L’ère du changement d’air !

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Après avoir rendu le bâtiment le plus étanche possible pour répondre aux exigences thermiques et acoustiques, il est important de corriger la qualité de l’air en favorisant l’entrée d’air sain et l’extraction d’air pollué. Zoom sur la ventilation par les fenêtres.

 

 

La ventilation des lieux publics, hôpitaux, écoles est strictement règlementée. D’ailleurs des études ont montré que les performances des élèves, par exemple, sont affectées par un taux de renouvellement d’air faible ou en cas de concentration de CO2 trop élevée. Dans les écoles, l’étanchéité des bâtiments a été renforcée, et il est parfois impossible d’ouvrir simplement une fenêtre pour aérer. Ce qui est vrai pour les ERP, l’est aussi pour les logements, de plus en plus isolés pour gagner en performances acoustiques et surtout thermiques. Or, dans son guide pratique « Faites respirer votre maison avec la ventilation », l’Ademe l’assure : « renouveler l’air de la maison est une nécessité vitale » pour pourvoir aux besoins en oxygène de ses occupants, évacuer les odeurs et polluants, éliminer l’excès d’humidité et fournir aux appareils à combustion l’oxygène nécessaire à leur bon fonctionnement. D’ailleurs, les arrêtés du 24 mars 1982 et du 28 octobre 1983 exigent la ventilation des logements par un principe de balayage permanent de l’air des pièces principales (séjour, chambre) vers les pièces techniques ou humides (salle de bain, cuisine). Car une grille d’entrée d’air n’a que peu d’efficacité si le système ne prévoit pas l’extraction de l’air pollué via une VMC. L’exigence de ventilation est incohérente avec la recherche d’étanchéité à l’air du bâti. Une problématique que les fabricants ont en charge de résoudre…

 

Plusieurs techniques disponibles

Il existe plusieurs moyens pour ventiler un espace. Les grilles d’aération mises en œuvre sur les fenêtres ou au-dessus permettent de faire entrer de l’air sain. L’entrée d’air s’opère par l’intégration d’une grille fixe, d’une grille auto-réglable qui fait circuler l’air en continu ou d’une grille hygroréglable qui module l’entrée d’air selon l’humidité. « Le choix dépend de la norme et de la taille de la mortaise », précise Philippe Barbry, chef de produit chez Nicoll. Les entrées d’air auto-réglables sont caractérisées par leur volume : plusieurs modules sont disponibles sur le marché, présentant les capacités suivantes : 22 m3/heure, 30 m3/h, 45 m3/h. Les grilles hygroréglables se caractérisent par leur section, qui varie selon le taux d’humidité de la pièce où elles se trouvent. Christophe Dolain, chef de produit entrée d’air chez Aldès, constate : « sur le marché, la tendance est à l’hygroréglable dans le neuf, car cette technique permet de réduire la quantité d’air entrant dans le logement, et favorise donc les économies d’énergie. Elle commence d’ailleurs à s’imposer aussi en rénovation ». Mais ces équipements peuvent apparaître incohérents avec les profilés à rupture de pont thermique. Dès lors en effet que l’on perce une menuiserie pour y intégrer une grille d’aération, la mortaise créée représente un pont thermique.

 

Pour contourner cet inconvénient et répondre aux exigences de règlementations thermiques, un autre système existe, plus sophistiqué, il s’agit de la ventilation en double-flux. Cette solution consiste à substituer les entrées d’air en façade par un module (installé, par exemple, dans les combles) qui aspire l’air du toit et le fait circuler via des gaines à l’intérieur du bâtiment. Il a pour avantage de pré-chauffer l’air entré dans le bâti. Mais, objecte Stéphane Le Tellec, directeur commercial de Renson, qui ne s’est pas engagé sur cette voie, « l’air ainsi conduit, au travers de gaines non entretenues dans le temps, risque bien de se charger de bactéries ». Retour aux vieilles méthodes ! Le fabricant de grilles d’aération pour profilés aluminium milite en faveur des entrées d’air sain en façade. « A nous, fabricants, de mettre au point des solutions qui tiennent compte du taux d’occupation, du taux d’humidité et du taux de CO2, les innovations vont aller en ce sens », annonce-t-il. Il faudra encore attendre quelques années pour voir arriver sur le marché ces bouches d’entrée d’air « intelligentes », car les industriels attendent aussi d’en savoir plus sur les exigences des prochaines règlementations européennes. Mais, pour l’heure, ils ont mis au point des grilles capables de s’insérer dans les profilés en remettant en cause le moins possible l’isolation acoustique et les performances thermiques.

 

Des grilles équipées de capot acoustiques

Pour répondre aux contraintes liées à la réglementation acoustique, les fabricants équipent les grilles de capot « acoustique », c’est-à-dire rempli de mousse isolante permettant de retenir une partie du bruit extérieur tout en laissant passer l’air. Renson propose ainsi deux types de capots, dédié à l’intérieur ou à l’extérieur, pour répondre à plusieurs cas de figure. Une fenêtre dotée d’un volet roulant est équipée d’un capot placé à l’intérieur (modèle 470.30), alors qu’une menuiserie accompagnée d’un store intérieur est équipée d’un capot placé à l’extérieur (modèle 771 AK). Aldès s’apprête à commercialiser (disponible en avril 2010) une entrée d’air hygroréglable acoustique. Plus fin et donc plus discret, ce modèle de 43 mm au lieu de 50 pour le précédent, améliore légèrement la diffusion d’air. Design, il a été conçu pour être décliné en un maximum de coloris (blanc, aluminium, noir, marron, chêne et ivoire). Aldès enrichi également sa gamme d’entrée d’air autoréglable avec le lancement d’une grille EA 45m3/h. « L’intérêt de ce produit est de réduire le nombre d’entrées d’air tout en garantissant le même débit et de répondre ainsi aux nouvelles exigences règlementaires » précise Christophe Dolain (voir encadré).

 

La problématique de mise en œuvre

Reste que les mortaises qui créent des ponts thermiques sont sources de problèmes pour l’entreprise chargée de la pose des fenêtres. Les fabricants, conscients de ces difficultés, préconisent différentes techniques. Ainsi, Philippe Le Tellec, indique qu’il est préférable de « poser les grilles d’entrée d’air au-dessus du châssis ». Une autre possibilité est d’anticiper. « Nous essayons de sensibiliser les artisans » explique François Chardon, responsable produits-métiers d’Aldès, « nous avons fait un travail de longue haleine pour les grilles PVC, pour lesquelles des mortaises standards ont été définies, et nous commençons à discuter avec les aluminiers ». Les menuisiers sont invités à faire réaliser les mortaises en usine, lors de la fabrication des fenêtres, et d’y intégrer des grilles adaptées. Les profilés étant de plus en plus fins pour laisser place à de généreux clairs de vitrage, les grilles d’aération sont plus profondes mais de taille plus réduite pour ne pas déborder sur le vitrage.

 

Encadré

Les nouvelles exigences règlementaires en rénovation

L’arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants stipule que « dans les locaux d’habitation et les locaux d’hébergement, les nouvelles fenêtres et portes-fenêtres installées dans les pièces principales doivent être équipées d’entrées d’air, sauf dans les locaux déjà munis d’entrées d’air ou d’un dispositif de ventilation double flux. La somme des modules de ces entrées d’air doit au moins être de 45 pour les chambres et 90 pour les séjours. Cette valeur peut être réduite lorsque l’extraction d’air mécanique permet un dimensionnement inférieur ».

 

Encadré

Les règles dictées par le code du travail

Le code du travail distingue deux types de locaux : les locaux à pollution non spécifique (la pollution est liée à la présence humaine) et les locaux à pollution spécifique (émission de substances dangereuses ou gênantes gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides, etc.). Pour les premiers, une ventilation naturelle permanente par des ouvertures (fenêtres, portes) est parfois suffisante, sauf dans les bureaux et locaux où sont effectués des travaux physiques légers, et où le volume minimum par occupant est de 15 m3. Dans les autres locaux, il faut 24 m3 au moins par occupant (Article R 4222-5 du Code du travail). Dans le cas d’une ventilation mécanique, un débit minimum d’air neuf à introduire est exigé : 25 m3/h d’air neuf par personne dans les bureaux, 30 m3/h dans les locaux de restauration, vente, réunion…, 45 m3/h dans les ateliers, etc. Quant au second, leur ventilation est conçue de manière spécifique selon la nature de l’activité, la quantité des polluants et leur nature.

 

Un concept tout-en-un

Avec son concept Le Bien-être véranda®, Renson propose de créer un climat intérieur sain, agréable et confortable dans la véranda. Pour cela, il associé 3 principes fondamentaux : la ventilation, l’amenée d’air frais et neuf et l’évacuation de l’air vicié, chaud et humide. Pour l’amenée d’air frais et neuf, la grille d’amenée d’air THM90 s’installe en partie basse. Elle  s’intègre notamment dans les baies coulissantes et permet d’ouvrir ou fermer les grilles en fonction des besoins. Un clapet souple, intégré dans la grille, évite les courants d’air intempestifs (principe auto-réglable) et garantit l’étanchéité à l’eau. Pour l’évacuation de l’air vicié chaud et humide, la grille d’évacuation THM90 en partie haute, et la grille d’évacuation THK170, qui est intégrée dans la toiture de la véranda. Placée dans le point le plus haut et le plus chaud de la véranda, elle permet d’évacuer de façon naturelle la chaleur et l’air humide et vicié. Le THK170 est aussi équipé d’une moustiquaire intégrée, qui retient les insectes… Enfin, pour parfaire le tout, l’Airtop, un extracteur mécanique qui évacue l’air chaud et humide – lui aussi totalement intégré dans la toiture de la véranda, et qui permet une ventilation contrôlée et donc des économies d’énergie. Combiné avec une commande hygro-thermostatique, l’extracteur fonctionne de façon autonome et se règle en fonction de la température intérieure et du taux d’humidité dans la véranda.

 

renson_10.jpg(crédit photo : Renson)

 

 

 

 

 

 

Légendes photos

ehtsch5aldes.jpgVisuel 1

EHT nouvelle entrée d’air hygroréglable dédiée à l’habitat collectif, en traversée de mur, haute performance acoustique

Crédit photo : Aldès

 

 

 

Visuel 2

schema_aldes.pngLes fentes à réaliser pour le montage des entrées d’air sont normalisées, elles doivent être exécutées en usine et non sur le chantier. Par exemple, sur une menuiserie PVC ou aluminium actuelle, deux fentes de 172 x 12 mm séparées par 10 mm sont nécessaires

Crédit photo : Aldès

 

Visuel 3

panneau_nicoll.pngLe dimensionnement des modules aérauliques doit être conforme aux exigences du DTU 68.1. La mise en œuvre suit les prescriptions du DTU 68-2 ainsi que les spécifications du fabricant

Crédit photo : Nicoll

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