Lancé
comme une invention révolutionnaire, le verre autonettoyant s’impose peu à peu
sur le marché. Sa mise en œuvre demande quelques précautions comme ses cousins à
couche dure.
« Le concept d’un verre autonettoyant est longtemps demeuré
une utopie. Pourtant, suite à un programme de recherche et de développement, ce
rêve fou s'est enfin concrétisé », explique Pilkington. Pour le
fabricant, l’invention est le fruit de quatre ans de recherche scientifique et
de tests en laboratoire et sur le terrain. Aujourd’hui, le principe du verre
autonettoyant est simple. « Il lutte contre les saletés accumulées
sur la face extérieure du vitrage : traces de pluie, poussières, embruns,
polluants atmosphériques organiques », explique Philippe Grell,
directeur marketing et technique de la société Pilkington. En effet, il utilise
la double action des rayons ultra-violets de la lumière du jour et de l’eau
pour éliminer les saletés accumulées sur la face extérieure du vitrage. L’exposition
aux rayons ultra-violets provoque la décomposition des saletés organiques
(photocatalyse) et rend la surface hydrophile. L’eau (par exemple, la pluie), en
s’étalant sur le verre, élimine les résidus décomposés et les poussières
minérales.
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Trois producteurs mondiaux
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Trois des quatre plus grands
producteurs de verre plat proposent aujourd’hui le verre autonettoyant conjuguant
propriétés photocatalytique et hydrophiles.Le premier à avoir commercialisé
un produit est Pilkington.Son produit, l’Activ est distribué depuis 2002, en
France.Le second est le français Saint-Gobain Glass.D’abord avec le SGG
Aquaclean, un verre qui n'était qu’hydrophilique (l’eau s’étale à la surface de
cette couche et provoque un effet de lavage) et depuis 2004 le SGG Bioclean qui
est le concurrent direct de l’Activ.Aux Etats-Unis, PPG propose de son côté le
Sunclean
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Une couche photocatalytique et hydrophile
Le vitrage se compose
d’un verre clair sur lequel est déposée une couche transparente composée d’un
matériau minéral photocatalytique et hydrophile. Cette couche d’oxydes
métalliques est déposée en continu, durant la fabrication du verre sur la ligne
« float », par pyrolyse. « Elle est donc totalement intégrée à
la surface du verre, ce qui lui confère une excellente résistance et ainsi une
grande durabilité. Les propriétés mécaniques, thermiques et acoustiques des
vitrages autonettoyants sont identiques à celles d’un verre classique »,
souligne Philippe Grell. Cependant, ce type de vitrage ne supprime pas
complètement le lavage car l’action autonettoyante dépend de la nature des
saletés, de leur quantité, de l’exposition au soleil et à la pluie et de
l’inclinaison des vitrages. En réalité, le verre autonettoyant diminue grandement
le nombre de lavages. Les verriers recommandent même des procédures de
nettoyage. « Dans certains cas, le verre autonettoyant doit être arrosé
à l’eau, avec un pulvérisateur ou au jet, sans haute pression. Pour les traces
rebelles, il est nécessaire de verser dans l’eau quelques gouttes de détergent
(de type liquide vaisselle), frotter avec une éponge propre puis de rincer
abondamment avec le pulvérisateur ou au jet d’eau et de laisser sécher le
vitrage », conseille Saint-Gobain Glass. En outre, la couche active
n’est pas opérationnelle immédiatement. « Après la pose, l’activation
de la fonction autonettoyante nécessite plusieurs jours d’exposition à la
lumière naturelle », explique Martine Olivier, directrice Marketing
Saint-Gobain Glass. Ainsi, cette "mise en route" par les ultra-violets
peut varier entre trois jours et une semaine, selon la saison et l’orientation
des vitrages.
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Un collectif pour des bâtiments autonettoyants
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Pilkington, Agrog Buchtal, Ciments
Calcia, Schüco et STO, leaders dans leurs domaines d’activité, se sont
regroupés dans le collectif Ocean pour développer, faire la promotion de la fonction
autonettoyante et proposer une offre globale pour l'enveloppe autonettoyante du
bâtiment. « Des façades sales, des coûts d’entretien élevés, une
mauvaise image du bâtiment sont de réelles préoccupations pour les Maîtres
d’Ouvrage, les gestionnaires des bâtiments et les Architectes. La pollution
atmosphérique à l’origine de ces phénomènes n’est pourtant plus une fatalité. Aujourd’hui
les acteurs de la construction possèdent une réponse adaptée à cette
problématique et peuvent profiter de bâtiments esthétiques, propres et économes
en coûts d’entretien, participant de plus à la protection de l’environnement. L'évolution
technologique des matériaux de construction a permis de développer et de
proposer de nouvelles qualités aux façades des bâtiments comme la fonction
autonettoyante ou l’aide au nettoyage », précise Ocean. En effet, si
les industriels du bâtiment utilisent des technologies différentes (l’
« effet lotus », l’effet combiné de la lumière et de la pluie), le
résultat est là : l’entretien des matériaux de l'enveloppe d’un bâtiment est
maintenant simplifié.
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