Ecobilan des menuiseries : Plutôt favorable pour le PVC et l’aluminium

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prospective-213.jpg

prospective-213.jpgEn PVC ou en aluminium, les profilés des menuiseries ne posent pas de problèmes majeurs en termes de recyclage. Les filières existent déjà et fonctionnent car la demande est au rendez-vous.

A priori, les menuiseries qui travaillent les profilés en aluminium ou en PVC n’ont pas trop de souci à se faire quant à leur écobilan. De quoi s’agit-il ? D’un processus d’analyse des impacts environnementaux d’un produit, de sa fabrication c’est-à-dire de l’extraction et la transformation des matières premières, à sa fin de vie (déchet recyclable ou pas) en passant par son cycle de vie. Ce bilan peut le cas échéant aboutir à une « Analyse du Cycle de Vie » (ACV) selon la norme Iso 14040.

PVC et aluminium : de bons élèves !

« Nous avons rédigé une fiche de données environnementales et sanitaires à partir de la déclaration ‘fenêtres et porte-fenêtres PVC à double-vitrages réalisée par les industriels membres des syndicats UF-PVC (L’Union Fenêtres PVC Composites) et SNEP (syndicat national de l’extrusion plastique), qui dresse l’état des lieux et montre que le PVC est totalement recyclable » explique Philippe Macquart, délégué général de l’UF-PVC. D’après le document, les fabricants de fenêtres PVC font l’hypothèse que, dans 30 ans, 80% des fenêtres en fin de vie seront collectées et recyclées. Du reste, les organisations professionnelles ont d’ores et déjà pris les devants en créant une société spécialisée la « SARL PVC Recyclage » chargée de gérer la filière. Les menuisiers peuvent consulter le site Internet de l’entité (www.pvcrecyclage.fr) pour notamment identifier le centre de recyclage le plus proche de leur entreprise. Car le PVC composé à 57% de sel de table et à 43% de sous-produits pétroliers est facile à recycler. Par exemple, explique Philippe Macquart, « les déchets comme les chutes ou les surplus liés à des erreurs de cote, sont vendus à des recycleurs qui fabriquent des tuyaux d’évacuation d’eau, destinés à remplacer les tuyauteries en plomb ». Le débouché semble prometteur puisque, précise-t-il, « l’eau potable à la sortie des tuyaux PVC est de très bonne qualité ». Dans les usines, les déchets de coupe peuvent être recyclés directement sur place via les extrudeuses.

Chez les aluminiers, pas d’inquiétude non plus. La bauxite, le minerai dont est extrait l’aluminium est une ressource naturelle saine. Selon une étude publiée par le Groupement des Lamineurs et Fileurs d’Aluminium (GLFA) soutenue par l’Association Européenne de l’Aluminium (EAA), dans le cadre du programme baptisé « l’Aluminium pour les générations futures », les taux de récupération et de recyclage de l’aluminium pour les bâtiments démolis analysés sont de l’ordre de 92% à 98%. Commentaire de Jean-Louis Marchand, délégué général du Syndicat national de la construction des fenêtres, façades et activités associées (SNFA) : « en fin de vie, un produit en aluminium est recyclable et recyclé, d’ailleurs, la filière est réellement installée, sa production recyclée traite 40% de la demande initiale en Europe ». Le déchet présente donc une véritable valeur économique. L’aluminium étant un matériau durable, léger et résistant, qui permet l’utilisation de profilés fins, faciles à installer et à manipuler, les chutes sont aisément récupérables et transportables. Les produits propres récupérés sont refondus et réutilisés lors de la fabrication de nouveaux produits. Dans d’autres cas, l’aluminium est mélangé avec d’autres déchets, comme des coupes de bois pour produire du contreplaqué notamment.

L’étude du GLFA prévoit qu’en Europe, le nombre de décharges diminuera au lieu d’augmenter dans les prochaines années et que les coûts de mise en décharge augmenteront sur le long terme. Cette tendance devrait s’accompagner d’applications de tarifs de mise en décharge différenciés selon la catégorie de déchets. Le taux de récupération (pour l’aluminium) irait ainsi en augmentant. D’ailleurs, « l’influence de l’aluminium sur l’environnement étant la plus neutre possible » selon Jean-Louis Marchand, cette caractéristique devrait encore « booster » son recyclage.

Au total, l’écobilan des matériaux utilisés dans les menuiseries est plutôt favorable. D’autant que les produits finis – les profilés des fenêtres par exemple – ne perturbent pas l’environnement au cours de leur cycle de vie, puisqu’ils sont à la fois durables car résistants à la corrosion, faciles à entretenir, et recyclables une fois démontés.

V.M.

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