Etat et entreprises se mobilisent pour créer la fondation pour l’investissement social et le développement humain (FISO)

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©Fondation FACE
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A l’heure où les politiques publiques intègrent de plus en plus la notion d’investissement social, où de nouveaux indicateurs de développement humain s’affirment partout dans le monde (PNUD), où les entreprises commencent à mesurer leur empreinte sociale et où chacun cherche à évaluer l’impact social de ses engagements, une Fondation va désormais réunir l’ensemble des parties prenantes concernées afin d’évaluer plus et mieux les effets du « Social » sur des bases scientifiques.

Conjuguer évaluation de l’investissement social et du développement humain

La Fondation pour l’Investissement Social et le Développement Humain (FISO), une initiative de l’Etat et de la Fondation Agir Contre l’Exclusion, a été inaugurée mardi 17 janvier 2017, à Paris sur le site des Grands Voisins. François Hollande, Président de la République, Myriam ElKhomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Thierry Mandon, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont participé à la cérémonie ouverte par le Président de la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), Gérard Mestrallet, en tant que Président de la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) et Ségolène Neuville, Secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, à l’origine du projet.

Isabelle Kocher, Directeur Général d’ENGIE, qui assurerala présidence de la fondation, placée sous l’égide de FACE, a détaillé la démarche et l’ambition de la fondation. Louis Gallois, Président de la FNARS / Agir pour la Solidarité, et François Soulage, Président du Collectif Alerte, ont apporté leur soutien à la démarche. De premières entreprises comme Accenture avec Christian Nibourel ou BNP Paribas avec Jean-Laurent Bonnafé se sont engagées en faveur de la FISO. Bruno Palier, Directeur de recherche CNRS et Codirecteur du LIEPP de Sciences Po, a accepté de prendre la présidence du Conseil scientifique.

Investir socialement de manière éclairée et performante

L’ambition de la FISO est de démontrer que les politiques de solidarité, l’action sociale comme les engagements sociaux des entreprises ainsi que la RSE peuvent être considérés comme de réels investissements. Comme sur le plan environnemental, les impacts sociaux doivent être évalués dans toutes leurs dimensions et à différentes échelles de temps.

La performance sociale doit être mieux appréhendée et valorisée : efficacité des dépenses sociales, coûts sociaux évités, retour sur investissement social, meilleure cohésion sociale, impact sur la mobilité sociale, développement de l’emploi et de la prise d’initiative, coopération entre acteurs, etc.

Modéliser les meilleures pratiques d’évaluation de l’impact social

La FISO mènera des travaux de recherche-action et conduira des expérimentations pour démontrer l’efficacité de projets sociaux innovants et tester de nouveaux modes d’évaluation, avec des équipes de recherche pluridisciplinaires de premier plan. La spécificité de la FISO sera de favoriser des projets de coopération entre puissance publique, entreprises et acteurs sociaux.

La modélisation des meilleures pratiques de mesure doit favoriser la généralisation de l’évaluation dans tous les champs de l’action sociale et de la solidarité. Il s’agit de renforcer l’efficacité des instruments de mesure de l’impact social, sur des bases scientifiques.

Poursuivre des objectifs sociaux et sociétaux ambitieux

Les objectifs sociaux et sociétaux de la FISO visent à :

  • Concevoir les politiques sociales et les stratégies RSE comme de réels investissements
  • Évaluer les impacts et la performance du social, notamment dans le cadre de projets partagés par la puissance publique et l’entreprise
  • Développer de nouvelles méthodes d’évaluation multidimensionnelles, à court, moyen et long termes
  • Diffuser les pratiques les plus efficaces de l’action sociale et de l’engagement sociétal ainsi que de leurs mesures associées, afin de favoriser l’innovation
  • Placer « l’investissement social » et le « développement humain » au coeur des politiques de solidarité et des stratégies de RSE
  • Renforcer les coopérations entre la puissance publique, le monde de l’entreprise, les acteurs sociaux et la société civile Isabelle Kocher

Isabelle Kocher, Présidente de la Fondation pour l’investissement social et le développement humain, Directeur Général d’ENGIE

« La Fondation pour l’investissement social et le développement humain, c’est :Mesurer pour innover, mesurer pour mieux agir ! Nos entreprises – à travers les politiques RSE -traduisent en actions concrètes notre responsabilité vis-à-vis de l’ensemble des parties prenantes territoriales. Comme les pouvoirs publics, nous avons le souci de déployer les actions les plus efficaces possibles, pour en maximiser les bénéfices sociaux et sociétaux.

Ce souci d’efficacité pousse entreprises et pouvoirs publics à innover, à développer de nouveaux programmes, de nouvelles actions. Mais pour innover efficacement il est important de savoir évaluer. Mobilisons-nous donc, entreprises et pouvoirs publics, en nous appuyant sur le monde académique, pour révolutionner nos approches de l’évaluation de l’investissement social et du développement humain. L’énergie du social sera, demain, plus responsabilisante, plus territoriale, plus digitale, au bénéfice de tous. »

Ségolène NEUVILLE, Secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion

« Notre modèle social, fondé sur le principe d’égalité des droits et des chances, vise à la fois à protéger les personnes en cas de difficulté, et à leur permettre de s’émanciper en offrant davantage de libertés aux individus : liberté de choix, de mouvement, d’engagement. Les politiques de solidarité sont garantes de ce modèle social sur l’ensemble des territoires et font donc l’objet d’investissements massifs de la part de l’Etat et des collectivités. Mais elles sont toutefois la cible de critiques récurrentes au motif qu’elles seraient inefficaces. Pour assurer leur crédibilité et donc leur pérennité, il est donc utile de faire la preuve que ces politiques ne sont pas qu’une charge pour la collectivité, mais qu’elles ont un impact réel sur nos trajectoires individuelles et collectives.

Les stratégies d’investissement social et de développement humain ont pour objectif de renforcer les synergies entre acteurs sociaux et économiques à l’échelle locale, afin de lutter plus efficacement contre les phénomènes d’exclusion sociale en s’appuyant sur un environnement social et économique plus inclusif. La Fondation pour l’Investissement Social et le Développement Humain vise ainsi à redonner du sens et de la valeur à nos politiques sociales, au travers d’exemples et de projets concrets, et en s’appuyant sur des travaux de recherche universitaires robustes et indépendants ».

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