Bilan 2009 et début 2010 de l’économie

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L’Insee avait initialement prévu une hausse de 0,3% pour 2009, prévision revue dernièrement à la baisse : l’économie française était en récession de 2,5% l’an dernier. Au premier trimestre 2010, la croissance française a été de 0,1%. Selon l’organisme, la croissance du premier trimestre a été largement freinée par la chute de la consommation des ménages. Pour cette année 2010, le gouvernement mise (actuellement) sur une croissance de 1,4%.

 

L’emploi

Les régions industrielles françaises ont toutes été frappées par la hausse du chômage entre 2008 et 2009, même les plus dynamiques, notamment le Poitou-Charentes, Rhône-Alpes, la Bretagne et les Pays de la Loire , qui, en deux ans, auraient perdu (source Insee) entre 3,4% et 5% de leur emploi total. Cependant, dans ces régions, la baisse est restée inférieure à la moyenne nationale. Selon les résultats de l’enquête de l’Insee, entre 2002 et 2006, l’ensemble des grandes régions industrielles (Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Picardie, Alsace, Basse-Normandie, etc.) ont perdu environ 200 000 emplois ; avec la crise, « la baisse de l’emploi industriel s’est accélérée dans ces régions, passant de 2% à 3% par an à une baisse de 5,3% en 2009 ». Les régions qui se sont spécialisées dans le tertiaire ont mieux résisté, notamment l’Ile-de-France, grâce à la part importante des services aux entreprises à haute valeur ajoutée et d’emplois qualifiés. Depuis le 2ème trimestre 2009, on note le redémarrage de l’emploi intérimaire dans les régions industrielles. Selon Pôle emploi, toutes les régions ont connu une hausse du travail temporaire sur un an, par exemple la Franche-Comté (+78,5%).

 

Consommation et climat des affaires

En avril, la consommation des ménages français en produits manufacturés a chuté de 1,2% (contre 0,5% prévu), cependant, le climat dans l’industrie s’améliore. Les dépenses en produits manufacturés représentent environ le quart de la consommation totale des ménages en biens et en services. En avril, les dépenses en équipement-logement ont reculé de 0,3%. Le climat des affaires dans l’industrie manufacturière française s’est amélioré légèrement en mai, selon l’enquête de conjoncture de l’Insee, avec un indicateur du climat des affaires en progression d’un point à 97. L’indicateur du climat des affaires dans son ensemble (services, bâtiment, commerce de gros et commerce de détail), est resté stable à 96 en mai, avec un indicateur de retournement qui resté en zone favorable. Selon les conclusions de l’Insee « les carnets de commandes globaux s’étoffent, mais restent peu fournis ; les stocks de produits finis sont remontés mais restent légers ; les perspectives personnelles de production restent autour de leur niveau moyen de longue période, mais les perspectives générales, qui reflètent l’opinion des industriels sur l’activité de l’industrie dans son ensemble, se sont nettement dégradées d’un mois sur l’autre ».

 

Ventes de logements et mises en chantier

Les ventes de logements neufs affichent une petite amélioration ; les trois indicateurs du logement en France (ventes des promoteurs, mises en chantier, permis de construire) sont repassés dans le positif, malgré les craintes persistantes dues à la flambée des prix dans le secteur. Les mises en chantier ont progressé de 0,6% sur un an (75 411 logements) entre février et avril (source : ministère de l’écologie). Le nombre de permis de construire a augmenté de 24,7% (95 447 unités sur la même période). Les ventes de logements neufs par les promoteurs ont augmenté de 5,3% au 1er trimestre 2010 par rapport au 1er trimestre 2009. Mais, entre avril 2009 et mars 2010, le nombre de mises en chantier a baissé de 14% (300 045 unités) et le nombre de permis de 12,1% (357 936 unités). Par contre, le prix moyen au mètre carré des appartements neufs a augmenté de 6,8% entre le 1er trimestre 2009 et le 1er trimestre 2010. Le prix de vente des maisons individuelles a progressé de 1,8% (plus de 4 pièces) et + 4% pour les maisons de moins de 4 pièces). Selon l’enquête Insee qui leur est consacrée, les entrepreneurs du bâtiment restent très prudents ; « le secteur a certes bénéficié en mai d’une légère embellie du climat conjoncturel, mais la baisse de l’activité devrait se prolonger dans les prochains mois. Cependant, les effectifs ont moins baissé au cours des trois derniers mois, même si la baisse devrait se poursuivre ».

 

Industrie manufacturière

L’indice PMI qui mesure l’activité de l’industrie manufacturière française est en repli après trois mois de hausse. Une enquête PMI réalisée par Markit Economics annonce que « les conditions d’exploitation de l’industrie manufacturière ont continué de s’améliorer en mai, mais dans une moindre mesure par rapport aux mois précédents. Les répondants à l’enquête ont expliqué la hausse de l’activité par une augmentation du nombre d’heures travaillées et une amélioration de la productivité. Le volume des arriérés de production a aussi augmenté pour le dixième mois consécutif, confirmant l’existence de contraintes de capacité. Les fabricants ont néanmoins poursuivi les réductions d’effectifs pour le vingt-cinquième mois consécutif, mais le taux de suppression d’emplois est le plus faible de la période (non remplacement des départs). Les réductions des stocks de produits finis ont continué, avec un taux de repli le plus fort depuis janvier. Les industriels ont également noté les retards dans leur production en raison de problèmes d’approvisionnement. Les délais moyens de livraison, en hausse, reflètent des ruptures de stocks chez les fournisseurs. Les prix à la production de l’industrie pour le marché intérieur ont augmenté en avril  de +1%, après une progression en mars de +0,7%, pour une hausse de 4% sur un an (source : Insee).

 

Zone euro

Selon une enquête (Markit) réalisée auprès des directeurs d’achats des entreprises manufacturières de la zone euro, l’activité continue à progresser mais à un rythme lent ; ralentissement en mai après une accélération en avril. L’indice PMI s’établit à 55,8 en mai, contre 57,6 en avril. En Allemagne, l’activité manufacturière a également ralenti en mai.

 

Dispositions de soutien à l’industrie française

Le chef de l’état a récemment annoncé des dispositions pour soutenir l’industrie, avec pour objectifs d’augmenter de 25% en volume cette production industrielle d’ici à 2O15 ; de pérenniser l’emploi industriel sur long terme (la population active industrielle a chuté de 15% depuis 2000) ; de revenir à une balance commerciale industrielle excédentaire d’ici à 2015 (hors secteur énergie). Parmi les moyens évoqués pour parvenir à ces objectifs, le gouvernement souhaite mettre en place une conférence nationale de l’industrie ; une stratégie industrielle au niveau de l’Union européenne ; une semaine annuelle de l’industrie ; un médiateur de la sous-traitance ; des prêts « verts » bonifiés pour favoriser les investissements « propres » des entreprises ; orienter épargne et crédit bancaire vers l’industrie.
 

Production industrielle

Selon l’Insee, la production industrielle française s’est redressée en janvier, soit + 1,6%, après – 0,2% en décembre, « mais reste à un niveau toujours faible ». La production manufacturière a progressé de 0,8% en janvier après – 0,9% en décembre. Au cours des trois derniers mois, la production se stabilise dans l’industrie manufacturière (+0,2% par rapport aux trois mois précédents) et augmente légèrement pour l’ensemble de l’industrie (+0,6%). L’Insee indique également que la production manufacturière des trois derniers mois de 2009 est supérieure de 4,5% au 1er trimestre 2009, mais reste en retrait de 14,5% par rapport à son point le plus haut, au premier trimestre 2008. La production a cependant chuté dans le secteur de la construction, – 7,1%.

 

Déficit budgétaire et emploi

Le déficit du budget de l’état est passé à 9,2 milliards d’euros fin janvier (contre 8,1 milliards l’an dernier), selon le ministère du budget. L’emploi salarié a baissé de 0,1% sur le dernier trimestre 2009, avec 20 400 emplois détruits. Si les destructions d’emplois ont ralenti au 4ème  trimestre 2009, sur un an, l’emploi a baissé de 2,2% (357 600 postes supprimés), selon l’Insee. Les économistes et le gouvernement tablent sur une augmentation du chômage jusqu’à la mi-2010, même si, notent-ils, « la hausse a été environ trois fois plus faible qu’au début 2009 ». Selon leur rapport, le redémarrage de l’emploi passera d’abord par des temps partiels et de l’intérim (dont le nombre a très légèrement augmenté en février). L’Insee de son côté indique que le taux de chômage est remonté en deux ans à 9,6% en moyenne (en métropole), avec plus de 2,7 millions de chômeurs au 4ème trimestre, et à 10% (avec les DOM). L’organisme fait aussi état d’un « phénomène jamais vu, dû à la dégradation de l’emploi des jeunes hommes de 15-24 : à l’inverse de la tendance habituelle, le taux de chômage masculin (9,6% en métropole, 10% avec l’outre-mer) est identique à celui des femmes ». L’organisme explique en partie ces chiffres par une orientation des femmes vers des secteurs moins touchés par la crise (action sociale notamment), contrairement aux hommes assez présents dans l’industrie et la construction.

Projet de loi

Le Sénat a récemment adopté le projet de loi sur l’Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée (EIRL), « qui répond à une demande historique des artisans ». Ce projet de loi, concerne la protection des biens personnels en cas de faillite de près de 1,5 million d’entrepreneurs en nom propre. Le projet de loi repose sur un dispositif juridique de patrimoine affecté. Après son adoption par les deux Assemblées, la procédure accélérée ayant été retenue, une commission mixte paritaire statuera sur le texte définitif et la réforme devrait être opérationnelle en janvier 2011.

 

PME

Selon une étude récente (Altares), 16 052 jugements d’ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire ont été prononcés par les tribunaux au premier trimestre, soit une baisse de -0,5 % par rapport à la même période 2009. La situation des grosses PME s’améliore légèrement ; les défaillances d’entreprises de 50 et 99 salariés ont baissé de 47 % au premier trimestre 2010 par rapport à 2009 et celles de 100 à 199 employés de 22 %. Les TPE de moins de 10 salariés affichent 93 % de défaillances.

 

Les propositions de la FFB

Lors d’une récente conférence de presse, Didier Ridoret, président de la FFB a résumé les propositions à court terme de l’organisme « pour que l’activité reparte et que la confiance revienne ». Parmi celles-ci : maintenir le doublement du PTZ neuf jusqu’à la fin de 2010 à minima, préserver le dispositif Scellier tant que le secteur ne connaît pas de réelle reprise, accélérer le plus possible le lancement des opérations financées par le Grand Emprunt, poursuivre l’effort en matière de rénovation énergétique du parc HLM, en élargissant les conditions d’accès à l’éco-prêt logement social aux logements de la classe D du Diagnostic de performance énergétique, garantir le maintien du taux réduit de TVA à 5,5% pour les travaux d’amélioration-entretien du logement.

 

Créations d’entreprises

Selon un rapport de l’Insee, les créations d’entreprises ont augmenté de 12,9 % entre janvier et février, soit 57 748 créations, augmentation due principalement aux 35 802 nouvelles inscriptions au régime social des auto-entrepreneurs. Ce qui n’est pas du goût des fédérations du bâtiment (FFB et Capeb), qui jugent cette concurrence déloyale et veulent leur interdire l’accès aux métiers du bâtiment.

 

Dépenses

Les dépenses des ménages en biens manufacturés ont connu une baisse moindre en février (-1,2% comparé à – 2,5%  en janvier). Les achats en biens durables (dont notamment l’équipement du logement) affichent une légère baisse de -0,4 %, après +1,2 % en janvier.

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