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Voici une sélection des
questions de lecteurs qui nous sont le plus fréquemment posées. Une réponse
simple et pratique est proposée dans chaque hypothèse…
Un employeur peut-il
exercer une action en dommages intérêts contre un salarié licencié pour faute
grave ?
Non. Seule une faute lourde peut légitimer une action en dommages
intérêts contre le salarié. Les tribunaux se montrent extrêmement stricts sur la
définition de la faute lourde : non seulement cette faute ne permet pas le
maintien du salarié dans l’entreprise mais elle doit, en outre, révéler une
intention de nuire (par exemple, dans le cas d’un vol).
En matière de
licenciement, quelle est la différence entre une faute grave et une faute
lourde ?
La faute grave est une faute ou un ensemble de fautes qui ne
permettent plus, un seul instant, la présence du salarié au sein de
l’entreprise (par exemple, alcoolisme, rixe, etc…). Elle dispense l’employeur de
payer une indemnité de préavis et de licenciement. Une faute lourde est une
faute grave qui révèle, en outre, l’intention de nuire du salarié (un vol
notamment). Elle prive le salarié de toute indemnité, en particulier, des
indemnités de congés payés et peut même fonder une action en dommages et
intérêts de la part de l’employeur.
Un salarié licencié pour faute grave a-t-il
droit à l’assurance chômage ?
Pour bénéficier de l’assurance chômage, le
salarié doit avoir été involontairement privé de son emploi et ce, quel que
soit le motif de licenciement (économique ou pour cause réelle et sérieuse). Il
en résulte qu’un salarié licencié pour faute grave, ou pour faute lourde, sera
indemnisé au titre de l’assurance chômage.
Faut-il obligatoirement envoyer son
certificat de travail au salarié lorsqu’il quitte l’entreprise ?
La délivrance
d’un certificat de travail, au salarié qui quitte l’entreprise, est
obligatoire, quel que soit le motif de la rupture du contrat de travail. Il doit
mentionner la date d’entrée du salarié dans l’entreprise, la date de sortie et
la nature du ou des emplois occupés. Cependant, si la délivrance du certificat
de travail est obligatoire, son envoi est facultatif. Autrement dit, l’employeur
doit le tenir à la disposition du salarié. Il doit lui être remis à l’expiration
du contrat de travail, c’est-à-dire, à l’issue du préavis effectué ou non.
Dans
quel délai une salariée doit-elle faire sa déclaration de grossesse ?
Il
convient ici de distinguer le droit du travail et le droit de la sécurité
sociale. La femme enceinte n’est pas tenue de révéler son état de grossesse à
son employeur (C. trav, art L 122-25), sauf si elle demande le bénéfice des
dispositions légales concernant la protection contre le licenciement ou celui
des congés payés. Face à la sécurité sociale, la salariée doit déclarer sa
grossesse, dans les quatorze semaines qui suivent la date de conception, auprès de
la Caisse primaire d’assurance maladie, puis de la Caisse d’allocations
familiales si elle souhaite bénéficier des prestations sociales. A défaut de
déclaration dans ce délai, la future mère s’expose à un refus de paiement des
prestations sociales.
Un salarié me reproche d’avoir modifié son système de
rémunération sans son accord. Et pourtant, il continue de travailler dans
l’entreprise.Son option est-elle soutenable ?
Oui, en effet, vous ne pouvez
appliquer, en droit du travail, le dicton populaire « qui ne dit pas
consent ». Au contraire, les tribunaux décident que l’acceptation d’une
modification du contrat de travail ne peut résulter de la seule poursuite des
relations contractuelles (Cass. Soc. 19 mars 2003). Si vous souhaitez modifier
les conditions de travail de votre salarié, il convient, soit d’obtenir son
accord, soit de respecter une procédure spécifique et qui est variable suivant
que cette modification a un caractère personnel ou économique.
Un de mes salarié
a commis un accident par imprudence. Sa responsabilité peut-elle être mise en
cause ?
Le principe est simple : seule la faute lourde est susceptible
d’engager la responsabilité contractuelle du salarié. En d’autres termes, seule
cette faute permettra à l’employeur de réclamer au salarié des dommages et
intérêts en fonction de son préjudice. Or, la faute lourde est une faute d’une
gravité exceptionnelle qui révèle l’intention de nuire. En d’autres termes,
avant de mettre en œuvre la responsabilité du salarié, les juges devront
caractériser cette intention de nuire du salarié. En l’espèce, s’agissant d’un
accident « par imprudence » qui ne constitue pas une faute lourde, la
responsabilité contractuelle du salarié ne saurait être engagée.
Un de mes
salariés, recruté sous contrat à durée déterminée, ne donne pas satisfaction. Puis-je
le licencier pour insuffisance professionnelle ?
L’insuffisance
professionnelle ne présente pas un caractère fautif donnant lieu à un
licenciement disciplinaire (Cass. Soc. 9 mai 2000). Or, suivant l’article L
122-3-8 du Code du travail, le contrat de travail à durée déterminée ne peut
prendre fin par anticipation, à l’initiative de l’employeur, que pour faute
grave. Dans ces conditions, il n’est pas possible de rompre, par anticipation,
le contrat à durée déterminée pour insuffisance professionnelle (Caszs. Soc. 14
mai 2003). Une telle erreur ouvrirait droit, en faveur du salarié, au minimum,
au paiement des salaires jusqu’au terme du contrat.
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