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La "Venise du Gâtinais" réhabilite
une ancienne salle de spectacle en médiathèque. Le bâtiment adopte une façade
triple peau ainsi que de nombreux éléments en inox. Situé sur un îlot du Loing,
le chantier a exigé de nombreux aménagements pour permettre la pose.
« Le
chantier est à la fois la construction d’une médiathèque d’agglomération et la
rénovation de la salle de spectacles "Le Tivoli" »,
explique Denis Czaplejewicz, architecte du cabinet Negroni Archivision. La salle
de spectacles est transformée en auditorium qui fera partie intégrante de la
nouvelle médiathèque. Le reste des bâtiments existants a été détruit. « Ainsi,
environ 70 % du lieu ont été démolis. Seule la salle de spectacles a été
conservée. Elle est agrandie par un nouveau bâtiment accolé.Cela forme un
ensemble unique », précise Denis Czaplejewicz, « cette salle
de spectacle a été conservée pour plusieurs raisons. "Le Tivoli" était
le premier cinéma de Montargis, devenu ensuite une discothèque puis une salle
de spectacles. Les habitants sont très attachés à ce bâtiment »,
indique l’architecte du cabinet Negroni Archivision. En outre, si cette partie
avait été détruite, l’autorisation de reconstruire n’aurait peut-être pas été
accordée à cause de sa situation et des risques d’inondation. En effet, la
médiathèque est située sur un petit îlot de la rivière Loing. « La
Mairie a préféré une grosse réhabilitation », souligne Denis
Czaplejewicz. C’est l’entreprise mérignacaise de pose Atem qui réalise les
façades.
Mur rideau, toile et maille inox
Côté sud, la partie nouvelle de la
médiathèque possède une particularité architecturale : une façade triple
peau. « Nous avons voulu intégrer une notion HQE en imaginant une triple
peau pour réguler les apports de lumière et de la chaleur », explique
l’architecte. La première peau est un mur rideau traditionnel de 40 mètres de
long et 12 de haut. La façade reçoit aussi quelques ouvrants et châssis de
désenfumage. Le verre choisi est un double vitrage 6-12-6. La particularité de la
première peau est de traverser des consoles métalliques qui servent de
passerelles. Sa conception a nécessité des calculs très précis. En effet, le mur
rideau doit s’emboîter impeccablement dans les consoles. Sa pose demande une
grande précision, de l’ordre du millimètre. « Les consoles doivent
traverser parfaitement le mur rideau lors de son montage », explique
Thierry Tonon, conducteur de travaux pour l’entreprise de pose ATEM. En deuxième
couche, des toiles tendues de différentes formes ont pour objectif d’amener un jeu
d’ombres sur les bâtiments. « Ce qui va créer une animation. La structure
se veut très légère car elle est tendue par des câbles accrochés aux consoles »,
explique Denis Czaplejewicz.
En face extérieure, un voile de métal tissé -
c’est-à-dire une maille inox, sert de premier filtre. Elle est tendue de bas en
haut par une structure poteaux-poutres. « Cette structure est quant à
elle en acier anodisé. Cette résille permet d’éviter d’utiliser un vitrage à
contrôle solaire », indique Thierry Tonon. Cette triple peau d’un mètre
de large au total et d’environ 13 mètres de haut a pour objectif de préserver
avant tout l’intimité des lecteurs. La maille inox donne un effet résille, les
personnes à l’intérieur voient à l’extérieur, mais les passants peuvent
regarder à l’intérieur uniquement grâce à des ouvertures en forme de quadrilatères
percés dans la maille. Leur encadrement est aussi d’inox. « C’est comme
si on avait fait un trou dans la maille pour mieux voir à l’intérieur. Ce sont
les seuls endroits où l’on pourra apercevoir la première peau c’est-à-dire le
mur rideau », explique Denis Czaplejewicz. La mise en œuvre de la maille inox
demande une grande précision. « Sa pose ne permet aucune erreur. Il faut
être exactement d’aplomb. Le secret est de partir droit, de maintenir en tension
la maille et de la dérouler vers le haut. Pour cette opération, j’ai conçu un
profil en U où la maille est fixée. Il permet de tirer les panneaux de 6 mètres
de large de maille inox en gardant la même tension sur toute la largeur. En
effet, il faut prendre en compte la densité de la maille qui est de 5,1 kg au
mètre carré », souligne Thierry Tonon.
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