l’entreprise de définir une stratégie de communication visuelle et de la décliner sur sa porte automatique », ajoute Marion Rigaux. Présentée à Architect at Work (événement 100 % dédié à la maîtrise d’oeuvre), cette nouvelle porte a reçu un excellent accueil de la part des architectes, selon Marion Rigaux.

 

Du côté des tambours

Tourniket Autofolding pour le passage de personnes à mobilité réduite ©Boon Edam
Tourniket Autofolding pour le passage de personnes à mobilité réduite ©Boon Edam

Marché de niche à valeur ajoutée, la porte tambour trouve sa place dans des immeubles de bureau, des halls d’hôtel ou encore dans les centres commerciaux, où elle joue la carte de l’isolation thermique. Elle est en concurrence avec la porte coulissante cintrée, également haut de gamme.

« Qualitative, elle apporte une réponse aux enjeux d’isolation thermique et phonique », affirme Sofia Imarraine, directrice commerciale de Boon Edam, fabricant. Au niveau esthétique, la porte tambour suit les tendances et s’habille de verre. Le Tourniket Crystal de Boon Edam, porte tournante constituée de verre et d’une structure avec des fixations en acier inoxydable réduites au minimum, en apporte une illustration.

Boon Edam propose aussi une porte adaptée aux PMR : le Tourniket Aufolding. Cette porte tournante à petit diamètre dispose d’un bouton poussoir, situé de chaque côté de la porte, qui permet de dégager l’accès pour les fauteuils roulants. Après une signalisation visuelle et sonore, la porte s’arrête et l’un des trois vantaux se rabat automatiquement pour permettre un passage plus large. Le Tourniket Autofolding est accessible aux fauteuils roulants à partir de Ø 2 800 mm.

 

3 Questions à Julie Verrecchia, responsable technique du Syndicat National de la Fermeture, de la Protection Solaire et des professions Associées (SNFPSA).

Julie Verrecchia, responsable technique du Syndicat National de la Fermeture, de la Protection Solaire et des professions Associées (SNFPSA) ©SNFPSA
Julie Verrecchia, responsable technique du Syndicat National de la Fermeture, de la Protection Solaire et des professions Associées (SNFPSA) ©SNFPSA

Le SNFPSA s’apprête à publier un calepin de chantier sur la mise en oeuvre des portes automatiques piétonnes, pourquoi ?

Ce calepin de chantier reprend les principes édictés dans la norme NF DTU 34.5 pour la mise en oeuvre des blocs-portes motorisés pour piétons. Il a vocation à aider les installateurs sur le chantier, c’est pourquoi il a été conçu dans un format de poche. Facile à lire, il est rempli de dessins et schémas permettant aux professionnels de bien décrypter les règles de l’art. Concrètement, ce calepin est téléchargeable gratuitement sur le site du syndicat.

Une fois installées, les portes automatiques piétonnes ont besoin d’être vérifiées, comment soutenir cette activité ?

Le SNFPSA prépare des fiches de validation de maintenance des portes automatiques piétonnes. Il s’agit d’encadrer un peu les choses, et notamment de rappeler la réglementation, ainsi que les responsabilités des uns et des autres. Par exemple, les utilisateurs ne doivent pas modifier les réglages, etc.

Vous engagez également des réflexions et échanges avec des bureaux de contrôles, dans quel but ?

La première rencontre a eu lieu l’année dernière afin de mettre à plat les éventuels désaccords entre les industriels, les installateurs et les bureaux de contrôle. L’idée étant d’échanger autour des problématiques rencontrées sur le terrain et de parvenir à tenir un discours commun sur les règles à appliquer.

LAISSER UN COMMENTAIRE