|
Le
système de demande de réduction des majorations de retard s’avère lourd et
formel. A compter du 1er janvier 2008, le décret du 11 avril 2007
ramène de 10 à 5% le taux initial des majorations de retard et fixe le loyer de
l’agent appelé « majoration de retard complémentaires » à 0.4% par
mois, soit 4.80% par an.
Le processus actuel repose essentiellement sur deux
textes :
♦ L’article R 243-18 du Code de la sécurité sociale précise que les
cotisations, non acquittées à leur date normale d’exigibilité, supportent des
majorations. Le taux est de 10% à la date d’exigibilité de celles-ci, plus 2%
par trimestre écoulé après l’expiration d’un délai de trois mois à compter de
la même date d’exigibilité ;
♦ L’article R 243-20 prévoit un système de
remise des majorations de retard suivant un processus compliqué. Le cotisant
peut, en effet, demander une réduction « partielle » des majorations
de retard. L’article R 243-20 1 4 du Code la sécurité sociale précise que, quand
les cotisations sont acquittées avec un retard d’un mois ou plus à compter de
la date d’exigibilité, un minimum de majorations de retard, fixé à 0.60% des
cotisations arriérées par mois ou fraction de mois de retard, doit être laissé
à la charge du débiteur.
Deux éléments à réunir
♦ En premier lieu, le cotisant doit
avoir réglé la totalité des cotisations.
♦ En deuxième lieu, il doit avoir établi
sa bonne foi. A titre indicatif, les tribunaux ont pu retenir, comme
constitutifs de la bonne foi, les difficultés financières d’une entreprise
accompagnées d’un effort de l’employeur pour s mettre à jour de ses
cotisations… Bien évidemment, il appartient au cotisant de prouver sa bonne foi. La
demande est formulée directement auprès du directeur de l’organisme de recouvrement. Selon
le classement de cet organisme, c’est lui seul, ou la Commission de recours
amiable, qui statueront sur le dossier du cotisant. La décision rendue pourra
faire l’objet, dans les deux mois de sa notification, d’un recours sur simple
requête devant le tribunal des affaires de sécurité sociale, celui-ci statuant
en dernier ressort, quel que soit le montant de la demande (C. sec. Soc, art R
244-2). En d’autres termes, le jugement du tribunal ne pourra être attaqué que
par un pourvoi devant la Cour de Cassation (C ; sec. soc, art R 144-1).
De
nombreuses dérogations
Par dérogations au principe susvisé, la commission de
recours amiable ou le directeur de l’organisme de recouvrement, peuvent décider
dans des cas exceptionnels ou de force majeure, la remise partielle ou
intégrale de la fraction irrémissible des majorations (exemples : une
grève de la Poste, une restriction des crédits bancaires). Là encore, la
décision rendue pourra faire l’objet d’un recours devant le tribunal des
affaires de sécurité sociale statuant en dernier ressort, quel que soit le
montant de la demande. Enfin, signalons que par tempérament à ces dispositions,
le Code de la sécurité sociale prévoit une procédure de remise automatique par
l’organisme de sécurité sociale quand les majorations sont inférieures à 40% du
plafond mensuel de la sécurité sociale et s’il s’agit de la première
infraction… Autant d’exceptions qui ne facilitent pas la compréhension du
dispositif…
Le taux initial diminué à 5%
A compter du 1er janvier
2008, le décret n° 2007-546 du 11 avril 2007 ramène de 10 à 5% le taux initial
des majorations de retard et fixe le loyer de l’argent appelé « majoration
de retard complémentaire » à 0.4% par mois, soit 4.80% par an. Cette
majoration complémentaire sera calculée dès le premier mois de retard,
c’est-à-dire à compter du lendemain de la date d’exigibilité des cotisations.
Remise
possible pour la sanction de 5%
La sanction de 5% pourra faire l’objet d’une
demande de remise auprès de l’URSSAF, comme dans les conditions antérieures. La
majoration complémentaire ne pourra faire l’objet d’une remise sauf dans les
cas exceptionnels ou de force majeure. En outre, une remise automatique sera
envisageable si aucune infraction n’a été constatée dans les 24 mois
précédents, si le montant des majorations de retard est inférieur au plafond
mensuel fixé pour l’année civile en cours (2 682 euros pour 2007) et si dans le
mis suivant la date d’exigibilité des cotisations, le cotisant a réglé les
cotisations dues et a fourni ses déclarations.
|
Une réforme nécessaire...
|
|
Ce système complexe a fait l'objet de nombreuses critiques, certains estimant qu'il n'était pas compatible avec le droit auropéen. Par ailleurs, la convention d'objectifs Etat ACOSS 2006-2009, indique que "les majorations de retard sont auourd'hui élevées et déconnectées du taux d'intérêt mêlant pénalités et loyer de l'argent".
|
|