Fixations et ITE : un mariage réussi

0
173
Les précadres d’habillage débordants de Louineau donnent un nouveau rendu de la façade avec un effet de volume ©Louineau
Les précadres d’habillage débordants de Louineau donnent un nouveau rendu de la façade avec un effet de volume ©Louineau

Dopée par la RT 2012, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) fait de plus en plus d’adeptes. Cette technique, éprouvée depuis longtemps en Allemagne et en Europe de l’Est, a conduit les fabricants de fixations à s’adapter à ce nouveau modèle constructif.

Dans son étude publiée en mars 2016, la société de conseils et d’études TBC estimait le marché de l’ITE à moins de 20 millions de mètres carrés installés en France l’année précédente. Une croissance ralentie en raison de la crise.

En cause : le repli des dépôts de permis, le contexte économique retardant les projets de construction, les conditions de financement plus complexes, notamment, pour les primoaccédants. « S’il a effectivement stagné il y a 2-3 ans au moment de la crise, il est désormais en mouvement », confirme Emmanuel Demesmay, responsable produits, département menuiserie et industrie chez SFS intec.

Meilleur moyen de supprimer les ponts thermiques, mais aussi de gagner de l’espace dans le logement, l’ITE s’impose dans la rénovation, que ce soit dans la maison individuelle (31 %) ou le collectif social (17 %) et privé (16 %) ; le neuf, lui, se situe respectivement à 11, 9 et 8 %.

Adapter les fixations

Les professionnels s’accordent sur un point : l’ITE est un marché porteur. Sans toutefois masquer ses points faibles : les fixations qui relient l’extérieur à l’intérieur créent des ponts thermiques et acoustiques, dégradant les caractéristiques thermiques et acoustiques des menuiseries.

Un inconvénient auquel les industriels ont remédié avec la mise au point de produits adaptés. Louineau propose par exemple un modèle de fixation avec rupteur de pont thermique (exposé à Batimat 2017) sur les gammes PrecFix et PrecHab.

« Cette solution assure une réduction importante de la déperdition d’énergie grâce à la rupture du pont thermique située au niveau menuiserie-précadre et précadre-gros oeuvre », explique Pierre Lorang, responsable marketing. « Le gain thermique est d’environ 65-80 % au niveau du pont thermique linéaire pour la pose de menuiserie en applique extérieure ».

De son côté, SFS intec dispose d’une gamme de produits correspondants aux trois types de pose, vers l’intérieur, dans l’isolant, ou au nu extérieur. « Notre offre s’articule autour des vis réglables SPTR-C pour la pose avec cheville en tunnel et SPTR-H pour la pose sans cheville directement dans le béton (toutes deux du nu intérieur au nu extérieur de la maçonnerie), de la patte de fixation composite JB-D/L (au nu extérieur), particulièrement adaptée pour la pose sur la brique monomur, et du système de pattes réglables de fixation métallique JB-D (pose dans l’isolant) », indique Emmanuel Demesmay.

Pour sa part, Heco-Schrauben propose la vis Eco Topix Therm. « Utilisable dans n’importe quel matériau d’isolation pour les façades et les isolations de toiture en sarking, elle est formée de deux filets de même pas garantissant un vissage à distance avec un écart uniforme entre les contre-lattes et les chevrons », précise Thierry Constant, directeur commercial chez Heco-Schrauben France.

« Ainsi, les forces de compression exercées ne sont pas transmises à l’isolant de faible résistance ». Enfin IT Fixing, fabricant de rupteurs de pont thermique pour le bâtiment, commercialise depuis avril 2016 l’équerre de façade réglable à rupture de pont thermique pour bardage IT-Fix Clip.

« Destinée à la mise en oeuvre des bardages métalliques, composites, fibres ciment, bois, terres cuites, sur ossature bois ou métallique, elle est 160 fois plus performante thermiquement qu’une équerre traditionnelle en acier (= 0,3 W/mK contre = 50 W/mK pour l’acier) et 790 fois plus qu’une équerre traditionnelle en aluminium (= 0,3 W/mK contre = 237 W/mK) », indique Benoît Cheramy, responsable technique et commercial chez IT Fixing.

Le verre joue l’esthétique

Pour sa part, l’utilisation du verre est moindre dans l’ITE. « Représentant 1 % de parement verrier, ce segment reste dynamique », note Frédéric Fievet, directeur de Sadev. « L’emploi du verre est ici moins usité, car il s’agit d’une niche haut de gamme, connotée esthétique et… onéreuse ».

Or, l’ITE concerne principalement la rénovation et le logement social. Et comme elle vient à la fin du chantier, les poches sont vides ! Cette situation m’empêche pas Sadev de se renforcer sur le segment des systèmes de bardage en verre. « L’idée est de proposer des solutions clé en main, vitrages plus pièces techniques », poursuit Frédéric Fievet. « Nous travaillons à la mise au point d’un nouveau système de fixation pour le verre isolant. Son originalité : il ne percera plus le verre, mais le pincera ! ».

Rendez-vous à Batimat pour le découvrir. Enfin, Bruno Hamdouche, directeur commercial chez Pauli France, note que « si les demandes ont été moins nombreuses ces dernières années, elles repartent à la hausse. Question de mode ». L’entreprise propose des systèmes de fixations pour les façades en verre extérieur attaché (VEA), rotules convexes ou affleurantes, fixes ou mobiles. S’y ajoutent les croisillons (ils fixent les rotules à la structure), à un, deux, trois ou quatre bras.

Tesa colle les vitrages…à l’international

Spécialisée dans les produits adhésifs, la société allemande Tesa a développé ACX Plus, un ruban adhésif double face destiné aux fixations structurelles. Cette solution, qui permet de réaliser les façades sans aspérités, ne provoque pas de pont thermique à l’instar des vis traditionnellement utilisées. Mieux, sa viscoélasticité absorbe les vibrations. Pour l’instant, Tesa signe ses chantiers à l’international, Australie, Chili, Canada, Colombie et Brésil. Mais l’entreprise effectue actuellement les tests pour obtenir la certification en Allemagne et au niveau européen. Elle espère pouvoir se lancer sur le marché français en 2018.

 

Sadev habille la U Arena

©Sadev
©Sadev

Dessinée par Christian de Portzamparc, la U Arena de Nanterre (anciennement Arena 92, Hauts-de-Seine) abritera, sur 117 000 m2, une salle de spectacle modulable de 10 000 à 40 000 places et le stade de rugby du Racing-Metro 92 (en « indoor »). Son originalité ? Les tribunes sont recouvertes d’une couronne en béton et de façades en écailles de verre et d’aluminium. Consignes de l’architecte : les écailles doivent être conçues comme un ouvrage léger sans ossatures ni points de fixation apparents. Pour l’équipement des trois niveaux de façades, Sadev a fourni 2 500 rotules de type R1001 et 1 200 de type R1006 qui maintiennent les écailles de verre en douze points et permettent de gérer un porte-à-faux de 400 mm.

LAISSER UN COMMENTAIRE