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La future médiathèque André-Malraux à Béziers, fait
l’objet d’une démarche HQE pour réduire sa consommation énergétique. Son
enveloppe a donc reçu une attention particulière avec la mise en œuvre d’une
façade ventilée et d’une paroi double-peau, qui reçoit une peau extérieure en
verre feuilleté marbre ; une première en France.
« La médiathèque
s’inscrit sur le site de l’ancienne caserne Duguesclin. Le bâtiment est
constitué de pierre et de verre, de quatre niveaux pour le corps central, et de
trois niveaux pour les deux corps latéraux. La façade principale permet
d’identifier clairement le statut d’un édifice public inscrit dans une place de
grande dimension. L’emprise du bâtiment, 80 x 36 m, permet de se dégager du
prospect du restaurant universitaire au sud, et d’aménager un parvis au nord,
côté avenue Jean Moulin », présente le cabinet d’architecture du projet
Wilmotte. L’entreprise Gartner France réalise les 3 300 m² de façades pour un
marhcé de 3.3 M €. Cette médiathèque est marquée par des ouvrages verriers
significatifs. « L’objectif était d’intégrer des éléments en verre sachant
qu’une bibliothèque demande que les livres soient protégés du soleil »,
indique Patrick Debray, chargé de mission pour la médiathèque de Béziers. En
effet, pour une bibliothèque, les parois de verre rendent visibles les espaces
publics alors que les parois opaques traduisent la présence de magasins où sont
stockés les livres. L’absence de lumière permanente garantit la conservation des
ouvrages. « En outre, la transparence est un moyen de favoriser l’accès au
public aux ressources documentaires, d’inciter à la fréquentation de la
bibliothèque », souligne Patrick Debray.
Verre et pierre
La médiathèque de
Béziers alterne donc pierre et verre. « Le bâtiment présente une image très
minérale : la pierre claire est utilisée pour l’édifice et les espaces
extérieurs : elle révèle l’ambiance méditerranéenne et la luminosité
particulière à la région », explique le cabinet d’architecture. Pour
accentuer cette « minéralité » du bâtiment, le matériau de la façade
Ouest est composé d’un feuilletage de pierre et de verre. Il permet de filtrer
l’entrée de lumière dans les pôles de travail. Cette pierre translucide est un
produit inédit. « Une fine lame de marbre est insérée entre deux plaques de
verre de 8 mm ou 10 mm d’épaisseur. L’insertion de la feuille de marbre épaisse
d’environ 4 mm est une technique gardée secrète », précise Patrick Debray .C’est
la première fois en France que ce type de verre feuilleté pierre-verre est
posé. Sa mise en œuvre a d’ailleurs fait l’objet d’une demande d’Atex. « La
fabrication de vitrage verre et marbre a été confiée à une entreprise de
miroiterie italienne », indique Noberto De Sa, conducteur de travaux du
façadier Gartner. La fine plaque de marbre est associée à du verre extra clair
pour améliorer la diffusion de la lumière. Il se distingue par son extrême
transparence et une coloration plus faible que celle du verre clair. Ce verre a
une composition modifiée, très faible en oxyde de fer. « C’est du verre diamant »,
indique Noberto De Sa. Cette façade translucide occupe 735 m². « La façade
de marbre et de verre est suspendue par une structure en acier inoxydable et
fixée par des pattes, elles aussi en acier inoxydable. Les tubes acier de la
structure sont accrochés à l’acrotère c’est à dire au rebord périphérique placé
au dernier niveau du bâtiment. Le poids est repris en partie haute »,
précise Stéphane Bedel, directeur de Gartner France. Les plaques de verre
feuilleté marbre ont des dimensions de 1.5 m de large et 800 mm de
haut.
Double-peau sur 4 niveaux
En outre, ce produit verrier s’insère dans une
façade à double peau. « Il constitue la paroi extérieure d’une façade
double-peau orientée à l’Ouest », explique Noberto De Sa. Cette double-peau
occupe tous les étages du bâtiment soit 4 niveaux : un rez-de-chaussée
bas, un rez-de-chaussée haut, R + 1 et R + 2. L’enveloppe intérieure reçoit un
double vitrage et des parements en aluminium entre les étages. A chaque étage,
des portes permettent d’accéder à la zone tampon. « La façade double est de
conception traditionnelle », précise Stéphane Bedel. La première et la
seconde enveloppe sont séparées par un vide de 1 m. Des caillebotis et plats en
acier les unissent. Ils facilitent l’entretien. Ici, la cavité c’est à dire
l’espace entre les deux parois n’a pas besoin d’être équipé d’occultation car
le verre feuilleté marbre s’en occupe. « Le choix d’une façade double peau
est avant tout de répondre aux impératifs de la réglementation thermique et
phonique », explique Stéphane Bedel. En effet, une double peau permet
d’allier performances thermiques et acoustiques. Le confort thermique rencontré
dans un bâtiment équipé d’une façade traditionnelle. La couche d’air de la
cavité contribue à l’isolation thermique. En outre, la double paroi enlève la
sensation de surface froide des vitrages. Cette façade a demandé une conception
poussée. « Il a été pris en compte dès la conception les problèmes de
confort thermique en été, les risques de condensation superficielle dans la
lame d’air en hiver et la surchauffe possible en été dans le système de parois
vitrées de la façade », explique Patrick Debray. En outre, une étude a été menée
sur la résistance au poids propre, la résistance aux chocs, la résistance aux
charges horizontales et la résistance aux mouvements (thermiques…). « Les
aspects de stabilité dépendent fortement de la dimension de la cavité, des
dimensions des éléments de remplissage, du type d’éléments/matériau de
construction de la structure secondaire et du remplissage, du type de fixation
des éléments vitrés à la structure secondaire et de la perméabilité de la paroi
interne et externe », précise Patrick Debray.
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