Fenêtréa vainqueur pour la 2ème fois de la Transat Jacques Vabre

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fenetrea-2015-11-13.jpgPremier Multi50 à Itajai ! Le tandem franco-italien de FenêtréA-Prysmian savoure une victoire bien méritée. C’est à 11h59 (heure de Paris), mercredi 11 novembre, qu’Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote ont franchi la ligne d’arrivée de la 12ème édition de la Transat Jacques Vabre.
Les deux co-skippers de FenêtréA-Prysmian, qui ont bouclé les 5 400 milles théoriques du parcours entre le Havre et Itajaí en 16 jours 22 heures, 29 minutes et 13 secondes, ont ainsi décroché la victoire dans la catégorie des Multi50, mais se sont également offert le luxe de terminer troisième au scratch derrière les Ultimes Macif et Sodebo.

  (Au centre) Dominique Lamballe, Président de FenêtréA, à l’arrivée d’Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote

Carton plein pour le duo Erwan Le Roux – Giancarlo Pedote qui a rempli haut la main son objectif. Pour Giancarlo, c’est une entrée réussie dans le monde des multicoques et pour Erwan c’est un immense succès qui le fait rejoindre Franck Cammas, Jean-Pierre Dick et Frank-Yves Escoffier dans le cercle très fermé des triples vainqueurs de l’épreuve. Grand Prix Guyader, Ar Men Race, Grand Prix Las Palmas de Gran Canaria et Trophée Prince de Bretagne Sud Goëlo : depuis le début de l’année, le duo Erwan Le Roux – Giancarlo Pedote avait tout gagné. Pour réaliser un sans-faute cette saison, il lui fallait décrocher la victoire dans cette 12ème édition de la Transat Jacques Vabre. Pari réussi !
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Réactions à chaud
Que ressentez-vous ?

Erwan : « Dans ma tête, il se passe plein de choses. Je suis vraiment heureux de cette victoire. Pour moi, c’est beaucoup d’émotions dans le sens où lorsque nous avons construit le bateau pour Frank-Yves Escoffier, en 2009 chez CDK, avec Bertrand Chamber-Loire (le Président de Crêpes Whaou !, ndlr) puis Hubert Desjoyeaux et les autres, j’étais loin de me douter de que ce j’allais pourvoir accomplir avec ensuite. C’est une superbe machine et décrocher une troisième victoire à son bord aujourd’hui, c’est, pour moi, quelque chose de vraiment exceptionnel ! Cette Transat, elle a été tellement dure et tellement longue ! Dans les dix derniers milles, avec Giancarlo, on s’est dit qu’il ne pouvait plus rien nous arriver et on s’est détendu puis on a commencé à savourer. Des moments comme ceux-là, il faut les apprécier ! J’avais adoré ces instants à la Route du Rhum et là encore, ça a été génial surtout qu’on est arrivé de jour, avec un peu de soleil. Avec Giancarlo, on a essayé de profiter du truc au maximum parce qu’évidemment, ce n’est pas quelque chose que l’on vit tous les jours. Aujourd’hui, j’égale le maître, Frank-Yves (Escoffier). Ca fait quelque chose. Qui d’autre a gagné la course trois fois ? Dick et Cammas ? Ah ouais, quand même ! Ca a de la gueule ! Je suis content d’offrir ça à mes partenaires ! »
Giancarlo : « Je suis très très content. Avec Erwan, nous avons fait un joli chemin ensemble. Dans les derniers milles avant l’arrivée, je repensais justement à toutes les courses et à tous les convoyages que nous avons faits ensemble. Mine de rien, à ce jour, nous avons parcouru plus de 10 000 milles en double ! Grâce à ça, petit à petit, je suis entré dans l’esprit du multicoque et j’ai encore appris énormément de choses pendant cette transat».

De l’avis général, cette transat a été dure…
Erwan : «  Clairement ! On ne se rend pas bien compte, mais sur une transat aussi longue, on a pas moins de cinq systèmes météo à passer : les dépressions d’ouest sous nos latitudes, les alizés de nord-ouest, le Pot-au-Noir, les alizés de sud-est et une zone très instable et orageuse pour finir. Une traversée de l’Atlantique nord-sud de 5 400 milles, ce n’est pas rien car ça fait un paquet de passages très compliqués, surtout pour des petits bateaux comme les nôtres. Au bout du compte, nous sommes vraiment dans la limite ce que nous pouvons faire avec et c’est pour ça qu’ils souffrent autant. La Jacques Vabre, c’est une vraiment une épreuve marathon pour nous ».
Giancarlo : « C’est vrai que ça a été dur et je pense que ce qui s’est passé en IMOCA (les abandons de la moitié de la flotte, ndlr), en est la preuve. Parfois, je me suis demandé si on faisait du sport ou bien un combat. La première semaine de course a vraiment été compliquée pour moi. Entre le lundi et le mercredi, j’ai eu un mal de mer sévère. Je n’avais rien dans l’estomac et bosser dans ces conditions, ça n’a pas été facile. J’ai travaillé sur mes réserves et forcément, ça a été très dur. Reste que quand on sort de ce genre de situation en ayant réussi à faire le taf malgré tout, on gagne en confiance. Aujourd’hui, cette expérience m’a enrichi, c’est certain. Il y a quatorze  ans, quand j’étais préparateur du monocoque de 50 pieds « Tredici » de Simone Accati et Alessio Stefani pour la Jacques Vabre, je rêvais d’y participer. Aujourd’hui, je l’ai gagnée, et en plus je l’ai fait sur un multi et en terminant troisième au scratch ! Au bout du compte, c’est une grande satisfaction et je suis très heureux de notre parcours, à Erwan à et moi. Il y a un an, je n’étais jamais monté sur autre chose qu’un monocoque. Cette expérience m’a enrichi, je l’ai dit, mais elle m’a également ouvert de nouveaux horizons. J’ai appris de nouvelles façons de régater et de gérer un bateau. J’ai aussi navigué pour la première fois avec l’aide d’un routeur et je dois dire que j’ai apprécié car à bord d’un trimaran, la vie est très stressante. Tout est très compliqué : manger, dormir… Il n’y a aucun moment de répit ! ».

Que vous retiendrez-vous particulièrement de cette course ?

Erwan : « Le départ, comme à chaque fois, restera un bon moment mais ce que je garderai comme bon souvenir de cette transat, au-delà de la victoire, c’est la descente entre le sud des Açores et le Pot-au-Noir. Là, ça allait vraiment vite. On dévalait la pente pleine balle. L’allure était parfaite pour les multicoques ! C’était vraiment le bonheur ! »
Giancarlo : « C’était ma première grande course en double et j’ai trouvé que c’était dingue de pouvoir partager toutes ces choses avec quelqu’un. Le stress mais aussi les moments où on fait la petite blague qui va bien et ceux où on s’échange quelques mots au moment du passage de quart. Discuter de ses idées en termes de réglages, donner son sentiment par rapport à la météo, anticiper les phénomènes… A deux, tout est très enrichissant, surtout pour quelqu’un comme moi qui aime confronter ses points de vue. Je garderai un super souvenir de tout ça. Le solo, c’est génial mais le double, c’est également quelque chose d’intense. Les deux se complètent parfaitement. »

Un mot sur votre binôme ?
Erwan : « Humainement, ça c’est super bien passé. Giancarlo et moi avons encore franchi un nouveau palier pendant cette course. J’ai toujours su que notre duo allait marcher. Même dans les moments un peu plus difficiles, je savais où j’allais. Les premiers jours, notamment, j’ai assumé et lui aussi. Ce qui me fait plaisir dans tout ça, c’est que grâce à nos valeurs communes, nous avons réussi à monter un projet gagnant. Ces notions de transmission et d’apprentissage, je les ai trouvées très intéressantes et je pense que nous avons bien travaillé. Nous sommes montés en puissance régulièrement et nous arrivés au Havre, le jour J, prêt mentalement et physiquement. Droits dans nos bottes. Ce n’est pas facile de ternir un planning et d’arriver au top au bon moment. Ca, nous l’avons bien fait et c’est d’autant plus vrai que nos concurrents nous on donné du fil à retordre. Pour gagner, il fallait être bon. C’est hyper agréable de naviguer face à des gens affûtés et motivés car cela participe indiscutablement à l’intérêt de la régate ».
Giancarlo : « Erwan et moi avons bien fonctionné ensemble. Nous n’avons jamais eu de moment critique. Je donnais mon avis mais je lui ai toujours fait confiance. S’il me disait « on va là » ou « on fait ça », je mettais ma tenue de combat et j’attaquais. J’ai fait de mon mieux. Ca c’est bien passé du début à la fin du projet. Nous avons tout gagné cette saison et nous concluons par une victoire magnifique. De plus, nous ramenons le bateau en une seule pièce, avec seulement un problème de grand-voile et deux-trois bricoles. Pour moi, c’est un succès, ça aussi ! ».

Une envie, tout de suite ?

Erwan : « Dans l’immédiat, c’est de finir ma bière fraîche, de prendre une bonne douche et de faire un Skype avec ma petite famille ».
Giancarlo : « J’ai envie de rentrer à la maison, d’embrasser ma femme et mes enfants et de passer du temps avec eux. La course est terminée. L’objectif est rempli. Je veux redevenir un papa et un mari, puis finir les travaux que j’ai laissés en plan à la maison avant de partir ! »

 

Publié le 13 novembre 2015

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