Des menuiseries aux commandes de la fée électricité !

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veranda2.jpgPortails, volets, toitures de vérandas, les cellules solaires et photovoltaïques fleurissent dans l’habitat pour produire de l’énergie utilisée soit pour rendre le produit autonome, soit pour être revendue à ERDF. Les innovations les plus spectaculaires viennent toujours du secteur tertiaire.

 

 

 

 

 

 

 

veranda_3.jpgSur le site de Kovacic – entreprise familiale de fabrication de volets et de portes de garage basée en Alsace – il est clairement expliqué que sous nos latitudes, une journée de lumière permet de produire entre 3 et 5 kW d’électricité au m2, un volume suffisant pour alimenter une batterie au lithium et commander un volet roulant. Kovacic propose trois produits, un pour les volets des fenêtres de toit (compatible Velux®), un pour les volets verticaux – caisson aluminium extérieur type rénovation – et un kit pour les volets existants. « Avec cette offre, nous couvrons 80 % des fenêtres » affirme Joffrey Kovacic. Le fabricant dispose d’une expérience de sept ans et a fait subir à ses produits des tests de vieillissement sur vingt ans. Les produits, alsaciens, dont 40 à 50 % des composants sont d’origine allemande, revendiquent un niveau élevé de qualité. Par rapport à ses concurrents – Somfy notamment – Joffrey Kovacic vante les mérites d’une batterie au lithium garantie sept ans et surtout « positionnée à l’intérieur, ce qui lui évite de subir les variations de température ». Plus chère, elle est aussi selon le fabricant, plus moderne et plus résistante. La pose de la batterie à l’intérieur de l’habitat, près de la fenêtre, peut apparaître comme un inconvénient, compensé par la possibilité de l’installer en hauteur pour être dissimulée derrière les rideaux et de l’équiper d’une télécommande. Le fonctionnement du système d’alimentation des volets est simple, la lumière est transformée par les cellules photovoltaïques, une carte électronique puise l’énergie dans la batterie ainsi rechargée et actionne les volets ! Peu onéreux, ces équipements trouvent aujourd’hui leur public. « Les batteries et systèmes à énergie solaire se démocratisent de plus en plus et  suscitent l’intérêt des consommateurs » observe Gilles Tellier, Gérant de VRS fermetures. Le système de motorisation pour volet roulant Sol’R de VRS s’adapte à toutes les façades, en rénovation comme dans le neuf. Les produits KSM peuvent également être motorisés et reliés au kit d’alimentation solaire pour motorisation composé d’un panneau solaire photovoltaïque et d’une batterie qui conserve l’énergie électrique produite par le panneau SYP en la distribuant de manière continue et permanente tout au long de la journée. L’offre se développe car les arguments en faveur de ce type de système ne manquent pas : économique et écologique, fonctionnement garanti même en cas de période nuageuse grâce à la réserve d’énergie associée à la faible consommation des automatismes, installation facile – ce n’est plus la peine de creuser des tranchées pour faire passer les câbles et alimenter un portail, ou de faire des saignées dans les murs pour motoriser les volets – possibilité de les mettre en œuvre n’importe où, y compris dans les lieux les plus isolés, etc.

 

Une nouvelle génération de vérandas

 

Wallis &Energy®, la véranda aluminium de Profils Systèmes productrice d’énergie, est disponible en deux catégories de générateurs photovoltaïques : opaques, assemblés sur des panneaux isolants et transparents assemblés sur des vitrages isolants. De son côté, Mitjavila produit et commercialise une pergola en aluminium équipée de panneaux solaires. Le fabricant n’hésite pas à mixer les solutions. Il est possible d’intégrer des vitrages au milieu des panneaux photovoltaïques pour créer un puits de lumière afin de bénéficier des apports solaires à l’intérieur. Une autre solution consiste à intégrer à côté des panneaux photovoltaïques des lames pivotantes brise-soleil. « Les prix de revente d’électricité ne cessent de baisser mais avec notre système, l’énergie peut être revendue à ERDF au tarif préférentiel lorsque la véranda est située devant une ouverture » indique Philippe Roitg, Directeur technique de Mitjavila. Le système peut également équiper des toitures terrasses ou de vérandas.

 

  Les innovations dans le tertiaire

 

Il semble que la lame brise-soleil photovoltaïque ait un bel avenir devant elle. Le BSO, au départ élément de protection solaire, favorise la ventilation et devient producteur d’énergie. Ses multiples fonctions séduisent et correspondent à la recherche de bâtiments autonomes. Chez Wicona, le brise-soleil Wicsolaire répond à de nombreuses demandes du marché avec ses lames ventelles, fixes ou orientables, rectangulaires, capots ogives, ailes d’avion. Elles intègrent des modules photovoltaïques de deux types, cristallin ou monocristallin. « Ces modules présentent des caractéristiques quasi identiques au plan technique, mais au niveau esthétique, l’un est gris et l’autre est bleu » explique Ana Jimenez, Responsable marketing de Wicona. Avec Wicsolaire, le gammiste propose une solution complète  (structure aluminium, boîte de connexion, câbles, modules photovoltaïques, fournit par SolarWatt, son partenaire allemand) et cible le marché du tertiaire. « Notre objectif n’est pas de produire de l’énergie, mais d’apporter une solution de protection solaire avant tout ; la production d’énergie, rendue possible grâce à la position du brise-soleil est un plus » commente Ana Jimenez. Les lames de 18 cm de profondeur environ, et les modules de 1,20 m de largeur environ répondent à l’objectif de « protection passive » et de confort.

 

veranda_4.jpgValsolar, filiale de Sepalumic, développe des solutions photovoltaïques pour les locaux d’entreprise d’une surface minimum de 700 m2 (bureau, entrepôt) et déployées sur-mesure, au cas par cas. « Nous exploitons au maximum son potentiel selon la configuration du bâti, car les performances dépendent par exemple des encombrements de la toiture et du type de toiture » précise Axel Caron, Directeur commercial de Valsolar.  Des verrières fleurissent ainsi en toiture, armées de panneaux producteurs d’énergie. « Nous avons déjà de belles références en Bretagne, notamment dans un collège basse consommation et haute qualité environnementale » déclare Axel Caron. Sepalumic fournit la structure de la verrière, un nouveau mur-rideau, et Valsolar fournit les vitrages équipés des modules photovoltaïques. Leur objectif  commun étant « de proposer aux menuisiers les deux savoir-faire et de leur apporter les équipements et toute l’ingénierie nécessaire (norme sécurité à respecter, norme résistance vitrage spécifique) » ajoute Axel Caron. Car le secteur tertiaire est friand de produits photovoltaïques. Schüco, positionné depuis longtemps sur ce marché, sort en 2012 un nouveau module photovoltaïque couches minces Prosol TF+ pour fenêtres et façades. « Nous avons modifié nos lignes de fabrication pour produire cette nouvelle génération de couche mince de technologie micromorphe, car auparavant nous utilisions la technologie amorphe » commente Ludovic Chatelet, en charge du nouveau module. La couleur noire au lieu de brique est plus esthétique et les gains en efficacité sont conséquents : + 30 % watt / par m2. Schüco propose un système complet d’ouvrage photovoltaïque. « Le produit se décline en plusieurs applications (façade, verrière, brise-soleil, auvent, bardage rapporté) et nous avons développé et adapté la gamme de menuiserie pour pouvoir passer les connexions électriques d’un module à l’autre, tout en garantissant une étanchéité maximale » ajoute Ludovic Chatelet. Néanmoins, les projets actuels portent davantage sur des verrières que sur des façades. Son potentiel est intéressant, car il travaille avec la lumière diffuse, et autorise la production d’énergie, quelques soient l’exposition des modules, l’inclinaison et l’orientation des façades.

 

veranda_5.jpgAutre nouveauté, le verre feuilleté SunEwatt d’AGC encapsule les cellules photovoltaïques et s’intègre à n’importe quel type de produit (verrière, façade, balustrade) sous réserve de bénéficier d’un référentiel normatif spécifique. « Un module photovoltaïque standard ne peut pas être intégré au bâtiment car il ne répond pas aux normes du bâtiment, notamment en matière de caractéristiques de vieillissement » prévient Frédéric Bonnefoy, Directeur produits Europe du BIPV d’AGC (building inte-grated photovoltaics). Le verrier propose deux gammes, SunEwatt XL (cellules cristallines lancées en 2010) et SunEwatt TF, lancée plus récemment, verre de sécurité intégrant une couche mince semi-transparente ou opaque en silicium amorphe. «  Selon les projets – l’épaisseur et le type de verre, les dimensions, le positionnement – et les éléments qui font varier la transmission lumineuse du produit, les cellules sont assemblées d’une certaine manière » ajoute Frédéric Bonnefoy. Du sur-mesure, permettant au fabri-cant d’offrir la flexibilité dont les architectes ont aujourd’hui besoin… en attendant la sortie de produits s’intégrant mieux au bâtiment d’ici trois à cinq ans.

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