Ingénierie et smart building : 80 000 salariés à former au BIM d’ici 2020 selon une étude de la profession*

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©Syntec Ingénierie
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Syntec-Ingénierie détaille son plan d’actions pour accompagner les professionnels de l’ingénierie dans le déploiement du BIM et la mutation de la filière.

Alors que le marché du BIM – outil numérique de centralisation de l’information – a augmenté de 60% en France cette année, une étude de la profession réalisée avec les partenaires sociaux révèle qu’il sera nécessaire de former 80 000 salariés d’ici 2020 pour concrétiser sa mise en œuvre.

Syntec-Ingénierie, qui a participé au pilotage de l’étude, revient en détails sur ses enseignements et présente son plan d’actions pour accompagner les sociétés d’ingénierie du bâtiment et des infrastructures dans la mutation du secteur : publication d’un guide pour réussir le BIM en exploitation et garantir la continuité des données, valorisation des compétences de l’ingénierie française et de ses professionnels, renforcement des formations initiales et continues…

Chiffres clés

  • en France, le nombre d’appels d’offres demandant du BIM a augmenté de 60% en 2016
  • 80 000 salariés sont à former au BIM d’ici 2020
  • 68% des ingénieries françaises se déclarent encore peu matures pour mettre en oeuvre le BIM

Le BIM nécessite une coopération accrue au sein des filières bâtiment et infrastructures

Dans le secteur de la construction, le BIM s’impose aujourd’hui comme l’outil de référence pour optimiser les retours sur investissements et la performance des bâtiments et infrastructures. Des avantages majeurs qui se traduisent par une forte croissance du marché du BIM : en France, le nombre d’appels d’offres demandant du BIM a augmenté de 60% en 2016.

Néanmoins, le BIM est encore loin d’être une réalité pour l’ensemble des professionnels : son adoption entraine une perte de productivité de l’ordre de 15% durant la phase de montée en compétences et nécessite une profonde mutation des modes de travail, aussi bien au sein des entreprises qu’entre les différentes parties prenantes de l’écosystème (maitres d’ouvrage, architectes, ingénieurs, entreprises de construction, etc.). Pour maximiser les retours sur investissements, le BIM doit être alimenté tout au long du cycle de vie d’un ouvrage, de façon collaborative et continue.

Pour faciliter ces coopérations, Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des sociétés d’ingénierie, a publié le 13 septembre dernier la brochure « Réussir le BIM pour l’exploitation ». Réalisé conjointement avec la Fedene, ce guide propose des recommandations pour garantir la continuité des données du bâtiment et maximiser la valeur ajoutée de la maquette numérique. En 2014, déjà, Syntec-Ingénierie a joué un rôle pilote dans l’adoption par le secteur de standards sur les niveaux de développement du BIM en fonction des phases d’un projet.

« Le BIM est une opportunité majeure pour moderniser le secteur de la construction en France. Avec le guide « Réussir le BIM pour l’exploitation » écrit en collaboration avec les exploitants, nous donnons des clés concrètes pour faciliter sa mise en oeuvre et ainsi maximiser la valeur ajoutée du BIM notamment lors des phases d’exploitation des constructions.

Nous sommes persuadés que la valeur numérique est en passe de supplanter la valeur « verte » et jouera un rôle économique clé dans les années à venir. » explique Ludovic Vaz, président du bureau bâtiment de Syntec-Ingénierie.

Nouvelles missions, enrichissement des compétences, périmètre d’actions élargi… avec le BIM, l’ingénierie confirme son rôle de pilote des projets

Dans le secteur de la construction, le BIM est un outil numérique évolutif qui permet de centraliser l’intégralité des données d’un bâtiment, de sa conception à son exploitation en passant par sa construction. Pour être optimal, il nécessite d’être alimenté avec la plus exacte précision, en particulier lors de la phase amont d’un projet.

L’étude révèle ainsi que certains éléments de missions de conception nécessiteront d’être détaillés et entraineront un élargissement du rôle de l’ingénieur. Par ailleurs, la démarche BIM demande une coordination plus grande entre les différents intervenants et appelle la mise en place d’une fonction de BIM Management.

« A terme, l’adoption du BIM par l’ensemble de la filière entrainera de bouleversements profonds dans les missions dévolues à chacune des professions. Les ingénieurs verront leur périmètre d’action s’élargir pour répondre aux nouveaux besoins de conception et devront également assurer des missions plus globales, de coordination. Cette opportunité, qui confirme le rôle de pilotes des projets des ingénieries, devra s’accompagner d’une nouvelle prise en compte du travail et des compétences des sociétés d’ingénierie, au profit d’une revalorisation de la profession » déclare Nicolas Jachiet, Président de Syntec-Ingénierie.

Former les professionnels pour garantir le succès du BIM

L’étude, réalisée en juillet 2016, montre qu’un peu moins d’un tiers des sociétés d’ingénierie se déclare mature et apte à la mise en oeuvre du BIM. Innovation technologique de rupture, le BIM est un outil complexe qui mobilise des compétences inédites : maitrise de nouveaux logiciels, acquisition de nouvelles méthodes de travail, gestion globale de projet… Dans l’ensemble du secteur de la construction, l’étude fixe à 80 000 le nombre de salariés à former ou à sensibiliser dans les 3 années à venir.

Pour accompagner les professionnels dans l’acquisition des compétences BIM, Syntec-Ingénierie se mobilise et met en oeuvre 4 actions prioritaires dès cette année :

  • renforcement de l’accès aux formations BIM dans le plan de formation des entreprises
  • mise en place de dispositifs pour la formation des futurs salariés : jeunes et demandeurs d’emploi
  • contribution à l’élaboration de nouveaux diplômes ou de nouvelles certifications de compétences avec les écoles d’ingénieurs partenaires de l’ingénierie
  • développement de la présence de professionnels, experts du BIM, dans les écoles et université

Syntec-Ingénierie organisera le jeudi 27 octobre prochain un petit-déjeuner d’information sur les enseignements de l’étude et les actions qui en découleront en faveur de la formation des ingénieurs et de la valorisation des sociétés d’ingénierie.

*Etude réalisée par KYU Lab et ACTH pour le compte de l’OPIIEC (Observatoire Paritaire des Métiers du Numérique, de l’Ingénierie, des Etudes et du Conseil et des métiers de l’événement) de février à juillet 2016 sur un panel de 264 personnes de l’ingénierie de la construction.

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