Les nouvelles voies du traitement de surface des profilés aluminium

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(Ci-contre), nouvelle gamme d’installation de thermolaquage Machcoat : l’installation a une capacité de production de 4 charges par heure pour une occupation au sol de 510 m². La capacité peut être portée jusqu’à 510 000 m² par an ©Corelec

Équipement automatique, traitement sans chrome, durcissement de la marque Qualimarine… le secteur innove pour améliorer la qualité des produits sans sacrifier à la productivité pour, au final, proposer aux consommateurs des profilés à l’esthétique durable.

Le traitement de surface, étape préalable à l’application de la peinture, nécessite un soin particulier. Deux labels attestent en France de la mise en œuvre d’un process de qualité : la mention « Seaside » de Qualicoat et Qualimarine. « La préparation chimique doit aboutir à un revêtement durable et esthétique, quelles que soient les conditions extérieures », explique Gilles Person, Directeur général de Coloralu, spécialiste du thermolaquage aluminium, et par ailleurs, Président de l’ADAL (Association pour le Développement de l’Aluminium anodisé et Laqué).

Cette phase se déroule en plusieurs étapes : nettoyage des produits, décapage et conversion. « Qualimarine préconise un décapage en deux parties, un décapage alcalin et un décapage à l’acide », précise Gilles Person. Globalement, il s’agit de dégraisser le produit et de dissoudre la surface de la pièce, afin d’en ôter la couche superficielle chargée d’éléments d’alliage polluant. Enfin, l’application d’une couche de conversion chimique s’opère en France, grâce à un traitement sans chrome. « Nous utilisons deux technologies, à base d’oxyde de titane ou à base de zirconium », indique encore Gilles Person. Des technologies choisies et mises en œuvre selon les types de produits et le mode d’application utilisé.

L’ADAL souhaite « muscler » Qualimarine

Organisme certificateur, l’ADAL travaille actuellement à l’amélioration d’un label Qualimarine renforcé. L’objectif de la marque, créée en France en 2001, étant de protéger la qualité des produits thermolaqués. « L’idée est de faire en sorte que la marque relève d’une véritable chaîne qualité de bout en bout », explique Caroline Colombier, Secrétaire générale de l’ADAL.

L’amélioration de la marque passe par des exigences accrues en termes d’utilisation d’alliage d’aluminium, de traçabilité, de transparence de la chaîne qualité et d’entretien du produit laqué. Le label Qualimarine s’applique à une pièce en aluminium traitée et thermolaquée, et donc comprenant le support aluminium, le traitement et le thermolaquage. « Nous avons la capacité en France de produire un tel niveau de qualité, d’où cette consolidation et le projet de donner un droit d’utilisation à nos clients, membres pour la plupart du Syndicat National de la construction des Fenêtres, Façades et Activités associées (SNFA), si et seulement si, la chaîne qualité bâtiment est totalement respectée.

Cela signifie que le « tiers » (menuisier par exemple) ne peut utiliser la marque et le logo que sur des produits complets totalement Qualimarine (traitement de surface, alliage, entretien) ». De son côté, Jean-Luc Marchand, Délégué général du SNFA insiste : « il est également important d’informer les utilisateurs sur l’entretien et le nettoyage des profilés pour qu’ils ne les abîment pas. Il s’agit de prescriptions simples mais le message doit passer, c’est pourquoi nous souhaitons les formaliser et les intégrer dans la démarche Qualimarine ».

Vers une nouvelle génération de machines

Les fabricants de machines cherchent à accompagner leurs clients dans l’optimisation des process de production. « Au delà de sa compacité, la nouvelle gamme Machcoat automatique se distingue par quatre évolutions majeures », déclare Lionel Fraysse, Responsable technique laquage Corelec (agence de Tarbes) :

• un nouveau procédé de mise en œuvre du traitement de surface. « Très compact et économique à l’exploitation », selon Lionel Fraysse, « avec un volume de déchet réduit, un rinçage final hautement qualitatif et une conversion sans chrome »,

• un four trois chambres permettant de modifier les paramètres de polymérisation d’une charge sur l’autre et d’une couleur sur l’autre,

• la robotisation du transfert des charges de poste à poste, qui ne nécessite plus d’intervention humaine,

• la traçabilité des paramètres de production, « issue de l’expérience de Corelec dans le domaine des installations pour l’aéronautique », ajoute le Responsable technique.

Moins d’eau, moins de déchets chez Coloralu

Tunnel Coloralu : production annuelle : 1 million de m² de profilés aluminium en Qualimarine ©Coralec
Tunnel Coloralu : production annuelle : 1 million de m² de profilés aluminium en Qualimarine ©Coralec

Le sous-traitant a investi l’année dernière 1 M€ dans un tunnel de traitement pour la chaîne verticale. Cet équipement est conçu pour être économe en eau. « Nous avons en effet réduit la consommation d’eau dédiée de moitié », affirme Gilles Person. La station d’épuration permet en outre, la réduction des flux polluants d’1/3. « Il s’agit d’un véritable enjeu pour nos métiers », ajoute Gilles Person. Prochaine étape : passer en rejet zéro d’ici une dizaine d’années, lorsque les équipements seront mis au point.

Autre acteur du marché

Alain Marcusse, Président de Bewap, explique que Micro, « la dernière née de la gamme Bewap, permet d’optimiser le temps de traitement, le volume de rejet, et en gros, de doubler la capacité de production ».

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